vignette|Roumanie actuelle (2024)
L’histoire de la Roumanie en tant qu'État moderne, commence par la création des principautés unies de Moldavie et de Valachie en 1859. Cependant, l'histoire des pays où évoluent les roumanophones remonte à l'Antiquité et comprend des territoires plus vastes que les des actuelles Roumanie () et Moldavie (), États modernes à majorité roumanophone (respectivement 85 % et 78 % en 2014).
Les historiens distinguent quatre périodes dans l'histoire des régions habitées par les Roumains : l'Antiquité, dominée par la confrontation, puis la fusion, entre les civilisations gète/dace et latine, et par l'influence grecque sur le littoral ; l'âge pastoral parfois aussi appelé (obscur pour les historiens et objet de controverses entre eux, à cause de la pénurie de sources fiables), du , marqué par la christianisation, les grandes invasions et l'installation des slaves, puis des magyars, parmi les proto-roumains ; cet où la population romanophone, alors appelée vivait dispersée en romanies populaires, correspond à l'Antiquité tardive et au haut Moyen Âge ; la période voïvodale, du au milieu du , qui correspond en gros à l'histoire des voïvodats de Transylvanie, de Moldavie et de Valachie ; la période moderne, qui correspond à la renaissance culturelle roumaine et à la formation de la principauté devenue royaume de Roumanie, puis du régime communiste devenu, à la chute du rideau de fer, une démocratie parlementaire. vignette|droite|250px|Les principautés de Moldavie et Valachie en 1786, carte italienne de G. Pittori, d'après le géographe Giovanni Antonio Rizzi Zannoni.
Chronologie
avant notre ère : Les Romains latinisent les Illyriens, les Celtes, les Daces et les Thraces vivant dans le bassin du bas-Danube et des Balkans. Du au : Résistance de l'Empire gréco-romain d'orient contre les Goths, les Huns et divers peuples germaniques et turcs. Christianisation des Latins et des Grecs. : Installation des Slaves parmi les latins et arrivée des cavaliers proto-Bulgares qui fondent un royaume s'étendant sur les actuelles Serbie, Roumanie, Moldavie, Macédoine et Bulgarie. Ce royaume adopte la langue slavonne et le christianisme : c'est la première Bulgarie, mais la moitié de sa population est latinophone (Valaques). En Europe, Byzance ne garde que la Grèce et les côtes de la presqu'île des Balkans. Fin : Fondation de la Grande Principauté de Hongrie dans le bassin des Carpates. Le royaume chrétien de Hongrie a été créé en 1000 sous le roi Saint-Étienne de Hongrie. : Byzance détruit la Bulgarie avec l'aide des Russes et des cavaliers turcophones de la steppe. Schisme entre Rome et l'Orient. Apparition du bogomilisme, ancêtre du catharisme. Les Valaques locuteurs de divers dialectes romans vivent désormais au sein de petits duchés, les « canesats », éparpillés depuis les pays tchèques jusqu'à la Thessalie et de l'Adriatique à la mer Noire, connus comme romanies ou valachies, et vassaux de Byzance, des Turcs, ou du royaume sleve de Grande-Moravie. : Au sud du Danube, les Valaques fondent en 1187 un royaume bulgaro-valaque reconnu sous ce nom par la papauté et les puissances de l'époque. : Constantinople est prise par la quatrième croisade et les Croisés attaquent le royaume bulgaro-valaque, mais leur chef Baudouin des Flandres est tué dans cette guerre. En 1223 se produit l'invasion mongole de l'Europe : la péninsule des Balkans est ravagée. À partir de 1247, les Slavons supplantent les roumanophones en Bulgarie tandis que les Grecs reprennent Byzance en 1261 mais déjà les Turcs s'installent en Anatolie. Les peuples de confession orthodoxe sont pris entre les catholiques au nord-ouest et les musulmans au sud-est. Au nord du Danube les « canesats » sont vassaux de la Hongrie, de la principauté ruthène de Galicie-Volhynie ou des Tatars. Entre les canesats vivent des populations slavonnes et iranophones (Iasses). : Pendant que les Turcs ottomans occupent les Balkans, les roumanophones fondent au nord du Danube les principautés dites « danubiennes » de Moldavie et Valachie, qui seront vassales des Turcs mais garderont leur autonomie jusqu'en 1878. Les Génoisfondent des comptoirs sur la mer Noire et le Danube. La Transylvanie est aussi une principauté, vassale de la Hongrie et gouvernée par des comtes magyars.
