Le système éducatif aux États-Unis est décentralisé, la plupart des décisions sur le fonctionnement des écoles, les programmes et sur le financement étant prises par des instances locales : les school boards. Les programmes scolaires (curricula) sont en général établis par chaque État des États-Unis. Le gouvernement fédéral, via le département de l'Éducation des États-Unis, intervient surtout dans le financement de l’éducation. Les écoles privées élaborent leur programme librement et, dans le système public, seulement sur 50 établissent une liste de manuels recommandés. Dans la majorité des États, la liberté de choix est totale. Les assemblées législatives de chaque État fédéré établissent un socle minimum commun de connaissances dans les programmes.
Les cours sont dispensés en anglais dans les , en espagnol dans le territoire non incorporé de Porto Rico. Il n'y a pas de langue constitutionnellement officielle aux États-Unis, mais 32 des fédérés ont adopté l'anglais comme langue officielle - US English. Le hawaïen est une deuxième langue officielle dans l'État de Hawaï, et quelque 20 langues amérindiennes ont été officialisées dans l'État d'Alaska. L'espagnol est aussi une langue officielle dans le territoire de Porto Rico, et le chamorro dans le territoire de Guam ; le français est une langue « à facilités » dans plusieurs paroisses de la Louisiane. Chaque school district, ou circonscription scolaire, a le choix de sa langue d'enseignement, mais l'anglais est le choix dans les , y compris à Hawaï et en Louisiane. Les Porto-Ricains ont choisi l'espagnol, la langue d'instruction dans ses écoles et à l'université de Porto Rico.
Quelque 90 % des élèves américains sont scolarisés dans le public.
Les États-Unis sont l'un des pays avec le plus grand taux d'investissement dans l'éducation. Il représente 28 % du budget mondial total de l’éducation en 2020.
Historique vignette|200px|L'université de Virginie, fondée par Thomas Jefferson. Bien que le roi ait décrété en 1763 l'école obligatoire pour tous les enfants jusqu'à l'âge de treize ans, une mesure encore rejetée par de nombreux pays européens près d'un siècle plus tard, certains estiment que les États-Unis sont le premier pays à créer des écoles publiques et gratuites ouvertes à tousA. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, . Les premières réformes sont menées dès la fin du sous l’impulsion de Thomas Jefferson : afin d'établir un régime républicain, celui-ci croit aux vertus de la raison et de l’éducation. Il envisage de généraliser l’enseignement primaire en Virginie : à la fin des années 1770, il souhaite ouvrir les écoles primaires à tous les enfants libres, garçons et filles. Il imagine un enseignement secondaire gratuit pour les pauvres. Mais ces propositions ne sont pas retenues à cause de leur coût jugé trop élevé pour l'État. En 1819, Jefferson organise et dessine les plans de l'université de Virginie et en devient le recteur : fait nouveau pour l’époque, il décide que l’université n’enseignera pas la théologie. Dès 1832, l'État de New York instaure l'école primaire gratuite et obligatoireJean-François Revel, L’obsession anti-américaine, Paris, Plon, 2002, , page 253.
Les États-Unis adoptent en 1819 la Loi sur le Fonds des civilisations (Civilization Fund Act) visant à l’assimilation forcée des populations amérindiennes. Durant plus de 150 ans, des centaines de milliers d’enfants autochtones ont été arrachés à leur famille et à leur communauté, et envoyés de force dans des pensionnats pour être assimilés.
L'enseignement féminin se développe dès le à travers les séminaires pour filles. Le Hartford Female Seminary, fondé à Hartford (Connecticut) en 1823 par Catharine Beecher, est le premier établissement d'enseignement supérieur féminin aux États-Unis. Par la suite, celle-ci crée plusieurs établissements destinés à former des institutrices pour la Frontière de l'Ouest.
Au milieu du , des réformes sont entreprises dans le Massachusetts par Horace Mann, membre du Conseil d’éducation du Massachusetts, qui rêve d’imposer le système scolaire prussien. Il milite en particulier en faveur d’un allongement de la scolarité obligatoire et d'une meilleure rémunération des professeurs.
Entre 1890 et 1920 sont menées plusieurs réformes qualifiées de « progressistes ». La présidence de Theodore Roosevelt (1901-1909) fut déterminante ; c’est encore à cette époque que la pédagogie est renouvelée grâce aux travaux du philosophe John Dewey, dont l'influence est encore notable aujourd'hui http://www.ibe.unesco.org/publications/ThinkersPdf/deweyf.PDF. Ce dernier insiste sur la place essentielle de l’école dans la formation d’une société démocratique.
Fin de la ségrégation vignette|, premier Noir a obtenir en 1874 un (Doctorat), par le Yale College. Photo de 1873. Dès 1944, l'État fédéral met en place le G.I. Bill qui permet à deux millions de soldats démobilisés de faire des études universitaires et de se réadapter à la vie civile.
À partir des années 1950, le système scolaire américain subit d’importantes transformations : grâce aux efforts de l'avocat noir Thurgood Marshall et du NAACP, la ségrégation scolaire est déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis en 1954 (arrêt Brown v. Board of Education). Le busing (transport scolaire des élèves, dans les fameux autobus scolaires jaunes) devait permettre la mixité sociale et raciale en amenant les enfants des quartiers noirs dans les écoles des quartiers blancs. Cependant, dans les États du Sud, la déségrégation se fait dans la violence. En 1957, plusieurs étudiants noirs doivent être escortés pour aller en cours à l'école de Little Rock.
