Les Nootkasquelle prononciation ? "ou" ou "o" ? ou Nuu-chah-nulth sont des Autochtones d'Amérique vivant sur la côte occidentale du Canada. L'expression Nuu-chah-nulth est aujourd'hui utilisée pour désigner 14 nations du Pacifique Nord-Ouest, chacune guidée par un chef héréditaire (ha'wiih), qui vivaient sur le littoral et les eaux de la côte ouest, de l'île de Vancouver en particulier. Un conseil tribal coordonne aujourd'hui les activités de ces nations qui regroupent au début du environ . environ vivent loin des réserves, dispersées en Amérique du NordSite officiel des nations Nuu-chah-nulth.

Étymologie Le terme Nootka proviendrait d'une méprise de l'explorateur britannique James Cook, les individus qu'il avait rencontrés auraient utilisé une expression se prononçant Nootka pour lui indiquer qu'il pouvait naviguer autour de la baie où ils habitaient ; James Cook aurait cru que ce mot était le nom de la population localeThe Captain Cook Society.

Depuis quelques décennies, l'utilisation de Nootka est considérée incorrecte par certains au Canada ; la bonne dénomination, selon le conseil tribal Nuu-chah-nulth étant Nuu-chah-nulth-aht, venant de “Nuu-chah-nulth”, qui signifie « Tout au long des montagnes et de la mer ».

Histoire Habitant la Baie de Nootka, où les Espagnols installèrent le Fort San Miguel, seul poste espagnol dans ce qui allait devenir le Canada, les Nuu-chah-nulth jouèrent un rôle prééminent des années 1770 aux années 1790 dans les conflits entre Espagnols, Britanniques et Américains pour le contrôle de l'île de Vancouver et la traite de fourrures.

En 1792 le chef Maquinna accueillit des délégués espagnols (menés par Juan Francisco de la Bodega y Quadra) et britanniques (dirigés par George Vancouver) à la Convention de Nootka qui eut lieu à San Miguel. En 1958, les nations ont formé La Coalition des tribus de la côte ouest, le 14 aout 1973, les nations ont formé une société à but non lucratif dénommée la West Coast District Society of Indian Chiefs La société du district de la côte ouest des chefs indiens. le , cette société a décidé d'adopter le nom de Conseil tribal Nuu-chah-nulth.

À l'époque précolombienne, leur population était plus nombreuse, mais elle a été par la suite décimée par les épidémies ou intégrée à d'autres groupes voisins.

Les Nootkas sont proches des Chinook et des Kwakiutl. Territoire Le territoire principal (« ha'houlthee ») des tribus Nuu-chah-nulth couvrait environ 300 kilomètres du littoral de la côte Pacifique de l'île de Vancouver ; de la péninsule Brooks au nord jusqu'à Point-no-Point au sud, ainsi que l'arrière pays. Une des principales implantations était le village de Kiix?in.

Aujourd'hui, Les 14 nations Nuu-chah-nulth se répartissent sur trois régions : Région sud : Ditidaht, Huu-ay-aht, Hupacasath, Tse-shaht et Uchucklesaht. Région centrale : Ahousat, Hesquiaht, Tla-o-qui-aht, Toquaht et Ucluelet. Région nord : Ehattesaht, Ka:'yu:'k't'h'/Che:k:tles7et'h', Mowachat/Muchalaht, et Nuchatlaht.

Langue La langue Nuu-chah-nulth fait partie du groupe des langues wakashanes. Religion, mythes et croyances D'après les croyance des Nuu-Chah-Nulth, N'aas est le grand créateur.

L’univers des Nuu-Chah-Nulth thumb|right|Chapeau de chef nutka, fibre de cèdre, avec motifs de chasse (à la baleine ?), L’univers des Nuu-Chah-Nulth comprend quatre mondes : La Terre, La Mer, Le Ciel et le Monde sacré situé entre les trois mondes précédents. Chez les Nuu-Chah-Nulth, la transformation est un passage entre les différents mondes, c’est l’entre-deux mondes. Très ritualisée, la transformation symbolise les transitions sociales : du non chasseur au chasseur, de l’enfant à l’adulte, du célibataire au marié, etc. La transformation peut être dangereuse et conduire jusqu’à la mort de ceux qui ne sont pas préparés. En allant dans l’entre-deux mondes, les Nuu-Chah-Nulth obtiennent du pouvoir et des dons ou « privilèges », ils trouvent « leurs » trésors.

