Le palais des ducs et des états de Bourgogne à Dijon en Côte-d'Or est un ensemble architectural comprenant plusieurs parties imbriquées : la plus ancienne est le palais ducal des , de style gothique, qui comprend encore un logis (bien visible depuis la place des Ducs), les cuisines ducales (cour de Bar) et deux tours : la tour de la terrasse, ou tour Philippe le Bon et la tour de Bar. La plus grande partie des bâtiments visibles aujourd'hui a cependant été bâtie aux et surtout s, dans un style classique, avec le dessin de la place royale, aujourd'hui place de la Libération. Enfin, la façade du musée des Beaux-Arts, sur la place de la Sainte-Chapelle, a été élevée au à l'emplacement de la Sainte-Chapelle de Dijon détruite en 1802. Cet ensemble, dans un remarquable état de conservation, témoigne de presque un millénaire de vie politique à Dijon.

Le palais fut l'un des sièges des souverains de l'État bourguignon, les ducs de Bourgogne. Classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862 et par arrêté de 1926., il abrite aujourd'hui l'hôtel de ville de Dijon et le musée des Beaux-Arts de Dijon.

Historique du palais des ducs et des états de Bourgogne

Le duché de Bourgogne est fondé au vers 880 à partir du royaume de Bourgogne, par les rois carolingiens et , ainsi que les membres princiers de leur famille qui se partagent l'Empire carolingien de Charlemagne dont ils ont hérité en réorganisant tous les royaumes carolingiens de France en duchés et comtés féodaux, vassaux du roi de France.

est nommé marquis puis premier duc de Bourgogne et un des six pairs laïcs primitifs de France par son suzerain le roi .

Les hôtels de Monseigneur à Dijon Situation L'actuel palais des ducs de Bourgogne ne fut jusqu'au qu'un simple château ducal dont on ne sait presque rien, adossé aux murs du castrum du (fort ou place forte gallo-romaine) au cœur de Dijon

La résidence princière Le somptueux palais des ducs de Bourgogne est entièrement reconstruit à partir de 1365 et à partir du vieux château ducal avec la tour de Bar au cœur de Dijon, capitale du duché de Bourgogne, par le premier duc de Bourgogne de la maison de Valois, le prince et duc dit Philippe le Hardi, fils du roi et ses trois successeurs : façade flamboyante, logis ducal de 1448 à 1455, grande salle des festins et cuisine ducale de en 1433.

Certains éléments principaux de l'hôtel des ducs de Bourgogne sont à mettre en valeurPatrice Beck, « Les hôtels de Monseigneur à Dijon », L’Art à la cour de Bourgogne. Le mécénat de Philippe le Hardi et Jean sans Peur (1364-1419), musée des Beaux-arts de Dijon, RMN, 2004, ..

La tour de Bar (1365-1370) Philippe le Hardi entreprit la rénovation du palais des ducs capétiens dès son arrivée à Dijon, et fit construire la tour Neuve (1365) par Belin de Comblanchien. Cette tour résidentielle de trois étages est pourvue de vastes salles équipées de grandes cheminées. Le rez-de-chaussée aux clefs de voûte sculptées, servait de salle capitulaire pour la Sainte-Chapelle. Elle servit de prison au roi René d'Anjou, duc de Bar et de Lorraine. Le roi René fut fait prisonnier par Antoine de Toulongeon à la bataille de Bulgnéville, le . Il fut retenu par Philippe le Bon jusqu'au . Ayant laissé ses deux jeunes fils comme otages à Dijon pendant son élargissement, il se constitua prisonnier en 1435, et, devenu duc d'Anjou, comte de Provence, roi de Naples et de Sicile, demeura jusqu'au au second étage de cette tour, qui prit ensuite le nom de tour de Barhttp://mba.dijon.fr/data/pdf/palais.pdf.. vignette|gauche|redresse|Assemblée de l'ordre de la Toison d'or, présidée par Charles le Téméraire, à Valenciennes en 1473. La Sainte-Chapelle L'aile orientale était constituée par la chapelle particulière des princes de Bourgogne, la Sainte-Chapelle, nommée ainsi lorsque Philippe le Bon y déposa en 1454, l'hostie miraculeuse représentant l'image ensanglantée du Christ, présent du pape http://mba.dijon.fr/data/pdf/sachapelle.pdf..

