Kérity, en breton Keriti, est un quartier de la commune de Paimpol dans le département des Côtes-d'Armor.

C'est une ancienne commune ayant fusionné en 1960 avec Plounez et Paimpol.

D'un point de vue religieux, la paroisse de Kérity était enclavée dans l'évêché de Saint-Brieuc faisait partie du doyenné de Lanvollon relevant de l'évêché de Dol et était sous le vocable de saint Samson. L'église de Keriti (dès 1189) ou de Quérity (1198) est citée dans les chartes des abbayes de Saint-Riom et de Beauport.

Géographie

Histoire Temps modernes thumb|left|Carte de Cassini de la paroisse de Kérity et de ses environs (1790). Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759 la paroisse de Querity [Kerity] doit fournir 17 hommes et payer 111 livres pour la défense des côtes de Bretagne..

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Kérity en 1778 :

Le Les chantiers Bonne thumb|left|La goélette Occasion, maquette exposée au musée de la mer de Paimpol. En 1852, Louis Morand arme l'Occasion, le premier navire à quitter le port de Paimpol pour pêcher la morue au large de l'Islande. En 1935, la Glycine sera la dernière goélette à partir pour la Grande Pêche. Entre ces deux dates, Paimpol et sa région vont connaître une période de prospérité, que l'on appelle depuis dans la cité des Islandais (surnom de Paimpol), la Grande époque. Toutes sortes d'activités vont alors se développer et notamment la construction navale. En 1899, les chantiers Bonne s'établissent à Poulafret sur le territoire de Kérity. Ils vont alors donner une très forte impulsion à la construction navale paimpolaise.

Description de Kérity au thumb|left|Kérity ː plan cadastral (1831, tableau d'assemblage). A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Kérity en 1843 :

Plusieurs modifications territoriales ont concerné Kérity dans le courant du : « L'enclave de Kerity (au nord-ouest) était plus étendue que la partie contenant l'ancien bourg (au sud-est), elle était limitée au nord-ouest par le Quinic. Les deux fractions de Kérity ont été réunies en 1831 par l'incorporation d'une partie de Plouézec, contenant l'abbaye de Beauport, tandis que Kérity absorbait une enclave de Plouézec, limitrophe avec Plourivo et Plounez. Kérity n'atteint plus le Quinic, par suite de deux annexions à Paimpol, en 1843 (près de la mer) et en 1896 (quartier de la nouvelle gare de Paimpol) »..

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Kérity possède une école de garçons ayant108 élèves et une de filles en ayant 98. Après avoir décrit les ruines de l'abbaye de Beauport, il indique que « l'église paroissiale, dédiée à saint Samson, est située à l'extrémité de la commune , au milieu de trois ou quatre maisons qui en forment le bourg. On en construit une nouvelle au village du Terron, point plus central », que « la chapelle Sainte-Barbe remonte au ; on jouit, du petit cimetière qui l'entoure, d'un coup d'œil magnifique sur la baie de Paimpol et les îles dont elle est semée » et que « quoique bordant la mer, le sol de cette commune est généralement peu fertile, à l'exception de quelques prairies et vergers situés dans la partie abritée ; les autres terres ne donnent que des produits médiocres ; un septième de ces terres est encore inculte »..

Un article de Pierre Loti publié dans la presse décrit la douleur des veuves lors du naufrage de deux '"Islandais" de Paimpol, la Petite-Jeanne et la Catherine en 1887. ; ce double naufrage fit 30 veuves et 80 orphelins, principalement dans les communes de Ploubazlanec, Plouézec et Kérity ; Pierre Loti fut à l'initiative d'une souscription en faveur de ces familles..

Le La Belle Époque La tempête du en Mer d'Islande fit 117 victimes laissant 45 veuves et 167 orphelins dans les cinq communes de Plouézec, Ploubazlanec, Kérity, Plouha et Pléhédel « qui fournissent en presque totalité le recrutement des "Islandais" (..) Pareille catastrophe ne s'était point vue depuis 1854 ».. En le Quo Vadis (27 hommes à bord) et le Françoise (25 hommes à bord) sont déclarés perdus corps et biens en mer d'Islande : « les communes de Plouézec, Kérity, Kerfot, Pléhédel et Plouha sont cruellement éprouvées » écrit le journal La Dépêche de Brest..

