La science et la technologie en Iran, comme le pays lui-même, ont une longue histoire. La Perse a été un des berceaux de la civilisation. Les Iraniens ont contribué significativement à la connaissance moderne de la nature, de la médecine, des mathématiques et de la philosophie. Les persans ont par exemple découvert la force éolienne et l'alcool (Rhazès).

Science en Perse Avant l'arrivée de l'islam Il n'existe pas beaucoup d'information à propos de l'évolution de la science en Iran pendant l'Antiquité. Il est cependant établi que la science et la connaissance ont connu un grand progrès à la période Sassanide (226 à 652). L'académie de Gondichapour peut être citée en exemple à ce sujet; elle est devenue à l'époque sassanide un centre reconnu de médecine médicale, réputation qui dura même après la conquête musulmane de la Perse. C'est au sein de cette académie qu'a été fondé le plus ancien hôpital d'enseignement connu.

En , des moulins à vent avaient été développés par les Babyloniens. Ils étaient utilisés pour pomper l'eau servant à l'irrigation. Plus tard, des inventeurs persans ont amélioré ce moulin à vent en 644 Chronologie de la physique Physical Sciences Information Gateway (consulté le 5 septembre 2006).

L'existence de tables astronomiques telles que les tables de Shahryar et d'observatoires, qui furent plus tard imités par les astrologues et les astronomes de la période islamique prouvent l'importance de l'astronomie en Perse pendant la dynastie Sassanide.

Dans certains livres écrit en langue Pehlevi, on peut rencontrer de nombreuses références à des sujets scientifiques (divinités, sciences naturelles, mathématiques...)

Les essais médicaux et vétérinaires, des prescriptions et les expressions mentionnées dans le Dinkart (datant de la période Sassanide) sont très intéressants. Certains livres écrits plus tard en arabe étaient initialement des livres qui étaient initialement écrits en Pehlevi ou en syriaque. Parmi ces livres, on trouve des livres traitant d'agriculture, de maladies, de traitement des volailles, de l'éducation des enfants, de stratégies de guerre...

Au milieu de l'ère sassanide, de nombreuses connaissances firent leur apparition en Perse en provenance de l'Occident sous la forme des connaissances et des traditions de la Grèce qui, en ces temps d'expansion du christianisme étaient transmises en syriaque, la langue officielle des chrétiens de l'époque, ainsi qu'en script iranien nestorien. Les écoles chrétiennes en Iran ont formé des scientifiques comme Nersi, Farhad et Marabai. Un livre a aussi été écrit en syriaque par Paulus Persa, dédié au roi sassanide Anushiravan.

D'autres grands maîtres ont été le produit d'écoles scientifiques et théologiques similaires, on peut citer Ibrahim Madi, Hibai le traducteur, Marbab Gondishapuri et Paulus fils de Kaki de Karkhe.

L'arrivée de 7 disciples grecs de l'école néo-platonicienne (Damascius le Syrien, Simplicius le Cilicien, Eulamius le Phrygien, Priscianus le Lydien, Hermas et Diogène tous deux de Phénicie, Isidore de Gaza) à cause du régime de l'empereur romain Justinien a été une aubaine pour la science en Perse. Le Roi Khosro s'entretient de nombreuses fois avec ces hommes, particulièrement avec celui nommé Priscianus le Lydien. Un résumé de ces discussions a été compilé dans un livre intitulé "Réponses à certaines questions de Khosor, roi de Perse", dont nous n'avons qu'une traduction latine du , Solutiones eorum de quibus dubitavit Chosroes Persarum rex. Ces discussions traitent divers sujets, dont la philosophie, la physiologie, le métabolisme, les sciences naturelles et l'astronomie.

L'invention des premières piles électriques daterait de l'époque Parthe ou Sassanide. Certains archéologues suggèrent que ces dispositifs étaient utilisés à des fins médicales, d'autres pour pratiquer l'électrolyse

Période suivant l'arrivée de l'islam en Perse vignette|Représentation des constellations célestes, Manuscrit de Al-Sufi.

