Paul Jean Pierre Sauzet est un homme politique français né à Lyon (Rhône) le et mort dans le arrondissement de cette ville le Archives municipales de Lyon, arrondissement, année 1876, acte de décès , cote 2E763.

Biographie

Fils de Guillaume Sauzet (1765 1844), médecin de Lyon, et d'Appolonie Baboin (d'une famille de soyeux et banquiers de la région lyonnaise) Sauzet obtient son baccalauréat à 15 ans avec dispense d'âge et fait son droit à Paris. Il est reçu avocat et s'inscrit au barreau de sa ville natale. Jean de Courvoisier, qui a été procureur général à Lyon, veut, une fois nommé ministre de la Justice, le nommer au parquet de la cour royale de Paris, mais la Révolution de 1830 fait obstacle à ce projet.

Bien que rallié à la monarchie de Juillet, Sauzet accepte de défendre devant la Chambre des pairs l'un des ministres de Charles X jugés pour leur participation aux ordonnances de Saint-Cloud, l'ex-garde des sceaux, Chantelauze (15-). Il donne une plaidoirie remarquée dans laquelle il soutient que, puisque la responsabilité des ministres n'a été introduite dans la Charte que comme la contrepartie de l'irresponsabilité du roi, elle n'a plus lieu d'être une fois que la monarchie est tombée. Selon Louis Blanc, plusieurs pairs quittent leur place pour féliciter chaudement l'orateur.

En 1831, Sauzet est élu membre de l'académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon. Il en est le président en 1855, 1859 et 1863.

En 1833, Sauzet se charge de la défense du général de Saint-Priest, impliqué dans l'affaire du Carlo AlbertoLe Carlo Alberto était un petit navire à vapeur battant pavillon sarde qui avait servi à transporter la duchesse de Berry près de Marseille lorsqu'elle débarqua en Provence pour tenter d'organiser un soulèvement royaliste en 1832. Contraint ensuite par une avarie de mouiller près de La Ciotat, il avait vu ses passagers capturés par la gendarmerie., et obtient son acquittement lors du procès qui se déroule à Montbrison du au . Il obtient égale5ment la relaxe de Jules Favre, poursuivi pour un article dans Le Précurseur.

Le , élu député dans le électoral du Rhône (Lyon)526 voix sur 716 votants et 999 inscrits contre 100 à M. Verne de Bachelard et 71 à Louis Marie de Lahaye Cormenin. et dans le du même département (Villefranche-sur-Saône)252 voix sur 412 votants et 609 inscrits contre 139 à M. Laurens, il opte pour Lyon. Il siège dans les rangs du Tiers Parti. Lors de la présentation des lois de septembre 1835, il combat celle qui réduit la majorité au sein des jurys d'assises, mais fait adopter, sur son rapport, celle qui aggrave, contre la presse, les garanties de cautionnement et de pénalité et étend la juridiction de la Chambre des pairs à certains délits de presse (Voir la loi sur la presse du 9 septembre 1835).

Vice-président de la Chambre des députés en 1836, il défend le principe de la conversion des rentes contre le ministère Broglie, qui tombe sur cette question.

Il est nommé ministre de la Justice et des Cultes dans le premier ministère Thiers qui lui succède le , et obtient de ses électeurs la confirmation de son mandat le . Il défend la politique gouvernementale dans le débat sur les fonds secrets qui, traditionnellement, tient lieu de vote de confiance, et met sur place () la grande commission chargée de préparer la réforme hypothécaire par la révision de la législation concernant l'expropriation administrative.

La chute du ministère Thiers et l'avènement du ministère Molé, le , le renvoient sur les bancs de la Chambre, où il siège dans l'opposition au gouvernement avec le Tiers Parti. Il est réélu député les 578 voix sur 976 votants et 1.299 inscrits), 2 mars 1839 (593 voix sur 1.120 votants, 586 voix sur 1.121 votants et 1.441 inscrits contre 515 à Démophile Laforest. et 722 voix sur 1.359 votants et 1.681 inscrits contre 468 à Démophile Laforest et 165 à M. Guérin. Il réclame, en 1837, l'intervention de la France en Espagne, vota contre la loi de disjonction, et appuya le gouvernement sur diverses lois d'affaires.

Après avoir été l'un des chefs de la coalition qui renverse le ministère Molé, il remplace Hippolyte Passy, nommé ministre, comme président de la Chambre des députés le , en battant Adolphe Thiers, candidat du centre gauche213 voix contre 206. Il est constamment réélu jusqu'en 1848. Dans cette fonction, il évolue vers le centre droit, ce qui, avec son embonpoint, lui vaut le surnom peu avantageux de « poire molle », et se montre un serviteur zélé de la monarchie mais il ne peut lui être d'aucun secours au moment de la Révolution de 1848. Il se retire alors de la vie publique et s'installe à Lyon, et fait plusieurs voyages en Italie et de longs séjours à Rome.

Vie lyonnaise Cette période où la question de l'identité lyonnaise circule surtout dans les cénacles intellectuels lyonnais, Paul Sauzet fait entrer le concept et le débat dans la sphère politique locale. Durant tout le second Empire, il est une . Après plusieurs mentions dans des articles et tribunes, il formalise l'esprit lyonnais dans un discours en 1868. : l'esprit lyonnais ..

Il épouse sa cousine germaine Emma Baboin, fille de Jean-Florent Baboin, négociant en soieries et banquier, à Saint-Vallier dans la Drôme et Lyon.

Décorations Légion d'honneur : : 1836 : 1840 : 1844 : 1847

Œuvres La Chambre des députés et la révolution de février, 1851 Considérations sur les retraites forcées de la magistrature, 1854 Éloge de Ravez, 1864 Éloge de M. de Chantelauze Rome devant l'Europe, 1860 Les deux politiques de la France et le partage de Rome

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Les archives privées de Paul Sauzet sont conservées aux archives du département du Rhône et de la Métropole de Lyon sous la cote 148 J (http://viewer1.cg69.mnesys.fr/accounts/mnesys_cg69/datas/medias/IR_pour_internet/148%20J.pdf). Dominique Saint-Pierre, "SAUZET Paul", in Dominique Saint-Pierre (dir.), Dictionnaire historique des académiciens de Lyon 1700-2016, Lyon : Éditions de l'Académie (4, rue Adolphe Max, 69005 Lyon), 2017, p. 1208-1209.

Articles connexes Lyon du Premier au Second Empire

Liens externes

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