Cet article présente les caractéristiques de l'économie de la Champagne-Ardenne.

Histoire économique

Préhistoire et Antiquité : une terre d'échanges thumb|La porte de Mars à Reims, illustre la prospérité antique de la Champagne. L’agriculture apparaît en Champagne-Ardenne vers av. J.-C.. À cette époque, la région était déjà un « carrefour européen » où se pratiquait le troc. Sa situation géographique, entre la Grande-Bretagne et le Rhône, lui permit durant l’Antiquité d’être sur une « route de l’étain » et d’accueillir ainsi des marchands en provenance du sud.

Lorsque Jules César lança la guerre des Gaules en 58 av. J.-C., les Lingons et les Rèmes, qui occupaient alors la majorité du territoire régional, décidèrent de s'allier à Rome contre les autres peuples belges. En récompense de leur aide, leurs cités devinrent des « cités alliées », exemptées du tribut, qui était le symbole de la soumission d'un peuple. La région était alors prospère : on y cultivait des céréales et du vin ; on y élevait bovins, ovins, porcins et chevaux ; on y produisait de l'argile, du métal, du verre, de la laine, du lin. La région se trouvait par ailleurs sur un axe majeur du commerce entre la Méditerranée, le Rhin et la mer du Nord. Les cités de (Reims) et (Langres) étaient des étapes importantes du commerce. Cependant, à partir du , les peuples germaniques détruisirent de nombreuses fois la région lors d’incursions, notamment en 260 et 275. En 406, les Alains, les Vandales et les Suèves dévastèrent tout le nord-est de la Gaule. La prospérité locale fut remise en cause.

Le temps des foires de Champagne thumb|left|Gravure représentant les foires de Champagne. Au , Thibaut II de Champagne décida d'exploiter la situation de son comté sur les grandes voies d'échanges entre l'Italie du Nord et la Flandre. Son but était d'apporter une plus grande unité politique à son territoire, constitué d'une multitude de régions naturelles distinctes. À la place de nombreuses foires dispersées à travers le comté, notamment dans d'anciennes cités épiscopales, Thibaut choisit de concentrer le commerce dans le sud de la Champagne comtale, dans les vallées auboise et séquanienne à Bar-sur-Aube, Troyes, Provins et Lagny-sur-Marne. Il mit ensuite en place un calendrier qui permettait la continuité des foires. Pour attirer les commerçants, il leur assurait la sécurité sur son territoire et se portait partie auprès des tribunaux étrangers si les marchands se faisaient agressés sur la route. C'était la naissance des foires de Champagne. Celles-ci ne se contentaient pas d'être le centre du commerce occidental, elles devinrent également des centres de changes de première importance, dont les banquiers étaient majoritairement italiens. Ces foires permirent au comté de Champagne, qui occupait le sud de la Marne, l'Aube, une partie de l'Aisne, de la Haute-Marne et de la Seine-et-Marne, de s'enrichir.

Les foires châlonnaises et rémoises perdirent parallèlement de leur importance. Reims et Châlons étaient en effet des provinces ecclésiastiques indépendantes de la Champagne. Pourtant, elles développèrent ainsi leur artisanat, les serges et la toile fine pour la première, les draps de laine pour la seconde. Entre le , les foires furent peu à peu délaissées. Pour Robert-Henri Bautier, il s'agit de l'effet de l'industrialisation italienne conjuguée à la substitution de l'or à l'argent dans l'économie européenne, qui a perturbé le marché du change, ainsi qu'à la concurrence de Paris, après le rattachement du comté de Champagne au royaume de France en 1284.

Moyen Âge La Champagne connut les malheurs de la guerre de Cent Ans ainsi que la peste noire qui décima au le tiers de la population champenoise. Mais après ces évènements, l'espoir revint. Au , le « sol léger » de la Champagne crayeuse était, comme le note Gilles le Bouvier dit Berry, propice aux céréales, à l'élevage de moutons et à la vigne.

En dépit des guerres de religion, la région fut plutôt prospère au . Le besoin en armes et boulets permit la création de nombreuses forges dans les vallées de l'Aire et de la Meuse. Au milieu du siècle, chacune des villes de la région est spécialisée dans une industrie : Châlons dans les draps, Langres dans la coutellerie, Reims dans les draps et son pain d'épices renommé Le pain d'épices de Reims sur le site du Centre régional de documentation pédagogique de Reims. Consulté le 15 septembre 2011, Troyes dans les toiles etc. On dénombrait de nombreux imprimeurs en Champagne et l'art du vitrail était important. La verrerie marquait l'économie de l'Argonne. Les notables châlonnais devinrent par ailleurs les « banquiers du roi ». Preuve de cette prospérité économique, les corporations foisonnent dans les villes. Pourtant, la Fronde laissa la région, et particulièrement l'Argonne, Châlons et Reims, dans une situation que l'historien Patrick Demouy qualifie de « désolation sans doute jamais atteint[e] dans son histoire ».

Secteur primaire La surface agricole utile occupe 1,54 million d'hectares, c'est-à-dire plus de 60 % du territoire régional.. En 2009, l'agriculture et la sylviculture représentent environ 10 % de la valeur ajoutée champenoise, qui pèse elle-même pour 11 % de la valeur ajoutée agricole française.. L'agriculture rassemble actifs en Champagne-Ardenne. C'est donc un actif sur quinze qui travaille dans ce secteur d'activité.. Entre 2000 et 2010, le nombre d'actifs travaillant dans une exploitation agricole a baissé de près de 10 %. Cependant, cette diminution est inférieure à la moyenne nationale et les actifs agricoles champenois pèsent désormais pour 5,2 % des actifs agricoles français, contre 4,2 % en 2000.

