Benoîte Rencurel (Saint-Étienne d'Avançon, – , ) est une bergère qui aurait eu des visions de la Vierge Marie en 1664. Les apparitions de Notre-Dame du Laus dans le diocèse de Gap auraient duré , un record dans l'histoire des apparitions mariales. Ces apparitions ont été reconnues officiellement par l’Église catholique le et Benoîte Rencurel, dont le procès en béatification est ouvert, a été reconnue par le pape Benoît XVI le .

Biographie Enfance thumb|left|upright=1.0|Plaque à l'intérieur de l'église de Saint-Étienne-le-Laus.|alt= thumb|upright=1.0|Intérieur de l'église de Saint-Étienne-le-Laus.|alt= C'est dans un hameau des Alpes à Saint-Étienne d'Avançon La commune Saint-Étienne-d'Avançon a été renommée Saint-Étienne-le-Laus en 1914., où quelques familles à peine vivaient au , que Benoîte Rencurel voit le jour le .Certaines sources donnent comme date de naissance le au lieu du . Voir l'article sur La Provence.. Elle sera baptisée le lendemain dans l’église paroissiale.

La pauvreté des Rencurel devient une profonde misère à la mort du père de famille. Benoîte, alors âgée de sept ans, est chassée avec les siens du logis où elle avait passé ses premières années. Elle doit bientôt gagner son pain comme gardienne de troupeaux. À partir de l'âge de , elle travaille chez deux maîtres : Jean Roland, cultivateur brutal que Benoîte convertit par sa douceur et Louis Astier, homme de bienAlmanach Catholique Français, édition 1927. À l'âge de , elle ne sait toujours ni lire, ni écrire.

Les apparitions ou visions thumb|upright=1.0|Chapelle de Notre-Dame-des-Fours.|alt=

Benoîte exerce au Laus sa mission d'accueil, de prière et de pénitence en mettant en œuvre son charisme de connaissance des cœurs. Des centaines de guérisons physiques opèrent au Laus, notamment par les onctions de l'huile de la lampe du sanctuaire, appliquées avec foi, selon le conseil de la Vierge Marie.

À l', Benoîte entre dans le Tiers-Ordre dominicain, sans doute le jour de la pose de la première pierre de la nouvelle église. (qui prendra le titre de plus tard). Comme de coutume à l'époque, elle endosse une tenue particulière évoquant la tenue d'une religieuse (avec une coiffe spéciale). Elle est appelée du nom de , comme il est d'usage à l'époqueÀ l'époque, l'entrée dans un Tiers-Ordre était assimilée à une entrée en religion (comme pour les religieuses). Les membres portaient un habit particulier et pouvaient être appelés sœur ou frère. Cet usage a été supprimé depuis., mais elle continue de mener sa vie de bergère et de laïque dans son village..

Les témoignages Les autorités ecclésiastiques hésitent sur l’attitude à avoir au sujet des phénomènes qui se produisent au Laus. En , le vicaire général d’Embrun, Antoine Lambert, accompagné du père jésuite Gérard et du chanoine Bounnafous, se rendent au Laus et mènent une enquête. Ils interrogent la voyante à plusieurs reprises. S'ils sont dans un premier temps très critiques sur les apparitions, leur enquête, et surtout la guérison d’une femme de vingt-deux ans, Catherine Vial, alors qu'ils sont encore sur le lieu, finissent de les convaincre. Dans la nuit du 18 au , après une neuvaine de prière pour la malade, alors que celle-ci se trouve dans son lit, la malade sent soudain qu’elle peut déplier ses jambes qui étaient rétractées sous elle depuis six ans. Le matin, elle court se rendre à la messe célébrée par Antoine Lambert qui s’écrie alors : .. Le vicaire Lambert interroge la miraculée, puis sa mère et d'autres témoins. Pour les membres de la commission ecclésiastique, ... Le vicaire de l'évêque nomme alors le père Pierre Gaillard , afin de soulager le curé de Saint-Étienne-d'Avançon. La construction d'une nouvelle église est programmée, elle sera construite de 1666 à 1669. C'est à partir de cette dateLa formulation sur l'ouvrage d'Yves Chiron n'est pas très claire, et ne permet pas de savoir s'il fait référence à septembre 1665 (départ de la commission ecclésiastique) ou à 1669 (fin de la construction de l'église). que des miracles sont signalés après application de l'huile de la lampeIl s'agit de la lampe qui brûle en continu devant le tabernacle de la chapelle. La lampe à huile possède un réservoir, régulièrement rempli, duquel on prélève régulièrement un peu d'huile pour la mettre dans une fiole que l'on donne ensuite aux malades et aux pèlerins. de la chapelle, suivant les indications rapportées par la voyante, et d'après Benoîte, ces indications ont été données par la Vierge Marie elle-même, qui aurait déclaré que l'application de l'huile, avec l'intercession de la Vierge, et la foi du malade, donnerait la guérison, car .. vignette|La croix devant laquelle Benoîte a eu à cinq reprises la vision du Christ crucifié. À l'automne 1666, Benoîte entre dans le Tiers-Ordre dominicain, sans doute le jour de la pose de la première pierre de la nouvelle église (qui prendra le titre de plus tard).