Annexion de Kérity par la ville de Paimpol La commune de Paimpol à l'origine ne compte que quatorze hectares. En 1838, elle décide d'entreprendre de grands travaux avec l'assèchement d'un étang et la construction d'un port. Celui-ci comprendra des quais et une jetée protégeant des vents de Nord-Est qui devra obligatoirement s'appuyer sur la rive de l'étang situé à Kérity. Pour faciliter les travaux, la municipalité de Paimpol propose d'annexer une partie du quartier de Kernoa malgré l'opposition de Kérity. Cette opération sera décidée en 1843 et désormais la zone portuaire fera partie intégrante de Paimpol.

En 1899, le chemin de fer arrive à Paimpol (en provenance de Guingamp). La gare est implantée sur un nouveau terrain obtenu en asséchant un étang. Mais une partie de celui-ci fait encore partie du territoire de Kérity. Le préfet décide de rectifier à nouveau la limite communale dans la mesure où la commune de Kérity ne peut faire face aux investissements indispensables.

Pour assurer le développement économique de la région de Paimpol et l'extension de sa zone urbanisée, la fusion des communes apparaît nécessaire juste après la seconde guerre mondiale. Ce sera chose faite quinze ans plus tard lorsque le , à la suite d'un vote organisé à l'intention des habitants des communes concernées, sera créé le « Grand Paimpol » avec Kérity et Plounez.

Le sentiment d'appartenance à Kérity est encore aujourd'hui très présent dans l'esprit de bon nombre de ses habitants. Pourtant, ces dernières années, le petit bourg a perdu la plupart de ses commerces alimentaires emportés par le développement de la grande distribution. Kérity a vu s'implanter sur son territoire un hôpital et un collège et de nombreuses zones résidentielles. Des projets de développement sont en cours. L'activité touristique s'est développée autour de l'abbaye de Beauport. La Première Guerre mondiale Le monument aux morts porte les noms de 76 soldats et marins morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; parmi les victimes 4 (Jean Bré, Louis Coadou, Auguste Kerneau et François Le Goff) sont morts en Belgique ;11 sont des marins morts en mer ; Jean Camus est mort de maladie à Dakar (Sénégal) en 1918 ; François Mével, quartier-maître sur le cuirassé Paris, est mort de maladie à Pura, alors en Italie (en Croatie désormais) le , donc trois mois après l'armistice ; la plupart des autres sont morts sur le sol français ; toutefois les circonstances des décès de 26 victimes ne sont pas précisées. L'Entre-deux-guerres Jean Le Mée, lieutenant de vaisseau, chevalier de la Légion d'honneur, est mort le à Lyon (Rhône) des suites d'une maladie contractée en service et d'infirmités incurables contractées pendant la Première Guerre mondiale.

La culture des pommes de terre primeurs était importante (région de la Ceinture dorée), mais avec un décalage de date par rapport aux communes littorales pour celles situées un peu à l'intérieur : le journal L'Ouest-Éclair écrit le : « les communes favorisées de Bréhat, Plouézec, Ploubazlanec, Kérity, région de la côte, ont presque terminé les arrachages ; les communes de Plounez, Plourivo, Yvias, Kerfot, livrent actuellement »..

