La bataille de Bruyères () eut lieu du au aux environs de Saint-Dié-des-Vosges pendant la Seconde Guerre mondiale dans le cadre de la bataille des Vosges. Elle inclut la libération de Bruyères et le sauvetage du bataillon perduNe pas confondre avec le Bataillon perdu de Bastogne dans les Ardennes qui a été adapté pour le cinéma de grande production.
Situation de l'armée américaine dans le secteur en septembre 1944 Formations et parcours du groupe de combat /
Le , la décision est prise par le département de la guerre des États-Unis de former le ou de combatTout le sous-chapitre se fonde sur le mémoire de master du Major Nathan K. Watanabe, The 100/442d Regimental Combat Team's Rescue of the Lost Battalion: A Study in the Employment of Battle Command, MASTER OF MILITARY ART AND SCIENCE, 2002 composé du d'infanterie, du d'artillerie de campagne, de la du génie, d'une compagnie antichar et de diverses unités de soutien. Sa caractéristique est d'être principalement formé d'AJA (Americans of Japanese Ancestry), donc des Nippo-Américains pour la plupart NiseiDocumentaire de Ken Burns, épisode 10 Les hasards de la guerre, diffusé sur Arte le . asian-nation.org, « 442nd: Rescue of the Lost Battalion » issus principalement de Californie et de Hawaï. vignette|Le à Bruyères.
De à , ils participent à la campagne de Naples-Foggia. Ils sont décimés lors de la bataille du Monte Cassino en janvier-. En , une fois parvenu à Civitavecchia, le est rattaché à la d'infanterie, à l'exception de son , et le formé en 1942 à Hawaï et composé de volontaires locaux d'origine japonaise est rattaché au RCT. Le n'est réellement affecté au qu'à partir d' et, eu égard au nombre impressionnant de ses distinctions, il obtient l'autorisation de conserver son appellation numérique distinctive. Le reste au camp Shelby pour encadrer la formation des nouvelles recrues nippo-américaines.
Le premier fait d'armes de la fusion du et du dans le est la bataille du Belvédère pour laquelle il reçoit sa première « Presidential Unit Citation ». En , on le retrouve à Rome et sur les rives de l'Arno. De à , le groupe de combat est affecté à la campagne du Rhin (Rhineland Campaign).
En septembre 1944, après la jonction entre les troupes alliées venues de Normandie et celles venues de Provence, la US de Patch et la française de De Lattre, font leur jonction sur les rives de la Moselle le et atteignent Bruyères dans les Vosges le , sous la pluie.
Troupes américaines engagées dans les combats de Bruyères - Biffontaine
Les troupes américaines sont composées d'éléments issus du / (quasiment en totalité) de la d'infanterie dite « Texas Division » de la d'infanterie
30px Le / était composé de : le , dont : Compagnie A, Compagnie B du de chars, Compagnie C du anti-chars, Compagnie D du de mortiers de 120 (dite « Weapons Company ») le RCT dont : le Compagnie E, Compagnie F, Compagnie G, Compagnie H : compagnie d'armes lourdes (Weapons company) le Compagnie I, Compagnie J, Compagnie K, Compagnie L
50px La d'infanterie dite « Texas Division » était représentée par : 25px le d'infanterie , dont le le 25px le d'infanterie , dont le bataillon
La 45th Infantry Brigade Combat Team était représentée par : 25px le régiment d'infanterie
Situation de l'armée allemande dans le secteur en octobre 1944 Structure de commandement de l'armée allemande dans le secteur de Bruyères Début , la ville de Bruyères se trouve juste à la limite entre les zones d'opération de la au nord et de la au sud. Les 198 et divisions d’infanterie du d’armée sont alors sous le commandement de la dirigée par le général Wiese, tandis que la de grenadiers et la Panzer-Division du de blindés sont sous le commandement de la dirigée par le général von ManteuffelLagekarten du OKH- Generalstab des Heeres Operations Abtleilung III du , à trouver sur .
