Le Râmâyana (en sanskrit : The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet), c'est-à-dire la « de Rāma »« RAMAYANA (anonyme) - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], ., est l'une des deux épopées mythologiques composées en langue sanskrite entre les et de notre ère. Constitué de sept chapitres et (), c'est le plus court des deux textes et comme le Mahabharata est un des textes fondamentaux de l'hindouisme et de la mythologie hindoueThe A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, pages 176 et 177, . Le Râmâyana est traditionnellement attribué à l'ermite légendaire Vâlmîki (surnommé « Adi Kavi », आदिकवि, le « Premier poète »)Encyclopedia of Hinduism par C.A. Jones et J.D. Ryan publié par Checkmark Books, pages 353 et 354, , qui apparaît comme personnage dans les premier et dernier chapitres du poème, lesquels sont considérés comme des compositions un peu plus récentes que les autres. Il existe de nombreuses versions du Ramayana en langues indiennes, notamment des adaptations bouddhistes et jaïnesNalini Balbir : À la découverte du jaïnisme: Une tradition indienne, 2024, Éd. CERF, .
thumb|L'armée des singes du Râmâyana, relief khmer du Prasat Hin Phimai (Thaïlande, province de Nakhon Ratchasima).
Origines et contenu
Le Râmâyana débute par la plainte de la Terre dévastée qui, sous la forme d'une vache (Prithvi), s'adresse à Vishnou et le met face à ses responsabilités, bien avant la naissance de Rāma.
Le poème raconte ensuite la naissance et l'éducation du prince Rāma qui est septième avatar du dieu Vishnou, la conquête de Sītā et son union avec elle, puis leur exil dans la forêt de Dandaka, l'enlèvement de Sītā, sa délivrance et le retour de Rāma sur le trône.
Quand il est écarté du trône de son père Dasharatha dont il est pourtant l'héritier légitime, Rāma s'exile d'Ayodhya, accompagné par Sītā et son frère Lakshmana. Sītā est enlevée par le démon Ravana et emprisonnée à Lanka (généralement identifiée à l'île de Sri Lanka, mais que certains auteurs comme Louis Frédéric placent plutôt sur l'une des sept îles — peut-être l'Heptanesia de Ptolémée — qui sont à l'origine de la ville de Bombay). Après une recherche longue et pénible, Rāma délivre Sītā avec l'aide d'Hanumān, général de l'armée des singes, et tue Ravana. Puis il reprend son trône et gouverne son royaume avec une grande sagesse.
Dans une partie qui constitue très probablement un ajout ultérieur, Sītā est accusée par la rumeur publique d'avoir commis un adultère au cours de sa captivité. Bien qu'innocente, elle quitte Rāma en emmenant ses fils, puis elle est recueillie par l'ermite Vālmīki. Après des années, l'injustice est réparée et Sītā retourne avec Rāma.
thumb|Manuscrit d'une version en persan du Râmâyaṇa, fin du .
Le Râmâyana comprend sept livres : Bâlakânda (बालकाण्डम्) ou le Livre de la jeunesse Ayodhyâkânda (अयोध्याकाण्डम्) ou le Livre d'Ayodhyâ Aranyakânda (अरण्यकाण्डम्) ou le Livre de la forêt Kishkindhâkânda (किष्किन्धाकाण्डम्) ou le Livre de Kishkindhâ (le royaume des singes) Sundarakânda (सुन्दरकाण्डम्) ou le Livre de Sundara (un autre nom d'Hanumān) Yuddhakânda (युद्धकाण्डम्) ou le Livre de la guerre (de Lanka) Uttarakânda (उत्तरकाण्डम्) ou le Livre de l'au-delà
Analyse
Le Râmâyana contient de nombreux récits védiques mais il n'est pas exclusivement religieux. Il contient aussi des récits légendaires, mythiques ou cosmogoniques (la formation de la Terre vue par les brahmanes). Sa récitation a valeur de dévotion dans la religion brahmanique (qui précède l'hindouisme). Certaines des scènes du poème sont par ailleurs régulièrement reprises dans divers éléments de la culture de l'Asie du Sud (théâtre dansé de l'Inde du Sud nommé kathakali) et du Sud-Est.
Il demeure ainsi très populaire non seulement dans l'Inde actuelle, mais également en Indonésie, et son récit est largement connu dans le reste de l'Asie du Sud-Est (Cambodge, Thaïlande, Malaisie, Birmanie, Laos) grâce aux nombreuses traductions en langues vernaculaires et aux recensions, dont la plus célèbre reste celle du poète indien Tulsidas qui date du .
