Charles de La Fosse, né le à Paris, où il est mort le , est un peintre français.
Il est considéré comme l'un des peintres français les plus importants vers 1700, avec Antoine Coypel et Jean Jouvenet, assurant la transition entre les , entre l'art de Charles Le Brun et celui d'Antoine Watteau.
Biographie Formation L'Élève de Charles Le Brun Il naît à Paris dans une famille d'orfèvres. Fils d’un joaillier qui lui donna le goût pour la peinture, après un premier apprentissage chez François Chauveau, il entre en apprentissage dans l'atelier de Charles Le Brun en 1654-1655. Il y reste trois ans et se familiarise avec les règles imposées par le grand décor, en travaillant sur les chantiers du séminaire de Saint-Sulpice et de l'Hôtel Lambert. Il fut influencé par son clacissisme et devint l’un de ses disciples les plus connus. Les progrès rapides du jeune La Fosse furent tels que Le Brun, en grand observateur, découvrit bientôt, par la singularité de ses premiers essais, ce qu’il deviendrait un jour et présagea dans quelle partie de la peinture il devait paraître avec plus de succès.
Le voyage en Italie (Rome et Venise) (1658-1664) Il part faire son voyage en Italie, probablement en 1658 et Charles Le Brun, avec l'aide de Colbert, lui fit obtenir une pension de pour y poursuivre ses études. Il passe deux ans à Rome et y étudie surtout Raphaël et les Antiques. Il passe ensuite trois ans à Venise ce qui est peu courant à l'époque. Il se passionne pour les grands peintres vénitiens du , les œuvres du Giorgione, du Titien, des Bassano, de Véronèse, du Le Tintoret et du Corrège, dont il chercha à découvrir les grands principes et les effets qu’ils ont su répandre dans leurs ouvrages. À la vue de leurs œuvres, La Fosse se fit une méthode de couleur et de clair-obscur qu’il mit ensuite en pratique dans toutes ses productions.
Renommée vignette|upright|Hercule entre la Volupté et la Vertu, Nevers, musée de la faïence et des beaux-arts. Peint pour le Grand Dauphin à Meudon. Le Retour en France en 1664 Ayant appris la peinture à fresque, il revint en France avec une technique presque inconnue jusqu’à lui et il se tourna vers un langage baroque privilégiant les trouvailles chromatiques. Il travaille dans l'équipe de peintres de Charles Le Brun et participa en 1666-1667 à différents chantiers aux Palais des Tuileries. Il fit une rapide fortune et marqua cette époque comme un des peintres les mieux doués de son pays. La Fosse, dont le genre de talent semblait devoir appartenir à l’école vénitienne ou flamande, est celui des artistes du , qui, le premier, ait deviné les secrets de l’effet et de la couleur.
Il obtint des commandes prestigieuses et en 1673, l’Académie de peinture le reçut parmi ses membres pour son tableau de l’Enlèvement de Proserpine. En 1674 il en est nommé professeur et directeur en 1699. Les commandes royales s'enchaînent et on peut suivre son parcours à travers les Grands Appartements de Versailles jusqu'en 1680, et grâce aux nombreux décors privés dont on garde la trace dans les archives.
Séjour à Londres (1689-1691) La renommée ayant porté le nom de La Fosse au-delà des frontières, celui-ci visita Londres, où il fut appelé par un amateur distingué, Lord Montaigu, ancien ambassadeur en France, pour y décorer son palais, Montagu House, situé à Bloomsbury, avec James Parmentier. Il passa plus de deux ans en compagnie des décorateurs Jacques Rousseau (1630-1693) et Monnoyer. en fut si émerveillé qu’il offrit de grands avantages à La Fosse s’il voulait se fixer en Angleterre.
Chez Jules Hardouin-Mansart en 1692 Mais Charles Le Brun étant mort en 1690, Jules Hardouin-Mansart, qui venait d’achever le dôme de l' Hôtel des Invalides et était devenu le directeur des travaux ordonnés par , rappela La Fosse auprès de lui en 1692, le logea dans sa maison, et lui demanda des esquisses pour la décoration des Invalides. Voulant encore ajouter à la magnificence de ce monument, La Fosse peignit à fresque l’intérieur du dôme de 1702 à 1706. En 1702 il devient recteur de l'Académie sous la direction d'Antoine Coysevox, mais Mansart mourut à son tour en 1708, et La Fosse dut partager avec les frères Bon et Louis Boullogne, et avec Jean Jouvenet, les peintures de l’hôtel des Invalides.
