La place des Vosges, anciennement place Royale, car initialement dédiée au roi Henri IV et finalement, après l'assassinat du roi par François Ravaillac, dédiée à son fils Louis XIII, est une place de Paris dans le quartier du Marais, faisant partie des 3 et 4 arrondissements.

Elle est, avec la place Dauphine, la place des Victoires, la place Vendôme et la place de la Concorde, l'une des cinq parisiennes.

Conçue par Louis Métezeau, elle est la « sœur » de la place Ducale de Charleville-Mézières. Il s'agit de la place la plus ancienne de Paris, juste avant la place Dauphine. Il s'agit d'une place fermée, accessible par une rue principale sur un des quatre côtés et deux rues passant sous des pavillons.

La place est classée au titre des monuments historiques depuis le . et a bénéficié de la mise en valeur voulue par André Malraux, dans le cadre du PSMV du Marais. Elle est connue pour être le lieu de résidence de plusieurs personnalités issues du monde politique, artistique ou médiatique.

Description Il s'agit d'une place, conçue sur un plan presque carré, de de côté, ceinturée d'immeubles d'habitation de deux étages en briques rouges à chaînages de pierre calcaire blanche et toits d'ardoise bleue très pentus, aux fenêtres à petits carreaux, d'une grande unité de présentation. En effet, un édit royal, pris au , impose cette architecture ordonnancée, à savoir l'unité de la composition des bâtiments et la hauteur uniforme, à l'exception du pavillon du roi, au centre du côté sud (le plus élevé de tous) et du pavillon de la reine, qui lui fait face sur le côté nord, qui sont volontairement plus élevés.

Les trente-six pavillons (correspondant aux trente-six hôtels particuliers de l'époque, structurés autour du pavillon du roi et de la reine, seuls pavillons qui subsistent aujourd'hui) actuels font quatre travées de largeur. Ils sont composés d'un rez-de-chaussée à arcades, de deux étages carrés et de deux étages de comble. Les plans de la place furent confiés par Henri IV aux architectes Jacques Androuet du Cerceau et Claude Chastillon. Démarrés en 1605, les travaux sont achevés en 1612, deux ans après le décès du roi Henri IV assassiné par François Ravaillac. La place est alors inaugurée à l'occasion des fiançailles du roi Louis XIII et d'Anne d'Autriche. Ayant reçu du roi une parcelle sur la place, Claude Chastillon y fait construire son propre hôtel au .

Pour préserver cette unité, la place est protégée depuis les années 1960, par le plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais et aucune intervention, notamment sur les façades, ne peut se faire sans l'accord de l'architecte des Bâtiments de France.

L'hôpital Saint-Louis, construit vers la même époque dans ce qui était les faubourgs de Paris et qui est devenu le de Paris, offre de grandes similitudes architecturales avec la place des Vosges.

Le centre de la place des Vosges est occupé aujourd'hui par le square Louis-XIII, bordé de rangées d'arbres avec, au centre, quatre fontaines conçues par Jean-Pierre Cortot, alimentées par l'Ourcq. Le Monument à Louis XIII, œuvre de Charles Dupaty terminée par Jean-Pierre Cortot, est inauguré en 1825. La première statue équestre, datant de 1639, avait été détruite pendant la Révolution.

Origine du nom Elle porte ce nom en l'honneur du département des Vosges. C'est le premier département à s'être acquitté de l'impôt sous la Révolution française et les Vosges se sont encore illustrées par l'envoi des premiers volontaires nationaux, issus de l'arrondissement de Remiremont, pour défendre la patrie en danger, en 1792.

Historique vignette|L'hôtel des Tournelles vers 1550, sur l'emplacement duquel est construite la place dite Royale. En haut, la Bastille. Le , près de l'actuelle place des Vosges, célébrant le mariage de sa fille Élisabeth avec Philippe II d'Espagne, Henri II de France combat contre Gabriel de Montgomery, capitaine de sa garde écossaise, qui le blesse d'un coup de lance dans l'œil. Malgré les soins des médecins et chirurgiens royaux dont Ambroise Paré et de Vésale, envoyé de Bruxelles, il meurt dans d'atroces souffrances le . vignette|La place royale lors du carrousel d'inauguration en 1612. vignette|La place Royale en 1709. vignette|La place Royale et ses pelouses sur le plan de Turgot, en 1739.

