(? - mort avant ), seigneur de La Roche et de Ray (Comté de Bourgogne) fut le fondateur du duché d'AthènesAubry de Trois-Fontaines, 1205 : "Otto de Rupe, cuiusdam nobilis Pontii de Rupe in Burgundia, quodam miraculo fit dux Atheniensium atque Thebanorum", Les premiers ducs d'Athénes et leur famille, page 61 ., qu'il conquit au détriment de l'Empire byzantin durant la quatrième croisade. vignette|Le duché d'Athènes, en vert.
Biographie
vignette|La « tour franque » (détruite en 1874) sur l'Acropole, parfois attribuée à Othon. Fils du seigneur , Othon est originaire du château de La Roche à Rigney, dans le Comté de Bourgogne (actuelle Franche-Comté).
Othon participe à la quatrième croisade, lancée en 1202 et détournée en 1204 contre l'empire byzantin. Il est ainsi cité par Villehardouin parmi les principaux chevaliers du de bataille de l'armée des Croisés, formé des BourguignonsVillehardouin, La conquête de Constantinople T.1, éd. et trad. E. Faral, Paris, 1972, pp. 150-153..
Il est censé avoir ramené des croisades une relique de la Vraie CroixLa recluse des Innocents Renée de Vendômois, dans Revue historique et archéologique du Maine, 1892 (T1) pages 54 à 83 et 202 à 217 à lire en ligne sur gallica.bnf.fr plus particulièrement la page 74.. Selon une tradition, propagée vers 1750, il aurait également pu s'emparer du Saint-Suaire au cours du sac de Constantinople en , pour le faire remettre aux chanoines de la cathédrale Saint-Étienne de Besançon. Cette hypothèse a été réfutée, en 2015, par Andrea Nicolotti, historien du christianisme.
Il fait partie au moins dès l'été 1204 des proches de Boniface de Montferrat, qu'il accompagne lors de son entrevue avec Villehardouin en lors du siège d'AndrinopleVillehardouin, La conquête de Constantinople T.2, éd. et trad. E. Faral, Paris, 1972, pp. 92-95.. Il participe ensuite en 1204/1205 aux campagnes de Boniface, qui lui confie des territoires en Attique et peut-être en Béotie, qui deviendront le duché d'Athènes, et prend le titre de « Megaskyr » (grand-seigneur). À l'automne 1206, il négocie au nom de Boniface un mariage entre la fille de ce dernier, Agnès, et l'empereur HenriVillehardouin, La conquête de Constantinople T.2, éd. et trad. E. Faral, Paris, 1972, pp. 264-265..
Après la mort de Boniface en , on considère généralement (mais sans indication formelle) qu'il devient vassal de l'empereur Henri, soit dès 1209, soit à la chute du royaume de Thessalonique en 1224..
Il s'aménage une résidence fortifiée dans les anciens propylées de l'acropole, puis aide à conquérir l'Acrocorinthe et l'Argolide vers 1209-1211 et reçoit ainsi la seigneurie d'Argos. La Tour franqueIl existe de nombreuses tours franques en Grèce. érigée à proximité, et qui subsista jusqu'en 1874, aurait été construite par Othon, sinon plus tard, par la famille Acciaiuoli, qui règna sur le duché d'Athènes de 1388 jusqu'à sa chute face à l'Empire ottoman en 1458.
Selon certains auteurs, il serait devenu seigneur de Ray en épousant sa cousine Isabelle de Ray (fille du seigneur Guy de Ray)K. Hopf, Chroniques gréco-romanes inédites ou peu connues, publiées avec notes et tables généalogiques, Berlin, Weidmann, 1873, p. 473., ou bien en tant que membre d'une branche cadette de la famille de Ray, après l'extinction de la branche aînéeDunod de Charnage, Mémoires pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne, 1740, p. 103.. Selon une autre hypothèse sa femme serait Élisabeth (ou Isabelle) de Chappes, sœur de , seigneur de Chappes, originaire de Champagne... On considère généralement que le mariage a eu lieu à la fin de 1208, sur la foi d'une lettre d' datée de le décrivant comme mariéKenneth Meyer Setton, The Papacy and the Levant (1204-1571) : The thirteenth and fourteenth centuries p. 412, d'après Gregorovius (la date de 1207 résulte d'une datation erronée de la lettre d', celle-ci étant datée de la calende de février 1208, c'est-à-dire le 23 janvier 1209 car l'année commençait alors en avril)..
