Le Leopard 2 est un char de combat allemand développé initialement en 1969 pour remplacer les M48 Patton utilisés par la Bundeswehr et évoluer aux côtés du déjà en service. Le surpassait ce dernier dans le domaine de la mobilité, de la protection et de la puissance de feu. Sa bonne réputation est reconnue au niveau international..

Historique Genèse du projet MBT / KPz-70 En 1969, les trois séries d'essais des prototypes du futur char de combat MBT-70 américano-allemand démontrèrent que ce prototype, hautement sophistiqué, était devenu trop lourd. L'étape suivante du processus de développement allait donc devoir porter sur la refonte du char afin de réduire sa masse. Néanmoins, aucun des deux pays ne parvint à un accord et le programme MBT-70 fut définitivement stoppé le après avoir coûté huit cent trente millions de deutschemark.

Les États-Unis et l'Allemagne de l'Ouest décidèrent donc, chacun, de développer de leur propre côté, leur char de combat respectif.

Le Keiler et lEber De 1965 à 1967, Porsche s'était vu accorder un contrat visant à concevoir des améliorations à apporter au Leopard 1, tout juste entré en service. Ce programme baptisé Leopard Doré (en allemand, ) avait pour but de rendre les futures versions du Leopard 1 aussi compétitives que le MBT-70.

En 1967, lorsque les premières tensions entre les États-Unis et l'Allemagne de l'Ouest apparurent, le PSO fédéral de la Défense décida de poursuivre le programme Leopard Doré parallèlement au développement conjoint du MBT-70. Krauss-Maffei fut choisi comme maître d'œuvre, Porsche était chargé de concevoir le châssis tandis que Wegmann s'occupait de la tourelle. Deux prototypes du (sanglier) furent fabriqués en 1969 et 1970 sous l'appellation ET 01 et ET 02.

Le Keiler possédait une tourelle aux formes anguleuses avec un masque en pointe de flèche. Utilisant la méthode d'assemblage par mécanosoudure, la tourelle était recouverte d'un blindage espacé constitué d'une carapace en acier haute dureté. L'armement consistait en un canon à âme lisse de calibre tirant des obus-flèches.

Son glacis présentait une inclinaison importante et la motorisation était assurée par un moteur V10 Diesel MB 872 couplé à une boîte de vitesses automatique ZF 4 HP 400. Le moteur MB 872 était une version raccourcie à dix cylindres du moteur V12 Diesel MB-873 du KPz-70.

En fin 1969, l'Office fédéral des techniques d'armement et de l'approvisionnement lança une étude dans le but de réutiliser les composants développés durant le programme MBT-70 sur une version modifiée du Keiler appelée (verrat). LEber reprenait notamment le canon XM150 de calibre du MBT-70 ainsi que le canon mitrailleur de calibre monté sur un tourelleau téléopéré.

Première génération de prototypes vignette|gauche|Le Leopard 2 K représentait la première génération de prototypes. Au début de 1970, le ministre fédéral de la Défense, Helmut Schmidt (Chancelier 1974-1982), recommande de poursuivre le développement du Léopard Doré mais en adoptant, cette fois-ci, le moteur V12 Diesel du KPz-70. Dix prototypes armés d'un canon lisse Rheinmetall de calibre suivis de sept autres armés d'un canon lisse de furent commandés. Krauss Maffei fut encore une fois, choisi comme maître d'œuvre. Seize châssis (portant l'appellation de PT 1 à PT 17) et dix-sept tourelles furent construits entre 1972 et 1974. Une version armée du canon XM150 de calibre du MBT-70 baptisée Leopard 2 FK ( ; missile) fut envisagée mais le projet fut annulé en 1971.

