Michel Joseph Maunoury, né le à Maintenon (Eure-et-Loir), , vue 113/408. et mort le en gare des Aubrais (Loiret)Acte de décès , vue 8/26, archives départementales de Loir-et-Cher (transcription)., est un général de division français, élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume trois jours après sa mort.

Au cours de la Première Guerre mondiale, il s'illustre au commandement de la au début du mois de lors de la bataille de la Marne en jouant un rôle décisif face à l’armée allemande du général von Kluck sur l’Ourcq. Cette action lui vaut d'être élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le . Le , il est grièvement blessé à la tête par une balle allemande qui le rend définitivement aveugle. Il est l'un des rares généraux de la guerre invités à la signature du traité de Versailles le .

Biographie Famille Michel Joseph Maunoury est le fils de Charles Michel Alphonse Maunoury (1816-1887), médecin, et de Marie Boullé (1826-1903).

Formation Issu de la promotion 1867 de l'École polytechnique, il sort de sa promotion de 124 élèves, choisit de servir dans l’artillerie et devient officier d’artillerie.

Carrière militaire de 1869 à 1914 Il est sous-lieutenant élève à l'École d'application de l'artillerie et du génie en 1869, participe à la guerre franco-allemande de 1870 et est blessé par une balle qui lui traverse la jambe droite le , à la bataille de Champigny.

En 1874, il devient capitaine, instructeur d'équitation et de conduite de voitures. Professeur adjoint au cours d'artillerie de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1883, chef d'escadron en 1886 puis lieutenant-colonel en 1893.

En 1896, il est commandant militaire du palais de la Chambre des députés et est promu colonel, l'année suivante.

Le , il est promu au grade de général de brigade et, le , au grade de général de division, commandant l'artillerie de la place et des forts de Paris et commandant l'École supérieure de guerre.

Il est nommé gouverneur militaire de Paris en 1910 et membre du Conseil supérieur de la guerre avant d'être placé sous la section de réserve, en 1912.

Première Guerre mondiale À la tête de la Sixième armée Rappelé à l'activité le pour une mission d'inspection, il est très rapidement chargé de rassembler des troupes disparates, revenant d'Alsace, des divisions du général d'Amade et d'unités nouvellement incorporées pour constituer la armée, devant se placer sur l'aile gauche de l'armée anglaise du maréchal French, autrement dit à l'extrême-gauche des armées alliées.

La bataille de l'Ourcq

Lorsque la retraite des armées alliées amène le front à proximité de Paris, Joseph Gallieni, général commandant la place militaire de Paris, met à la disposition de Maunoury les troupes du camp retranché de Paris, qui s'ajoutent à l'effectif de la arméeGeorges Painvin, Souvenirs du temps passé auprès du maréchal Maunoury en 1914-19, Société historique régionale de Villers-Cotterêts. Il conduit à sa tête une attaque décisive sur le flanc de l'offensive allemande à partir du contre l'armée von Kluck, lors de la bataille de la Marne . La bataille menée par la armée est connue sous le nom de bataille de l'Ourcq, du nom de l'affluent qui se jette dans la Marne aux environs de Meaux. En récompense de sa conduite, il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le .

Le général Maunoury est gravement blessé à la tête par une balle ennemie le au moment où il mettait l'œil à un créneau, dans les tranchées du plateau de Nouvron qu'il inspectait en compagnie du général Étienne de Villaret, lequel est blessé par la même balle, par ricochetSite lhistoireenrafale.lunion.fr, page "12 mars 1915 : le président Poincaré au chevet du général Maunoury à Villers-Cotterets", consulté le 7 octobre 2020.. Cette blessure le laisse aveugle jusqu'à sa mort. Durant sa convalescence, le général Joffre lui décerne la médaille militaire le . Il redevient gouverneur militaire de Paris du au .

Après la Première Guerre mondiale vignette|Les maréchaux Joffre, Foch, ainsi que le général Berdoulat, aux obsèques du maréchal Maunoury à Mer le . alt=Obsèques du Général Maunoury, discours de Maurice Maunoury, ministre de l'Intérieur.|vignette|Obsèques du général Maunoury, discours de Maurice Maunoury, ministre de l'Intérieur. Maunoury est l'un des rares généraux de la guerre invités à la signature du traité de Versailles.