À partir de 1669, le père Peytieu, chapelain du Laus, décrit des apparitions fréquentes, lorsque Benoîte est en extase, généralement après avoir communié ou s'être au moins confessée. Le chroniqueur rapporte que de nombreux pèlerins ont pu assister à ses extases.

En 1670, Jean Javelly, nouveau vicaire général du diocèse, convoque Benoîte à Embrun pour l’interroger. La jeune fille se rend à l'évêché et y séjourne du au . Elle est interrogée tous les après-midis par le vicaire et des jésuites et d'autres clercs. Les enquêteurs notent que la jeune fille . Lors de la messe de la Fête-Dieu, durant la messe présidée par le vicaire général, celui-ci observe une extase de la voyante. À la demande du prélat, Benoîte décrit sa vision en disant qu'elle a vu la Vierge Marie . À ces éléments s'ajoute le rapport des personnes chargées de surveiller en continu la jeune voyante qui attestent que durant la douzaine de jours de son séjour, Benoîte n'avait ni mangé ni bu, et n'en semblait nullement affectée. Le vicaire conclut par un rapport favorable sur la voyante et les apparitions.. Le nouvel archevêque, de Genlis, se rend au Laus pour y rencontrer la voyante et l'interroger personnellement. Le , il interroge la voyante durant trois heures et demie et note lui-même les réponses sur un document qu'il garde dans ses archives. À l'issue de l'interrogatoire, il autorise les travaux d'agrandissement de l'église. Si l'archevêque ne publie aucun document officiel reconnaissant les apparitions, celles-ci se trouvent d'après Yves Chiron. Voir ., et Benoîte poursuit sa mission d'accueil et de conseil spirituel auprès des pèlerins.

Le Christ en Croix En , Benoîte dit voir Jésus-Christ fixé à la Croix et elle se sent inondée de son sang. Elle se trouve brusquement raidie, chaque semaine dans la pose de crucifiée et reste ainsi du jeudi au samedi, sans pouvoir faire un geste. Cette « crucifixion mystique » va durer de 1673 à 1684. Elle s'effare, dans son humilité, de l'attention générale qu'attire sur elle ce prodige et demanda que d'autres souffrances, moins visibles, lui soient accordées. C'est à partir de 1689 qu'elle affirmera subir des sévices nocturnes et combattra spirituellement le démon toutes les nuits jusqu'à sa mortEn particulier l'abbé Gaillard qui rédige un Traité des rudes tentations, cruels tourments et persécutions que les démons font souffrir à sœur Benoite, conservé dans les archives du sanctuaire du Laus..

Invasion savoyarde L'invasion savoyarde en août 1692 oblige Benoîte à quitter le Laus. Elle se réfugie à Marseille pendant deux mois.