Appelés Leopard 2 K ( ; canon), ces prototypes reprenaient une partie des équipements de motorisation hydraulique de la tourelle du MBT-70 ainsi que ses galets de roulement, ses chenilles, son moteur et sa boîte de vitesses. Mais, contrairement à ce dernier, le Leopard 2 K utilisait une configuration classique d'équipage à quatre personnels avec le pilote en châssis. Reprenant l'architecture du Keiler, le Leopard 2 K devait respecter l'indice de classement OTAN MLC 50 (masse inférieure à ). En dehors de l'armement, ces prototypes se différenciaient aussi par leur châssis : (modèle de chenilles, configuration du groupe motopropulseur, nombre de galets et suspensions, etc.).

Les essais de ces matériels se déroulèrent en Allemagne de l'Ouest de 1972 à 1974 à Munster et à Meppen. De février à , quatre Leopard 2 K effectuèrent des tests climatiques en conditions hivernales à Shilo, au Canada et en conditions désertiques à Yuma, aux États-Unis du mois d'avril à mai.

Tourelle Spitzmaus Il s'est avéré que les prototypes Leopard 2 K étaient entre plus lourds que la limite des imposée. Wegmann développa donc une nouvelle tourelle ayant le même blindage mais plus légère, surnommée (musaraigne) en raison de sa forme pointue. La tourelle Spitzmaus réduisit le volume disponible sous blindage, empêchant de monter le viseur télémétrique EMES-12, du fait de sa base de . Leitz et AEG-Telefunken trouvèrent une solution en développant un télémètre à corrélation électronique EMES-13 ayant une base d'à peine permettant son installation à l'avant droit de la tourelle.

Deuxième génération de prototypes Tourelle T 14 mod. vignette|droite|L'avant de la tourelle T 14 mod. était protégé par du blindage composite et possédait, entre autres, un viseur télémétrique à corrélation électronique EMES-13. Parallèlement, les premières analyses de la guerre du Kippour démontraient clairement que les chars de combat devaient être à l'avenir mieux blindés afin de contrer les missiles antichars. Le cahier des charges fut modifié afin de faire passer l'indice de classement OTAN de MLC 50 à MLC 60 ().

La tourelle fut modifiée pour accueillir un blindage composite capable de résister, à , aux obus-flèches de calibre de ainsi qu'aux obus explosifs à charge creuse de calibre . La création de cette tourelle a représenté une percée dans le développement du et constituait un premier pas vers le .

En 1973, un processus de négociation s'ouvre entre les États-Unis et l'Allemagne de l'Ouest dans le but de standardiser certains des composants de leur futur char de combat respectif. Ces négociations aboutirent à un mémorandum d'entente qui fut signé le et un amendement en . Un châssis du Leopard 2K, le PT 07, fut vendu et livré aux États-Unis en afin d'être évalué par l'US Army au terrain d'essai d'Aberdeen. Une partie du mémorandum d'entente consistait en une série de tests comparatifs entre le prototype PT 07 du Leopard 2K et les deux prototypes du XM1.

Leopard 2AV et production en grande série Afin de répondre aux caractéristiques de performances établies par le XM1 (niveau de protection balistique, compartimentation des munitions avec utilisation de panneaux anti-explosion), Krauss-Maffei fut chargée de mener une étude visant à modifier le prototype du Leopard 2, en réalisant le moins de changements possibles et en respectant les contraintes liées aux coûts.

Afin de satisfaire aux exigences américaines du mémorandum d'entente, Porsche, Krauss-Maffei et Wegmann conçurent le Leopard 2AV ( ; version austère) ou ( ; version américaine). La tourelle avait été conçue sur l'expérience acquise avec la tourelle T 14 mod. mais intégrait un viseur américain conçu par Hughes Aircraft, moins sophistiqué et un canon L7A3 de calibre au lieu du . Le châssis intégrait dans sa pointe avant un réservoir de carburant intercalé entre du blindage composite. Les déports de caisse étaient désormais à bords droits. Deux châssis appelés PT19 et P20 ainsi que trois tourelles (T19, T20 et T21) du Leopard 2AV ont été fabriqués en 1976 et acheminés aux États-Unis par C-5A Galaxy au mois d'août de la même année. Les essais opérationnels eurent lieu au terrain d'essai d'Aberdeen et se terminèrent en décembre. La tourelle T21, armée du canon lisse Rh-120 L44 de calibre demeura aux États-Unis jusqu'au début de l'année 1977 pour des essais balistiques supplémentaires. Le même mois, les États-Unis annoncèrent que le Leopard 2AV et le XM-1 n'allaient pas être évalués dans des essais comparatifs, conformément à l'accord passé avec la République fédérale d'Allemagne. À la place, une étude de certains composants et sous-systèmes employés sur les deux chars allait être menée par l'Army Material Systems Analysis Agency (AMSAA) dans un but de standardisation commune. Le résultat de cette analyse, publié en mai démontra que les deux chars avaient des performances égales dans le domaine de la puissance de feu, mobilité mais que le XM-1 se démarquait du Leopard 2AV dans le domaine de la protection.