Culture

Le rituel du loup chez les Nuu Chah Nulth À partir de Henson Ernst (1952)

Le loup est le symbole de la sagesse et de la ruse, il est le gardien du royaume des animaux. « The wolf is the bravest of any animal in the woods. They are killers. They don’t fear anything. They are so brave that they can run the country undisturbed. That is why the wolf is chosen. » « Wolfman, man who lost his soul, lost in the wilderness. No longer a man, an animal.»

Le rituel du loup, le Tlukwana D'après Kruger (2003) et Moogk (1980).

Les Nuu-Chah-Nulth admirent le loup pour sa sagesse et ses qualités de chasseur : sa rapidité, sa ruse et sa bravoure (le loup tue avec ses crocs uniquement). Les succès des loups à la chasse démontrent des « pouvoirs surnaturels ». Le loup a la connaissance des rituels sacrés et le pouvoir de passer et de faire passer des êtres vivants du monde « matériel » à l’entre-deux mondes. Le loup peut se transformer en orque quand il va à la mer et inversement l’orque peut se transformer en loup lorsqu’il vient à terre. Pour les Nuu-Chah-Nulth, les loups, les orques et les hommes partagent des analogies : il s’agit de prédateurs qui ne sont pas prédatés, ils sont organisés socialement de la même façon, ils mangent les mêmes proies et chassent de la même manière. Ils peuvent se transformer l’un en l’autre. Le loup est un orque et l’orque est un loup. Le lien fort entre homme et loup interdit aux Nuu-Chah-Nulth de manger des loups, cela est considéré comme du cannibalisme. Le Grizzly est un autre grand prédateur de la côte Nord-Ouest de l’Amérique du Nord et quelquefois le loup et l’ours sont associés dans les cérémonies.

Le mot Tlukwana se retrouve dans les racines Kwakwala et signifie « trouver un trésor » et le trésor trouvé est ce qu’il y a de mystique, une perle précieuse de la connaissance du surnaturel, le fruit de la quête de l’esprit, le don éternel du héros qui revient comme le guerrier loup, triomphant et émergeant des profondeurs de la forêt primaire. Le rituel du loup avec ses attributs, masques, danses, costumes et instruments de musique, représente une des cérémonies principales des Nuu-Chah-Nulth. Cette nation fonctionne avec le rythme des saisons comme les autres nations de la côte Nord-Ouest de l’Amérique du Nord. Après l’été et l’automne consacrés à la récolte et au stockage des ressources alimentaires, le temps sacré de l’Hiver commence. C’est en Hiver que la cérémonie de vie des Nuu-Chah Nulth se révèle. L’ensemble des aspects de la vie des Nuu-Chah-Nulth tient à une sorte de renversement « saturnales ». La tribu s’en va à son village d’hiver. Les chansons d’été, les noms traditionnels, les mots usuels concernant les loups, la pâte à mâcher, le port de chapeau, la vannerie, le tissage de natte et des tapis sont interdits. La frivolité, la joie et la fête des cérémonies de la vie sont les objectifs de chacun pendant la saison. Dans cette vie rituelle, la cérémonie du loup est la plus importante pour les Nuu-Chah-Nulth. Elle représente la légende du combat / de la rencontre du guerrier avec l’être surnaturel, son gain de pouvoir et son retour au peuple avec des dons. Certains comparent le rituel du loup à une renaissance. Il représente le passage dans l’entre-deux mondes et pour l’ancrer et l’articuler, il se décompose en trois étapes associées à trois masques.