: La vassalité turque remplace la hongroise en Transylvanie. Apparition du servage. Développement du protestantisme aux dépens du catholicisme (mais les Roumains restent orthodoxes à 80 %). : La vassalité autrichienne remplace la turque en Transylvanie. Une partie des orthodoxes de Transylvanie accepte l'autorité de Rome : ce sont les uniates ou gréco-catholiques. : Grêce à l'influence humaniste, le servage est aboli en 1749 en Moldavie et Valachie, la renaissance culturelle roumaine se développe et la révolution transylvaine de 1784 vise à émanciper les roumains transylvains. : Ayant échoué dans son « projet grec » d'émanciper l'ensemble des Balkans, l'Empire russe se contente d'annexer la moitié orientale de la Moldavie (Bessarabie, actuelle république de Moldavie). La moitié occidentale reste une principauté autonome tributaire de l'Empire ottoman. Révolutions républicaines : 1821 en Moldavie et Valachie et 1848 en Transylvanie, Moldavie et Valachie. Après la guerre de Crimée, grâce au soutien français, en 1859 les deux principautés danubiennes de Moldavie occidentale et Valachie élisent aux deux trônes le prince moldave Alexandre Jean Cuza et, le , s'unissent officiellement, tout en restant tributaires de l'Empire ottoman. En 1866, le prince Cuza est déposé par un coup d'état et remplacé par un prince d'origine allemande, Karl von Hohenzollern-Sigmaringen, ce qui met l'autonomie de la Roumanie sous « garantie » des puissances européennes. 1867 : inquiets de l'irrédentisme roumain, les Habsbourg procèdent au rattachement de l'archiduché de Transylvanie au royaume de Hongrie dans le cadre de l'empire d'Autriche-Hongrie. Simultanément, pour que les arrivées des Slaves et des Magyars dans la région du bas-Danube apparaissent comme , l'historiographie austro-hongroise développe la thèse dite du « désert des Avars » (toujours en vogue dans les pays germaniques, slaves et en Hongrie) selon laquelle les locuteurs des langues romanes orientales auraient « disparu pendant mille ans » entre le au , pour réapparaître inexplicablement ensuite. 1878 : Avec le soutien de la Russie, la Roumanie gagne la reconnaissance internationale de son indépendance et aide la Bulgarie à s'émanciper de l'Empire ottoman : Roumanie, Vieux Royaume (1878-1913). 1907 : Insurrection paysanne de la faim. : En 1918, les territoires austro-hongrois et russes peuplés de roumanophones transylvains, bucoviniens et moldaves-bessarabiens élisent des députés et proclament leur indépendance puis leur union à la Roumanie, qui avait combattu aux côtés des Alliés : Grande Roumanie historique. 1921-1923 : Réformes constitutionnelle et agraire (période de démocratie parlementaire et de partage des grandes propriétés). 1938 : Dictature antifasciste du roi Carol II, qui réprime la Garde de fer fasciste et le Parti communiste de Roumanie. La Garde de fer organise des attentats, tue plusieurs ministres et intellectuels démocrates, et s'en prend aux Juifs et aux Roms. : la France, protectrice de la Roumanie par l'accord du , s'effondre : Joseph Staline en profite pour occuper la Bucovine du nord et la Bessarabie (Moldavie orientale) conformément au protocole secret du pacte Hitler-Staline. : par le diktat de Vienne, c'est Adolf Hitler cette fois qui oblige la Roumanie à céder la moitié nord de la Transylvanie à la Hongrie horthyste et à rendre la Dobroudja du Sud à la Bulgarie. En trois mois la Roumanie perd plus d'un tiers de son territoire et de ses habitants sans combattre, mais évite le sort de la Pologne voisine, anéantie par l'Allemagne nazie et URSS stalinienne. : Carol est renversé, la