Ythier Sylvain Pryvé, né le à Vannes-sur-Cosson et mort le à PassyBase Léonore, est un général français de la Révolution et de l'Empire.
Biographie
Du carabinier au capitaine de cavalerie
Il entre au service comme soldat dans le corps des carabiniers le , et obtient son congé le . Le , il s'engage dans le régiment de Dauphin-Dragons ( de l'arme) et y sert jusqu'au , époque à laquelle il passe comme soldat dans le bataillon de Sully, incorporé dans le de volontaires du Loiret. Nommé le , sous-lieutenant au , il rejoint son régiment à Thionville. Lorsque les Autrichiens vinrent faire le siège de cette place, il se fait remarquer par son courage dans les différentes sorties de la garnison. Dans celle qui a lieu le , Pryvé passe la Moselle à la tête de 16 dragons, attaque un poste ennemi qui garde un magasin considérable de subsistances et fait de sa main quatre prisonniers. Dans celle du suivant, il s'empare d'un convoi de grains. Promu lieutenant le , il sert pendant cette année et la suivante à l'armée du Nord.
Chargé, avec 30 dragons de son régiment, de chasser les Prussiens d'un poste retranché qu'ils occupent près de l'abbaye d'Anchin, il attaque l'ennemi avec la plus grande intrépidité, et, quoique blessé d'un coup de feu à la jambe droite dès le commencement de l'action, il poursuit l'ennemi avec vigueur et lui fait 10 prisonniers, parmi lesquels se trouve l'officier qui commande le poste. Passé comme lieutenant aide de camp auprès du général Bonnaud le , il continue de faire la guerre à l'armée du Nord pendant une partie de l'an III. Son général lui ayant ordonné de faire la reconnaissance des lignes de Bréda, le rapport clair et concis de Pryvé est suivi de point en point par le général en chef, Pichegru, entraînant la réussite de l'attaque. Ce dernier, en témoignage de sa satisfaction, charge le lieutenant Pryvé de porter à la Convention nationale les 19 drapeaux pris dans cette journée. Le , il est admis à la barre et fait la déclaration suivante à l'Assemblée :
Le président de l'Assemblée, Letourneur de la Manche, lui répond et l'invite aux honneurs de la séance. De retour à l'armée, Pryvé obtient le grade de capitaine le . Il reste attaché en qualité d'aide de camp au général Bonnaud qu'il suit à l'armée des côtes de Cherbourg lorsque cet officier général va en prendre le commandement en chef. Chargé, avec une colonne de 800 hommes d'infanterie, d'aller chercher un convoi de grains destiné à l'approvisionnement de la ville d'Angers, le capitaine Pryvé est attaqué par un corps de . Il le repousse et lui fait essuyer une défaite complète, à la suite de laquelle il fait arriver son convoi à Angers.
Colonel de dragons
Sur le rapport du général Bonnaud, le gouvernement récompense les services de cet officier en le nommant chef d'escadron aide de camp le . Son général ayant reçu le commandement de la cavalerie de l'armée de Sambre-et-Meuse, Pryvé fait avec lui les campagnes des ans IV et V, à cette armée. Il montre beaucoup de valeur dans différents combats et est frappé à la main droite d'un éclat d'obus pendant qu'il soutient près d'Amberg, à la tête de la division de cavalerie, la retraite de l'armée de Sambre-et-Meuse. Il quitte son poste pour aller se faire soigner, non sans avoir assisté au repli des troupes sur la rive gauche du Rhin.
Ayant cessé ses fonctions d'aide de camp à la mort du général Bonnaud, il est placé provisoirement comme chef d'escadron dans le de dragons le . Le , il est autorisé à se retirer dans ses foyers avec traitement de réforme. Il reste dans cette position jusqu'au , époque à laquelle il est fait commandant du contingent des conscrits du département du Loiret. Élevé au grade de chef de brigade du de cavalerie le de la même année, il commande ce corps pendant les guerres d'Italie des ans VIII et IX, et vient tenir garnison à Nevers pendant les ans X et XI.
Réformé, le , par suite de l'incorporation du de cavalerie dans le de carabiniers et dans les , et de dragons, il est nommé colonel et désigné, le , pour aller prendre le commandement du de dragons en remplacement de Louis Bonaparte, frère du premier Consul ; mais le gouvernement le place à la tête du de la même arme le . Employé à l'armée des côtes de l'Océan en l'an XII et l'an XIII, il devient membre de la Légion d'honneur les et , et membre du collège électoral du département du Loiret.
