Lhistoire de Monaco remonte à la fin paléolithique inférieur. La Cité-État ou micro-État souverain de Monaco, ayant actuellement le statut de principauté indépendante, est liée à la dynastie des Grimaldi depuis 1297.

Préhistoire Monaco a servi d’abri aux premiers habitants de la région à partir de la fin du paléolithique inférieur, environ . Des ossements d’animaux ayant servi de nourriture à ces hommes préhistoriques ont été retrouvés dans une caverne du Jardin exotiqueLa grotte de l’Observatoire, site du Jardin exotique de Monaco.. Des fouilles ont également révélé la présence d’un bassin dans la grotte de l’Observatoire et dans la grotte du PrinceMusée d’Anthropologie préhistorique, www.gouv.mc. La présence humaine est attestée au Paléolithique moyen (- 50 000 ans) et au Paléolithique supérieur (- 20 000 ans). À partir de 1500 , les traces d’œuvre d’art (gravure, sculpture) sont trouvées dans des grottes. Les sépultures funéraires, individuelles ou collectives, deviennent de plus en plus nombreuses. La sépulture des sujets dits « de Grimaldi » date de cette époque et contient une femme et un adolescent.

Antiquité

D’après l’historien Diodore de Sicile et le géographe Strabon, les premiers habitants sédentaires étaient des Ligures qui ont émigré depuis la ville de Gênes en Italie. Cependant, l’ancienne langue ligure, non issue des langues indo-européennes, n’était apparentée ni au dialecte italien parlé aujourd'hui par les habitants de Ligurie, ni au monégasque moderne. Cette avancée à Monaco aurait pu être l’ouverture maritime d’un peuple ligure situé à l’intérieur des terres.

Les Phocéens de Marseille (alors Massalia) ont fondé la colonie de Monoïkos au à l’endroit où se trouve maintenant Monaco. Monoïkos était associée à Hercule, adoré sous le nom , Monoecus signifiant en grec. D’après les travaux d'Hercule mais également selon Diodore de Sicile et Strabon, les Grecs et les Ligures ont rapporté qu’Hercule était passé par la région.

Après la Guerre des Gaules, Monoecus, où Jules César s’est arrêté en se rendant en Grèce, est passé sous contrôle romain au sein de la province de Gaule narbonnaise. Dans L'Énéide (VI.831), le poète Virgile mentionnait déjà le rocher de Monaco. Le grammairien Maurus Servius Honoratus affirme que le terme Monaco dérive de cette origine : () et (). Le nom du port de Monaco est également mentionné dans L'Histoire naturelle de Pline l'Ancien (III.V The third book of the historie of nature, written by C. Plinius, SECVNDS, Université de Chicago) et dans les de Tacite (III.XLII) lorsque Valens, soutien de Vitellius a été forcé d’y faire escale ().

Moyen Âge

Monaco est resté sous domination romaine jusqu’à l’effondrement de l’Empire romain d'Occident en 476. L’endroit a ensuite été occupé et ravagé par les Sarrasins et diverses tribus barbares. Alors que Monaco était pratiquement dépeuplé, les Sarrasins en furent expulsés en 975 et, au , l’endroit était de nouveau peuplé par des Ligures.

En 1191, l’empereur romain germanique Henri VI concéda la souveraineté sur Monaco à la ville de Gênes, d’où sont originaires les Ligures. Le , un détachement de Gibelins (partisans de l'empereur) menés par Fulco de Castello commença la construction d’une forteresse sur le rocher de Monaco. Cette date marque le début de l’histoire moderne de la principauté de Monaco.

Cette forteresse, pour les Gibelins, était stratégique pour contrôler la région face au parti adverse des Guelfes (parti soutenant le pape). Ils établirent également des habitations à la base du Rocher afin d’appuyer les garnisons. C'est pour attirer les habitants de Gênes et des villes environnantes, qu'ils offrirent des terres et exonérèrent de taxes les nouveaux arrivants.