Du 14 au , l'état-major de la et le de blindés sont retirés du front pour être reformé en vue de la contre offensive des Ardennes, plus au nord. Le commandement allemand met alors la de grenadiers et la sous le commandement du d'armée précédemment déployé aux Pays-Bas. Ce d'armée est lui-même sous le commandement de la armée.
Les combats des allemands autour de Bruyères ont donc lieu sous le commandement unifié de la , avec ses deux corps d'armée, le et le , respectivement au sud et au nord de BruyèresLagekarten du OKH- Generalstab des Heeres/ Operations Abtleilung III du 14 et , à trouver sur .
C'est seulement dans la nuit du au que toute la section du front allant de Blâmont à Saint-Dié est confiée au d’armée. L'ancien flanc sud de ce dernier, la d'infanterie, passe sous le commandement du de campagne de l'armée de l'airLagekarten du OKH- Generalstab des Heeres/ Operations Abtleilung III du et du 1. novembre 1944, à trouver sur ..
Unités de l’armée allemande engagées dans la bataille de Bruyères (octobre 1944) vignette|droite|Troupes allemandes engagées dans le Nord-Est. La composition des unités allemandes qui combattirent autour et dans la ville de Bruyères est encore plus compliquée que la structure de commandement. En septembre-, sur le front Ouest, à la suite de l'effondrement des armées allemandes en Normandie et de leur retraite à travers toute la France, en majorité les unités allemandes sont dans un terrible état. Pour pallier leur manque d'hommes, l'armée allemande envoie des unités d’entraînement, de police, de personnels non essentiels, de troupes de forteresse etc. aux unités allemandes qui se replient vers la frontière allemande. Par ailleurs, de nombreuses unités, décimées au cours de la retraite, ont fusionné, parfois spontanément, avec d'autres unités pour garder une capacité de combat.
Le résultat est que de nombreuses unités sont devenues des assemblages disparates de diverses unités et formations, disposant de matériel et d'un entraînement également disparates. La division d'infanterie, par exemple, au centre des combats autour de Bruyères, est virtuellement anéantie dès les premiers jours suivant le débarquement de Normandie. Elle est partiellement reconstituée près de… Perpignan, mais elle est à nouveau grandement décimée lors de la retraite des armées allemandes du Sud de la France en direction de la frontière allemande.
Ce sont finalement trois divisions qui combattent autour de Bruyères. Du nord au sud : la division de volksgrenadiers, la division d'infanterie, et la division d'infanterieLagekarten du OKH- Generalstab des Heeres/ Operations Abtleilung III du 15 au , à trouver sur .
La division d'infanterie ayant subi le même sort que la dans le Sud de la France, elle est alors également un assemblage hétéroclite d'unités de sécurité, de troupes d'alarme etc.http://www.lexikon-der-wehrmacht.de/Gliederungen/Infanteriedivisionen/198ID-R.htm; GRASER, Gerhard, Zwischen Kattegat und Kaukasus : Weg und Kämpfe der 198. Infanterie-Division, 1939-1945, Tübingen, Kameradenhilfswerk und Traditionsverband der ehemaligen 198. Infanterie-Division, 1961, 390 p..
La de volksgrenadiers, formée début à partir de restes de régiments d'infanteries décimés et de troupes d’entraînements et de sécurité, n'a également pas eu beaucoup de temps pour la formation de ses troupes ni pour créer une cohésion en son sein lorsqu'elle est envoyée dans les Vosges. Aucune des trois divisions ci-dessus n'est à plein effectif et les grandes formations en place autour de Bruyères ne disposent ainsi que d'une capacité de combat limitée.
À côté de ces trois unités principales, on retrouve toute une série de troupes dépendant des corps d'armées. Parmi celles qui se retrouvent dans les combats autour de Bruyères, on peut citer : le Panzergrenadier-Regiment 192, la Schnelle Abteilung 602, le Grenadier-Regiment 737, qui était ce qui restait de la d'infanterie, le Kossaken-Grenadier-Regiment 360, et diverses unités de police et de forteresseWANATABE, Nathan, The 100/442D Regimental Combat Teams rescue of the Lost Battailon: A study in the employment of battle command, Faculty of the U.S. Army Command and General Staff College, 1988, sq, consultable sur: .
