La Grande Vadrouille est un film franco-britannique réalisé par Gérard Oury, sorti en 1966.
Deuxième comédie de Gérard Oury après Le Corniaud, le film se déroule durant la Seconde Guerre mondiale dans la France occupée et raconte les déboires de deux Français se retrouvant obligés d'aider un petit groupe d'aviateurs britanniques à se rendre en zone libre, tout en étant poursuivis par les Allemands. Ces deux Français sont interprétés par Bourvil et Louis de Funès, duo vedette du Corniaud, qui jouent respectivement un peintre en bâtiment un peu naïf et un chef d'orchestre de l'Opéra de Paris très acariâtre et imbu de sa personne.
Avec plus de de spectateurs lors de sa première exploitation en salles (de 1966 à 1975), le film demeure pendant plus de trente ans le meilleur score du box-office français toutes nationalités confondues (avant d'être dépassé par Titanic en 1998) et durant plus de quarante ans le plus grand succès d'un film français sur le territoire français, avant d'être dépassé par Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en . Cependant, proportionnellement à la population française des deux époques, La Grande Vadrouille reste au premier rang. Il est à ce jour troisième au palmarès des films français les plus vus en France, précédé par Bienvenue chez les Ch'tis et Intouchables.
Synopsis En 1942, pendant l'Occupation, un bombardier. britannique embarquant cinq hommes d'équipage est abattu au-dessus de Paris par la Flak, lors d'un retour d'assaut aérien. Ses occupants sautent en parachute en se donnant rendez-vous aux bains turcs à la Grande mosquée de Paris. Deux sont faits prisonniers, les trois autres parviennent à échapper aux Allemands. Le premier, Sir Reginald Brook, alias Big Moustache, atterrit dans le bassin aux phoques du zoo de Vincennes. Le directeur du zoo lui garde son parachute et lui fournit des vêtements civils pour qu'il aille aux bains turcs sans attirer l'attention, tout en lui conseillant de raser sa moustache.
Le second, Peter Cunningham, voit son parachute accroché à la nacelle d'Augustin Bouvet, un peintre en bâtiments, qui était en train de rafraîchir un treillage juste à côté du quartier général d'une section de la SS allemande. Repérés à la suite de la chute d'un pot de peinture d'Augustin sur le chef de la SS, ils s'enfuient par les toits de Paris et se réfugient chez une jeune fille nommée Juliette qui réussit à les cacher. Peter, blessé au bras par une balle allemande lors de la fuite, demande à Augustin d'aller à sa place aux bains turcs pour rassurer ses compagnons.
Le troisième, Alan MacIntosh, atterrit sur le toit de l'opéra Garnier et se réfugie dans la loge de l'acariâtre chef d'orchestre Stanislas Lefort. Celui-ci, qui dirige La Damnation de Faust de Berlioz, découvre le Canadien dans sa loge après l'arrêt forcé de la répétition générale. Il arrive tant bien que mal à le cacher des soldats allemands menés par le major Achbach en le faisant passer pour son élève de harpe et se rend à son tour aux bains turcs pour retrouver les amis de MacIntosh.
Aux bains turcs, Big Moustache, Stanislas et Augustin se retrouvent dans le bain à vapeur et élaborent un plan : Stanislas retournera à l'opéra comme si de rien n'était pour informer MacIntosh tandis que les deux autres viendront le chercher ce soir à l'opéra, déguisés en officiers allemands grâce à des uniformes volés dans les vestiaires. À l'opéra, Macintosh, imprudent, se fait repérer dans la loge de Stanislas mais parvient à s'enfuir et se cacher. Stanislas est alors démasqué et arrêté mais doit malgré tout assurer la direction de l'orchestre sous la surveillance du major Achbach, à l'occasion de la soirée de gala pour tout le gratin Allemand. Chez le grand père de Juliette, Augustin, Peter et Big Moustache conviennent de prendre le train depuis Paris pour Meursault en Bourgogne pour rejoindre une cellule clandestine de la Résistance qui les aidera à aller en zone libre.
