La muraille de Chine est le surnom donné à un grand ensemble construit en 1965 et détruit en 2000, initialement situé au sud-est de la ville de Saint-Étienne, dans le quartier de Montchovet.

Historique De 1953 à 1971, le quartier de Beaulieu-Montchovet est classé en ZUP. À cet effet, de grands ensembles sont construits et la Muraille de Chine fait partie de l'un d'eux. Elle est typique des constructions de masse de cette époque, qui ont pour objectif de créer des nouveaux lieux de vie en périphérie des villes dans lesquelles le nombre de logements ne suffit plus à l'augmentation de population. Ces grands ensembles sont pensés pour offrir le confort du centre-ville, autant à l'intérieur des logements (eau courante par exemple) qu'à l'extérieur (commerces, écoles, parcs à proximité)..

Adrien Spinetta, directeur de la construction au ministère de la Reconstruction et du Logement en visite dans le quartier au début des années 1950, donne une définition de ce que cette politique du logement doit donner :

Au départ conçue pour loger les classes moyennes que sont les fonctionnaires et les ouvriers qualifiés, la Muraille de Chine est construite en 1964. et accueille à partir des années 1970 de plus en plus de populations immigrées en même temps que se produit un mouvement de départ des classes moyennes vers les nouveaux lotissements en banlieue, aux habitations individuelles..

À l'instar des autres ZUP en France, la construction de cet immeuble et de tous ceux construits dans le quartier de Beaulieu est considérée comme un échec de la politique publique du logement., ayant favorisé la ghettoïsation des populations pauvres et immigrées..

Monument Le bâtiment comprend , mesure de long sur de haut pour La thèse de F. Léostic parle de ramenés à 462 en 1985.. Ce n'est pas, contrairement aux rumeurs, le plus grand bâtiment d'habitation de toute l'Europe à l'époque de sa construction. En effet sont construites en 1959 dans le quartier du Haut du Lièvre à Nancy deux barres géantes : le Cèdre bleu (, , ) et le Tilleul argenté (, , ).

Il subit une réhabilitation en 1985.

L'opinion sur l'immeuble se dégrade pourtant progressivement, et sa vision même à l'arrivée par le sud à Saint-Étienne fait débat dans les années 1990 : pour le journal local La Tribune Le Progrès, « cette Muraille-là n'est pas visitée par les touristes. Elle défigure le paysage. » Pour l'adjoint au maire Georges Ziegler « ce n'est pas une architecture du beau » et pour le maire Michel Thiollière c'est « une aberration urbanistique ». De plus, malgré les tentatives de rendre le bâtiment attractif, la moitié des logements sont vacants.

La Muraille de Chine est donc détruite par dynamitage, au moyen de 700 kilos d'explosifs le à 13h. C'est le plus grand bâtiment d'Europe ainsi détruit. Cette destruction ne fait pas l'unanimité chez les anciens locataires, certains jugeant la mesure trop radicale.

Après la destruction Une clinique privée, le Centre hospitalier privé de la Loire (CHPL), devenu Hôpital privé de la Loire (HPL) en 2009, construite à l'emplacement de la Muraille de Chine, ouvre au public en 2005. Elle est issue du regroupement de trois cliniques stéphanoises : la Clinique de la Jomayère, la Polyclinique de Beaulieu et la Clinique Michelet. Ce nouvel ensemble est la plus grande structure privée de la région Rhône-Alpes.

La cheminée bleue de la chaufferie de l'immeuble est toujours en place et visible de loin.

Voir aussi

Article connexe

La Grande Muraille de Chine, qui a inspiré le nom

Liens externes

Reportage télévisé avant la démolition de la Muraille de Chine Reportage télévisé le jour du dynamitage Dossier sur la Muraille de Chine réalisé par des élèves du collège du quartier de Montchovet

Bibliographie Rachid Kaddour, Quand le grand ensemble devient patrimoine : Réflexions sur le devenir d’un héritage du logement social et la fabrication du patrimoine à partir de cas exemplaires en région stéphanoise (thèse de doctorat), Saint-Étienne, Université Jean Monnet, 2013. Consulter en ligne : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00967382/file/2013KADDOURTHESERKcorps_-_texte.pdf Fanny Léostic, Rénovation urbaine, mobilités résidentielles et changement social, études comparées (thèse de doctorat), Paris, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, 2013. Consulter en ligne : https://bdr.u-paris10.fr/theses/internet/2013PA100192.pdf

Notes et références

Catégorie:Histoire de Saint-Étienne Catégorie:Urbanisme dans la Loire Catégorie:Quartier de grand ensemble en France Catégorie:Édifice construit en 1965 Catégorie:Édifice démoli en 2000 Catégorie:Bâtiment détruit en France Catégorie:Quartier prioritaire de la politique de la ville Catégorie:Surnom de lieu