Haine-Saint-Pierre (en wallon Inne-Sint-Pire) est une section de la ville belge de La Louvière. Par ailleurs, Haine-Saint-Pierre était également le centre de l'industrie verrière de la région.

Géographie

Quartiers Les Fonds, La Bonne Femme, Hautes Fontaines, Les Groseillons et Fontaine de Spa.

Cités Cité de la Machine à Feu et Cité Bellez.

Évolution démographique

Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

Histoire

Il s'agissait d'une commune indépendante avant la fusion des communes de 1977. Son nom fait référence à la Haine, rivière qui la traverse, et à Saint Pierre, saint patron de la commune. La localité est connue depuis 1121. Comme toutes les entités régies par le système féodal, Haine-Saint-Pierre, était divisé en diverses seigneuries. Les deux villages Haine-Saint-Pierre et Haine-Saint-Paul étaient confondus sous le terme Hayna avant le . En 1138 on commença à faire la distinction entre « Haine-Poterie » et « Haine-Saint-Pierre ».

La principale était la seigneurie d’Haine qui regroupait le fief de La Hestre et celui de Haine. Elle était composée d’un château muni d’une chapelle, qui se trouvait à proximité du palais de Mariemont, de nombreuses parcelles de terre, de fermes et d’un moulin.

Comme pour les villages voisins, les paysans d’Haine-Saint-Pierre eurent à souffrir du passage des armées, notamment en 1692 lorsque le roi Louis XIV y a fait camper ses armées avant d’aller s’attaquer à Namur.

Les premières verreries ont ouvert au (la verrerie Deschuytener est la première en activité dans le comté de Hainaut, vers 1780).

En 1944, de mars à juin, plusieurs bombardements alliés visèrent les infrastructures ferroviaires de Haine-Saint-Pierre. Après sept tentatives, les alliés finirent par atteindre leurs cibles. Mais les dégâts au sein de la population civile ont été importants.

Héraldique

Liste des bourgmestres de 1830 à 1977

Paul Brouwet, de 1842 à 1882 (Parti libéral). Émile Cambier, de 1940 à 1962 (PSB). Robert François, de 1968 à 1976.

Patrimoine et culture

Patrimoine architectural L'église Saint-Pierre, construite en 1780 à l'initiative de l'abbé Joseph Scrippe. Entre 1974 et 1978, l’église a été restaurée. L'édifice est de style semi-classique, elle possède un monument dédiée à la famille seigneuriale des Hossart. La cure qui se trouve près de l'église fut construite au et plusieurs fois remanié. Cet édifice a été classé en 1990. L'ancienne maison communale, construite en 1899. La gare, construite en 1885-1886 en style éclectique. En 1982, elle a été désaffectée puis rachetée par la ville de La Louvière en 1985, et depuis, elle a été restaurée pour abriter le Club Ferroviaire du Centre ainsi que le Cercle d'Histoire et de Folklore Henri Guillemin.

Culture Folklore Le Feureu est le carnaval traditionnel de Haine‑Saint‑Pierre, considéré comme le premier des carnavals louviérois. Il s’étend sur trois jours à partir du premier dimanche du Carême et s’inscrit dans la lignée des carnavals du Centre, avec une forte parenté avec celui de Binche, notamment par la présence centrale du Gille. Au terme des semaines de soumonces, les sociétés carnavalesques sortent en cortège le dimanche matin, distribuant des oranges et menant un rondeau sur la place du Fond. Le lundi est marqué par un cortège nocturne accompagné d’un feu d’artifice. Le mardi, appelé Raclot, se clôt par le brûlage des bosses : un costume de Gille rempli de paille est symboliquement consumé devant les locaux des sociétés, avant un dernier feu d’artifice. Le Feureu est aussi un moment de vie folklorique intense : les sociétés historiques comme les Anciens Gilles du Fond, fondés au , y côtoient des groupes plus récents. Certaines années voient même la première sortie de nouvelles sociétés, preuve que le folklore pierrot reste dynamique et fédérateur’. L’événement attire un public nombreux, local ou venu de loin, et mêle musique, batterie, oranges, costumes, rondeaux et convivialité. C’est un carnaval profondément ancré dans l’identité de Haine‑Saint‑Pierre, où tradition, transmission et fête se rejoignent pour célébrer la culture populaire du Centre.