Le soir même, Augustin et Big Moustache arrivent à l'opéra en tant qu'officiers allemands. De son côté, le chanteur jouant Mephisto, qui a pris Macintosh sous sa protection, a planifié un attentat avec son groupe de résistants visant le chef de la SS au cours de la soirée, sans informer Stanislas qui ne l'aurait pas approuvé. Mais l'explosion ratée de la bombe provoque une confusion massive au cours de laquelle Stanislas tombe sur Big Moustache et Augustin qui « l'arrêtent » pour passer inaperçu, avant de retrouver MacIntosh. Grâce à l'aide de Mephisto, les quatre hommes fuient les troupes allemandes par les égouts.
Le lendemain matin, après avoir volé des vêtements, ils ratent de peu le train où sont montés Peter et Juliette et s'emparent d'une voiture de la poste pour rouler jusqu'en Bourgogne mais ils tombent en panne sèche à mi-chemin. Les quatre hommes continuent alors à pied, et les Anglais devancent les deux Français à la traine en raison des chaussures de Stanislas, trop petites. Le chef d'orchestre échange ses chaussures contre celles d'Augustin qui se retrouve à son tour avec des chaussures inadaptées. Pendant ce temps, dans le train les amenant en Bourgogne, Peter se fait repérer et arrêter et doit laisser Juliette continuer la route seule.
Peu après, Big Moustache et Macintosh arrivent à voler un camion de citrouilles à une religieuse, sœur Marie-Odile, qui accepte de leur prêter main-forte après avoir appris qu'ils étaient de la RAF. Ils embarquent Augustin et Stanislas mais arrivent plus loin à un poste de contrôle allemand. Cependant, les Anglais forcent le barrage et les citrouilles finissent dans les roues et sur la tête des motards allemands lors d'une mémorable course poursuite. Le groupe arrive alors aux Hospices de Beaune où les Anglais restent en tant que tandis qu'Augustin et Stanislas se rendent à Meursault en vélo pour retrouver Juliette et Germaine, la cheffe du réseau. Mais en arrivant en ville, Stanislas casse la chaine de son vélo et l'échange contre celui d'Augustin, avant d'échapper de peu à une patrouille.
Ils passent la nuit dans l'hôtel du Globe, investi pour l'anniversaire d'un général allemand, en se faisant passer pour les maris respectifs de Juliette et Germaine. La ruse fonctionne et ils sont entraînés bien malgré eux dans une farandole à dos de chaises avec tout l'état-major. Après avoir failli se faire démasquer par le major Achbach et son chauffeur qui logent aussi à l'hôtel, au point de dormir dans le même lit sans qu'aucun des quatre ne le remarque avant le réveil, Stanislas et Augustin tentent de passer la ligne de démarcation vêtus d'uniformes allemands et de chiens de patrouille fournis par Germaine. En franchissant un mur, Stanislas s'installe sur les épaules du pauvre Augustin qui continue sa marche en tenant les chiens en laisse. Mais ils finissent par se faire prendre par la vraie patrouille et sont ramenés à la Kommandantur de Meursault où Peter se trouve lui aussi retenu prisonnier.
Par un concours de circonstances, Big Moustache et MacIntosh se retrouvent aussi à la Kommandantur cachés dans des barriques de vin par sœur Marie-Odile qui doit renouveler son Ausweis pour passer en zone libre. Stanislas et Augustin remarquent les trois Anglais dans la Kommandantur au moment où ils vont à un interrogatoire avec le major Achbach. Les Anglais parviennent à voler des uniformes allemands à des soldats et à déclencher un incendie dans la cave à vin pour provoquer une diversion et libérer les prisonniers. Le groupe se retrouve et s'enfuit avec sœur Marie-Odile dans son chariot, en ayant pris soin de crever les pneus de tous les véhicules allemands pour gagner du temps.
En attendant de nouveaux véhicules, le major Achbach envoie un avion de reconnaissance pour suivre les fugitifs qui se rendent à un hangar où sont entreposés des planeurs Castel C-25 S qu'ils comptent utiliser pour enfin gagner la zone libre à proximité de la falaise. Le major Achbach et ses troupes arrivent juste après leur décollage mais les vents capricieux ramènent temporairement les planeurs en zone occupée à portée de feu des Allemands. Cependant, le soldat préposé à la mitrailleuse ayant un gros problème de strabisme tire sur l'avion allemand d'observation qui finit par s'écraser tandis que les planeurs gagnent enfin la zone libre pour de bon afin de rejoindre l'Angleterre.