Les dernières années thumb|gauche|upright=1.0|L'oratoire de l'ange : lieu où Benoîte a été transportée par l'ange, notamment dans la nuit du où .|alt= thumb|upright=1.0|La maison où a vécu Benoîte Rencurel à partir de 1673.|alt=

À partir de 1692, Benoîte subit des nommés au Laus, ainsi que du nouveau vicaire général du diocèse. Ces prêtres qui ont sont heurtés par les confessions incessantes et les communions fréquentes des pèlerins. Ils dénigrent Benoîte, entravent les pèlerinages et influencent l'évêque du diocèse de Genlis, à qui ces prêtres remontrent que la bergère du Laus est une ..

Le , elle dit que la Vierge lui apparaît entourée par des anges qui l' emportent jusqu'au ciel puis la rapportent ensuite dans son hameau. Lisant dans les âmes, elle ramène au bien les pécheurs en leur disant le nombre et la gravité de fautes qu'ils croyaient ignorées de tous. À Marseille, elle montre à M. de Coulonge, alors vicaire général, qu'elle connaît sa pensée et le doute qu'il garde en l'écoutant. thumb|upright=1.0|La chambre de Benoîte.|alt= En 1712, l'évêque confie le sanctuaire à une nouvelle congrégation : les pères de Sainte-Garde. Leur arrivée amène un renouveau du pèlerinage, et Benoîte . Benoîte meurt le , en la fête des saints Innocents, elle est enterrée dans la chapelle de Bonne-RencontreUne autre source indique qu'elle a été enterrée dans le cimetière communal. Aujourd'hui, son caveau est installé dans la basilique du Laus..

Benoîte a d'abord été enterrée au cimetière du Laus qui, alors, jouxtait l'église. Son corps fut ensuite déposé dans le caveau actuel dans le chœur même de la basilique.

Notoriété Béatification et canonisation Le dix-neuvième siècle est marqué par différentes apparitions de la Vierge Marie en France (1830, 1846, 1858, 1871). Les premières démarches en vue de l'introduction de sa cause sont faites par , évêque de Gap. Le procès s'ouvre le . Benoîte Rencurel est la première voyante d'apparition mariale à voir sa cause de béatification introduite en cour de Rome. Le , le pape Pie IX déclare Benoîte Rencurel .. Le décret sur les écrits a été promulgué le . Arrêtée en 1913, la cause a été reprise en 1981. En 1996, une nouvelle demande pour la béatification de Benoîte est introduite à Rome. Le , le pape Benoît XVI reconnaît l'héroïcité des vertus de Benoîte Rencurel et la déclare ..

La reconnaissance d'un miracle qui lui soit attribué est dès lors nécessaire pour obtenir sa béatification. Un bureau médical, composé de cinq médecins, se réunit au Laus tous les deux mois pour étudier les témoignages de grâces, qui se comptent par dizaines chaque mois. Les responsables du dossier indiquent .

Événements Les autorités du sanctuaire marial du Laus ont décrété l'année 2018 : pour célébrer les 300 ans de sa mort, les 300 ans de la fin des apparitions (que la voyante aurait eues jusqu'à sa mort, d'après le recteur du sanctuaire), et les 10 ans de la reconnaissance officielle des apparitions par l’Église.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Ouvrages historiques . Une étude comparative de diverses éditions a été réalisée par la bibliothèque dauphinoise, . L'édition de 1817 est également disponible en ligne : .

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Études . Textes réunis et publiés par Serge Brunet, Dominique Julia et Nicole Lemaître . .

Ouvrages récents

François de Muizon et Père René Combal, Le Trésor, Histoire et spiritualité de Notre-Dame du Laus, Salvator, Paris, 2018, 190 p.

Articles connexes Laïcs dominicains Apparitions mariales du Laus Notre-Dame du Laus Sanctuaire marial du Laus

Liens externes

« Benoîte Rencurel, messagère de la réconciliation » sur le site du sanctuaire de Notre-Dame du Laus Biographie de Benoîte Rencurel : Lettre de Dom Antoine Marie, o.s.b., abbé de l'Abbaye Saint-Joseph de Clairval. « Benoîte la bergère du Laus », vidéo sur YouTube

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