Rumengol est une ancienne commune française du département du Finistère en région Bretagne. Elle est rattachée à celle du Faou.. depuis 1970. L'église Notre-Dame de Rumengol est le lieu d'importants pardons.
La légende associe le lieu au roi Gradlon.
Étymologie vignette Les graphies françaises varient de Remangol (1173), à Rumengol (1225), Runmengol (1460), Remungol (1535), Rumengoll (1686), transcriptions plus ou moins fantaisistes d'un breton surtout oral. Ce nom est à rapprocher à celui de Remungol dans le Morbihan. Le sens du toponyme est resté mystérieux et a donné naissance à des interprétations aussi nombreuses que fantaisistes..
Certaines propositions, édifiantes, datent du . Une étymologie populaire fait notamment référence à Notre-Dame de Remet-Oll ( Notre-Dame de Tout Remède). Le cantique breton Itron Varia Rumengol. (Madame Marie de Rumengol) fait référence à cette « puissante vierge de tout-remède »Pline l'Ancien dans son Naturalis Historia (77 ap. J-C) mentionne que les Gaulois nomment le gui "omnia sanantem" (tout-remède). Le gui du chêne était sacré. L'eau des chrétiens se serait-elle substituée au gui dans la vénération des fontaines miraculeuses ? (Gwerc'hez galloudus Remed-oll, en breton) « pour la santé du corps et de l'âme » (yehed ar horv hag an ene). Des hypothèses issues du celticisme du proposent comme origine Ru mein goll (pierre rouge de lumière), ayant pu faire évoquer des sacrifices païensIl faut noter que nous n'avons trouvé aucune référence à des sacrifices, tel que peuvent le rapporter certains récits. On trouve aussi Ru mein guenol (pierre rouge de Guénolé) ou Ruz men goolou deiz (pierre rouge à la lumière du point du jour). Il pourrait s'agir d'une pierre rougeâtre consacrée à un culte solaire et encore vénérée au comme le rapporte la Vie de Saint Jaoua.
Origines Rumengol fut dès le une trève de la paroisse primitive de Hanvec. qui couvrait à l'origine un très vaste domaine : Hanvec, Rumengol, Lanvoy, le sud de L'Hopital-Canfrout, Rosnoën et sa future trève du Faou, Quimerc'h et sa future trève de Logonna-Quimerc'h, Lopérec. Cette paroisse primitive fut scindée en Hanvec, prieuré-cureLes prieurés sont "à charge d'âmes" ce qui permet à l'abbaye de prélever des bénéfices sans en avoir la charge pastorale. de l'abbaye de Daoulas d'une part, et Rosnoën d'autre part. La charte du cartulaire de Landévennec en fait mention. La première référence à une chapelle à Rumengol , dépendant de l'abbaye de Daoulas remonte au . Rumengol a été érigé en paroisse en fin de ..
Le , la Constituante crée les communes françaises à partir des paroisses et des trèves. Ainsi est créée la commune de Rumengol, mais aussi la commune du Faou issue de la réunion d'une trève de Rosnoën (St Sauveur) et d'une trève de Hanvec (St Joseph). Dans cette continuité, le Concordat de 1802 confirme la paroisse de Rumengol. Cependant, administrativement la commune, pourtant limitrophe du Faou, reste rattachée au canton de Daoulas, témoignant de la persistance de l'influence du chef-lieu, siège de l'ancienne abbaye.
Jusqu'en 1970, Rumengol était une commune indépendante du Faou, d'une superficie de qui faisait partie depuis 1801 du canton de Daoulas et de l'arrondissement de Brest (alors que Le Faou était chef-lieu d'un autre canton et dépendait de l'arrondissement de Châteaulin) en dépit des multiples demandes de rattachement au canton du FaouRapports et délibérations du conseil général du Finistère, avril 1877, consultable sur Gallica.
Démographie
Tableau démographique par date de recensement.