Fiche technique
vignette|upright|Gérard Oury en 2001. Titre : La Grande Vadrouille Réalisation : Gérard Oury Scénario : Gérard Oury, adapté par Gérard Oury, Danièle Thompson et Marcel Jullian, avec les dialogues de Georges Tabet et André Tabet Musique : Georges AuricMusique préexistante : La Damnation de Faust d'Hector Berlioz exécutés par l'orchestre de l'Opéra national de Paris, sous la direction de Robert Benedetti et Jacques Météhen (éditions Hortensia) ; (chant populaire qui sert à la scène des chaises) Décors : Jean André Costumes : Tanine Autré et Léon Zay Photographie : Claude Renoir et André Domage Son : Antoine Bonfanti, Urbain Loiseau Montage : Albert Jurgenson Cascades actions réglées par Claude Carliez et son équipe Production : Robert Dorfmann Sociétés de production . : France : Les Films Corona Royaume-Uni : The Rank Organisation Société de distribution : France : Valoria Films Royaume-Uni : Rank Film Distributors Budget : 14 millions de francs (soit environ en ) Pays de production : , Langues originales : français, anglais, allemand Studios : Paris-Studios-Cinéma (studios de Billancourt) Format . : couleur (Eastmancolor) - 35 mm - 2,39:1 (CinemaScope, Panavision) - son mono Genre : comédie historique, aventures, guerre Durée : Dates de sortie . : France : (sortie nationale) ; (réédition - version restaurée) Suisse romande : Belgique : Royaume-Uni : Classification . : France : art et essai, catégorie B (1966) France : tous publics (conseillé à partir de ) .. Royaume-Uni : pour un public de et plus (U - ). Belgique : tous publics (). Affiche : René Ferracci (France)
Distribution
Bourvil : Augustin Bouvet, peintre en bâtiment Louis de Funès : Stanislas Lefort, chef d'orchestre à l'Opéra de Paris Terry-Thomas : sir Reginald Brook alias « Big Moustache » Claudio Brook : Peter Cunningham Mike Marshall : Alan MacIntosh Marie Dubois : Juliette, la petite-fille du Guignol Pierre Bertin : le grand-père de Juliette Andréa Parisy : sœur Marie-Odile Mary Marquet : la mère supérieure Benno Sterzenbach : le Major Achbach, l'officier allemand Paul Préboist : le pêcheur (brève apparition) Henri Génès : le gardien du zoo de Vincennes Colette Brosset : Germaine Mag-Avril : la vieille locataire Rudy Lenoir : un soldat allemand Michel Modo : le soldat qui louche Sieghardt Rupp : le lieutenant Sturmer Helmuth Schneider : l'officier allemand dans le wagon-restaurant Hans Meyer : Otto Weber, l'élégant gruppenführer Jacques Bodoin : le chanteur d'opéra (basse) jouant Méphistophélès Guy Grosso : le bassoniste bavard Jean Droze : l'autre bassoniste bavard Pierre Bastien : Plombin Noël Darzal : Lucien Jacques Sablon : Bébert Paul Mercey : le moustachu du bain turc Hans Verner : un officier allemand à l'Hôtel du Globe
Non crédités
Georges Atlas : le policier de la Gestapo à l'atelier d'Augustin Anne Berger : Marguerite Christian Brocard : un employé de la gare Alice Field : la prostituée Gabriel Gobin : un machiniste résistant de l'opéra Rémy Julienne : le motard qui reçoit la citrouille Gérard Martin : le harpiste Clément Michu : le postier à la gare Jean Minisini : un soldat allemand Raymond Pierson : un soldat allemand Édouard Pignon : figurant à l'Opéra Danièle Thompson : figurante Lionel Vitrant : Barbot Nicolas Bang : John, le bombardier George Birt : Harry, le mitrailleur Guy Bonnafoux : l'employé du bain turc Jerry Brouer : un soldat allemand Charly Constant : Ludwig Georges Frédéric Dehlen : le commandant allemand Fred Fischer : un colonel allemand Guy Fox : le gros bonhomme Raoul Gola : le pianiste