La Seconde Guerre mondiale Le monument aux morts de Kérity porte les noms de 44 personnes mortes pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ; parmi les victimes Jean Kergall et Jean Méhauté sont disparus en mer lors du naufrage du paquebot Meknès le : Louis Pierroux, mort lors du naufrage du cargo Djurdjura coulé par un sous-marin italien le ; Yves Trémel lors du naufrage du cargo Jumièges le ; Yves Toupin a été victime du naufrage de la corvette Mimosa le ; Georges Le Bonniec, résistant mort en déportation à la prison de Klingelpütz à Cologne le ; René Langlois et Armand Le Bars, membres du maquis de Coat-Lann, ont été tués à l'ennemi le à Pommerit-le-Vicomte; Yves Denès, résistant FFI tué à l'ennemi le à Trévérec; Jean Yves Denès , soldat du bataillon de marche , mort des suites de ses blessures le à Villersexel (Haute-Saône) ; Yves Le Hégarat le lors des combats de la Poche de Lorient ; Jean Le Collen, caporal au régiment de marche du Tchad, tué à l'ennemi le à Sélestat (Bas-Rhin) ; Louis Pennehoat, mort au camp de concentration de Buchenwald (commando de travail d'Ellrich) le ; Jean Pierre, résistant membre du réseau Centurie déporté au camp de concentration de Buchenwald, est mort des suites de sa déportation le à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre ; les circonstances des décès des autres victimes ne sont pas précisées.

L'après Seconde Guerre mondiale

Deux soldats de Kérity sont morts pour la France durant la Guerre d'Indochine (Pierre Huon et Louis Monnier) et deux durant la Guerre d'Algérie (Michel Coatanhay et Marcel Henry).

Le

Politique et administration

Lieux et monuments Église

La première église Saint-Samson de Kérity remonte à la fin du . Elle appartenait à l'abbaye de Saint-Riom. Lorsque celle-ci fut abandonnée, l'église fut donnée aux moines de l'Abbaye de Beauport en 1202 dont elle dépendit jusqu'à la Révolution. De l'ancienne église reconstruite au , il ne reste plus rien. Elle se trouvait naguère dans l'actuel quartier de Sainte-Barbe appelé aujourd'hui « Le Vieux Bourg ». Cet édifice est en ruine lorsqu'une nouvelle église est construite au « Terron » sur les plans de l'architecte Alphonse Guépin. En 1862, la vieille église pauvre, laide, mal pavée avec des statues de saints grossièrement faites, avec un petit campanile percé pour trois cloches fut abattue. Les pierres furent réutilisées pour construire le presbytère. La bénédiction de la première pierre de la nouvelle église eut lieu le et la bénédiction le . La tour ne fut construite qu'en 1890. La décoration de rinceaux et arabesques et l'œuvre du peintre briochin Raphaël Donguy, en 1862.

Chapelle Sainte-Barbe Dominant l'anse de Paimpol, la chapelle Sainte-Barbe est un édifice du remanié au (1908). Elle est bâtie sur la plus haute éminence de la paroisse de Kérity, au lieu-dit « La Mac'helaire ». C'est à cette chapelle, la seule de la paroisse, que tous les ans, les pêcheurs d'Islande et de Terre-Neuve venaient en pèlerinage demander à Sainte Barbe de les protéger de la foudre et de tous les dangers. Outre le petit pardon célébré le , le grand pardon est célébré le jour de l'Ascension. Ce jour-là, de nombreux pèlerins viennent visiter la chapelle. Ils apportaient autrefois leur offrande de blé ou d'argent. À côté de la chapelle se trouve un petit oratoire enterré et surmonté d'un calvaire. C'est dans ce petit édifice que l'on entreposait jadis le blé offert le jour de pardon. Les éditions Mesny ont publié des cartes postales de la chapelle Sainte-Barbe vers 1950 et ..

Kérity possédait autrefois une chapelle, détruite vers 1800, dédiée à Notre-Dame de Gavel et située à la Lande Colas.

Abbaye de Beauport

Les carrières de Kérity Le territoire de Kérity est très intéressant sur le plan géologique. Il offre en effet une grande variété de roches utilisées dans la construction mais aussi pour l'empierrement des routes. Les façades des maisons de la région paimpolaise témoignent de cette richesse géologique. Guilben est le lieu où l'on trouve la spilite de Paimpol, une roche volcanique épanchée sous la mer, avec notamment des coulées en coussins (pillow lavas) et des hyaloclastites, témoins du volcanisme briovérien.. Cependant, très difficile à tailler, elle n'est pas souvent utilisée. Des archives du attestent également de la présence de carrières sur l'îlot de Cruckin, on y a extrait alors un schiste bleu-noir.