On connaît également des versions dans d'autres langues d'Asie : en awadhi (Tulsîdâs: Rāmacaritamānasa), en khmer (Ramakerti, « gloire de Rama »), en thaï (Ramakien, « Gloire de Râma ») ou en lao (Phra Lak Phra Ram) et en malais (). Le Râmâyana a aussi été traduit en vieux-javanais (ou kawi) vers 870.
Adaptations et réécritures Littérature L'écrivain et journaliste indien Ashok K. BankerFiche de l'auteur sur le site elbakin.net. Page consultée le 31 décembre 2010. a réécrit le Râmâyana sous la forme d'une suite romanesque de fantasy, Le Râmâyana. La série compte huit volumes, parus entre 2003 et 2012Seuls les trois premiers tomes ont été traduits en français et publiés aux Éditions Le Pré aux clercs, en 2004, 2005 et 2006..
Cinéma vignette|Les dieux Brahma, Agni et Shiva (de gauche à droite) attestent de la pureté de Sita, tandis que Râma, surpris, regarde son épouse. Image tirée de Sita Sings the Blues. Le Râmâyana a fait l'objet d'une adaptation en long-métrage d'animation indo-japonais, Ramayana: The Legend of Prince Rama, réalisé par Yugo Sako et Ram Mohan et sorti en 1992. En 2005 sort une nouvelle adaptation en film d'animation, américaine cette fois : Sita Sings the Blues de la réalisatrice Nina Paley, qui remporte plusieurs récompenses. Une nouvelle adaptation directe en film d'animation, cette fois indienne et en image de synthèses, sort en 2010 : Ramayana: The Epic, réalisée par Chetan Desai.
Opéra
Râmâyana est également un opéra en un acte et cinq tableaux, commande de l’Opéra de Massy au compositeur Olivier Calmel, sur un livret de Damien Lecamp. La création a eu lieu le vendredi à l'Opéra de Massy, dans une mise en scène d'Alexandra Iarca.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Traductions Le Râmâyana (trad. Hippolyte Fauche), 9 vol., 1854-1858. Rééd. en 2 vol. Paris, Librairie Internationale, 1864. / Le Râmâyana de Vâlmîki (trad. Alfred Roussel), Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien Maisonneuve, coll. « Bibliothèque orientale », 3 vol., 1903-1907 Le Râmâyana de Vâlmîki (édition publiée sous la direction de Madeleine Biardeau et Marie-Claude Porcher), Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1999, 1904 p. Le Râmâyana de Vâlmîki illustré par les miniatures indiennes du , 7 vol. et 660 miniatures, Éditions Diane de Selliers, coll. « La grande collection », 2011, Ramakerti I. « La Gloire de Rama ». Drame épique médiéval du Cambodge (trad. Grégory Mikaelian et Saveros Pou), Éditions L'Harmattan, 2007, 442 p.
Jean Marcel, Sous le signe du singe, Montréal, éditions de l'Hexagone, 2001 / rééd. Ramakien. Sous le signe du singe, Pondichéry, éditions Kailash, 2013, (Adaptation par J. Marcel du Ramakien siamois) Pournaprema, Les Contes de Ramayana, Sand, 1985, 308 p. (Adaptation du Râmâyana en français)
Études
Vasundhara Filliozat : "La mythologie hindoue" - T1 : Visnu, p.85 & suiv., 2014, Éd, AGAMAT, Louis Frédéric : "Le Nouveau Dictionnaire de la civilisation indienne", Éd intégrale révisée par Dave Dewnarain, Éd. Bouquins, 2018, Le Courrier de l'UNESCO, « Le Mahabarata et le Rayanama. Deux grandes épopées de l'Asie », Décembre 1967, 48 p. (Avec les contributions de , Anil de Silva, , Bhagwan D. Garga) N. Ramacandra Bhatt : La religion de Siva, 2000, p. 83 & suiv., Ed. Agama,
Articles connexes Ahalya Maricha Glossaire de la mythologie et de l'iconographie hindoues Adaptations en Inde : (en Odisha) Adaptations hors d'Inde Ramakien, épopée nationale thaïlandaise Phra Lak Phra Ram, épopée nationale lao , épopée malaise , poème épique cambodgien , épopée birmane , épopée en vieux javanais
Liens externes
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