Débuts de la dynastie Grimaldi thumb|200px|Rainier Grimaldi. Monaco est gouverné par la dynastie des Grimaldi depuis une légende sur le fondateur François Grimaldi dit Malizia (François la Malice), descendant d'Otto Canella, consul de Gênes en 1133 : selon cette légendeSon unique mention dans les est reprise dans les Annali d’Italia (1743-1749) de Ludovico Antonio Muratori., dans la nuit du 8 au , le guelfe François Grimaldi, ne disposant que d'une petite armée, s'empare de la forteresse par la ruse. Déguisé en moine franciscain (par coïncidence, « monaco » veut dire moine en italien), il pénètre avec un de ses compagnons (lui aussi vêtu d'une bure de moine) dans la forteresse sans attirer la méfiance, pouvant ainsi ouvrir à ses soldats qui s'en emparent facilement. De cet épisode naît son surnom, Malizia, et les armes de Monaco : deux franciscains armés d'une épée. Mais les guelfes sont défaits, François et son cousin Rainier de Monaco doivent quitter le 10 avril 1301 la forteresse, alors reprise par les Génois. Charles II d'Anjou donne en compensation à Rainier les châteaux de Villeneuve, de Vence et de Cagnes, les Grimaldi s'exilant en Provence et s'appuyant désormais sur le Roi de France.

Rainier , au service de Philippe le Bel, commande une flotte de galères et vainc les Hollandais à Zieriksee (1304). Il est nommé grand amiral de France. Père de Charles , il fonde la dynastie Grimaldi qui sert fidèlement la monarchie française durant les siècles qui suivront. L’autorité des Grimaldi est définitivement reconnue en 1314 (date à laquelle Charles Grimaldi porte le titre de seigneur de Monaco même s'il n'y règne qu'à partir de 1331), et s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui à la seule exception de la période de 1793-1814 pendant laquelle Monaco fut intégrée à la France, sous le nom de Fort-Hercule. En 1346 les Grimaldi acquièrent la seigneurie de Menton et en 1355 celle de Roquebrune. Ces seigneuries, avec celle de Monaco, constituent le territoire de la Principauté de 1633 à 1848.

Luttes contre Gênes

Reprenant la lutte contre Gênes, Charles occupe la ville, le , et se voit reconnaître « Seigneur de Monaco » en 1342.

Pendant qu'il acquiert la seigneurie de Menton en 1346, la même année, Charles sert parallèlement la couronne française en menant une compagnie d'arbalétriers à la bataille de Crécy, et tente de secourir par mer le camp français lors du siège de Calais.

Puis, en 1355, il obtient la seigneurie de Roquebrune. Mais en 1357, il meurt durant le siège mené par le Génois Simone Boccanegra. La totalité de la principauté est alors réunie à Gênes, à l'exception de Menton, défendue par , le fils de Charles, qui reconquiert rapidement Roquebrune.

Les fils de Rainier (Ambroise, Antoine et Jean) reprennent « Le Rocher » et seront tous coseigneurs (institution peu fréquente au Moyen Âge). Jean conserve ensuite seul Monaco et . Il lutte continuellement contre Gênes. Son fils, Catalan, ne lui survit que trois ans, et sa petite-fille Claudine épouse en 1465 un Grimaldi d'Antibes, Lambert. Celui-ci obtient en 1489 la reconnaissance de son indépendance par le roi de France et le duc de Savoie. Gênes tente un dernier siège en 1509, mais devant une résistance victorieuse, renonce définitivement à Monaco.

Époque moderne

Lucien meurt assassiné en 1523 par son cousin Barthélemy Doria. Il ne laisse qu'un fils en bas âge, Honoré, dont la tutelle est confiée à son oncle Augustin, évêque de Grasse, qui fut reconnu seigneur. Augustin ne trouvant pas auprès de François l'appui auparavant octroyé aux Grimaldi, place le Rocher sous protectorat impérial et espagnol (Charles Quint) en 1524. Un accord de 1605 établit la présence d'une garnison espagnole à Monaco.

Le petit-fils d'Honoré, Honoré II, marquis de Campagna, mis sous la tutelle du prince de Valdetare, prend le titre de prince en 1612. Il retourne à l'alliance française par le Traité de Péronne du 14 septembre 1641 et négocié auprès de Richelieu. Le prince expulse manu militari la garnison espagnole, et obtient le duché de Valentinois (Dauphiné), le comté de Carladès (Auvergne) et le marquisat des Baux (Provence). Ces nouvelles sources de revenus, plus l'économie faite sur l'entretien de la garnison espagnole, permettent l'embellissement du palais.