Commentaire Comme pour beaucoup de communes rurales de l'intérieur breton (en dépit de sa relative proximité de la mer), c'est au début du que la commune de Rumengol a atteint son pic démographique avec 632 habitants en 1906, la commune ayant gagné modestement pendant le 149 habitants en 113 ans entre 1793 et 1906, soit un faible gain d'à peine plus d'un habitant par an en moyenne, ces gains étant surtout concentrés dans les dernières décennies du . En 1886, le bourg était peuplé de 108 habitants, regroupant à peine le cinquième de la population communaleB. Girard, La Bretagne maritime, 1889, consultable sur Gallica. Le se caractérise par un déclin démographique quasi constant : en 1968, dernier recensement avant l'annexion par la commune du Faou, Rumengol avait perdu 348 habitants par rapport au maximum démographique de 1906, soit un déclin de 55 % en 62 ans. La commune avait alors 147 habitants de moins que lors du premier recensement effectué en 1793, soit un déclin de 34 % en 175 ans, le déclin du ayant été notablement supérieur aux modestes gains démographiques du .
La légende de Gradlon Le nom de Rumengol se retrouve dans un cantique de Sainte-Anne la Palud qui distribue ainsi les biens de Gradlon : « une partie pour sa subsistance, la Palue à Ste Anne, Rumengol à la Vierge, et Landévennec à la prière. »
La légende de Gradlon est présente sur la maîtresse vitre de l'église de Rumengol où le verrier Léopold Lobin représente Gradlon en présence de Saint Corentin portant sa crosse d'évêque vers l'extérieur, et de Saint Guénolé portant sa crosse d'abbé vers l'intérieur. Plusieurs récits légendaires font intervenir Gradlon qui du haut du Menez Hom aperçoit des feux païens et décide de christianiser le lieu en y fondant une église.
thumb|Église de Rumengol Vitrail de l'abside |185x185px
Mais de quel Gradlon s'agit-il ? Il semble qu'il y en ait eu au moins trois : Gradlon Meur, Gradlon Flam, et Gradlon Plonéour. Gradlon Meur est cité dans le cartulaire de l'abbaye de Landévennec. Il est contemporain de Guénolé, fondateur de l'abbaye de Landévennec, et de l'ermite Corentin. Il se serait converti au christianisme et aurait confié à Corentin l'évêché de Cornouaille à Quimper, en le faisant consacrer par le métropolite de Tours, de rite romain. Néanmoins le monachisme celtique restera très présent en Bretagne et les Carolingiens n'auront de cesse de vouloir le réduire. Louis le Pieux aurait rencontré ainsi l'abbé de Landévennec, Matmunuc, en présence de Gradlon Plonéour à Priziac en 818. À l'issue, la règle de Saint Colomban est abandonnée au profit de celle de Saint Benoît.
Ainsi Gradlon, Corentin et Guénolé, réunis sur le vitrail de Rumengol, condensent une séquence de la légende religieuse de la Bretagne, où le récit politique a toujours eu sa place. Ainsi le Gradlon entre les deux flèches de la cathédrale de Quimper, symbolise à la fois le Gradlon de la païenne Ville d'Ys du , converti au christianisme, mais aussi le ralliement du monachisme scotique (irlandais) de Saint Colomban au rite romain de Saint Benoît quatre siècles plus tard.
Le religieux vignette|Église de Rumengol Statue de la Trinité gauche|vignette|N-D de Rumengol bois de chêne . Dans la Gaule préromaine, les peuples ont célébré, ici comme ailleurs, des cultes à leurs divinités dans le cadre du rythme des saisons et des lunes. Les périodes des solstices, là où le soleil parait s’arrêter, sans avancer ni reculer, vers le et le , ainsi que les périodes des équinoxes, où les durées du jour et de la nuit sont égales, vers le et le , ont toujours donné lieu à des cérémonies particulières y compris druidiques. vignette|222x222px|Fontaine miraculeuse de Rumengol Les étymologies de Rumengol sont compatibles avec un culte gaulois préexistant à la romanisation et au christianisme, sur cette pente ouest des Monts d'Arrée s’inclinant vers la rade de Brest.
La phase de première christianisation est difficile à préciser, dans une région excentrée de la puis Lyonnaise, où le rite romain ne s'était pas majoritairement imposé. La plupart des auteurs s'accordent pour dater l’immigration celtique, notamment irlandaise, porteuse d'une part de l'orthodoxie orientale originelle, des . Le voit l'achèvement de la domination du culte romain carolingien, et dans le clergé séculier des évêchés, et dans le clergé régulier des abbayes.
gauche|vignette|234x234px La première église trèviale en bois fut reconstruite en pierre de kersanton à partir de 1536 et plusieurs fois réaménagée ensuite jusqu'au .