Il meurt à Artenay, dans le train qui le mène dans sa résidence du château d'Herbilly, situé dans la commune de Mer (Loir-et-Cher), le . Il était alors le président d'honneur de l'Union des aveugles de guerreLe Gaulois, 3 avril 1923.

Nommé maréchal de France à titre posthume le suivant., il bénéficie d'obsèques nationales le . Ses funérailles ont lieu à Mer en présence des maréchaux Joffre et Foch et du ministre de l'Intérieur Maurice Maunoury, son cousin.

Ému, le maréchal Joffre apporte un dernier salut de l’armée française au glorieux soldat « qui restera l’une des plus pures et grandes figures de notre histoire militaire » : « Son calme et son habileté de manœuvre ont permis à ses troupes de supporter pendant les quatre journées d’une lutte opiniâtre l’effort d’une notable partie de l’armée allemande et ont facilité ainsi le développement des opérations des armées alliées, qui ont entrainé la retraite de notre ennemi.

Saluons de toute notre reconnaissance patriotique l’intrépide commandant de la Vie Armée, dont la clairvoyante énergie a si fortement pesé sur l’avenir de la France… »Le corps du maréchal Maunoury repose depuis le dans la crypte des Gouverneurs à l'hôtel des Invalides de Paris.

Un bâtiment de logement d'élèves a pris son nom en 1976 dans les nouveaux locaux (à Palaiseau) de l'École polytechnique, école militaire où il a été formé lorsqu'elle était installée à Paris, rue Descartes.

Décorations Décorations françaises

(Nota : la médaille militaire se porte avant la LH pour les officiers généraux ayant commandé au front ; attention, selon La Grande Chancellerie, aucun texte officiel n'existe et il s'agit d'une simple habitude) ; Citation :

Citation :

, remise le 14 juillet par le général Dalstein

Décorations étrangères 50px|Ordre de Saint-Michel et Saint-George Chevalier Grand-croix de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-George (1915) ()

Hommages vignette|Monument de Mer (Loir-et-Cher). Monument du Maréchal Maunoury érigé à Mer (Loir-et-Cher) le . Il est situé place du 11-novembre-1918 ; Vitrail « Souvenir de la victoire de l'Ourcq en 1914 » en l'église Notre-Dame du Raincy, parfois appelé La Vierge aux Taxis, représentant le maréchal Maunoury avec Foch et Gallieni ; Un bâtiment de l'École polytechnique, à Palaiseau, porte son nom ; L'une des principales avenue de Blois porte son nom ; L'avenue du Maréchal-Maunoury lui rend hommage dans le ; Une avenue porte son nom dans la cité des Aveugles du quartier Valrose à Nice ; Une avenue porte son nom à Chartres : elle prolonge la rue du Docteur-Maunoury (son frère) et débouche sur l'avenue Maurice-Maunoury de Luisant (son cousin). Buste du maréchal à la Maison des aveugles de guerre, inauguré en , 49 rue Blanche à ParisL'Intransigeant, 25 avril 1939, L'Ouest-Eclair, 27 avril 1939, Paris-midi, 27 avril 1939.. Un massif rocheux de la Forêt de Fontainebleau, à Larchant, porte son nom.

Références

Bibliographie

.

Voir aussi

Articles connexes Famille Maunoury

Liens externes

Maunoury Joseph (X1867), sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique

Catégorie:Personnalité ayant eu des obsèques nationales en France Catégorie:Naissance à Maintenon Catégorie:Maréchal de France de la Troisième République Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Naissance en décembre 1847 Catégorie:Décès en mars 1923 Catégorie:Gouverneur militaire de Paris Catégorie:Membre du Conseil supérieur de la guerre Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Récipiendaire de la médaille militaire en tant qu'officier général français Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Chevalier grand-croix de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges Catégorie:Décès dans le Loiret Catégorie:Décès à 75 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans le caveau des gouverneurs Catégorie:Chef militaire de la Première Guerre mondiale Catégorie:Militaire français de la guerre franco-allemande de 1870