vignette|Drapeaux nationaux occidentaux alignés.
Un drapeau est une pièce d'étoffe attachée à une hampe qui représente la « personne morale » d'un groupe ou d'une communauté : nation, territoire, ville, organisation, compagnie commerciale ou régiment. De formes et de proportions très variées, c'est cependant fréquemment un rectangle de deux unités de hauteur pour trois de largeur. Il est la forme figurée de l'entité représentée et peut se décliner en un blason, un sceau ou une livrée. Il permet, grâce à ses couleurs et à son emblème, de se distinguer d'autres identités équivalentes ou concurrentes dans le cadre de rassemblements pacifiques ou guerriers. Sa destruction ou sa prise signifient la dissolution ou la capture, réelle ou pensée, de l'identité qu'il représente. Les plus anciennes représentations de « drapeaux » connues sont chinoises. Elles dateraient du deuxième millénaire avant notre ère. C'est aussi aux Chinois qu'est attribuée l'invention de la soie tissée, et donc des premiers véritables drapeaux semblables à ceux d'aujourd'huiCédric de Fougerolle, Le Tour du monde des drapeaux, éd. Rue des Enfants, 2015.
La notion de drapeau s'est étendue à toutes les étoffes ayant valeur de signal ou de marque. Par exemple, la couleur des drapeaux sur les plages indique que la baignade est soit interdite (rouge), soit dangereuse (orange), soit autorisée (vert), le drapeau blanc signalant un banc de méduse. De même les drapeaux en sport ont leur signification de sécurité et d'avertissement.
Certains drapeaux ont des significations presque universelles, comme le drapeau blanc brandi vers l'ennemi qui signifie la reddition ou une demande de trêve.
Le vocabulaire maritime utilise le terme « pavillon » en lieu et place de « drapeau » quand celui-ci est hissé dans la mâture ou à l'arrière d'un navire, qu'il soit pavillon national ou pavillon du code international des signaux, et également les termes « marque » et « flamme » pour des pavillons particuliersEn France, le terme « drapeau » est utilisé dans la Marine nationale pour désigner les étendards représentants certaines unités, le drapeau se caractérise alors par sa forme carrée et les inscriptions et les motifs décoratifs confectionnés en feuilles d'or collés dessus(https://www.defense.gouv.fr/marine/patrimoine/traditions/drapeaux/les-drapeaux).
L'étude des drapeaux et pavillons est le domaine de la vexillologie.
Étymologie et terminologie L'utilisation du mot « drapeau » en français est due à l'historien et traducteur Nicolas Perrot d'Ablancourt au . Ce dernier s'appuie sur le « drapello » de l'italien, alors traduit en « petit drap », pour forger le terme « drapeau », sans distinction de symbole. Selon le généalogiste Jean-Marie Drapeau, le terme est un dérivé du « drap » utilisé depuis le en français. Ce dernier vient lui-même du latin et a donné « drapo » en espagnol et portugais notamment.
Définition et usage vignette|alt=Drapeau figurant un cercle constitué de cinq segments de couleurs différentes sur un fond blanc|Drapeau de l'Organisation internationale de la francophonie.Un drapeau est une composition de figures et de couleurs disposées dans un espace à deux dimensions, sur un support qui peut éventuellement être en étoffe. Il peut représenter la « personne morale » d'un groupe ou d'une communauté. Cela peut être un État souverain, un territoire, une ville, une organisation (une entreprise, une administration publique, un syndicat, un parti politique, une association, etc.), un corps d'armée ou une de ses subdivisions, une langue naturelle ou construite ou une communauté de langue (Organisation internationale de la francophonie, communauté des pays de langue portugaise, etc.)., etc.Le drapeau est une version modernisée du totem. Cet objet est considéré comme sacré.. Il est la représentation collective d'un groupe et de ses valeurs. Le drapeau se rapporte à l'emblématique. C'est une projection identitaire, un message envoyé à celui qui le regarde. Il fait partie des symboles communs auquel un peuple adhère pour faire nation, car il est la représentation simple et abstraite de celle-ci et de l'identité nationale. Dans ce cadre, il exprime une indépendance et des revendications territoriales. Le drapeau est rituellement exhibé pour promouvoir et susciter un sentiment de solidarité de groupe. L'afficher revient à y adhérer. Il est investi de si fortes valeurs et suscite une si forte charge émotionnelle collective qu'il est considéré comme une entité vivante qu'il convient de préserver. Lui porter atteinte est donc porter atteinte au groupe, par exemple une nation. Le drapeau promeut une solidarité nationale qu'accroissent la guerre et l'effusion du sang des martyrs. Dans ce contexte, le drapeau représente le pouvoir de la mort et la lutte collective contre elle. Disposé sur le cercueil, il symbolise le héros martyr mort pour la famille nationale et le sacrifice national..
