Louis, premier comte de Partouneaux, né le à Romilly-sur-Seine et mort le à Menton, alors territoire monégasque, est un général français de la Révolution et de l’Empire.
Biographie
Débuts de carrière : du grenadier à l'adjudant-général
vignette|gauche|Le siège de Toulon, par Jean-Antoine-Siméon Fort. Au cours des opérations, Partouneaux est blessé d'un coup de feu alors qu'il participe à l'attaque d'une redoute.
Il entre au service comme grenadier volontaire au de Paris le . Le il passe sous-lieutenant au d'infanterie, ci-devant Hainaut, où il est nommé lieutenant le suivant. Il fait, aux armées du Nord et d'Italie les campagnes de 1792, sous les ordres des généraux Anselme, Rochambeau et Biron, et se distingue par sa bravoure en plusieurs circonstances. Promu au grade de capitaine le , il contribue avec un détachement du , au succès du combat de Sospello et à la déroute des Piémontais à Utelle et à Levenzo le de la même année. Depuis cette époque jusqu'en l'an VII, il continue de servir à l'armée d'Italie sous les ordres des généraux Dumerbion, Dugommier, Napoléon Bonaparte, Schérer, Moreau et Joubert.
Il prend une part distinguée aux combats de Gilette les 27 et 28 vendémiaire an II (18 et ). Le () suivant, à la tête de ses éclaireurs, il chasse plusieurs milliers de soldats et de paysans piémontais qui s'étaient emparés des hauteurs qui dominent Utelle. Sa conduite le 4 frimaire () aux combats de Castel-Genest et de Brec, lui mérite les éloges les plus flatteurs de la part du général Masséna, sous les ordres duquel il se trouve alors. Appelé au commandement de l'armée du siège de Toulon, le général Dugommier, qui a su apprécier les qualités militaires du capitaine Partouneaux, le choisit pour être l'un des six officiers qu'il emmène avec lui. Le 25 frimaire (), à l'attaque de vive force des ouvrages qui défendent la place, il monte le second à l'assaut, est grièvement blessé d'un coup de feu qui lui brise le genou droit, dans les retranchements de la redoute britannique dont la prise décide la reddition de Toulon. Sa brillante conduite dans cette journée lui vaut le grade d'adjudant-général chef de bataillon qu'il reçoit sur le champ de bataille, et dans lequel le confirment les représentants du peuple par arrêté du 30 du même mois ()Le général Dugommier, en lui transmettant son brevet, lui écrit ces mots : ..
Longtemps malade par suite de cette blessure dont il reste estropié, il est employé sur les côtes et accède au grade d'adjudant-général chef de brigade le 19 fructidor an III (). Toujours retenu par sa blessure, mais fatigué de ne prendre qu'une part passive aux grands succès du général Bonaparte, il demande et obtient d'aller rejoindre l'armée d'Italie, où le général en chef l'emploie comme chef d'état-major de la division Rey. Il se fait remarquer par ses talents et sa valeur au combat de la Corona et à la bataille de Rivoli, les 25 et 26 frimaire an V (15 et )Dans cette journée, revenant d'une mission secrète que lui a confiée le général en chef, il rallie une brigade en désordre, refoulée par des forces supérieures et la ramène au combat.. Il sait conquérir l'estime et l'amitié du général Joubert par les services importants qu'il rend pendant la campagne du Tyrol et la marche de l'armée sur la Carinthie. Le traité de Campo-Formio ayant mis fin aux hostilités, il est chargé de plusieurs missions auprès de la cour de Rome et du gouvernement de Venise, et partout il sait se concilier l'estime et l'affection des autorités et des habitants.
Sous le Consulat
La guerre ayant de nouveau éclaté entre la France et l'Autriche, le Directoire le rappelle à l'état-major général de l'armée d'Italie, et à la suite des affaires des 6 et 10 germinal an VII (26 et ) et , à Bussolengo et sous Vérone. Il reçoit le grade de général de brigade par arrêté du Directoire du 4 floréal suivant () et une lettre de félicitations du ministre de la guerre. Il se distingue encore par sa bravoure pendant toute la retraite de l'armée d'Italie, et particulièrement aux combats de Vérone et d'AlexandrieSchérer, en remettant le commandement en chef à Moreau, lui dit : Je te présente Partouneaux qui, dans cette campagne, a fait des miracles.. Le 28 thermidor (), à la bataille de Novi, Kray et Bellegarde, qui forment la droite de l'armée austro-russe, sont repoussés par les troupes du général Pérignon qui commande la gauche de l'armée française ; la cavalerie du général Richepanse et l'infanterie de réserve aux ordres du général Partouneaux complètent leur défaite sur ce point. Pour réparer les échecs éprouvés par l'armée impériale, Souvorov ordonne une attaque générale sur le front de Pérignon, que Bellegarde cherche à tourner. La colonne chargée de l'attaque est dirigée par le général Ott. Le général Lemerin la repousse, et Partouneaux jeté sur son flanc, la ramène en désordre au bas de la colline ; mais ce général, emporté par son ardeur, s'est trop aventuré dans cette circonstance, reçoit un coup de biscaïen dans les reins et tombe au pouvoir de l'ennemi ; il reste en captivité jusqu'au mois de brumaire an IX (), époque à laquelle son échange a lieu contre Anton von Zach, général major de l'armée autrichienne. Le 29 frimaire suivant (), le Premier consul lui confie le commandement d'Ehrenbreitstein et le charge de la démolition de cette forteresse.
