David Scott, né le à San Antonio au Texas, est un militaire, pilote d'essai, astronaute et homme d'affaires américain. Il est le septième des douze hommes ayant foulé le sol lunaire à ce jour et, en 2026, un des quatre marcheurs lunaires vivants avec Charles Duke, Buzz Aldrin et Harrison Schmitt.

Avant de devenir astronaute, Scott obtient son diplôme de l'Académie militaire de West Point et rejoint l'armée de l'air. Après avoir servi en tant que pilote de chasse en Europe, il est diplômé de l'école des pilotes d'essai de l'United States Air Force. Scott prend sa retraite de l'armée de l'air en 1975 avec le grade de colonel et plus de de vol enregistrées.

Scott est sélectionné comme astronaute dans le groupe 3 de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1963. Il effectue son premier vol dans l'espace en tant que pilote de la mission Gemini 8, en compagnie de Neil Armstrong, en , passant un peu moins de onze heures sur une orbite terrestre basse. L'astronaute passe ensuite dix jours en orbite en en tant que pilote de module de commande d'Apollo 9, une mission qui permet de tester de manière approfondie le vaisseau, aux côtés du commandant James McDivitt et du pilote de module lunaire Russell Schweickart.

Après avoir été dans l'équipage de réserve d'Apollo 12, Scott effectue son troisième et dernier vol dans l'espace en tant que commandant de la mission Apollo 15, le quatrième alunissage humain et la première mission utilisant le rover lunaire Apollo. Scott et James Irwin restent sur la Lune pendant trois jours. Après leur retour sur Terre, Scott et ses coéquipiers tombent en disgrâce auprès de la NASA après un scandale lié à l'emport d'objets non autorisés sur la Lune. Après avoir occupé le poste de directeur du centre de recherche sur le vol Dryden de la NASA en Californie, Scott prend sa retraite de l'agence en 1977. Depuis, il travaille sur de nombreux projets liés à l'espace et a servi de consultant pour plusieurs films sur le programme spatial, notamment Apollo 13 (1995).

Biographie Jeunesse et formation vignette|redresse|left|alt=Portrait en couleur de Scott en costume.|David Scott en 1964, lorsqu'il est à la NASA.

David Randolph Scott naît le sur la base aérienne Randolph près de San Antonio au Texas.. Son nom intermédiaire « Randolph » est une référence à ce lieu. Son père est Tom William Scott, un pilote de chasse de l'armée de l'air américaine qui finit au grade de brigadier général., et sa mère Marian Scott (née Davis). David vit ses premières années sur la base où son père est affecté, avant de s'installer dans une base aérienne dans l'Indiana, puis en 1936 à Manille, aux Philippines, alors sous domination américaine. David se souvient de son père comme quelqu'un de strict. La famille revient aux États-Unis en . Au moment de l'attaque de Pearl Harbor en 1941, la famille vit à nouveau à San Antonio et peu de temps après, Tom Scott est déployé à l'étranger.

Comme ses parents estiment qu'il a besoin de plus de discipline en l'absence de son père, parti depuis trois ans, Scott est envoyé au (futur TMI Episcopal), passant ses étés à Hermosa Beach, près de Los Angeles en Californie, avec un ami d'université de son père, David Shattuck, qui est à l'origine de son prénom. Déterminé à devenir pilote comme son père, David construit de nombreux modèles réduits d'avions et regarde avec fascination des films de guerre aérienne. Au moment du retour de Tom Scott, David est assez âgé pour être autorisé à monter dans un avion militaire avec lui et, dans l'autobiographie de David Scott, il se souvient de cela comme « la chose la plus excitante [qu'il a] jamais vécue ».

David Scott est actif dans les Boy Scouts of America, atteignant son deuxième rang le plus élevé, le « ». Tom Scott ayant été affecté à la base aérienne March près de Riverside en Californie, David étudie à la , où il rejoint l'équipe de natation et établit plusieurs records du lycée et de l'État. Avant que David puisse terminer ses études secondaires, Tom Scott est transféré à Washington. Après une discussion sur l'opportunité de rester en Californie pour obtenir son diplôme, David étudie finalement à la de Washington où il obtient son diplôme en .