Dans les années 1960, les campus universitaires, dont le plus contestataire est celui de Berkeley, manifestent contre l’engagement des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam. Les étudiants réclament en outre des changements sociaux profonds. La politique de lAffirmative Action (discrimination positive), lancée par le président Lyndon Johnson doit permettre aux Noirs d'intégrer plus facilement les universités américaines. La diversité ethnique devient donc un critère de sélection à l'entrée des facultésNicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, , . Une grande part de cette lutte contre les inégalités scolaires est laissée aux initiatives privées à l'exemple du programme A Better Chance qui offre, dès 1963, des bourses (scholarships) aux enfants les plus pauvres.
Les années 1970 représentent une époque de réformes de l'école aux États-Unis : en premier lieu, le Congrès américain impose la mixité dans tous les établissements publics en 1972. Deux ans plus tard, une loi, le , oblige les écoles à fournir un enseignement bilingue pour les enfants ne maîtrisant pas l’anglaisA. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, .
Dans les années 1990 apparaissent les Charter Schools à mi-chemin entre public et privé. Ce sont des établissements publics gérés par des groupes privés. Un groupe peut gérer une seule école ou en gérer jusqu'à 200, comme le groupe Academica. Ces écoles ont été un vivier d’innovation pédagogique dans le sport, l'art, la technologie, l'éducation bilingue.
Chronologie Liste des fondations thumb|L'université de Princeton. 1636 : Harvard College 1693 : Collège de William et Mary (Virginie) 1701-1707 : Université Yale 1746 : Université du New Jersey, ancien nom de l’université de Princeton (1896) 1754 : Université du Roi, New York, ancien nom de l'université Columbia 1755 : École de Philadelphie 1764 : Brown, ancien nom du collège du Rhode Island 1766 : Université de la Reine, New Jersey
Enseignements primaire et secondaire Caractéristiques générales vignette|Teaticket School, Falmouth, Massachusetts La majorité des 50 millions d'élèves américains sont inscrits dans des écoles primaires et secondaires publiques et gratuites. L'école est obligatoire à partir de 6 ans, même si beaucoup d'enfants américains vont à l'école primaire qui se compose de la (de l'âge d'un an et demi à l'âge de 4 ans) et des (entre 4 et 6 ans). Les écoles primaires () accueillent les enfants à partir de l'âge de 6 ans. Il existe également des et des . Chaque niveau est appelé : le grade 4 correspond au CM1 en France, le grade 8 à la . À compter du grade 4, les élèves ont chacun leur propre emploi du temps en fonction des options choisies. L'enseignement secondaire est prodigué dans les high schools qui offre une importante diversité de situations. Les prep schools sont les établissements secondaires les plus prestigieux qui préparent les élèves à entrer dans les meilleures universités des États-Unis. Un diplôme d’études secondaires (high school diploma) vient conclure le parcours dans le secondaire à la fin du .
Aux États-Unis, l'enseignement n'est pas organisé de façon centralisée : il est essentiellement sous la responsabilité des états fédérés. L'organisation décentralisée, qui permet une grande souplesse au système éducatif américain, se déploie à trois échelons : local, étatique et fédéral. À l'échelon local, les districts scolaires (school districts) gèrent leur budget et le contenu des programmes, recrutent les professeurs ainsi qu'un surintendant (superintendent). Jusque dans les années 1980, les districts scolaires étaient majoritairement financés par les impôts locaux. Aujourd'hui, ils dépendent surtout des États fédérés. À cet échelon, l'éducation dépend d'un Department of Education et d'un State Board of Education. La Constitution des États-Unis laisse aux États fédérés une indépendance totale dans l'organisation scolaire, le choix des manuels, le salaires des enseignants et le budget consacré à l'enseignement. Ce système est marqué par d'importantes disparités géographiques. Enfin, à l'échelon national, le Ministère de l'Éducation (U.S. Department of Education) fixe les principales orientations et promeut des programmes éducatifs, à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé. L'État fédéral ne finance qu'une part très minoritaire de l'éducation (moins de 10 % des dépenses consacrées aux établissements du primaire et du secondaire). Il consacre son attention à corriger les inégalités d'accès à l'éducation, grâce à des programmes comme Head Start.
Statistiques En 1960, 46 millions d'Américains étaient scolarisés ; en 2000, ils étaient 68 millions. En 1967, la moitié des adultes avaient fait des études secondaires ; le chiffre est passé à 61 % en 2000. Effectifs selon le Département américain de l'Éducation, à l'automne 2008 : 49,8 millions d'élèves dans les écoles publiques primaires et secondaires ; 6,2 millions d'élèves dans les écoles privées primaires et secondaires ; 3,3 millions d'enseignants dans les écoles publiques, environ dans les écoles privées ; scolaires publics pour un total de publiques ; privées ; Environ 18,3 millions d'étudiants en collège ou en université ; Dans les collèges il y a 12,7 % d'étudiants noirs et 10,8 % d'étudiants hispaniques. D'après le rapport annuel de l'OCDE, le pays occupeRegards sur l'éducation, 2003, cité dans le journal Le Monde: le des pays de l'OCDE pour l'accès à l'enseignement supérieur ; le des pays de l'OCDE pour le taux de population entre 25 et 34 ans étant parvenue à une formation secondaire ; le des pays de l'OCDE pour le taux d'obtention d'un diplôme d'enseignement supérieur en trois à six ans ; le des pays de l'OCDE pour le taux d'obtention d'un diplôme de l'enseignement secondaire dans la population en âge type de l'obtenir : 73 % d'une génération obtient le diplôme de fin d'études de la High School ; Selon un rapport de lEducational Policy Institute (EPI), le pays consacre 17,2 % du PIB à l'enseignement supérieur. En 2018, l'enquête PISA place les États-Unis au treizième rang sur 77 pays pour les performances des élèves, derrière le Canada () mais devant la France ()