En , trois Leopard 2 de présérie furent commandés par le ministère fédéral de la Défense. L'objectif était alors de sélectionner les différents composants testés sur les prototypes du Leopard 2AV dans un but de standardisation afin de pouvoir produire le Leopard 2 en grande série. Le viseur télémétrique à corrélation électronique EMES-13 conçu par Leitz et AEG-Telefunken et testé sur la tourelle T20 fut abandonné en faveur du viseur EMES-15, dérivé du viseur américain Hughes et produit sous licence par Atlas Elektronik. Le canon Rh-120 L44 de calibre , monté sur la tourelle T21 remplaça les L7A3 de . Le système d'affût téléopéré pour la mitrailleuse MG3 de calibre montée sur le tourelleau Wegmann de la tourelle T19 fut abandonné. Le premier châssis de présérie fut remis à la Bundeswehr le , le blindage à l'avant de la caisse ne renfermait plus de réservoir de carburant et le tiers avant du train de roulement était désormais protégé par des pré-blindages latéraux. Les trois chars de présérie furent livrés en et les derniers essais eurent lieu durant l'été.

Les essais terminés, la version AV est retenue et sert de base pour la version finale produite en grande série par les entreprises Krauss-Maffei et Mak. Un total de sont construits en huit lots entre et .

+ Détail des lots de chars Leopard 2 Lot Période Modèle Exemplaires produits par Krauss Maffei Exemplaires produits par Krupp MaK Total du lot1 à 2A02091713802 à 2A12482024503 à 2A11651353004 à 2A31651353005 à 2A41901803706 à 2A483671507 à 2A455451008 à 2A4403575

Le prix unitaire d'un char Leopard 2 a été évalué à de dollars en ..

Kampfwertsteigerungen - KWS Du KWS I au KWS III La mise au standard Leopard 2A5 a été la première véritable amélioration de la capacité de combat réalisée sur le Leopard 2. Elle a été suivie d'une deuxième étape, la mise à niveau vers le standard Leopard 2A6 et au standard 2A6M, depuis d'autres variantes ont vu le jour. En 2009 les étaient à l'origine des Leopard 2A4 qui ont été convertis aux nouvelles normes. En 2009, ont été prêtés aux Forces armées royales canadiennes pour des opérations en Afghanistan.

À l'origine, la conversion de était prévue. En raison des changements politiques intervenus en Europe au début des années 1990, la mise en œuvre de ces plans n'a pas été possible. La Bundeswehr conservera et tous les Leopard 2A4 seront progressivement retirés.

En 1984 déjà, cinq ans seulement après la livraison officielle du premier Leopard 2, une amélioration de la capacité de combat du char était envisagée. Il y avait plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, de nouvelles informations sur le développement futur des chars de combat soviétiques avaient été obtenues. En outre, les troupes qui utilisaient le Leopard 2 avaient désormais acquis une expérience suffisante du véhicule. De plus, des innovations techniques avaient été réalisées ou étaient sur le point de l'être. Il était logique de penser à des améliorations de la capacité de combat aussitôt, car l'établissement d'un programme allait tout d'abord prendre du temps et ensuite, le développement du "Leopard 3", ainsi que toutes les autres approches bilatérales visant à développer un nouveau char de combat, avaient été abandonnées.