Les élections fédérales ouest-allemandes de () se tiennent le dimanche , afin d'élire les de la du Bundestag. Du fait des résultats et en application de la loi électorale, sont finalement élus.
Si l'alliance chrétienne-démocrate CDU/CSU du chancelier Adenauer reste la première force politique fédérale, elle perd sa majorité absolue. Le réalise ce qui restera son meilleur résultat historique jusqu'en 2009 tandis que le , emmené par le bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest Willy Brandt, progresse sérieusement pour la première fois. Ce scrutin jette les bases du système tripartite allemand, qui restera en vigueur pendant deux décennies.
Contexte Les élections fédérales du constituent un scrutin unique dans l'histoire de la démocratie allemande : avec 50,2 % des voix et sur 497, le bloc chrétien-démocrate (CDU/CSU) du chancelier fédéral Konrad Adenauer s'adjuge la majorité absolue des voix et des sièges. Le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) d'Erich Ollenhauer est encore nettement distancé. Il totalise 31,8 % des suffrages exprimés et .
Emmené par l'ancien ministre-président de Bade-Wurtemberg Reinhold Maier, le Parti libéral-démocrate (FDP) réalise une contre-performance après avoir réuni seulement 7,7 % des voix et . Si le Parti allemand (DP) du ministre-président de Basse-Saxe Heinrich Hellwege conserve sa représentation parlementaire avec alors qu'il ne reçoit que 3,4 % des voix, c'est grâce à ses accords avec la qui lui assurent plusieurs mandats uninominaux. Le Bloc pan-allemand/Fédération des réfugiés et expulsés (GB/BHE) est lui exclu du Bundestag puisque avec 4,6 %, il ne parvient pas à franchir le seuil fédéral des 5 %. Si les règles électorales de étaient restés en application, le Bloc des réfugiés aurait gagné plusieurs sièges, car il franchit les 5 % en Bavière, Hesse, Basse-Saxe et Schleswig-Holstein.
Le , après avoir confirmé l'alliance qui associe depuis huit ans la CDU/CSU et le DP, Adenauer est investi pour un troisième mandat de chancelier fédéral. Il confie le titre de vice-chancelier au ministre fédéral de l'Économie Ludwig Erhard, perçu par la population comme l'artisan du miracle économique ().
De leur côté, les sociaux-démocrates entreprennent une rénovation idéologique, prenant acte de leur troisième défaite consécutive et de leur incapacité à engranger des gains électoraux significatifs. Ce travail de réflexion amènent en à l'adoption du programme de Bad Godesberg, qui rompt définitivement avec le marxisme au profit de la social-démocratie et fixe au parti l'objectif de représenter tout le peuple allemand et plus seulement les travailleurs.
Lors de l'élection présidentielle du , le chef de l'État sortant Theodor Heuss ne peut se représenter après avoir accompli deux quinquennats. Chacun des trois grands partis présente son candidat : les chrétiens-démocrates proposent le ministre fédéral de l'Agriculture Heinrich Lübke, les sociaux-démocrates et les libéraux-démocrates désignent chacun un vice-président du Bundestag, Carlo Schmid pour le SPD et Max Becker pour le FDP. Lübke s'impose au second tour de scrutin avec sur , soit 52 % des exprimés et 50,7 % des inscrits.
À la suite de la décision prise le de neuf députés, dont les deux ministres, du Parti allemand d'adhérer à l'Union chrétienne-démocrate, le reste du DP passe dans l'opposition. Le cabinet Adenauer devient ainsi le seul gouvernement de l'Allemagne fédérale soutenu par une seule force politique. Presque cinq mois plus tard, à la fin du mois de , le innove en désignant un candidat à la chancellerie distinct de son président, en l'espèce le bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest Willy Brandt.
La campagne électorale est marquée le par le début de la mise en place du mur de Berlin (), qui enclave physiquement la moitié occidentale de la ville dans la République démocratique allemande (RDA).
Mode de scrutin Le Bundestag est constitué de (, MdB), élus pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.
Chaque électeur dispose de deux voix : la première () lui permet de voter pou un candidat de sa circonscription selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à un tour, le pays comptant un total de réparties entre les ; la deuxième () lui permet de voter pour une liste de candidats proposée par un parti politique au niveau du Land.
Lors du dépouillement, l'intégralité des sièges attribués est répartie à la proportionnelle, à condition qu'un parti ait remporté 5 % des voix au niveau national ou trois mandats uninominaux, puis distribuée entre les Länder. Si un parti a remporté des mandats au scrutin uninominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci.
Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, ces mandats sont conservés.
Campagne Principaux partis Parti Idéologie Chef de file Score en 1957Union chrétienne-démocrate d'AllemagneCentre droitDémocratie chrétienne, libéral-conservatismeKonrad Adenauer(Chancelier fédéral)50,2 % des voixUnion chrétienne-sociale en BavièreParti social-démocrate d'AllemagneCentre gaucheSocial-démocratie, progressismeWilly Brandt(Bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest)31,8 % des voixParti libéral-démocrateCentreLibéralisme classique, libéralisme économiqueErich Mende7,7 % des voix
Résultats Au niveau fédéral +Résultats des élections fédérales allemandes de 1961Fichier:Bundestag 1961.svgPartis Circonscriptions Liste Total des siègesVotes % Sièges+/-Votes % +/-SiègesTotal+/-DBTotal Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)36,3211435,76781929201 Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU)9,55429,55850050 Total CDU/CSU46,0215645,32862429251 Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD)36,479136,229919013203 Parti libéral-démocrate (FDP)12,08012,776767067 (GDP)2,6802,760000Union pacifique allemande (DFU)1,8401,930000 Parti impérial allemand (DRP)0,7600,830000Autres partis0,1500,17 —0000 Votes valides97,4396,05 Votes blancs et nuls2,573,95 Total 100 247 100 — 252 499 22 521 Abstentions12,2612,26 Inscrits/Participation87,7487,74
Dans les Länder
Analyse vignette|Résultats par circonscription et sièges de liste.
Ces élections posent les fondements de ce qui constituera le système politique allemand pour les deux décennies à venir, un tripartisme entre le à gauche et au centre gauche, la CDU/CSU sur la droite et au centre droit, et le au centre du spectre politique, partenaire indispensable de toute majorité future (sauf grande coalition).
À cette occasion, le Parti libéral-démocrate établit son record historique, qui ne sera battu qu'à l'issue des élections de 2009.
Conséquences Demeurant de loin la première force politique du pays, les chrétiens-démocrates forment une avec les libéraux. Le , Konrad Adenauer entame un quatrième mandat après avoir recueilli sur 490, soit de moins que sa majorité.
Notes et références
Voir aussi Annexes Quatrième législature du Bundestag Cabinet Adenauer
Liens externes Site officiel du Directeur fédéral des élections
1961 Allemagne Catégorie:1961 en Allemagne Catégorie:Septembre 1961