Les exploitations agricoles de Champagne-Ardenne ont tendance à se regrouper. Du fait de cet agrandissement de la taille des exploitations, leur nombre diminue. Ainsi, en 2010, on en dénombre 10,8 % de moins qu'en 2000 (à comparer avec une baisse de 26 % à l'échelle du pays). Les grandes exploitations, celles avec un supérieur à représentent plus de la moitié des exploitations, contre seulement un tiers au niveau national. Cela s'explique notamment par une agriculture champenoise tournée vers les grandes cultures et la viticulture.

Grandes cultures rang national pour la production d'orge et de luzerne pour la déshydratation rang national pour la production de betteraves industrielles, d'oignons et de pois protéagineux (pois fourrager) rang national pour la production de blé tendre et de colza

Viticulture de vignoble Ventes annuelles de bouteilles de champagne en 2001 : po263 millions de bouteilles (progression de 4 % par rapport à 2000), 37,6 % sont consacrés à l'export

Élevage thumb|Une charolaise élevée dans les Ardennes. L'élevage est devenu plutôt rare en Champagne-Ardenne. Cependant, l'activité occupe encore une place importante dans les Ardennes et dans la Haute-Marne, où les prairies permanentes s'étendent sur 35 à 45 % de la surface agricole utile. L'élevage équin y a pratiquement disparu en dehors du haras national de Montier-en-Der. Depuis les années 1950, les ovins ont vu leur effectif divisé par deux tandis que les vaches nourrices prennent de plus en plus la place des vaches laitières. Parmi ces dernières, la Prim'Holstein est la plus répandue, sauf dans l'arrondissement de Langres où la montbéliarde domine. Le cheptel allaitant est principalement composé de charolaises. En 2008, on dénombre bovins en Champagne-Ardenne, soit 3,2 % de l'effectif français ; 79 % des bovins champenois se trouvent dans les Ardennes et la Haute-Marne..

L'effectif porcin a quant à lui crû de 30 % entre 1988 et 2000. Une large majorité des élevages se situent dans la diagonale entre Méry-sur-Seine et Givry-en-Argonne. Les porcs sont en grande partie concentrés dans quelques grandes exploitations puisque 5 % des élevages rassemblent 70 % du bétail régional. Le nombre de volailles, notamment les poulets à chair, les coqs et les dindes, a également connu une forte augmentation ces dernières décennies. Néanmoins, les poules pondeuses sont de moins en moins nombreuses et les effectifs des volailles restent globalement faibles (1 % des effectifs nationaux).

Sylviculture left|thumb|Arbres coupés à Montreuil-sur-Thonnance (Haute-Marne). En 2000, les surfaces boisées occupent en Champagne-Ardenne, dont de forêts et bois. Cela représente près de 29 % du territoire régional. Les principales zones boisées se situent dans les Ardennes, l'Argonne, le Barrois champenois et le Pays d'Othe avec des taux de boisement supérieurs à 40 %. Suivent ensuite la Brie-Tardenois, la Champagne humide, les Crêtes pré-ardennaises et le plateau de Langres. L'agriculture de la Champagne crayeuse limite le boisement du centre de la région. qui est toujours inférieur à 15 %. 83 % du massif forestier régional est composé de feuillus. Parmi ceux-ci, le chêne rouvre et le chêne pédonculé sont majoritaires. Le hêtre est la deuxième essence régionale regroupant plus de 10 % du manteau régional. Par ailleurs, 58 % des forêts champenoises sont privées. On dénombre propriétaires privés. La forêt régionale est morcelée puisque 70 % d'entre eux disposent d'un domaine d'une superficie inférieure à un hectare.

Chaque année, se sont en moyenne de bois qui sont récoltés dans les forêts régionales. La Champagne-Ardenne est ainsi en 2002 la première région productrice de bois provenant peuplier et de feuillus précieux (érable plane, frêne, merisier, noyer, sycomore etc.). Pour l'ensemble des feuillus, elle se classe au deuxième rang national avec 10 % de la production. Cependant, pour les résineux, elle n'est que seizième avec moins de 1 % de la production française. Au total, les 600 établissements sylvicoles de la région emploient en 2005 près de salariés. La Champagne-Ardenne regroupe 5 % du volume national de bois produit, 6 % des emplois français dans la filière et 5 % du chiffre d'affaires. Plus de 50 % du bois champenois est voué à l'industrie et environ 25 % est exporté, ce qui fait d'elle la deuxième région exportatrice de bois française.

Secteur secondaire 25 % de la production française de bonneterie région métallurgique française

Secteur énergie La puissance éolienne installée fin 2014 dépasse dans cinq régions françaises : Champagne-Ardenne, Picardie, Bretagne, Centre, Lorraine ; plus précisément, la Picardie dépasse et la Champagne-Ardenne ..

Secteur tertiaire Tourisme thumb|Le parc d'attraction Nigloland. L'impact du tourisme en Champagne-Ardenne est estimé à un total de 1,36 milliard d'euros en 2010, dont la moitié est exclusivement associée à la fréquentation touristique. Le secteur représente donc 4 % du PIB champenois et 10 % du PIB des services marchands de la région.. Toutefois, la région est plus émettrice de flux touristiques que réceptrice.