Chaque année se déroule la ducasse de la jeunesse en septembre et celle des Pierrots en Vacances en août.

Enseignement L’enseignement se structure autour d’un réseau scolaire de proximité qui couvre principalement le niveau fondamental, complété par l’accès immédiat aux établissements secondaires et spécialisés situés dans les quartiers voisins. L’école la plus directement implantée est l’École fondamentale communale Robert François, située rue Alphonse Parent, qui assure l’accueil des enfants de maternelle et de primaire. Elle constitue le cœur de l’offre éducative locale, avec un ancrage communal et une vocation de service de quartier.

Économie

Industries de l'époque Côté industrie, Haine-Saint-Pierre abritait les verreries de Mariemont, spécialisées dans la fabrication de verres à vitre et de verres spéciaux en feuilles. Considérée comme l’une des plus importantes du pays dans sa spécialité, l’entreprise a employé, à son apogée, plus de avant de devoir fermer ses portes en 1930. Au niveau de l'extraction du charbon, Haine-Saint-Pierre possédait une société de charbonnage du nom de « Société charbonnière de Haine-Saint-Pierre-La Hestre », créée en 1755. Le puits Saint-Félix fut enfoncé en 1862 il était situé à la rue de La Hestre et en 1925 il fut l'un des 10 siège de la Société des charbonnages de Mariemont-Bascoup. En 1963, il fut mis en liquidation puis une partie des bâtiments furent transformés en phalanstère après la Seconde Guerre mondiale.

Usines métallurgiques Les activités industrielles développées dans le secteur de Baume et d’Haine‑Saint‑Pierre, prennent forme au avec l’implantation de plusieurs entreprises métallurgiques et mécaniques. Parmi les premières structures figure un complexe fondé en 1851 sous le nom d’« Usines et Fours à Coke Emile Coppée », installé près de l’ancienne gare de Baume, alors située sur la ligne ferroviaire reliant La Louvière à Bascoup et Manage. À cette époque, le hameau de Baume s’étendait jusqu’à l’emplacement de l’actuelle gare d’Haine‑Saint‑Pierre. L’entreprise, active dans la production de coke, ne survit pas aux difficultés économiques de l’entre‑deux‑guerres et disparaît lors de la crise des années 1930.

Une autre société importante du même secteur est constituée en 1873 sous la dénomination « Forges et Laminoirs de l’Union, Cornez Frères et », future « SA des Forges et Laminoirs de Baume » qui fut créée à la suite de la reprise de la société en 1875 par la Société des Forges et Laminoirs de l'Union à Haine-Saint-Pierre. Elle se spécialise dans la fabrication de pièces en fer puddlé, notamment des profilés particuliers, des accessoires destinés aux voies ferrées ou encore des éléments architecturaux comme des bordures d’escaliers. Après plusieurs décennies d’activité, l’entreprise est intégrée en 1964 aux Usines Gilson, lesquelles cessent leurs opérations l’année suivante. Cette usines a fabriqué des chaînes pour bateau notamment ceux du paquebot français Normandie.

À Haine‑Saint‑Pierre, une autre initiative industrielle voit le jour en 1871 avec la création de la société « PJ Hiard et ». Celle‑ci adopte en 1877 le nom de « SA Compagnie Centrale de Construction ». D’abord orientée vers la production de pièces en fonte, elle élargit rapidement son champ d’activité et devient un acteur majeur de la construction mécanique. Vers 1930, elle emploie plus d’un millier d’ouvriers et fabrique du matériel de voie, des véhicules ferroviaires, des éléments de chaudronnerie, des pièces moulées ainsi que des charpentes métalliques. L’entreprise cesse ses activités en 1961.