La philosophie de la période islamique a été influencée par les manuscrits grecs et indiens. Sur l'Iran de la période préislamique, les avis sont contrastés :

D'une part Ibn Khurram écrit dans son livre al Melal wa al-Nehal que Rhazès s'est inspiré des cinq principes des Iraniens antiques dans lesquels il croyait : le créateur - Ahura Mazda Satan - Ahriman le moment - le temps le lieu l'essence - l'esprit

La même chose est mentionnée par Al-Mas'ûdî dans son livre Moruj oz-Zahab. Sohrevardi mentionne dans la préface de son livre de citations philosophiques des termes empruntés au langage vieux-persan et d'expressions qui dérivent des zoroastriens et des manichéens.

D'autre part Ibn Khaldoun écrit dans des Prolégomènes à une histoire universelle (Muqaddima) : « Que sont devenues les sciences des Perses dont les écrits, à l’époque de la conquête, furent anéantis par ordre d’Omar ? Où sont les sciences des Chaldéens, des Assyriens, des habitants de Babylone ?... Où sont les sciences qui, plus anciennement, ont régné chez les Coptes ? Il est une seule nation, celle des Grecs, dont nous possédons exclusivement les productions scientifiques, et cela grâce aux soins que prit El-Mamoun de faire traduire ces ouvrages. »Prolégomènes d’Ebn-Khaldoun, première partie du texte arabe publié par Ed. Quatremère, dans Notices & Extraits des Manuscrits, t. XVI, ; trad. de Slane, première partie, dans Norices & Extraits, t. XIX, .

Les Abbassides accordèrent cependant une attention spéciale à la science dans leur cour de Bagdad, de même que les différents dirigeants de Perse comme les Khwârazm-Shahs, les Samanides, les Ziyarides et les Bouyides, et cet intérêt a atteint son pic à la fin du et au début du , mais le déclin fut notable après les invasions turkmènes et mongoles. C'est l'époque d'Omar Khayyam dont les écrits tant mathématiquesen arabe, pour leur diffusion que poétiquesEn farsi, mais qui furent aussi traduits en arabe et philosophiques restent réédités largement dans plusieurs langues aujourd'hui, 2016.

Les scientifiques iraniens connaissaient le syriaque, le grec et le moyen-persan et les sciences originaires d'Inde, et ont traduit de nombreux livres scientifiques en arabe. Ces scientifiques étaient par exemple Al Bakhtyashu, , Al-Masouyeh, Abdollah Ibn Moqaffa, Ali Ibn Ziad Tammimi, Ibn Sahl, Yusof Al Naqel, Isa Ibn Chaharbakht, Yatr Ibn Rostam Al Kouhi et Abu Reyhan Biruni, célèbre traducteur d'ouvrages indiens.

Le savoir de la Grèce antique, de l'Inde et d'Alexandrie a donc été traduit en arabe, à mesure des conquêtes des villes perses et byzantines, par des scientifiques d'origine perse[Al Khawarizmi] était afghan, mais cette région appartenait alors à l'empire perse sassanide ou arabe, évitant ainsi que cette conquête laisse se perdre un trésor scientifique comme sous Omar si l'on en croit Ibn Khaldoun. Les troupes n'étant pas a priori lettrées, on ne peut exclure que les manuscrits des villes pillées aient fait partie du butin et vendus à quelques connaisseurs. Le résultat est là : une partie significative de ce savoir fut conservée.

