vignette|Carte représentant le Sahel. Le Sahel ou le Sahel subsaharien (de l'arabe : ساحل جنوب الصحراء, traduction : la Côte subsaharienne) est une bande de l'Afrique marquant la transition, à la fois floristique et climatique, entre le domaine saharien au nord et les savanes du domaine soudanien, où les pluies sont substantielles, au sud. D'ouest en est, il s'étend de l'océan Atlantique à la mer Rouge. La définition de la zone couverte est très variable selon les auteurs. , le Sahel . C'est ce dernier qui est cependant désigné quand on ne lui ajoute pas de qualificatifJ.L. Trochain, Écologie végétale de la zone intertropicale non désertique, université Paul-Sabatier, Toulouse, 1980.. Le Sahel subsaharien se divise en cinq parties : le Sahel mauritanien, le Sahel malien, le Sahel nigérien, le Sahel tchadien, le Sahel camerounais et le Sahel soudanais.

Histoire

Géographie thumb|350 px|Le Sahel représenté en brun sur la carte. Il s'agit ici du Sahel méridional, c'est-à-dire les terres directement au sud du Sahara, et comprenant les îles du Cap-Vert, comprises entre les isohyètes de de précipitations par an. La ceinture sahélienne recouvre, entièrement ou en partie, le Cap-Vert, le Sénégal, la Mauritanie (le Sud), le Mali, le Burkina Faso (l’extrême nord), l'Algérie (l'extrême sud), le Niger, le Nigeria (l'extrême Nord), le Tchad (le Centre), le Cameroun (l'extrême Nord), le Soudan (le Centre, notamment le Darfour et le Kordofan), l'Érythrée. On y ajoute parfois les pays de la Corne de l'Afrique : Djibouti, l'Éthiopie, la Somalie. vignette|upright=1.2|Paysage du Sahel, à Dori, dans l’extrême Nord du Burkina Faso.D'est en ouest, la flore, la végétation et l'utilisation du sol varient très peu malgré la vaste étendue du Sahel. Cela est dû à une grande homogénéité de climat, du relief, de la géomorphologie, des sols et de leur utilisation. Cependant, du domaine soudanien vers le Sahara, la transition est progressive. Les espèces soudaniennes disparaissent les unes après les autres tandis que les sahariennes apparaissent progressivement et que la pluviométrie diminue d'environ par kilomètre. Ce changement progressif ne connaît pas de brusque rupture que l'on pourrait utiliser afin de définir de façon objective l'étendue du Sahel. Ainsi, il est vain de tenter de définir précisément la limite entre le Sahara et le Sahel et entre le Sahel et le Soudan, ou à l’intérieur du Sahel entre les secteurs sahélo-saharien et sahélo-soudanien.

On peut trouver des « îlots » de Sahel au-delà de ses limites générales, par exemple sur la face sud-ouest du massif du Tibesti, c'est-à-dire entièrement en territoire saharien. De plus il ne faut pas négliger la présence d’importants éléments fluvio-lacustres au cœur même du Sahel, ou le traversant, d’origine extra-sahélienne : les grands fleuves (Sénégal, Niger, Logone-Chari, Nil Blanc, Nil Bleu) et les grands lacs (Lac Tchad, Lac Turkana). On peut également penser à l’énorme delta intérieur du fleuve Niger qui inonde ² chaque année.

Géomorphologie et sols Bien que le Sahel ne possède pas de caractères géomorphologiques propres, il est néanmoins caractérisé par l'étendue des dunes fossiles d'une part, et par la fréquence des mares temporaires de saison humide d'autre part. L'extension des sables date du pléistocène supérieur lorsqu'une période aride vit le Sahara s'étendre au sud de ses frontières actuelles entre et BP (Ogolien). Excepté les grands fleuves d'origine allochtone (Sénégal, Niger, Logone-Chari et Nil), le réseau hydrographique sahélien est constitué de cours d'eau éphémères débouchant dans des mares et petit lacs temporaires (endoréiques). Ceux-ci ont un rôle écologique important car ils constituent généralement le seul moyen d'approvisionnement en eau pour la faune durant la saison sèche, certains retenant de l'eau jusqu'au printemps. La mare sahélienne (différente de son homologue, le dhaya saharien : une éphémère couche d'eau peu profonde dans un paysage qu'il ne modifie pas) peut, lorsqu'elle est suffisamment large, et se maintient en conséquence plus longtemps, former une oasis avec une végétation ligneuse abondante.

Les sols sont majoritairement sableux, rouge-jaunâtre et légèrement acide (5<pH<6). Quelques vertisols sont présents dans des dépressions. Des sols peu profonds sur cuirasse latéritique sont communs dans la moitié sud de la bande sahélienne. Les sols sont généralement déficients en phosphore et azote. La matière organique ne constitue guère plus de 1 % de la couche superficielle.

Climat vignette|Maison soutenue par des piliers pour résister aux vents violents (nord du Cameroun).

