Rafah (en ) est une ville palestinienne située dans le Sud de la bande de Gaza, à la frontière égyptienne. La ville fut également connue sous le nom de Robihwa dans l'Égypte antique, Rafihu en Assyrie, Raphia chez les Grecs et les Romains.
L'histoire de Rafah remonte à plusieurs millénaires, lorsque les Pharaons la développent pour assurer le contrôle de leur domaine de Canaan.
C'est la ville la plus importante du Sud de la bande de Gaza avec plus de en 2023, dont une partie vit dans le camp de réfugiés fondé pendant la Nakba..
Elle est presque entièrement détruite par l'armée israélienne durant la guerre de Gaza.
Localisation La ville est située au sud de la bande de Gaza, à la frontière avec l’Égypte. vignette|Carte de la bande de Gaza.|centré|334x334px
Histoire Antiquité Le site antique de la ville présente des indices d'occupation allant du début de l'Âge du Bronze central II (vers ) jusqu'à l'époque byzantine. ... La première fois que Rafah, anciennement Raphia, est citée se situe pendant le règne du pharaon ........ La campagne militaire de en Israël remonte quant à elle à et le toponyme de la ville cananéenne serait mentionné dans la liste des lieux conquis par le souverain égyptien, lesquels sont inscrits en relief sur le pylône bubastite de Karnak.
En , le roi assyrien y défait les armées égyptiennes, alors alliées aux forces du souverain philistin Hanun de Gaza...., et le se déroule la première grande bataille, qui voit le roi d'Égypte Philopator vaincre le dernier grand roi séleucide lors de la Bataille de RaphiaPolybe, Histoires, . : environ 140 000 soldats se confrontent, et près de 180 éléphants sont utilisés.
Une source araméenne fait également de Rafah le lieu biblique de Chatzerim.
Moyen Âge Pendant la période byzantine, Rafah est un diocèse, et une importante ville commerçante avant la période arabe. Elle vit ensuite son déclin puis son abandon jusqu'au . La fondation, en 1387, de Khan Younès, sur la route de Gaza, détourne les échanges régionaux vers cette nouvelle ville. Avec les Mamelouks, elle redevint une station postale.
Temps modernes Au les Ottomans y enregistrèrent un village de moins de vingt contribuables. Rafah apparaît dans les registres fiscaux ottomans de 1596 comme comptant 15 foyers, tous musulmans. En 1799, l'armée française d'Orient, dirigée par le général Bonaparte, traverse Rafah lors de la campagne française en Égypte. Rafah est à la frontière entre les provinces d'Égypte et de Syrie. En 1832, la région est occupée par l'Égypte sous Muhammad Ali, occupation qui dure jusqu'en 1840.
vignette|Les colonnes de Rafah, sur la route entre l'Égypte et la Syrie, en 1881.
L'explorateur français Victor Guérin, qui visite Rafah en , remarque deux piliers de granit que les habitants appelaient Bab el Medinet, ce qui signifie « la porte de la ville ». En 1881, l'archiduc Louis-Salvator de Habsbourg-Toscane écrit : .
Époque contemporaine vignette|Plan de Rafah en 1931. En 1917, l'armée britannique s'empare de Rafah et l'utilise comme base arrière pour attaquer les Ottomans à Gaza. La présence de cette base fait partir les habitants et en 1922, la population n'est plus que de pour remonter à en 1948.
Après la guerre israélo-arabe de 1948, la ville passe sous contrôle égyptien et accueille deux camps de réfugiés arabes provenant du territoire d'Israël fraîchement créé.
Occupation et colonisation israélienne
L’armée israélienne, lors de son occupation de quatre mois de la bande de Gaza, en 1956-1957, perpètre un massacre dans le camp de Rafah, tuant , selon les Nations unies, deux fois plus selon les sources palestiniennes.
En 1967, après la guerre des Six Jours, la ville passe sous occupation israélienne, au cours de laquelle de nouvelles tueries sous perpétrées contre la population. La population atteignait alors , dont seulement habitent la ville proprement dite.
Au mois de , sont expulsées et leurs maisons détruites afin de construire une colonie israélienne.
vignette|Occupation israélienne d'une maison de Rafah en 1985.
En 1982, la paix entre Israël et l’Égypte divise Rafah entre sa partie égyptienne et sa partie palestinienne, formalisant une frontière qui était restée abstraite durant trois quarts de siècle. Plus de trois cents maisons sont alors détruites par l’armée israélienne afin d’instaurer un « corridor de Philadelphie » le long de la frontière égyptienne.
En 1994, Yasser Arafat est accueilli par une marée humaine à Rafah, pour son arrivée dans la bande de Gaza permise par les accords de paix d'Oslo. Ces derniers confient à l'Autorité palestinienne la gestion des trois quarts de la bande de Gaza et d’une partie de la Cisjordanie, mais Israël continue de contrôler étroitement la frontière avec l’Égypte et des colonies, d’où de nombreux incidents. gauche|vignette|Tunnel de contrebande à Rafah, 2009. Depuis , la ville est un des hauts lieux de la seconde intifada. Elle est en effet reliée à l'Égypte par des tunnels qui servent à acheminer vers la bande de Gaza non seulement des armes, mais aussi de la nourriture, des médicaments, et tout autre objet de la vie quotidienne. Ceci explique les fréquentes incursions de l'armée israélienne dont l'efficacité et les moyens utilisés restent contestés par la communauté internationale. Le petit aéroport de Rafah, ouvert en 1998, est détruit par l’armée israélienne en 2001. vignette|La militante pacifiste américaine Rachel Corrie s'opposant aux démolitions de maisons palestiniennes par les bulldozers militaires israéliens, quelques heures avant que ceux-ci ne l'écrasent, le 16 mars 2003. C'est à Rafah que sont tués en 2003 Rachel Corrie, une Américaine de 23 ans écrasée par un bulldozer israélien, et Thomas Hurndall, un Britannique de 22 ans tué d’une balle en pleine tête, tous deux militants pacifistes.