Le site ayant été laissé à l’abandon depuis un demi-siècle (un marché aux chevaux s’y établit temporairement), Henri IV envisage d'y implanter un centre industriel de soierie en 1604. Avec ce projet, il espère désendetter le pays à la suite des guerres d'Italie. François Miron et Sully s’y opposent et proposent de créer aux Tournelles un quartier de luxe et de noblesse, un lieu de promenade et une place de rencontre.. En 1605, Henri IV et le Grand voyer de France, Sully, décident du lotissement du terrain laissé vacant par la destruction du palais des Tournelles. Le projet est celui d'une place carrée avec des pavillons construits en brique et en pierre sur trois côtés, qui devaient servir de logement pour les bourgeois et les artisans du drap de la manufacture. Un pavillon royal, plus haut, est construit au centre du côté sud de la place.

La manufacture royale est supprimée en 1607 et les travaux de construction sont financés par 24 investisseurs comme Isaac Arnauld, Charles Marchant et Pierre Fougeu d'Escures, qui reçoivent les terrains en don. Les pavillons deviennent ainsi des hôtels particuliers habités par les propriétaires ou mis en location.

La place Royale est finalement inaugurée en 1612, deux ans après l'assassinat du roi par François Ravaillac survenu entre-temps, à l'occasion des fiançailles de Louis XIII et d'Anne d'Autriche par un grand carrousel dirigé par Antoine de Pluvinel.

Le centre de la place, plat, sablé, dégagé, sert de terrain aux cavalcades, aux tournois, aux jeux de bagues et parfois aussi à des duels dont certains sont restés célèbres, tel celui qui coûte la vie à François de Montmorency-Bouteville en 1627.

Elle est citée sous le nom de « place Royalle » et « place Roialle » dans un manuscrit de 1636.

En 1670, la place publique devient un jardin clos. Une pelouse est plantée, découpée par des allées ensablées suivant les médianes et les diagonales du carré. Il est interdit de piétiner les pelouses ainsi que de jouer au volant, à la paume, aux quilles et aux boules dans les allées. Une grille de fer forgée, ouverte de quatre accès, est posée en 1687. L'accès aux jardins est interdit aux gens mal vêtus, toutefois, sur la place Royale, ils sont admis un jour par an, le , fête de Saint-Louis.

En 1738 est créé le premier emploi de gardien de square par le Bureau de la Ville pour faire respecter le règlement. À la demande des riverains, des arbres furent plantés à la fin du ..

Dénominations successives Lors de la Révolution française, elle est rebaptisée le par la Commune de Paris « place des Fédérés ». Le , la Convention nationale change ce nom en « place de l'Indivisibilité ».

Elle est aussi nommée, non officiellement, « place du Parc-d'Artillerie », ou « place de la Fabrication-des-Armes ».

En 1800, par arrêté du premier consul, elle est renommée « place des Vosges » en l'honneur du département des Vosges, le premier à s'être acquitté de l'impôt sous la Révolution française et, accessoirement, l'envoi des premiers volontaires, issus de l'arrondissement de Remiremont, pour défendre la patrie en danger.

En 1814, le retour de la monarchie lui rend son nom initial de « place Royale » jusqu'en 1830 et de 1852 à 1870. Elle porte aussi brièvement, en 1830, le nom de « place de la République ».

Au Dans les années 1830, Charles Sellier, chef de la société chorale des Céciliens, a l'idée de rassembler l'ensemble des sociétés chorales parisiennes afin de donner à la Ville de Paris une aubade formidable. Cinq cents chanteurs répondent à son appel et se réunissent place Royale. Le gigantesque concert obtient un succès prodigieux et c'est au milieu des applaudissements et des vivats que les orphéonistes prennent congé de leurs auditeurs émerveillésJean Frollo, « Nos orphéons », Le Petit Parisien, 18 octobre 1898, , ..

Les grilles du jardin sont remplacées en 1840« Nouvelles et faits divers », Revue générale de l'architecture et des travaux publics, 1840, , ..