Un des plus grands mathématiciens du haut Moyen Âge () est al-Khuwarizmi, né dans l'actuel Ouzbékistan, dont les travaux ont influencé la culture islamique et occidentale après le . Ce mathématicien a systématisé l'étude d'algorithmes comme celui d'Euclide, étudiant tout particulièrement les critères pouvant garantir qu'ils se termineraientle problème de l'arrêt en algorithmique revivra au avec la machine de Turing, et a développé une forme d'algèbre plus évoluée que celle de Diophante, mais toujours sans exposants numériquesqui n'apparaîtront qu'avec Descartes. Il établit en son célèbre Traité du système de numération des Indiens qui, étant rédigé en arabe, propagea leur numération décimale dans tout l'EmpireVoir Gerbert d'Aurillac. Ses travaux en algèbre ont été traduits en latin par Gérard de Crémone dans un ouvrage intitulé De jebra et almucabola. Robert de Chester a aussi traduit l'ouvrage sous le titre Liber algebras et almucabala. Les travaux de Khwarizmi ont, selon Donald Hill .

Les mathématiques ont par la suite été développées par Abu Abbas Fazl Hatam, les frères Banu Musa, Farahani, Omar Ibn Farakhan, Abu Zeid Ahmad Ibn Soheil Balkhi, Abul Vafa Bouzjani, Abu Jaafar Khan, Bijan Ibn Rostam Kouhi, Ahmad Ibn Abdul Jalil Qomi, Bu Nasr Iraqi, Abu Reyhan Biruni, Neishaburi, Qatan Marvazi, Massoudi Ghaznavi, Nasir ad-Din at-Tusi, and Ghiasseddin Jamshidi Kashani entre le et le .

En médecine, Mansour Davaniqi, fondateur de Bagdad, invite des scientifiques de Gundishapur à vivre dans la ville. Parmi eux se trouve Jurjis Ibn Jebreel Ibn Bakhtyasu, chrétien nestorien perse, auteur d'un livre détaillé de médecine compilant tous les sujets connus à l'époque. Le premier musulman a écrire à propos de la médecine sera le perse Ali Ibn Rabn Tabari, qui regroupe tout le savoir médical venant de Grèce, d'Inde et de Perse antique.

Rhazes, au , écrit des livres de médecine qui seront traduits en latin et plusieurs fois par la suite. Au savoir relaté dans des ouvrages anciens, Rhazes ajoute sa propre expérience de soins aux blessés dans les combats. Son disciple Abu Bakr Joveini écrira le premier livre de médecine complet en persan moderne, un des plus anciens ouvrages rédigés dans cette langue. Rhazes est considéré comme le fondateur de la médecine pratique. Il introduisit aussi la distinction entre poids net ou brut des substances.

Le troisième auteur important en médecine est Ali Ibn Abbas Majussi Ahwazi, médecin de la cour de l'émir bouyide 'Adhud ad-Dawla Fannâ Khusraw, aux œuvres elles aussi traduites en latin et recopiées à plusieurs reprises. Ces ouvrages seront considérés comme les œuvres les plus complètes dans le domaine médical jusqu'aux travaux d'Avicenne (Abu Ali Sina), auteur de plusieurs ouvrages et essais scientifiques. Ses Canons ou Préceptes de médecine ont été utilisés pendant des siècles par les Européens, et étaient encore cités par les médecins du temps de Molière.

Plusieurs médecins réputés apparurent après Avicenne. Aucun n'a eu l'importance d'Al-JuzjaniZinn-ol-Abedin Esmail Jorjani, dont le livre plus complet que les Canons d'Avicenne comme le meilleur livre médical jamais écrit en persan. Des Iraniens écrivirent sur d'autres sujets comme botanique, pharmacologie, chimie (non quantitative), zoologie et minéralogie. Rhazès et Al-Biruni ont déjà été cités plus haut. On suppose l'alcool et l'acide sulfurique découverts par Rhazès. Biruni a calculé la densité de plusieurs substances avec précision, mais ne s'intéressa pas au poids de leurs combinaisons chimiques.

Vers l'an Mil, avant Copernic donc, Al-Biruni écrit une encyclopédie astronomique mentionnant la possibilité du géocentrisme évoquée brièvement par Aristarque de Samos vers -280.