Mis en disponibilité le () de la même année, et employé dans la militaire comme commandant auxiliaire de la garde du Premier consul à Lyon, le 18 vendémiaire an X (), il passe le 26 pluviôse suivant () dans la militaire, où il prend le commandement du département des Alpes-Maritimes. Nommé général de division le 9 fructidor an XI (), il se trouve placé le 12 du même mois (), à la tête d'une division du camp de Compiègne, devenu camp de Montreuil, sous les ordres de Ney. Fait chevalier de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII (), et commandeur de l'Ordre le 25 prairial suivant (), l'Empereur le nomme électeur du département des Alpes-Maritimes en conformité des dispositions du statut organique des constitutions de l'Empire du 28 floréal même année ().
Général de l'Empire
vignette|Louis Partouneaux en tenue de général d'Empire.
Mis en disponibilité le , puis en non-activité le , il prend le commandement d'une division de grenadiers à l'armée d'Italie commandée par le maréchal Masséna, le . À la tête de cette troupe d'élite, il culbute l'ennemi le , au combat de San Michele. Le lendemain , à la bataille de Caldiero, il forme la réserve avec ses grenadiers. Vers les quatre heures du soir, les Autrichiens ont fait avancer la leur, composée de 24 bataillons de grenadiers soutenus par cinq régiments de cavalerie. Le maréchal Masséna fait également porter en avant la division Partouneaux forte de 11 bataillons. La cavalerie française culbute celle des Autrichiens, et les grenadiers de Partouneaux, chargeant à la baïonnette, décident de la victoire. Il donne de nouvelles preuves de courage au combat et au passage du Tagliamento, le , et enfin au passage de l'Isonzo le .
Le roi de Naples ayant violé le traité du jour complémentaire an XIV (du ), reçoit dans ses ports les Britanniques et les Russes avec lesquels il s'allie contre la France. Napoléon ordonne aussitôt au maréchal Masséna de s'avancer sur le territoire napolitain à la tête des troupes dont il a le commandement. Le général Partouneaux suit le mouvement de cette armée, qui prend le nom d'armée de Naples au mois de . Il s'empare de Capoue, sans beaucoup de résistance, et entre dans Naples avec la division Duhesme le 13 du même mois. Joseph Bonaparte ayant été proclamé roi de Naples le , nomme grand dignitaire de l'ordre des Deux-Siciles le suivant le général Partouneaux qui est alors chargé du gouvernement de la ville de Naples, de ses forts et de son golfe. Ce général commande ensuite successivement les provinces des Abruzzes, de la Pouille et des CalabresDans ces postes difficiles il rend des services importants et fait aimer et respecter le nom français dans ces contrées conquises qu'il pacifie..
Vers la fin du mois de , les Britanno-Siciliens viennent longer les côtes de Calabre, cherchant un point favorable pour le débarquement et épient les signaux convenus avec les mécontents de l'intérieur, mais le général Partouneaux a pris des mesures si sévères et si bien concertées que personne n'ose remuer. Quelques débarquements partiels qui ont lieu sur différents points furent vigoureusement repoussés par les postes français. À la fin du même mois, le général britannique Stuart est informé que quelques démonstrations faites par ses ordres dans le golfe de Policastro, ont attiré sur ce point le général Partouneaux avec une grande partie de ses troupes. Stuart se décide donc à tenter un nouveau débarquement aux environs de Scilla. Les troupes ennemies abordent sans résistance, et déjà elles se préparent à attaquer le fort de Scilla, lorsque le général Partouneaux accourt à marches forcées pour s'opposer à cette entreprise. Les Britanno-Siciliens en le voyant arriver se rembarquent précipitamment, abandonnant sur le rivage leur artillerie de siège, leurs munitions, leurs bagages, leurs vivres, etc. Obligé de porter ses troupes loin de Scilla, à l'époque où le roi de Naples veut tenter la conquête de la Sicile, il fait sauter cette forteresse dont les Britanniques auraient pu s'emparer en son absenceCette opération, peu comprise et d'abord blâmée par le roi Joachim, a l'approbation de l'Empereur, qui dit en l'apprenant, que c'était la seule opération militaire de la campagne.. Il commande l'année suivante, en Calabre, la division de l'armée qui menace la Sicile, et a à soutenir fréquemment des combats fort honorables.
Sur les rives de la Bérézina
vignette|gauche|Lors de la retraite de Russie, la division Partouneaux sert un temps comme arrière-garde de l'armée. Ici, la retraite vue par le peintre Illarion Prianichnikov.
Disponible le , et désigné le pour être employé au camp de Boulogne, il prend le commandement de la d'infanterie du de la Grande Armée le suivant, et fait partie de l'expédition de Russie. Ce corps d'armée arrive à Smolensk dans les premiers jours de septembre, et prend ses cantonnements depuis cette ville jusqu'à Orsha.