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 400px|center|frameless 1 : pavillon du Roi 1 bis : hôtel Coulanges 3 : hôtel de Montmorin 5 : hôtel de la Salle 7 : hôtel de Sully 9 : hôtel de Chaulnes 11 : hôtel Pierrard 13 : hôtel Dyel des Hameaux 15 : hôtel Marchand 17 : hôtel de Chabannes 19 : hôtel de Montbrun 21 : hôtel du Cardinal-de-Richelieu 23 : hôtel de Bassompierre 25 : hôtel de l'Escalopier    2 bis : hôtel du 2 bis place des Vosges 2 : hôtel Genou de Guiberville 4 : hôtel du 4 place des Vosges 6 : hôtel de Rohan-Guémené 6 bis : lycée professionnel Théophile-Gautier 8 : hôtel de Fourcy 10 : hôtel de Châtillon 12 : hôtel Lafont 14 : hôtel de Ribault 16 : hôtel d'Asfeldt 18 : hôtel de Clermont-Tonnerre 20 : hôtel d'Angennes de Rambouillet 22 : hôtel Laffemas 24 : hôtel de Vitry 26 : hôtel de Tresmes 28 : pavillon de la Reine et l’hôtel d'Espinoy vignette|Face arrière d'un billet de de 1959 émis par la Banque de France avec le portrait de Victor Hugo et, en arrière-plan, la vue de la place des Vosges où résida l'écrivain. La place des Vosges est réputée pour être ou avoir été le lieu de résidence de plusieurs personnalités (artistes, politiques, médiatiques, etc.).

Serge Belloni (1925-2005), peintre, au ;

Francis Blanche (1921-1974), acteur, chanteur et humoriste au ; Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), homme d'Église, évêque de Meaux, prédicateur et écrivain français ; Pierre Bourdieu (1930-2002), sociologue ; Jean-Claude Brialy (1933-2007) au (arbre dans la cour) ; Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), compositeur. ; Colette (1873-1954), écrivain. ; François Couperin (1668-1733), compositeur ; Alphonse Daudet (1840-1897), écrivain ; Georges Dufrénoy (1870-1943), peintre ; Isadora Duncan (1877-1927), danseuse. ; Rachel Félix (1821-1858), comédienne ; Théophile Gautier (1811-1872) au de 1828 à 1834 (plaque commémorative) ; Annie Girardot (1931-2011) et Renato Salvatori ont habité un appartement dont l'entrée était au mais donnait sur la rue de Turenne ; Jean-Edern Hallier (1936-1997), écrivain, pamphlétaire, journaliste et critique littéraire. avant le (entrée par le 16 rue de Birague) ; Gilonne d'Harcourt (1619-1699), dame d'atoursCharles-Louis Livet, Portraits du Grand Siècle, Librairie académique Didier, 1885. ; Victor Hugo (1802-1885), écrivain, a séjourné dans l'actuelle maison qui porte son nomSite municipal de Paris, maisons de Victor Hugo : Victor Hugo, place Royale, 1832-1848, www.paris.fr. ; Jack Lang (1939-), ancien ministre de la Culture. ; Thomas de Mahy (1744-1790), marquis de Favras, militaire royaliste, au ; Juste Olivier (1807-1876), écrivain, poète, romancier, journaliste et sa femme Caroline Olivier (1803-1879), également poète ; Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642), ecclésiastique et homme d'État français ; Madame de Sévigné (1626-1696), épistolière., au n°1 bis ; Delphine Seyrig (1932-1990), actrice, au ; Georges Simenon (1903-1989), écrivain« Georges Simenon à Paris », www.terresdecrivains.com., au 21« L'homme aux », dhnet.be, 4 septembre 2009. ; Anne Sinclair (1948-), journaliste, ancienne épouse de Dominique Strauss-Kahn« La place des Vosges veut oublier DSK », www.leparisien.fr, 21 août 2012. ; Dominique Strauss-Kahn (1949-), ancien ministre de l'économie et des finances, ancien directeur général du FMI ;« Les appartements parisiens du couple Strauss-Kahn », www.lexpress.fr, 11 mai 2011., ancien époux d’Anne Sinclair ; Wilhelm Uhde (1874-1947) y est décédé en 1947.

À proximité : Annie Girardot, actrice, possédait un appartement au 4 rue du Foin, à moins de de la place, peu avant son hospitalisation« Annie Girardot honorée à Paris », www.lesparisdld.com.. Plaque commémorative.