La première étape : l’enlèvement des novices par les « Crawling wolves » (les loups « rampants »)

Les novices qui vont se transformer se présentent un soir avec leurs parents dans la maison où le rituel se fera (chef de cérémonie). Les « Crawling wolves », c’est-à-dire les initiés, entrent dans la maison. Ces loups sauvages n’ont aucun rapport amical avec l’homme. Ils entrent en démolissant un mur de la maison et interrompent ainsi la « fête ». Ils « rampent » quatre fois autour du feu se situant au centre de la pièce. Ce sont de vrais loups chassant de vraies proies ! A la lumière vacillante, comme des formes noires furtives, leurs allures avec les masques donnent l’impression d’une véritable invasion de loups. Ensuite, le feu s’éteint mystérieusement et les initiés disparaissent en emportant avec eux les novices.… seuls des hurlements lointains parviennent de la forêt. Les danseurs « Crawling wolves » sont des hommes où leurs esprits deviendront des loups à leurs morts. Le masque des « Crawling wolves » est le plus petit des trois masques et il est considéré comme le plus sacré. Il est généralement sculpté dans un même morceau de cèdre avec seulement des suggestions pour les dents et les naseaux et il est souvent peint en noir. Le masque est porté au dessus de la tête et le reste du corps est couvert d’une couverture noire et le visage est peint en noir. Ce masque peut également porté le nom d’autres grands prédateurs comme le Couguar ou la Panthère.

La deuxième étape : la transformation des novices avec les « Whirling wolves » (les loups « tourbillonnants »).

Dans la forêt, les novices vont acquérir des pouvoirs « surnaturels » conférés par les loups...ils deviennent sauvages. Les novices se trouvent dans le monde sacré des esprits. Le masque des « Whirling wolves » est également sculpté dans du cèdre rouge mais il présente plus de détails que le premier masque : les naseaux sont larges et proéminents avec un museau allongé que l’on peut clairement identifier. Les dents du fond sont sculptées à la manière d’un réseau de treillis, hautement décoratif, évoquant la férocité du pouvoir du loup. Certains interprètent les symboles en forme de vagues comme représentant le pouvoir de mutation du loup pouvant se transformer en orque ou loup des mers. Cette allusion aux pouvoirs de mutation du loup représente la transformation du novice en quelqu’un de nouveau (initié). La danse associée est tourbillonnante comme le pouvoir en mouvement de l’esprit du loup indompté chez le novice. Le tourbillon de la danse est un mouvement aléatoire, mouvement pur symbolisant la présence de l’esprit dans le monde matériel. La danse consiste à « surgir dans les airs », en ayant une position accroupie et tournant constamment sur les talons avec une grande rapidité en cercles étroits. Le fait que cela dure environ deux heures montre également les qualités du guerrier : dextérité, force et endurance, si admirées dans la culture amérindienne et représente une part donnée par le loup.

La troisième étape : l’apprivoisement des « loups » et les « Standing wolves »

Les novices sont récupérés par les villageois qui ont déjà été initiés au Tlukwana. Les novices sont conduits dans la maison où se déroule le rituel afin de « calmer » le caractère « sauvage » de leurs esprits. Cela se fait par des danses et des chants décrivant leurs dons et privilèges obtenus. Ce retour des novices en tant qu’adultes se déroule dans une procession de fête. Le troisième masque, porté lors d’une danse pendant cette célébration sacrée et publique, représente ainsi l’apprivoisement final de l’esprit du loup. L’initié a reçu des dons du surnaturel à travers les chansons et danses, un nouveau pouvoir s’empare de lui, une sorte de renouveau. Le port de ce masque et la danse associée est un remerciement et un moment de joie pour avoir obtenu ces dons. Ce troisième masque est large et coloré. Alors que les premiers masques sont sombres et sont des représentations de pouvoirs plutôt obscurs, liés à la mort et au monde souterrain, le troisième masque est une figure généreuse. Le loup peint, lumineux, représente la renaissance pour une vie nouvelle et plus généreuse à la fois pour l’initié et pour la communauté.

Le rituel du loup se conclut par une grande fête communautaire et de partage (Potlach) où chacun danse et montre son rang social.

Le lien avec l’Oiseau Tonnerre