En , l'armée israélienne lance l'opération « Arc-en-ciel » pour tenter de mettre fin aux attaques palestiniennes, aux bombardements des villages israéliens, et particulièrement à l'utilisation des tunnels par les trafiquants d'armes à la frontière égyptienne... Cette opération détruira plusieurs centaines de maisons et fera des dizaines de morts parmi les populations civile et armée de Rafah..
Blocus israélo-égyptien de l'enclave de Gaza À la suite du retrait israélien des colons et des troupes au sol de la bande de Gaza, achevé le , le point de passage de Rafah est géré par l'Autorité palestinienne sous surveillance vidéo de l'Union européenne. centré|vignette|Rafah en juillet 2005, deux mois avant le retrait des troupes au sol israéliennes. À partir de , de nombreux accrochages opposent miliciens du Fatah et du Hamas jusqu'à la victoire de ce dernier en . Les autorités égyptiennes ferment la frontière en réponse à l'avancée du Hamas. Fin 2007, la mission européenne EUBAM-Rafah est suspendue. Elle est maintenue en suspens, prête à reprendre ses opérations de surveillance dès que la situation politique le permettra.vignette|Mirador égyptien à la frontière de Rafah, 2011.|centré Guerre de Gaza de 2008-2009
vignette|Passage de véhicules et de marchandises à l'entrée de Rafah sur la route de Gaza, 2009.
À la suite de la chute du président Moubarak, les autorités égyptiennes annoncent que le blocus sera levé fin . Les Européens espèrent pouvoir reprendre leurs activités mais en , ils réduisent, à nouveau, le niveau de la mission..
Guerre de 2023-2025
Lors de l'offensive israélienne de 2023-2024 sur la bande de Gaza de la guerre à Gaza, près de de Gazaouis trouvent refuge, sur ordre de l’armée israélienne, à Rafah.. À partir de , l’armée israélienne concentre ses attaques sur Rafah et mène des opérations militaires dans et autour de plusieurs hôpitaux, tandis que le gouvernement israélien se déclare déterminé à lancer une vaste offensive terrestre dans cette zone malgré la présence massive de réfugiés. Le responsable des territoires palestiniens au Programme alimentaire mondial de l’ONU, Matthew Hollingworth, avertit sur la situation humanitaire catastrophique : ..
vignette|Chars israéliens à Rafah le . Le , après la fermeture par Israël du poste-frontière de Kerem Shalom., l'armée israélienne prend le contrôle du poste-frontière de Rafah de façon à verrouiller la bande de Gaza., Israël affirmant que le Hamas l'utilisait à des fins terroristes.. gauche|vignette|Vue aérienne du camp de déplacés d'Al-Mawasi le . Le , l'armée israélienne bombarde le camp de réfugiés de Tel al-Sultan, déclenchant un incendie et tuant une cinquantaine de personnes dont cinq enfants, et faisant des centaines de blessés.. Le , au moins sont tués dans de nouveaux bombardements sur le quartier de Tel al-Sultan.. Le , au moins sont tués dans un bombardement aérien sur Rafah.. Le Croissant-Rouge palestinien annonce le la mort de deux de ses secouristes, tués dans contre une ambulance dans la région de Rafah..
Le , en réaction à l'offensive, un utilisateur du réseau social Instagram partage une image reprenant le slogan All Eyes on Rafah. Largement partagée dans le monde entier et vue par 47 millions de personnes en 48 heures, elle devient l'un des symboles du soutien à la cause palestinienne. vignette|Mur de séparation israélien entre Rafah et le kibboutz de Kerem Shalom. À la fin du mois de mai, tous les hôpitaux sont hors service à cause des bombardements. L'ONU qualifie la situation à Rafah d'.
Début juin, plus d'un million de personnes ont été déplacées de force de Rafah après plusieurs semaines d'offensive israélienne.
Le , l'armée israélienne bombarde une école de l’Unrwa, tuant 37 personnes qui y étaient réfugiées.
Le , l'armée israélienne massacre à Rafah quinze secouristes, dans le quartier de Tal Al-Sultan, alors qu’ils venaient en aide aux victimes d’une frappe aérienne. Le 31, Tsahal ordonne à la population de quitter la ville, provoquant un exode.
En l'armée israélienne déclenche une nouvelle offensive sur Rafah, affirmant le encercler totalement la ville.. Selon l'agence Reuters Tsahal rase les ruines de la ville après l'avoir incorporé à sa « zone de sécurité » au sein de laquelle toute présence palestinienne est interditehttps://www.reuters.com/world/middle-east/israel-flattens-rafah-ruins-gazans-fear-plan-herd-them-there-2025-04-28/, ce que confirme Le Monde.
Personnalités liées à Rafah Yasser Abou Shabab, chef de la milice Forces populaires, soutenue par Israël et impliquée dans le pillage de l'aide humanitaire pendant la guerre à Gaza.
Notes et références
Articles connexes
Liste des ports antiques du Levant Liste des villes de l'État de Palestine Rafah (camp) Poste-frontière de Rafah Opération militaire israélienne à Rafah de 2004 Relations entre l'Égypte et Israël Attentat du 7 juillet 2017 à Rafah Gaza 1956. En marge de l'Histoire (2010), enquête et bande dessinée Rafah, chroniques d'une ville dans la bande de Gaza (2007), film Blocus de la bande de Gaza de 2007 Blocus de la bande de Gaza de 2023-2024 Bande de Gaza Conflit israélo-arabe
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