David Scott souhaite être nommé à l'Académie militaire de West Point, mais il lui manque des relations pour y entrer. Il passe un concours administratif de la fonction publique et accepte une bourse d'études en natation à l'université du Michigan où il intègre l'école d'ingénieur. Au printemps de l'année 1950, il reçoit et accepte une invitation pour étudier à West Point.

Scott souhaite toujours voler et être affecté à la force aérienne. L'United States Air Force Academy (USAFA) est fondée en 1954, année où Scott obtient son diplôme de West Point et un arrangement provisoire est conclu selon lequel un quart des diplômés de West Point et de l'Académie navale d'Annapolis peut se porter volontaire pour être nommés officiers de l'armée de l'air. Diplômé d'un baccalauréat universitaire en sciences militaires, il sort sur 633 en 1954 et est nommé dans l'armée de l'air.

Armée de l'air vignette|redresse|alt=Photographie couleur d'un avion à réaction propulsé par un moteur fusée supplémentaire.|Afin de familiariser les étudiants de l'ARPS avec certaines des techniques de vol spatial, trois F-104 Starfighter sont équipés de moteurs de fusée et de commandes de réaction pour une utilisation en dehors de l'atmosphère.

Scott suit une première formation de pilote de six mois à la base aérienne Marana (futur Pinal Airpark), en Arizona, à partir de . Puis, il en suit une deuxième à la base aérienne Webb au Texas en 1955, et enfin une formation de tir au canon à la base aérienne Laughlin, également au Texas, et à la base aérienne Luke en Arizona ..

D' à , Scott vole avec le à la base aérienne Soesterberg aux Pays-Bas, pilotant sur F-86 Sabre et sur F-100 Super Sabre. La météo y étant régulièrement mauvaise, ses compétences de pilotage sont mises à l'épreuve : une fois, il doit poser son avion sur un parcours de golf après une extinction moteur ; une autre fois, il peine à atteindre une base néerlandaise située au bord de la mer du Nord.. Dans le contexte de la guerre froide entre les États-Unis et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), l'escadron de Scott est placé en état d'alerte maximum pendant plusieurs semaines lors de l'insurrection de Budapest de 1956, mais ne combat finalement pas.

Scott espère faire avancer sa carrière en devenant pilote d'essai et en s'entraînant à la base aérienne Edwards. Il est informé que le meilleur moyen d'entrer dans l'école des pilotes d'essai de l'United States Air Force (USAF TPS), basée à Edwards, est d'obtenir un diplôme de deuxième cycle en aéronautique. En conséquence, il postule au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et y est accepté. Il y obtient une maîtrise en sciences en aéronautique et en astronautique, ainsi qu'un diplôme d'ingénieur en aéronautique et en astronautique en 1962..

Après avoir reçu ses diplômes, Scott est stupéfait de recevoir l'ordre de l'armée de l'air de se présenter à la nouvelle United States Air Force Academy en tant que professeur, plutôt que de faire un essai pour intégrer une école de pilotage. Bien que les contestations d'ordres sont fortement découragées, il se rend au Pentagone et parvient à plaider sa cause auprès d'un colonel. Il reçoit par la suite des ordres modifiés pour intégrer la base aérienne Edwards.

Scott se rend à l'école des pilotes d'essai de l'United States Air Force en . Le commandant de l'école est Chuck Yeager, le premier à avoir franchi le mur du son, que Scott idolâtre. Il a l'occasion de voler plusieurs fois avec lui. Il obtient son diplôme en tant que meilleur pilote de sa promotion. Il est sélectionné pour l' (ARPS), également à Edwards, où sont formés ceux destinés à servir d'astronautes pour l'armée de l'air. Là, il apprend à contrôler des avions, tels que le F-104 Starfighter, à des altitudes atteignant .