Il eut comme élève François Marot qui, selon Pierre-Jean Mariette, était également son neveu.
Chez Pierre Crozat (1706-1716) thumb|Schéma du plafond peint par Charles de La Fosse sur le thème de Phaéton, au château de Montmorency thumb|Vue de l'Hôtel Crozat depuis le bout du parterre, vers 1710. C'est le logement de La Fosse durant les 10 dernières années de sa vie.
À la mort de Mansart en 1708, La Fosse s’était retiré depuis 2 ans, chez le célèbre collectionneur et financier Pierre Crozat, qui voulut le loger toute sa vie dans son hôtel, rue de Richelieu, à Paris, dans l'Hôtel Crozat (dit plus tard Hôtel de Choiseul). Il peignit le plafond de la grande galerie, représentant la Naissance de Minerve, qu’il termina en 1707. . Chez Crozat, Charles de La Fosse travaille avec le jeune Watteau, dont les paysages s'inspirent fortement du maître. Le marchand Gersaint raconte qu'il a généreusement parrainé Watteau pendant les deux dernières années de sa vie. Pour Pierre Crozat, La Fosse peint aussi le plafond du château de Montmorency, sur le thème de Phaéton et amorce, juste avant sa mort, la conception d'un ensemble de quatre toiles sur le thème des Quatre saisons, dont l'exécution est poursuivie par Antoine Watteau.
À la mort de La Fosse chez Crozat en 1716, sa veuve, Élisabeth Béguin, continua jusqu'à propre sa mort, en 1737, à occuper l’appartement de l’attique où ils habitaient avec leur nièce et fille adoptive, Anne Marguerite de La Pierre d'Argenon. Cette dernière jouait du clavecin et chantait, participant aux concerts donnés par Pierre Crozat dans la galerie de son hôtel, où elle demeurait encore à la mort de Pierre Crozat, en 1740.
Son neveu était le poète tragique Antoine de La Fosse et son beau-frère le paysagiste Jean-Baptiste Forest.
Œuvre Décors thumb|Schéma du salon central de la Folie Titon, peint par Charles de La Fosse sur le thème du Soleil levant, vers 1673-1675.
Peignant indifféremment à l’huile et à fresque, il pourrait, . Ce peintre était né spécialement pour les grandes machines ; c’est dans les dômes, dans les plafonds, que brillent surtout ses talents et sa capacité à percer les voûtes et y transporter le soleil dans tout son éclat. De La Fosse est celui de tous les peintres de l’école française qui a le plus de ressemblance avec Véronèse, dont il rappelle le goût dans ses grandes ordonnances.
Retour d'Italie en 1664 vignette|upright|La Résurrection de la fille de Jaïre (vers 1680), église Notre-Dame-de-la-Nativité de Bercy. Commande de dix tableaux pour la chapelle des Gonfalons à LyonChapelle des Gonfalons, Lyon en 1755, aujourd'hui dans l'Église Saint-Bonaventure (?). Il n’en fit que deux : la Visitation et l’Adoration des Rois. Décors d'églises à Paris: Adam et Ève, et le Mariage de la Vierge (1667-1670) pour la chapelle des Mariages de l'église Saint-Eustache, pour faire pendant à la chapelle du Baptême, que décorait Mignard avec lequel il entra en lutte. Ces peintures dont on vantait le coloris, furent détruites, comme celles de Mignard, lors de la construction du nouveau portail de Saint-Eustache. Un esquisse du Mariage de la Vierge (huile sur toile, ) est conservée au Musée du LouvreMariage de la Vierge, Louvre. L'Assomption, dôme et chœur à fresque pour l'église Notre Dame de l'Assomption à Paris (1676). Ce travail fut jugé inférieur à ses précédents ouvrages. La Résurrection de la fille de Jaïre (vers 1680), église Notre-Dame-de-la-Nativité de Bercy L’Enlèvement de Proserpine (vers 1673) 145 × , École des Beaux-Arts (Paris) L'Assomption (vers 1675), , Musée Magnin, Dijon La Présentation de la Vierge au temple (1682), huile sur toile, 307 × , décor pour le couvent des Grands Carmes à Toulouse. Aujourd'hui au Musée des AugustinsPrésentation au Temple, Toulouse. Décor du château de Choisy (1682-1686), commandé par la duchesse de Montpensier
À Londres de 1689 à 1691 Il décore le salon et le grand escalier de Montagu House, avec James Parmentier en compagnie des décorateurs Jacques Rousseau (1630-1693) et Monnoyer. Il peint deux plafonds, l’Apothéose d’Isis et l’Assemblée des Dieux.