Général de l'Empire, 1805-1808
Il fait les campagnes de l'an XIV à 1807, avec la de dragons de la réserve de cavalerie de la Grande Armée, et combat à Wertingen, à Langenan, à Neresheim et à Austerlitz. L'Empereur satisfait de sa conduite pendant cette campagne, lui donne la croix de commandeur de la Légion d'honneur le .
Le , à la bataille d'Iéna, le colonel Pryvé exécute trois charges vigoureuses avec un plein succès. Il fait d'abord prisonnier un bataillon prussien et enlève un drapeau ainsi que 12 pièces de canon ; puis vers la fin de la bataille, il charge à la tête du de son régiment et culbute 200 dragons saxons qu'il poursuit sur environ un kilomètre. Voyant sa retraite coupée par la cavalerie adverse, il se fraie un passage en sens inverse avec ses cavaliers et vient reprendre sa position initiale sans grande perte. Le suivant, à la bataille de Golymin, il exécute plusieurs charges contre la cavalerie russe et lui enlève trois pièces d'artillerie. Le , au combat en avant d'Eylau, il charge avec intrépidité contre une colonne d'infanterie russe qui est sabrée et faite prisonnière. Il a dans cette action un cheval tué sous lui. Le lendemain 8, à la bataille d'Eylau, il est blessé d'un coup de biscaïen au pied gauche. Promu général de brigade le suivant, il est créé baron de l'Empire avec dotation par décret du .
En Espagne sous Dupont : Alcolea et Bailén
Employé au corps d'observation de la Gironde sous les ordres du général Dupont, il y commande la brigade de cavalerie d'avant-garde et entre en Espagne avec ce corps. Le , pendant l'attaque du pont d'Alcolea, la brigade de dragons du général Pryvé sabre et met en fuite une colonne de . Le suivant, à Bailén, le général Dupont ordonne à Pryvé de se porter avec sa brigade de dragons sur une colline élevée et difficile d'accès, occupée par deux bataillons ennemis qui menacent la droite de l'armée française. Pryvé fait avancer en tirailleurs le provisoire de dragons qu'il fait suivre par le , flanqué à droite d'un escadron de cuirassiers. Ainsi disposée, la cavalerie française charge en direction de la colline. Le de dragons et l'escadron de cuirassiers s'élancèrent sur les deux bataillons espagnols et les mettent en déroute. Pris sous un feu violent, Pryvé ramène sa brigade sur sa position de départ. Deux autres bataillons ennemis en profitent pour réoccuper la colline. Le général Dupont ordonne aussitôt une seconde attaque, qui est exécutée de la même manière et avec autant de succès. La brigade française se replie ensuite sur sa première position. Pryvé fait présenter au général Dupont les deux drapeaux que sa troupe a enlevés, et que le général en chef fait porter sur le front de l'infanterie pour exciter l'ardeur de ses soldats. Quand Dupont a pris la résolution d'entrer en pourparlers avec l'ennemi, le général Pryvé lui fait remarquer que rien n'est encore désespéré et qu'un passage en force est encore réalisable. Toutefois, Dupont ne donne aucune suite aux observations de son subordonné qui va rejoindre sa brigade.
Lorsque le général Dupont s'embarque pour retourner en France, il laisse Privé en Andalousie pour veiller aux intérêts des troupes prisonnières, dont il partage ensuite les privations et les infortunes. Conduit d'abord aux îles Baléares, puis en Angleterre, il rentre en France le et est mis en non-activité. Louis XVIII le crée chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis le .
De même, après son retour de l'île d'Elbe, Napoléon lui confie l'organisation des gardes nationales dans la militaire. Entré en non-activité après la bataille de Waterloo, il demeure dans cette position jusqu'au , date à laquelle il est admis à la retraite.
Vers 1809-1810, il est membre de la loge maçonnique L'heureux hasard à l'Orient du dépôt de prisonniers de Belliver à Palma de Majorque, occupant la fonction d'orateur adjoint ; il rejoint ensuite le Grand Orient de France.
Il meurt à Passy le , des suites de ses blessures par arme à feu reçues au côté gauche au bois de Boulogne.
Pour l'historien américain Robert Burnham, Pryvé était un mais dont ..
Armoiries
Figure Blasonnement Armes du baron Ythier Sylvain Pryvé et de l'Empire
D'argent au lion d'azur ; au canton des barons militaires brochant.Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général.
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
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