Le dernier document le mentionnant vivant et présent en Grèce date de .. À la suite de Du Cange, Buchon et Hopf, certains auteurs considèrent qu'il serait revenu en France (à des dates différentes) ; cependant aucun document ne permet de confirmer cette affirmationJean Longnon, Les compagnons de Villehardouin, Genève, 1978, p. 216.La pierre tombale parfois citée comme preuve de ce retour est en fait attribuée à un de ses descendants homonymes., et l'historien Andreas Kiesewetter considère comme plutôt vraisemblable qu'il soit resté en Grèce.. Son successeur dans le duché d'Athènes fut son fils , considéré avant 1973 (et encore parfois dans certaines publicationsainsi P. Lock, The Franks in the Aegean, p. 364.) comme son neveu.
Selon une tradition locale, de retour dans sa patrie il aurait résidé d'abord dans son château de Ray, puis se serait retiré dans l'abbaye cistercienne de Bellevaux près de Rigney, fondée par son arrière-grand-père et dans laquelle il aurait été enterré.
Sa date de mort est inconnue, mais il est mentionné comme défunt dans un acte daté de l'année 1234/35.Le premier jour de l'an au Moyen Âge n'étant pas le janvier, l'année 1234 donnée par le document concerne en réalité la période entre le 25 avril 1234 et le 7 avril 1235.Certains auteurs (dont G. Barbet, p. 67) adoptent sans justification ce terminus ante quem comme l'année effective de sa mort..
Une pierre tombale remarquée au dans l'église de Seveux et actuellement conservée dans celle de Vereux, qui lui avait été attribuée par certains auteurs du milieu du , est actuellement considérée comme celle de son fils ou de son arrière-petit-fils homonymesNotice sur le site des Monuments historiques.Jules Gauthier, « Othon de la Roche, conquérant d'Athènes et sa famille » in Procès-verbaux et mémoires - Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Besançon, 1880, p.140 et 146.Jules Finot, Affranchissement des habitants de Ray par Jehan, seigneur dudit lieu, in Revue des sociétés savantes des départements, série 7, T.6, 1882, p. 30..
Mariage et descendance De son mariage avec Isabelle/Élisabeth, fille de et Hélissent de Traînel, il a au moins trois enfants : qui reçoit les seigneuries de Ray et d'Argos-Nauplie ; qui reçoit la seigneurie d'Athènes ; Bonne, qui épouse Démétrius de MontferratSon mariage est indiqué par le Livre de la conquête de la Morée qui désigne "le dux Guis de la Roehc" comme "cousins germains" du "noble baron Jehan de Saint-Omer, le frère Monseigneur Nicole de Saint-Omer, seigneur de la moitié d’Estives, et de messire Otthe" Médiéval Généalogie, Seigneurs d'Athènes 1205-1260, ducs d'Athènes 1260-1308 (de la Roche-sur-l'Ognon) http://fmg.ac/Projects/MedLands/LATIN%20LORDSHIPS%20IN%20GREECE.htm#OthonIRaydiedbefore1234B., puis vers 1220 Bela de Saint-Omer ; elle hérite de la moitié de la seigneurie de Thèbes.
Annexes Notes
Références
Bibliographie . Jean Longnon, « Problèmes de l'histoire de la principauté de Morée. (Premier article) », Journal des Savants, 1946, no 2, p. 77-93. . Ouvrages de vulgarisation Gérald Barbet, Othon de La Roche. Chroniques sur l'étonnante histoire d'un chevalier Comtois devenu Seigneur d'Athènes, Besançon 2012. Jean Girard, La Roche et l'épopée comtoise de Grèce, L'Atelier du Grand tétras, Besançon, 1998.
Voir aussi Quatrième croisade - Duché d'Athènes Famille de Ray Famille de La Roche sur l'Ognon
Liens externes
Le Saint Suaire de Turin et la famille de la Roche
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