Les « Aciéries et Fonderies d’Art d’Haine‑Saint‑Pierre », fondées en 1897, constituent un autre pôle industriel significatif. Elles absorbent en 1910 la « Compagnie Métallurgique de Lille », établie à Lesquin, en France. Dès les années 1920, l’usine se spécialise dans la production de pièces en acier moulé, d’essieux montés pour matériel roulant, de trains de roues pour wagonnets et d’aciers spéciaux. En 1930, l’ensemble des unités de production emploie plus de . L’entreprise poursuit ses activités jusqu’à sa fermeture en 1994.

Usines de Baume et Marpent L’entreprise Baume & Marpent, fondée au , s’impose très tôt comme l’un des acteurs majeurs de la construction métallique en Belgique et à l’étranger. Dès 1871, elle diversifie sa production en fabriquant des machines‑outils, des ponts de différents systèmes, des charpentes pour bâtiments publics ou industriels, des chevalements, des gazomètres, des réservoirs et des pièces en acier issues du procédé Bessemer. Cette capacité d’innovation lui permet de dépasser le rayonnement des entreprises voisines et d’implanter des filiales en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud, laissant des réalisations sur les cinq continents. Paradoxalement, la région du Centre, où se trouvait son siège à Haine‑Saint‑Pierre un bâtiment reconstruit après 1945 par l’architecte Victor Bourgeois ne conserve plus aujourd’hui de traces matérielles de ce groupe.

Dans l’environnement louviérois subsiste toutefois la cheminée des anciennes Forges et Fonderies d’Haine‑Saint‑Pierre, dont l’importance se révèle à travers la machine à vapeur de la fosse Saint‑Emmanuel, construite dès 1842 sur le même site. L’Écomusée du Bois‑du‑Luc conserve les archives de Baume & Marpent et d’autres industries régionales, préservées grâce à des opérations pionnières de sauvegarde du patrimoine industriel. Les catalogues des Expositions universelles, où l’entreprise est régulièrement présente à partir de 1873, témoignent également de son rôle dans la diffusion des avancées techniques. Baume & Marpent fournit notamment les charpentes métalliques des expositions d’Anvers (1885) et de Bruxelles (1910, 1935), et participe à la transformation de la plateforme de la tour Eiffel pour l’exposition de Paris en 1937.

La firme contribue à de nombreux ouvrages majeurs, du canal de Suez à divers ponts de grande envergure, dont celui d’El Ferdan, présenté comme le plus grand pont tournant du monde lors de son inauguration. Ses réalisations internationales incluent des ponts en Égypte, en Chine, en Belgique, ainsi que des bâtiments emblématiques comme la basilique du Cinquantenaire d’Élisabethville au Congo belge. Ces constructions, encore visibles pour certaines, illustrent l’empreinte mondiale d’une entreprise dont les racines demeurent profondément liées à l’histoire industrielle du Centre. En 1956, l'usine ferme ses portes tendis que celle de Morlanwelz cesse en 1960 et le site de production français est cédé aux « Aciéries de Construction de Marpent » avait été cédé en 1952.

Forges, Usines et Fonderies de Haine-Saint-Pierre La cheminée des anciennes Forges, Usines et Fonderies de Haine‑Saint‑Pierre constituait le dernier vestige d’un important complexe métallurgique fondé en 1838 le long de la chaussée de Redemont, cette cheminée se trouvait au milieu du parking du supermarché Carrefour Market aujourd'hui démolie. L’entreprise, active dès la première moitié du , fournit d’abord des équipements destinés aux charbonnages avant d’étendre ses activités, une décennie plus tard, à la construction de locomotives pour l’État belge’. Sous la direction de Louis Goldschmid, elle s’oriente à partir de 1895 vers l’exportation de matériel ferroviaire et conclut des contrats avec plusieurs pays européens, asiatiques et latino‑américains.