Versailles et les résidences princières Il commence le chantier de Versailles dès 1674 et il y travaillera jusqu'en 1710. Salon d'Apollon (vers 1672) : Le Lever du Soleil, esquisse préparatoire, huile sur toile, diamètre : , musée des Beaux-Arts de RouenLever du Soleil, Rouen Salle de Diane : l’Arrivée de Jason à Colchos et Alexandre chassant aux lions (plafonds) Salle du trône (plafonds) : Auguste faisant construire le port de Misène ; Vespasien dirigeant les travaux du Colisée ; Coriolan fléchi par les larmes de Véturie sa mère ; Alexandre rendant à Parus ses États ; au centre, Apollon environné des Saisons et des figures allégoriques de la France, de la Magnanimité et de la Magnificence. La fin des travaux des Grands Appartements en 1680 avec Le Sacrifice d'Iphigénie (dessus de cheminée de la salle de Diane) révèle un écart du style de Le Brun et son adoption définitive des leçons de Rubens. De cette époque date le début de la « querelle du coloris ». Salon des Malachites au Grand Trianon (1688) : Clytie changée en tournesol, huile sur toile, ; Apollon et Thétis, 168 × , et Le Repos de Diane Cabinet du Billard du Petit Appartement du roi (1701) : Moïse sauvé des eaux (1701), huile sur toile, 125 × , Musée du Louvre, ParisMoïse sauvé, Louvre (atlas) Chapelle (1708 à 1710) : La Résurrection du Christ, fresque du cul-de-four
Pour le château de Meudon, racheté par Louvois en 1679 thumb|upright|Le Triomphe de Pandore, modello pour le château de Meudon, collection particulière. plusieurs plafonds peints dont Le Triomphe de Pandore pour le cabinet d'angle du rez-de-chausséeRevue Objet d'art 2001 Hercule entre la Volupté et la Vertu, musée de la Faïence et des Beaux-Arts, Nevers un grand tableau ayant pour thème Coriolan et quelques tableaux pour l'appartement du Grand Dauphin. Pour le château de Marly (1699) une allégorie de l'Automne : Bacchus et Ariane, huile sur toile, 242 x , musée des Beaux-Arts de Dijon, DijonAutomne, Dijon
L'Église royale des Invalides (1702 à 1706) Les fresques de l’intérieur du dôme des Invalides furent son ouvrage capital. Il représente Saint Louis déposant sa couronne et son épée entre les maint de Jésus-Christ, assis au milieu d’une gloire et accompagné de la Vierge, et peint quatre pendentifs représentant les évangélistes avec leurs attributs et entourés d’anges (huile sur toile, Diam. 199 cm). Noël Cochin a gravé d’après lui ces peintures, en 22 planches. En 1771, Doyen restaura ces peintures fort endommagées par le temps.
Autres décors Il peignit dans la galerie de l'Hôtel Crozat un plafond représentant la Naissance de Minerve, terminé en 1707. Ce plafond fut transposé sur toile en 1786, lors de la démolition de l’hôtel de Crozat, devenu l’hôtel de Choiseul, rue de Richelieu.
Il prépare un décor constitué d'un ensemble de cinq tableaux relatant l'enseignement du Christ, pour l'église des Oratoriens à Rouen, aujourd'hui détruiteOratoriens, Rouen (histoire). Le Musée des Beaux-Arts de Rouen en conserve une esquisse Jésus parmi les docteurs (vers 1707), huile sur toile, 30 × Jésus et les Docteurs, Rouen (joconde).
De 1709 à 1715 il réalise des tableaux pour la cathédrale Notre-Dame de Paris. En 1715 il réalise L'Adoration des mages (huile sur toile, 447 × ). C'est un des six tableaux illustrant la vie de la Vierge, commandés par le chanoine Antoine de La Porte, avec l'assentiment du roi Louis XIV pour la décoration du chœur. Il est aujourd'hui conservé au Musée du LouvreAdoration des mages, Louvre.
Tableaux
thumb|upright|Acis et Galatée (1699-1704), Madrid, musée du Prado.