Louis commande son régiment Monaco-Cavalerie et obtient l'ambassade auprès du Saint-Siège jusqu'en 1701.

Révolutions Après la nuit du , les princes de Monaco perdent toutes leurs possessions françaises, et les revenus qui en proviennent.

Le 29 septembre 1792, l'armée du Midi envahit le comté de Nice 1793, MONACO EN REVOLUTION

La Société populaire milite pour le rattachement à la République, décidée par la Convention le .

De 1793 à 1814, Monaco est donc intégrée à la France, sous le nom de Fort d'Hercule. Elle fait partie des Alpes-Maritimes, puis est rattachée à l'arrondissement de Sanremo.

Un membre de la famille, Marie-Thérèse de Choiseul-Stainville périt guillotinée à 27 ans, en compagnie du poète André Chénier en 1794. D'autres membres de la famille servent dans l'armée révolutionnaire.

Le traité de Paris du replace Monaco dans la situation de 1789. Mais alors qu'Honoré IV arrive sur le Rocher en mars 1815 pour en prendre possession, il est arrêté par le général de Napoléon Pierre Cambronne : c'est le début des Cent-Jours.

Monaco est ensuite placé sous protectorat du royaume de Sardaigne au deuxième traité de Paris (), confirmé par le traité de Stupinigi en 1817.

Jusqu'en 1847, la principauté de Monaco occupait une superficie de et comprenait trois communes : Monaco (1 250 habitants), Roquebrune (aujourd'hui Roquebrune-Cap-Martin) (850 habitants) et Menton (4 900 habitants). La partie la plus vaste et la plus riche de la principauté était la plaine mentonnaise, avec ses cultures d'agrumes et d'oliviers, le commerce extérieur reposant essentiellement sur les exportations d’huile et de citrons. Mais, pendant le mouvement révolutionnaire de 1848, Menton et Roquebrune proclamèrent la déchéance des Grimaldi et se proclamèrent « villes libres » sous la protection du royaume de Sardaigne.

En 1860, par le traité de Turin, le Piémont-Sardaigne cède le comté de Nice à la France après le soutien de Napoléon III à un début d'unité italienne. Comme Nice, les villes libres de Menton et Roquebrune votèrent leur rattachement à la France, qui fut entériné par le traité franco-monégasque de 1861 qui prévoyait une dotation de la France pour la principauté de quatre millions de francs or.... La surface de la principauté fut ainsi réduite de plus de , ce qui entraîna la perte de ses principaux revenus agricolesPhilippe Delorme, Monaco et les princes de Grimaldi, émission Secrets d'histoire sur France 2, 11 septembre 2012.. Mais dès lors, Monaco échappait au protectorat de 1815 et l'indépendance de Monaco était formellement reconnue, en dehors de toute protection de la France ou de l'Italie.

Seconde moitié du

Ce dernier traité prévoyait l'aide de la France pour la construction de la Moyenne corniche, et le passage du chemin de fer sur le territoire monégasque et la construction de deux gares.

C'est alors que le prince Charles III eut l'idée de créer des jeux de casino (interdits dans les pays voisins), ce qui allait permettre à la principauté, en s’enrichissant, de se développer rapidement. En 1863, il accorda le privilège d’exploiter le casino, les hôtels et le théâtre à François Blanc, fondateur de la Société des Bains de Mer et du Cercle des Étrangers afin d'apporter des revenus à la Cour.

En 1866, Charles III, qui impulse tous ces travaux, renomme le quartier des Spélugues Monte-Carlo en son propre honneur. L'achèvement du chemin de fer Nice-Vintimille en 1868 en assure la prospérité. Il fonde une administration des Postes, qui édite ses propres timbres dès 1885, obtient du Saint-Siège la création d'un évêché, ouvre des consulats à l'étranger.

Enfin, en 1869, Charles III supprima les impôts personnels, fonciers et mobiliers, ce qui entraîna une intense activité de construction. Ceci permet la construction d'un opéra en 1869, de plusieurs musées, la fondation de l'institut océanographique en 1906.

Le premier rallye de Monte-Carlo a lieu en 1911.