Carrière d'astronaute

vignette|upright=1.3|left|alt=Photographie couleur des aspirants astronautes posant en costume près d'un drapeau des États-Unis. Certains tiennent en main des maquettes de vaisseaux spatiaux.|Le groupe d'astronautes 3 avec, de gauche à droite, à l'arrière-plan : Collins, Cunningham, Eisele, Freeman, Gordon, Schweickart, Scott et Williams, et à l'avant-plan : Aldrin, Anders, Bassett, Bean, Cernan et Chaffee.

En postulant en 1963 au groupe d'astronautes 3, Scott n'a pour intention que de faire un détour temporaire dans sa carrière militaire. Il s'attend à voler plusieurs fois dans l'espace, puis à retourner dans son arme. Il est accepté comme l'un des quatorze astronautes du groupe 3 de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) à la fin de l'année.

La mission initiale de Scott est de représenter les astronautes au MIT, supervisant le développement de l'Apollo Guidance Computer (AGC), l'ordinateur de guidage développé dans le cadre du programme Apollo... Il passe la majeure partie des années 1964 et 1965 en résidence à Cambridge dans le Massachusetts.

Programme Gemini et Gemini 8

Il sert de Capsule Communicator (CAPCOM) de réserve pendant Gemini 4 () et 5 ().

Après la conclusion de Gemini 5, Deke Slayton, directeur des opérations liées aux équipages, informe Scott qu'il volera avec Neil Armstrong à bord de . Cela fait de Scott le premier astronaute du groupe 3 à faire partie d'un équipage principal, sans avoir fait partie d'un équipage de réserve. Il est très apprécié de ses collègues pour ses qualités de pilote. Un autre astronaute du groupe 3, Michael Collins, écrit plus tard que la décision d'envoyer Scott avec Armstrong l'avait convaincu que la NASA savait ce qu'elle faisait.

vignette|alt=Armstrong et Scott en combinaison argentée posant près de leur capsule.|Neil Armstrong et David Scott lors d'un entrainement dans le golfe du Mexique en 1965.

Scott trouve Armstrong trop directif, mais les deux hommes se respectent beaucoup et travaillent bien ensemble. Ils passent la majeure partie des sept mois précédant leur lancement en compagnie l'un de l'autre. Une partie de la formation que Scott suit sans Armstrong est de voler sur un avion C-135 Stratolifter reproduisant artificiellement l'impesanteur, où il s'entraîne en vue d'une sortie dans l'espace.

Le , Armstrong et Scott décollent pour un vol initialement prévu pour une durée de trois jours. La fusée Agena avec laquelle ils doivent s'amarrer a été lancée une heure et quarante minutes plus tôt. Ils approchent soigneusement de celle-ci et s'amarrent correctement dans le cadre d'une manœuvre destinée à mettre au point les techniques de rendez-vous spatiaux. Il s'agit ainsi du premier amarrage jamais réalisé dans l'espace. Après cette réussite, le vaisseau spatial Gemini fait un mouvement inattendu. Le centre de contrôle de mission étant déconnecté pendant cette partie de l'orbite, les astronautes pensent que l'Agena est à l'origine de ce problème. Cela se révèle inexact, car une fois qu'ils se désamarrent en urgence, la rotation ne fait qu'empirer. Avec la forte rotation du vaisseau, les astronautes risquent de perdre connaissance et celui-ci risque de se désintégrer. Le problème est finalement identifié comme l'un des moteurs-fusées de l'engin qui s'est mis en marche inopinément. L'équipage arrête ce propulseur et Armstrong en active d'autres pour contrer la rotation. Ces derniers propulseurs étant censés être utilisés pour la rentrée, les règles de la mission stipulent que s'ils sont activés trop tôt, la mission doit être écourtée pour revenir sur Terre. Gemini 8 amerrit dans l'océan Pacifique le jour du lancement car la mission ne dure que dix heures et la fin prématurée de la mission ne permet pas à Scott de réaliser sa sortie planifiée dans l'espace..