La façade de la chapelle fut décorée par l'atelier de Claus Sluter, qui réalisa un Saint Jean l’Évangéliste, en pierre d’Asnières, haut de , un cadran et un écusson aux armes de la Bourgogne dont la peinture fut confiée à maître Arnoul PicornetArthur Kleinclausz, Claus Sluter, Paris, 1905, p.50..

La Sainte-Chapelle de Dijon, devient par la décision de Philippe le Bon à Rethel en le « lieu, chapitre et collège » de l'ordre de la Toison d'or.. Il y organisa le chapitre de 1433 et fonda une messe solennelle et quotidienne dite par un chapitre de vingt-quatre chanoines, du même nombre que les chevaliers de l'Ordre. Cette messe sera célébrée jusqu'en 1789.

À la mort de Charles le Téméraire en 1477, sa fille Marie de Bourgogne apporte l'Ordre à son époux Maximilien d’Autriche, et la chapelle de l'Ordre est transférée au palais du Coudenberg à Bruxelles. En 1794, l'ensemble du trésor de l'Ordre est conservé dans la salle du Trésor, la Schatzkammer de Vienne.

La Sainte-Chapelle fut détruite en 1802, pour construire le théâtre.

La salle des Gardes, grande salle du palais de Philippe le Bon (1450-1455) La grande salle du palais, dite salle des gardes depuis le , se trouve au premier étage du logis ducal. Elle fait de long, de large et de haut. C'était le cadre des grandes fêtes de la cour de Bourgogne. Elle possède une tribune pour les musiciens et une cheminée monumentale couverte d'une hotte verticale avec remplages flamboyants réalisés par Jean Dangers en 1504 après l'incendie qui a ravagé le palais en 1503. La salle a été reconstruite pour la visite du roi , en 1548 et communique avec la tour de bar et les appartements du premier étagehttp://mba.dijon.fr/data/pdf/gardes.pdf..

La tour Philippe le Bon (1450-1455)

Originellement appelée la tour de la terrasse, la tour Philippe le Bon, haute de , domine encore aujourd'hui, tout le centre ville de Dijon. Elle représente l'autorité ducale de Philippe le Bon, qui la fit construire vers 1460. Elle a la forme d'un trapèze légèrement courbe dans sa façade Nord. Ses derniers étages ont des encorbellements et des fenêtres et sont aménagés en appartement. Le dernier étage en particulier est très soigné, avec une cheminée monumentale, et de belles fenêtres. Un observatoire y est installé au .. L'escalier est richement décoré de motifs en branche de vigne, feuilles d'acanthe, escargots et des emblèmes du duc, le briquet et le silex. L'ensemble se termine par une colonne hélicoïdale ornée de très fines nervures, dans une voûte à ogives.

Les cuisines ducales (1430-1435) Les cuisines ont été reconstruites par Philippe le Bon, en 1433. C'est une grande salle carrée de de côté, dont les sont d'immenses cheminées doubles, portées par huit colonnes. Les fumées sont évacuées les murs en ogive donnant sur une clef de voûte à jour. Le quatrième mur est ouvert par de larges fenêtres. Elle était prolongée par un autre bâtiment regroupant les réserves, la paneterie, la pâtisserie et une cour avec un puits, toujours en place. Cette partie a été détruite en 1853, mais donne une idée de l'importance centrale des cuisines dans la volonté des ducs d'organiser d'immenses festins, et des fêtes majestueuses au palaisSophie Jugie, Philippe le Hardi à Dijon, in "Les arts sous ", dossier de l'art , Dijon, Avril 2004, .. Ces cuisines appartiennent à la famille dites « à cheminée de plan centré ». On connait celles de Montreuil-Bellay, celles du château d'Angers détruites au début du , celles de Saumur représentées dans les Très Riches Heures du duc de Berry, celles de Château-Thierry..