Le SS Polizei Regiment 19, par exemple, est à moitié composé de policiers SS et pour l'autre moitié de soldats dont les unités ont été anéanties, et a été attaché à la de grenadiersWANATABE, Nathan, The 100/442D Regimental Combat Teams rescue of the Lost Battalion : A study in the employment of battle command, Faculty of the U.S. Army Command and General Staff College, 1988, , consultable sur: ; .
La 106. Panzer Brigade est rattachée à la division d'infanterie et combat autour de Cornimont jusqu'au . Elle est ensuite envoyée entre la de volksgrenadiers et la Panzer Division pour combler le trou qui s'est formé entre ces deux unités à la suite des poussées offensives de la d'infanterie américaine en direction de BaccaratIbidem..
Finalement, les Heeres Gebirgsjäger Bataillon 201 et 202 sont également rattachés à partir du 20- à la de volksgrenadiersA propos du Heeres Gebirgsjäger Bataillon 201: http://www.axishistory.com/other-aspects/museums-a-memorials?id=4519 ; ; à propos du Heeres Gebirgsjäger Bataillon 202 : ; . Ces deux bataillons de chacun ont été formés début octobre à partir de vétérans et de remplaçants des troupes de montagne autrichiennes et bavaroises pour être envoyés dans les VosgesWANATABE, Nathan, The 100/442D Regimental Combat Teams rescue of the Lost Battailon: A study in the employment of battle command, Faculty of the U.S. Army Command and General Staff College, 1988, voir note de bas de page 9 à la page 81, , 81, consultable sur: . Malgré la qualité du personnel, l'absence de temps pour l’entraîner et solidifier l'unité diminue sévèrement leur efficacité au combat. Toutes les unités décrites ci-dessus opérèrent tout autour de Bruyères.
Les unités qui combattirent dans Bruyères même et dans les forêts et monts autour de la ville furent principalement : le Grenadier-Regiment 736 de la d'infanterie 25px; le Grenadier-Regiment 221 de la de volksgrenadiers ; le SS Polizei Regiment attaché à la de volksgrenadiersLe régiment qui est souvent cité en relation avec la bataille de Bruyère est le Grenadier-Regiment 933. Celui-ci fut cependant anéanti durant la retraite à travers la France. Il est fort possible qu'il s'agissait en fait du Grenadier-Regiment 221 de la de volksgrenadiers qui fut constitué en partie de cadres et survivants du Grenadier-Regiment 933. Dans la confusion des réorganisations d'unités, les soldats sur le terrain s'identifiaient d'abord par leur appartenance à leurs anciennes unités. ; le Panzergrenadier-Regiment 192 ; le Grenadier-Regiment 757 ; le Füsilier-Bataillon 198 de la d'infanterie ; le Heeresgebirgsjäger-Bataillon 201 ; le Heeresgebirgsjäger-Bataillon 202 ; Le tout appuyé par l'artillerie et les unités de soutien en position dans la région.
Contexte général Perspective allemande Quand l’armée américaine interroge le général WieseThe National Archives of the United States, The Army in the Belfort Gap, in the Vosges and in Alsace from the middle of September until 18 December 1944, General der Infanterie, Friedrich Wiese, cote MS# B-781, en pour reconstituer les opérations de la de septembre à pour l’ensemble du secteur vosgien-alsacien qui lui incombait, celui-ci explique que le commandement allemand s’attendait à une autre tactique de la part des Alliés : il pensait que les Américains attaqueraient de manière générale et continue sur un large front. S’ils l’avaient fait, dit il, les unités allemandes auraient été très vite battues. Néanmoins, la première stratégie offensive choisie par les Américains fut de progresser le long des routes montagnardes avec un fort soutien des blindés et de l’artillerie. Du coup, le général explique que malgré des pertes de terrain sévères . Dès que les Américains ont remarqué que cette tactique n’était pas efficace et qu’ils ont adopté une attaque diagonale à travers le massif vosgien, . L’armée allemande perdait de plus en plus de terrain.