Le Sahel possède un climat semi-aride chaud (classification de Köppen BSh ou BShw) à saison sèche « hivernale ». Néanmoins le Sahel, au sens strict, est habituellement défini comme la zone tropicale comprise entre les domaines saharien et soudanien, où se produit une alternance marquée entre une courte saison humide estivale et une très longue saison sèche elle-même subdivisée en une saison sèche et chaude, suivie d'une saison sèche et en général très chaude, qui se termine lorsque les pluies commencent. La saison sèche est très intense au Sahel car l'ensemble des régions sahéliennes possèdent un nombre très élevé de mois totalement secs qui ne reçoivent normalement aucune pluie en moyenne. En saison sèche, les alizés continentaux, tels que le célèbre harmattan (vent de nord ou de nord-est), balayent constamment la bande sahélienne : l'air est très chaud, très sec, souvent chargé de fines particules de sable ou de poussière ; le ciel est clair ou très peu nuageux (nuages épars de marge type cirrus ou altocumulus) ; le temps est au beau fixe ; la pluie fait totalement défaut ; l'amplitude thermique quotidienne est très élevée (souvent près de 20 °C pendant les mois les moins chauds). En saison des pluies, les alizés associés au régime anticyclonique s'interrompent provisoirement et laissent place à la mousson (vent de sud ou de sud-ouest) qui naît du fort contraste thermique entre l'océan Atlantique, frais et le Sahara, surchauffé en cette saison. C'est le seul moment de l'année où la pluie est largement susceptible de se produire en grande quantité. Toutefois, certaines années, la mousson peut ne pas monter suffisamment en latitude pour atteindre les régions sahéliennes et y donner la saison des pluies se produisant normalement en cette période, d'où des épisodes de sécheresse extrême et prolongée (comme en 2010 et en 2012). Les types de temps au Sahel apparaissent très stables, bien tranchés, et se répètent tous les ans, avec quelques variations près. La saison des pluies est donc un phénomène régulier qui revient chaque année, ce qui n'est pas le cas au Sahara où toute période suffisamment pluvieuse à long terme fait défaut. Néanmoins, cette période pluvieuse appelée « hivernage » présente une durée et une intensité aléatoires..

Saisons

Le climat semi-aride chaud à saison sèche principalement centrée sur les 8 à 10 mois les moins chauds de l'année, typique des régions sahéliennes se définit ainsi : chaud, tropical parce que la température annuelle moyenne le moins chaud est supérieure ou égale à ; semi-aride parce que les précipitations annuelles moyennes sont assez basses, entre et (et supérieures à 100-) caractérisées par une très courte saison des pluies intense, irrégulière et imprévisible.

La saison sèche dure entre environ 8 et 10 mois par an selon les localisations. Elle est souvent subdivisée entre une saison sèche et chaude pendant les 2 ou 3 mois les moins chauds de l'année qui précède l'autre saison sèche, très chaude et qui se termine lorsque les pluies commencent. Bien que la saison des pluies est erratique, elle se produit en règle générale en fin de saison chaude (2 à 4 mois les plus chauds de l'année) : vignette|Un marché aux dromadaires dans la ville d'Omdourman, au Soudan.|upright=1.2 Par exemple à Khartoum, Soudan ville que l'on peut qualifier de pleinement saharienne, les précipitations annuelles de se répartissent ainsi : en saison chaude (six mois les plus chauds : avril à septembre) et seulement en saison « fraîche » (six mois les plus frais : octobre à mars). Par conséquent 96,5 % des précipitations annuelles tombent lors de la saison chaude. Au sein de celle-ci, les mois les plus torrides sont mai et juin qui ne reçoivent respectivement que 0,9 et : la saison des pluies n'arrive que plus tard pendant la saison chaude, entre juillet et septembre, août étant alors le seul mois vraiment humide (selon les critères de F. Bagouls et Henri Gaussen qui considère qu'un mois est humide lorsque P (précipitations mensuelles moyennes en mm) > 2 T (température mensuelle moyenne en °C)). En moyenne, entre 80 % et 100 % de la quantité annuelle de précipitations tombent pendant les trois mois les plus pluvieux au Sahel et dans le Sahara méridional..

Températures

Les températures montent en flèche à la fin de la saison sèche, entre mars et juin suivant la latitude plus ou moins septentrionale. L'été sahélien correspond donc au printemps des latitudes tempérées. Pendant ces mois-ci, où le Soleil règne en maître, le Sahel forme la région la plus chaude du monde avec des températures dépassant facilement au plus chaud des journées : seuls certains déserts du sous-continent indien endurent des chaleurs « printanières » aussi extrêmes, ou presque. Le vent chaud accentue aussi la sensation de chaleur. Dans le Sahel occidental (Sénégal, Mali, Mauritanie), en moyenne légèrement plus chaud que son homologue oriental, il est courant que les maxima quotidiens en avril et mai dépassent 45 °C. Au Mali, par exemple, les moyennes des maxima d'avril sont de 42,4 °C à Ségou et de 44 °C à Kayes.. Cette chaleur saharienne, sèche, torride domine sur l'ensemble de l'année mais le contraste est énorme avec la chaleur équatoriale, humide, étouffante de la courte saison des pluies, l'hivernage qui abaissent les maxima, alors que les minima nocturnes restent élevés. Sans aucune période fraîche dans l'année, les températures moyennes annuelles sont particulièrement élevées, surtout au nord à proximité du désert, avec des valeurs dépassant partout 28 °C à quelques exceptions près, et souvent elles atteignent 30 à 32 °C.

En réalité, on observe deux maxima de température au Sahel : le premier, le plus prononcé, dont nous venons de parler, se produisant à la fin de la saison sèche ; et le second moins accentué qui se produit à la fin de la saison des pluies, lorsque la saison sèche reprend ses droits, vers octobre-novembre, où les maxima quotidiens atteignent ou dépassent encore couramment la barre des . Cette dernière période est celle de l'année où la visibilité est excellente, les pluies de l'hivernage ayant évacué les poussières atmosphériques apportées par les vents du désert régnant alors pendant la longue période de sécheresse.

Pluviométrie