Le drapeau exige également une adhésion politique, ce qui peut se traduire sur les réseaux sociaux par l'emploi d'emojis drapeaux. Ceux qui refusent cette adhésion peuvent être considérés comme des ennemis. Son usage civil augmente ainsi de façon importante en temps de guerre ou de grande victoire sportive. Il est alors un témoignage de patriotisme. Le drapeau est lié à la hiérarchie politique, à la domination et à la subordination physiques. Le groupe peut y voir sa propre puissance symbolisée par rapport à un autre groupe. Sur le champ de bataille, il signale les positions et sert de point de repère pour l'organisation des lignes. De par sa position au-dessus des têtes, il symbolise la puissance et le succès du groupe, du chef. Il est donc un signe de conquête. Abaissé, déchiré ou tombé à terre, il indique un statut inférieur, la vulnérabilité, la défaite et l'humiliation. Le drapeau doit être protégé si besoin par le sacrifice du soldat..
Le drapeau est aussi un moyen commode pour transmettre une information. Il est ainsi utilisé en sport automobile pour faire une remontrance à un pilote, signaler un danger, le départ, l'arrêt ou la fin d'une course. En golf, il indique la position du trou à atteindre. Sous forme de fanion, il peut servir au jalonnement d'un parcours.
Plus anecdotiquement, les drapeaux sont utilisés par certains pédagogues comme un moyen d'apprentissage en mathématiques, en médecine, en géographie. Les drapeaux porteurs de cartes sont un moyen de confronter les élèves à l'utilisation des cartes, d'améliorer la connaissance de la géographie nationale des élèves, un mode d'exposition aux symboles culturels en géographie et dans d'autres disciplines connexes..
Protocole et mise en berne
Il existe différents protocoles observés lors de l'exhibition des drapeaux. Il est parfois considéré comme un manque de considération que de laisser un drapeau flotter la nuit (à moins qu'il ne soit éclairé) ou lorsque les conditions météorologiques ne s'y prêtent pas. Enfin, il est universellement condamné, par la loi ou du moins par la morale et la dignité d'appartenir ou de représenter une nation ou une organisation, de laisser flotter un pavillon dégradé, décoloré, sale ou qui s'est enroulé autour de son mât. Par respect pour ce qu'il représente, le drapeau ne doit jamais toucher le sol. Il est souvent d'usage de saluer le drapeau lorsqu'on le hisse sur son mât dans des contextes officiels ou militaires.
La mise en berne d'un drapeau est une coutume visant à rendre un hommage, lors du décès d'une personnalité d'importance nationale ou étatique, d'un membre du gouvernement ou de la famille royale. Les drapeaux sont également parfois mis en berne la nuit ou selon un code établi par les autorités des organisations et États qu'ils représentent.
Il n'est pas d'usage de superposer des drapeaux sur un même mât car l'organisation ou l'État représenté par un drapeau ne peut pas prendre le dessus sur un autre. Il existe des exceptions, en ce qui concerne, par exemple, le drapeau d'un pays, pouvant flotter au-dessus de celui d'un de ses États ou d'une de ses provinces.
Certains drapeaux flottant à l'envers (« tête en bas ») peuvent signifier que la base ou les bâtiments où ils flottent sont passés aux mains de l'ennemi. C'est également un signe de détresse, mais peut aussi être un signe de contestation ou de rébellion.
Il existe pour les usages officiels, un protocole sur la façon de plier un drapeau.
Les cercueils de soldats morts en territoire étranger sont souvent recouverts ou enveloppés d'un pavillon lors de leur rapatriement.
On distingue également le drapeau du pavillon. Le drapeau est conçu pour être porté à la main, et dispose d'une hampe le plus souvent en PVC ; alors que le pavillon est une étoffe qui est conçue pour être montée sur les mâts. Dans le langage courant, nous utilisons à tort le mot drapeau pour désigner les drapeaux et les pavillons.
Histoire vignette|Détail de la palette de Narmer avec la plus ancienne figuration de vexilloïdes. Du vexilloïde aux premières bannières textiles Le drapeau trouve son origine dans l'usage de vexilloïdes, à l'origine des bâtons de commandement pour les chefs et qui servaient de signe de ralliement ou pour indiquer la direction d'une attaque. Les plus anciens vexilloïdes connus apparaissent sur des poteries égyptiennes de la culture de Nagada II et au revers de la palette de Narmer. Ces vexilloïdes étaient des symboles des nomes de l'Égypte prédynastique. Il en a également été utilisé au temps de l'Empire d'Akkad comme il apparaît sur la stèle de victoire du roi Naram-Sin. À Alacahöyük ont été découverts des vexilloïdes hittites datant d'environ à , dont les extrémités représentent des taureaux, des cerfs, ainsi que des formes abstraites souvent interprétées comme des symboles solaires.. L'un des plus anciens drapeaux en tissu est daté du Moyen Empire égyptien, vers .
Les armées grecques antiques utilisaient des bannières semblables à des vexilloïdes, telles que la , une étoffe rouge foncé suspendue au sommet d'une hampe ou d'une lance. Il n'est pas connu si elle portait un quelconque emblème ou décoration. Les Romains de l'Antiquité ont adopté l'usage des vexilloïdes auprès des Perses pour les étendards des légions romaines. L'emblème de l'aigle est le plus important. Ils employaient également des drapeaux de tissu appelés , à l'effigie de la déesse de la Victoire, de l'empereur, parfois accompagné de membres de sa famille, d'officiels du gouvernement ou à partir de Constantin du chrisme. Le vexilloïde a par exemple aussi été en usage chez les Aztèques, chez les Mongols, les populations turques et les tribus de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Apparition et diffusion des bannières textiles en Asie du sud-est