Augustin de Romanet de Beaune est un haut fonctionnaire et chef d’entreprise français, né le à Boulogne-Billancourt (France).
Il est président-directeur général du groupe ADP du au . Après deux mandats, il n'est finalement pas reconduit par Emmanuel Macron.
Il a été directeur général de la Caisse des dépôts et consignations du au .
Le , il prend l'intérim de la présidence de Scor après la mort de son président Denis Kessler.
Le , il devient conseiller de la direction générale d'Eight Advisory.
Biographie
Famille et formation
Augustin de Romanet est issu d'une famille de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême dans l'Orne. Les origines connues de la famille de Romanet remontent au : les Romanet sont d’abord des tanneurs à Eymoutiers en Limousin, puis des propriétaires agricoles. Ils sont anoblis par en 1644..
Augustin de Romanet est le fils de Luc de Romanet de Beaunehttps://dirigeant.societe.com/dirigeant/Luc.DE_ROMANET_DE_BEAUNE.60883572.html, avocat et ancien maire de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême et d'Anne-Marie Lafont, fille de Louis Lafont, haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur du gouvernement de Vichy, et de Monique Bonnin de la Bonninière de Beaumont, et sœur de Emmanuel Lafont, évêque émérite de Cayenne.
Augustin de Romanet est le frère de Antoine de Romanet, évêque aux armées, et le cousin germain de Bruno Lafont, ancien président-directeur général du groupe LafargeHolcim, et de Jean-Philippe Taslé d'Heliand, président de la banque Oddo BHF..
Après une scolarité au collège Saint-Grégoire et au lycée Balzac à Tours, Augustin de Romanet intègre l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) puis l'École nationale d'administration (ENA), dont il sort en 1986 au sein de la promotion DiderotNotice biographique, Who's Who in France, 2007.
En , il épouse Florence Marie Évelyne Burin des Roziers (1963-2014). De ce mariage, naissent Héloïse, Alexis et PierreFaire-part de décès de Florence Burin des Roziers dans le quotidien Le Figaro.Notice Florence Marie Evelyne Burin des Roziers dans le fichier Insee des décès en France depuis 1970.. En , il épouse en secondes noces Sibylle Le Maire, sœur de Bruno Le Maire..
Conseiller gouvernemental Ministère des Finances À la sortie de l'ENA, Augustin de Romanet intègre le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie comme adjoint au chef du bureau de la politique salariale puis au chef du bureau de la synthèse budgétaire, à la direction du Budget. En mobilité, il est nommé attaché financier à la représentation permanente de la France auprès des Communautés européennes de 1990 à 1992, représentant la France au comité budgétaire, puis réintègre en 1993 la direction du Budget comme chef du bureau de la synthèse et de la politique budgétaire.
Entre 1995 et 1997, Augustin de Romanet rejoint les cabinets ministériels, puis pendant la troisième cohabitation (1997-2002), il retrouve la direction du Budget, comme sous-directeur chargé de mission auprès du directeur du Budget jusqu'en 1998, avant de devenir sous-directeur chargé du secteur transports, routes, industrie et recherche.
Cabinets ministériels La victoire de Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1995 lui permet d'intégrer les cabinets ministériels. Augustin de Romanet devient conseiller technique auprès d'Alain Madelin lors de son éphémère passage comme ministre de l'Économie et des Finances, puis passe au service de François d'Aubert, secrétaire d'État au budget, dont il est conseiller technique puis directeur de cabinet. Il intègre ensuite comme conseiller chargé des Affaires budgétaires le cabinet d'Alain Lamassoure, ministre délégué au Budget et porte-parole du gouvernement. Il entre au service de Jean Arthuis, ministre de l'Économie et des Finances, après le départ d'Alain Madelin, comme chargé de mission auprès du ministre. Puis il réintègre le ministère du budget pendant la troisième cohabitation.
Comme la première, la seconde victoire de Jacques Chirac à l'élection présidentielle en lui permet de revenir dans les cabinets ministériels. Augustin de Romanet devient alors directeur du cabinet d'Alain Lambert, ministre délégué au Budget et à la Réforme budgétaire et directeur adjoint du cabinet de Francis Mer, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. En 2004, il est appelé par Jean-Louis Borloo, nommé ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, dont il devient directeur de cabinet, avant d'intégrer, la même année, le cabinet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin comme directeur adjoint.
Il est ensuite secrétaire général adjoint du cabinet du président de la République française du au .
Chef d'entreprise Entre 1999 et 2002, Augustin de Romanet rejoint le secteur privé pour travailler dans l'entreprise d'investissement Oddo et en tant que directeur jusqu'en 2000, puis associé-gérant de Oddo Pinatton Corporate, filiale de banque d'affaires du groupe Oddo et .
À partir du , il est directeur adjoint Finances et Stratégie groupe du Crédit agricole et membre de son comité exécutif.
Caisse des dépôts et consignations Le , Augustin de Romanet est nommé, par décision du conseil des ministres, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations en remplacement de Francis Mayer. Cette nomination, une des dernières décidées par Jacques Chirac avant la fin de son mandat, est apparue comme une option plutôt consensuelle, mettant fin à l'incertitude à la tête de l'institution après les hésitations des proches collaborateurs du président, Frédéric Salat-Baroux ou Maurice Gourdault-Montagne, tous deux pressentis pour le poste. Avec ce poste, il est également administrateur de : Accor (2007-2009), Dexia (2007-2011), Icade (2007-2011), Veolia (2007-2012), CNP Assurances (2007-2012), CDC Entreprises (2007-2012), La Poste (2011-2012), Oséo (2011-2012).
De 2008 à 2012, il gère la création du Fonds stratégique d'investissement et en occupe la présidence du conseil d’administration.