junte fasciste d'Ion Antonescu et de la Garde de Fer s'allie au Troisième Reich hitlérien contre l'URSS stalinienne : État national-légionnaire. : la Roumanie déclare la guerre à l'URSS et participe à l'invasion nazie de l'URSS mais deux divisions roumaines combattent du côté soviétique contre les nazis : Histoire de la Roumanie pendant la Seconde Guerre mondiale. : alors que l'Armée rouge a pénétré en Roumanie, le roi , fils de Carol , renverse Antonescu et déclare la guerre à l'Allemagne. Grâce à cela, le traité de paix de Paris rend à la Roumanie le nord de la Transylvanie, alors que Staline reprend à nouveau la Moldavie orientale. - : conformément à l'accord de Moscou du sur les zones d'influence en Europe, et alors que les communistes ne représentaient qu'une minorité dans le pays, Staline fait mettre en place un régime totalitaire en Roumanie mais abandonne à leur sort les communistes hellènes, majoritaires dans la résistance grecque, qui perdent la guerre civile en Grèce en 1949. La Roumanie est intégrée au bloc de l'Est : Régime communiste de Roumanie. : lors de la dislocation du bloc de l'Est, le pouvoir communiste est renversé : le Parti communiste roumain (PCR) se transforme en un Front de salut national (FSN), qui se convertit à la social-démocratie. : rétablissement de la démocratie parlementaire, après plus d'un demi-siècle de dictatures : le FSN garde le pouvoir et la nomenklatura ses privilèges, mais la population échappe enfin à la terreur politique et aux privations systématiques : Politique en Roumanie, Économie de la Roumanie. : la Roumanie dirigée par Ion Iliescu est le premier état à reconnaître l'existence de la république de Moldavie, acceptant ainsi implicitement la limite occidentale de la zone d'influence russe sur la rivière Prut et refusant de soutenir les unionistes moldaves lors de la guerre du Dniestr de 1992. : Intégration de la Roumanie dans l'Union européenne. À partir de 2009 : la crise financière internationale frappe sévèrement l'économie roumaine, contraignant les présidents Traian Băsescu et Klaus Iohannis à une politique d'austérité qui les met en opposition quasi permanente avec le parlement (dominé par les descendants de la nomenklatura, devenus populistes et nationalistes). Les Roumains perdent confiance tant dans les instances supra-nationales que dans leurs instances politiques, réagissant, pour les plus âgés, comme à l'époque communiste en développant l'économie informelle, et pour les plus jeunes (générations nées depuis la Libération) en manifestant toutes les semaines contre la corruption.
Préhistoire vignette|Les « penseurs » de Hamangia.
Située dans l'Europe du Sud-Est, la Roumanie se trouve dans la zone où l'agriculture a pénétré en premier sur ce continent, dès le millénaire avant notre ère. Il semble avoir eu lieu des interactions complexes entre les chasseurs-cueilleurs locaux et les nouveaux agriculteurs d'ascendance anatolienne dans le bassin inférieur du Danube, différentes d'un simple remplacement des chasseurs-cueilleurs par les agriculteurs Gloria González-Fortes , Paleogenomic Evidence for Multi-generational Mixing between Neolithic Farmers and Mesolithic Hunter-Gatherers in the Lower Danube Basin, Current Biology, Volume 27, numéro 12, P1801-1810.E10, 25 mai 2017.
Plusieurs civilisations préhistoriques différentes, reconnaissables au style de leurs sépultures, poteries, sculptures, bijoux et outils, s'y sont succédé : aux et millénaires avant notre ère, celles de Sălcuța, Hamangia, Gumelnița, Cucuteni-Tripolia ; au début du millénaire celles de Delul Melcilor-Glina et de …