Le calvaire est daté de 1433 et serait parmi les premiers de ce type en Bretagne.
En 1692, Louis XIV rattache l'abbaye devenue commendataire de Daoulas aux JésuitesLouis XV fit interdire la Compagnie de Jésus par le Parlement de Rennes dès 1762 du séminaire royal des aumôniers de la Marine à Brest, jusqu'à sa disparition en 1771. Les revenus sont ensuite gérés par le chapître de la cathédrale de Quimper.
Au le renouveau du culte marial amène au couronnement de Notre-Dame de Rumengol, première Vierge couronnée de Bretagne, le , sous la présidence de Sergent., évêque de Quimper et de Léon, ce qui vaudra la visite de l'empereur Napoléon III et de son épouse le 12 aout de la même année. L'arrivée du chemin de fer de Quimper à Landerneau, par la compagnie Paris-Orléans, avec deux haltes supplémentaires de circonstance à moins de 3 km de l'église, donne un nouvel essor aux pardons. Parmi les cinq pardons de Rumengol, celui de la Trinité est le plus fréquenté qui rassemble des dizaines de milliers de pèlerins venant à pied, en chantant.., de toute la Cornouaille, du Léon et du Trégor. Pardon des chanteurs, c'est aussi le pardon des mendiants. lesquels jalonnent les 500 derniers mètres de part et d'autre du sanctuaire. Les cérémonies commencent le vendredi soir pour se poursuivre le samedi par une veillée et une messe de minuit précédant le dimanche de la TrinitéChez les Catholiques, le dimanche de la Trinité est le dimanche après la Pentecôte, soit le après Pâques. Depuis le concile de Nicée en 325, Pâques est fixée au dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.. Certains auteurs ont vu dans cette association de la célébration de Marie et de la Trinité, une référence pré-chrétienne à un culte solaire antérieur, comme le suggère le rituel d'une messe de minuit dans la nuit du samedi au dimanche.
Aujourd'hui le pardon de la Trinité et celui de l'Assomption continuent à être assidûment fréquentés..
Le civil Le territoire de l'ancienne commune était limité au nord-ouest par la section d'amont de la Rivière du Faou et au sud-est par son affluent, le ruisseau du pont-rouge, définissant ainsi un territoire d'environ 8 km dont 200 ha de la forêt domaniale du Cranou, les restants étant situés sur la commune d'Hanvec. Aujourd'hui, la forêt s'étend sur . C'est aussi le lieu géométrique du Finistère.
En 1793, la commune comptait 431 habitants, Le Faou 825. En 1962, Rumengol compte encore 356 habitants et Le Faou . Rumengol était rattaché au canton de Daoulas, arrondissement de Brest, tandis que Le Faou, chef-lieu de canton, est dans l'arrondissement de Chateaulin.
.En 2014, une réorganisation cantonale a créé au Pont-de-Buis, un vaste canton réunissant ceux de Daoulas et du Faou dans un ensemble de 17 communes. Le Faou, commune bordant la rade de Brest., est membre de la Communauté de communes de la Presqu'ile de Crozon et de l'Aulne Maritime réunissant 23 040 habitants (pop.légale 2023) qui fait partie du pôle métropolitain du Pays de Brest (420 000 habitants)
Histoire L'histoire civile du lieu, situé dans la civitas gallo-romaine des Osismes, est intimement mêlée à celle de Daoulas, de son abbaye, du Faou du pays du Faou de la vicomté du Faou., l'une des plus puissantes de Cornouaille.
Antiquité Une pièce gauloise fut trouvée en 1879 dans un champ à Kergadiou, près de RumengolBulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable sur Gallica.
On remarquera à quelques kilomètres sur l'ancienne commune de Quimerc'h le camp romain du MuriouPh.Guigon, Enceintes fortifiées du Haut Moyen Âge en Bretagne, Lorient 2003.http://www.sahpl.asso.fr/SITE_SAHPL/Guigon_Enceintes_fortifi%C3%A9es.htm.
Moyen Âge