En , Augustin de Romanet présente le plan « Elan 2020 » qui vise à moderniser la bicentenaire CDC autour de 4 axes : le logement, les universités, les PME, et l’environnement. En , il donne son aval pour l’acquisition de 26 % de La Poste par la CDC. Il procède également à la création d’un comité d’investissement au sein de la CDC, instance obligatoirement consultée avant tout investissement important.
De 2011 à 2012, alors qu’il est président d'Egis, filiale à 75 % de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet ouvre largement le capital aux salariés (25 %) pour en faire une opération exemplaire d'association des collaborateurs à la vie et aux performances de leur entreprise.
À l'issue de son mandat de directeur général de la Caisse des dépôts, le , Augustin de Romanet remet les mandats sociaux qu'il détenait à ce titre.
En , il est condamné à huit mois de prison avec sursis et 200.000 euros d'amende pour recel et favoritisme lors de son passage à la tête de la CDC.
Groupe ADP Par un décret en Conseil des ministres du , il remplace Pierre Graff, atteint par la limite d'âge le , à la fonction de président-directeur général d'Aéroports de Paris (ADP). Sa candidature avait été acceptée par François Hollande sur les conseils de Bernadette Chirac, dont il est proche. En , son mandat est reconduit pour une durée de 5 ans. Il affiche l’ambition de faire du groupe ADP le leader mondial de la conception et de l’exploitation d’aéroports.
Sous son impulsion, la culture s’impose dans les aéroports parisiens avec l’ouverture d’un espace Musées à Paris-Charles de Gaulle (Augustin de Romanet a également été administrateur du Musée du Louvre Lens), et la présentation de différentes œuvres d’art dans les terminaux. Parallèlement, la modernisation des infrastructures permet l’arrivée de nouveaux points de vente, dont Carrefour City et Victoria’s Secret, et l’ouverture d’un restaurant par le chef étoilé Guy Martin (« I Love Paris ») à Paris-Charles de Gaulle. À Orly-Ouest, le premier espace business est créé pour permettre aux voyageurs d’affaires de se rencontrer, et mettre en avant les startups françaises.
Sa présidence est marquée par le lancement du plan stratégique Connect 2020 qui prévoit un investissement de 4,6 milliards d’euros pour moderniser les infrastructures et améliorer la qualité de service dans les aéroports parisiens.
Sous son impulsion, le projet CDG Express est relancé avec une ordonnance en date de confiant la réalisation du projet au groupe ADP et à la SNCF. En , le président François Hollande confirme la signature d’un protocole d’accord pour le lancement du projetADP dévoile son nouveau siège et ses projets, Businesstravel.fr, 20 mars 2017 (consulté le 27 mars 2017).
Sous son mandat, le siège social parisien du groupe est transféré à Roissy afin d’y rassembler ses équipes alors éclatées entre Paris, Orly et Roissy. Le déménagement du siège social est effectué en , et correspond au souhait d’Augustin de Romanet d’être “au plus près des voyageurs” et des chantiers de rénovation permanents qui caractérisent la vie d’un aéroport.
En , Aéroports de Paris crée sa nouvelle marque voyageurs, Paris Aéroport, et devient le groupe ADP, une identité à deux niveaux visant à accroître la notoriété en France et à l’international d’un côté, et fédérer collaborateurs et nouveaux talents de l’autre. Une campagne Paris vous aime est lancée pour communiquer sur le nouveau positionnement du groupe, dans le but de créer une “préférence parisienne forte”.
Le , Augustin de Romanet est élu président de l’ACI Europe (Airport Council International). Cette même année, l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle reçoit le prix Skytrax de l’aéroport qui s’est le plus amélioré dans le monde.
En 2017, les aéroports du groupe ADP sont situés par les utilisateurs en bas du classement des 32 aéroports de plus de 15 millions de passagers établi par l'UFC Que Choisir: sur 32 pour Roissy-Charles-de-Gaulle et sur 32 pour Orly. La même année, la presse fait état d'un rapport destiné au ministère de l'Intérieur et mettant en cause la responsabilité du groupe ADP dans l'engorgement des deux aéroports parisiens.
Il se rapproche d'Emmanuel Macron après sa victoire à l'élection présidentielle de 2017. En , il est nommé président du conseil d'administration du domaine national de Chambord — le président de la république souhaitant rétablir les chasses présidentielles — et devient en 2018 président de Paris Europlace (organisme chargé de promouvoir et développer la Place financière de Paris). Le , le gouvernement le reconduit pour cinq ans à la tête d'ADP. En , une journaliste du Monde indique que le mandat d'Augustin de Romanet ne sera pas renouvelé au delà des Jeux Olympiques.. Après avoir involontairement reporté son départ prévu pour , il quitte ses fonctions le , avant que son successeur soit nommé à titre intérimaire en février.
Eight Advisory En , il rejoint le cabinet Eight Advisory en tant que conseiller de la direction générale.
Edenred
Le , il rejoint le Conseil d'Administration d'Edenred
Autres fonctions
1986-1995 : enseignant à l'IEP Paris 1989-2008 : conseiller municipal de Bellême dans l'Orne 1992-1995 : enseignant à l'ENA 2007-2012 : président du conseil de surveillance de la Société nationale immobilière 2007-2012 : président du directoire du Fonds de réserve des retraites 2008-2010 : membre du conseil des prélèvements obligatoires 2009-2012 : président-fondateur du Club des investisseurs de long terme Depuis : membre du conseil d’administration du Centre des professions financières Depuis : administrateur de la RATP Depuis : administrateur de SCOR Depuis 2016 : membre fondateur et administrateur de la Fondation pour l'islam de Francehttps://fondationdelislamdefrance.fr/conseil-dadministration/ Depuis : président du conseil d'orientation de l'Établissement public du domaine national de Chambord