Les ducs de Bourgogne souverains de l'État bourguignon dit Philippe le Hardi (1342-1404), fils du roi dit Jean sans Peur (1371-1419) dit Philippe le Bon (1396-1467) de Bourgogne dit Charles le Téméraire (1433-1477)

Le palais des états vignette|upright=1.5|Plan du palais des ducs de Bourgogne. À la suite de la mort de Charles le Téméraire, le Palais des ducs devint « Logis du Roi », avec l'annexion de la partie française de l'État bourguignon au domaine royal par le roi entérinée par le traité d'Arras, le .

Le palais servit de résidence aux gouverneurs de la province, et la plupart des rois de France y séjournèrent lors de leur passage en Bourgogne. Il reçut à partir de 1679 les états de Bourgogne.

L'extérieur du palais Le Palais est organisé autour de trois cours : la cour d’Honneur au centre qui s’ouvre sur la place de la Libération, puis respectivement à gauche et à droite des deux ailes la cour de Flore (1773-1780) et la cour de Bar (1365-1370).

L'intérieur du palais vignette|La grande salle ou salle des Gardes, qui abrite aujourd'hui les tombeaux des ducs de Bourgogne, Jean Poncelet (1450-1455). vignette|redresse|gauche|La salle des états, Daniel Gittard puis Jules Hardouin-Mansart (1682-1689), Deshérault et Havard (1894-1896). vignette|L'escalier Gabriel, Jacques Gabriel (1731-1738). gauche|vignette|La chapelle des Élus. vignette|Salle de Flore.

La grande salle ou salle des Gardes (1450-1455). Elle abrite aujourd'hui les tombeaux des ducs de Bourgogne.

La salle des états (1682-1689) puis (1894-1896) Au , l'hôtel des ducs et le palais des états font l'objet d'une importante restructuration classique tout en conservant les bases gothique d'origine par le premier architecte de , Jules Hardouin-Mansart. Il intervient à Dijon à partir de 1685 et restructure le palais, devant lequel il crée une place Royale comportant un hémicycle d'arcades qui servait d'écrin à la statue de installée en 1725 et détruite à la Révolution françaiseArthur Kleinclausz, Dijon et Beaune, Paris, 1907, ..

À la fin du , Henri-Léopold Lévy peint une grande toile, Étude pour les gloires de la Bourgogne qui orne un panneau de la salle des états.

L'escalier Gabriel (1731-1738) En 1730, les États décident de faire construire un grand escalier pour une entrée cérémonielle dans leur salle et dans un même temps un lieu d'archivage. Celui-ci fut réalisé par le premier architecte du Roi, Jacques Gabriel, en 1737. Sa structure comprend deux volées de larges marches encadrées par des galeries qui sont en fait, les salles des archives municipales de Dijon. Les rampes portent la devise de : Nec pluribus impar

Chapelle des Élus (1738-1743) La chapelle fut construite dans le style Rocaille entre 1738 et 1739 sous le règne de . Il s'agit de l'œuvre de Jacques Gabriel, l'architecte du roi, qui modifia la chapelle initiale conçue par Pierre le Mousseux. Elle fut achevée en 1943.

La salle de Flore (1786) Initialement, il s'agissait de la salle des festins au palais des États, succédant ainsi à l'actuelle « salle des tombeaux ». Cette salle, dont le décor évoque les batailles des princes de Condé, servait alors de salle des fêtes. Elle accueille ensuite l’école des beaux-arts qui s’installera plus tard en 1784 dans l’aile gauche du palais des ducs. Elle est proclamée salle de Flore depuis 1786. La mairie y emménage en 1831, la salle de Flore appartient donc aujourd'hui à l'hôtel de ville. Située dans la partie ouest du palais, elle donne sur la cour de Flore et sert de salle de conseil, de salle de concert ou de réception et à bien d'autres événements.

La place royale Il y avait là, jusqu'en 1681, une simple placette, la place saint-Christophe, d'où convergeaient de petites ruelles. Les bâtiments furent démolis entre 1686 et 1692, et à leur emplacement l'architecte Jules Hardouin-Mansart secondé par de Noinville conçoit l'hémicycle de la place royale en 1685. La place avait été entreprise comme un écrin architectural, pour mettre en valeur une statue équestre en bronze de Yves Beauvalot, La Place royale de Dijon : mythes et réalités, Dijon, Les Cahiers du Vieux-Dijon, 1993, ..