Selon le linguiste Dieudonné Toukam, historiquement, la langue protobamiléké , langue unique du peuple du même nom dont sont originaires les bamilékés, disparaît peu à peu au profit d'un « bamiléké-bafoussam », après le séjour de ceux-ci en pays tikar entre mi-XIe et mi-XIVe siècle. Ils s'établiront sur les hauts plateaux de l'ouest, notamment à Bafoussam où est fondé le tout premier royaume bamiléké proprement dit par un certain Yende. Royaume qui sera le point de départ à la naissance de toutes les autres chefferies bamilékées telles qu'elles existent aujourd'hui.

Du bamiléké-bafoussam naîtront plusieurs dialectes et sous-dialectes bamilékés, qui constituent les groupes dialectaux connus aujourd'hui (gham'a-lah, ngomba, medumba, fè-fèè, yembaa). Le bamiléké-bafoussam reste aujourd'hui la langue principale de la grande division Mifi, Ouest Cameroun, alors que le medumba, par exemple, melting pot dialectal des variantes bamilékées du département du Ndé, fait l'unanimité en matière d'unicité linguistique pour le département en question. Le nombre de locuteurs des différents dialectes bamilékés réunis est estimé à environ 4 millions d'individus.

Langues et classifications Les classifications de Glottolog et d'Ethnologue identifient dix ou onze groupes modernes de dialectes bamilékés-bafoussam différents : le ghomálá' et ses variantes sont parlés en particulier dans les départements de la Mifi, du Koung-Khi, des Hauts-Plateaux, de l'est de la Menoua ; Les centres culturels les plus importantes sont Bafoussam, Bandjoun , Baham, Batié , Foto et Bansoa ; le mankon est parlé aux villages de Bamendjou, Bafounda, Bameka, Bansoa, Bamougoum ; le nufi (fe'efe'e) est parlé au sud-ouest et dans le département du Haut-Nkam autour des villes de Bafang, Bana, Bakou et Kékem ; le nda'nda' occupe le tiers du département du Ndé. La principale implantation est à Bazou ; le yemba est parlé dans le département de la Menoua autour de la ville de Dschang ; le kwa' est parlé entre le département du Ndé et la province du Littoral ; le ngwe autour de Fontem dans le sud-ouest de la province ; le mengaka, le ngiemboon, le ngomba et le ngombale sont parlés dans le département des Bamboutos ; ( Le ngiemboon est parlé dans cinq villages du département des Bamboutos, lesquels villages se sont émancipés du groupement Bangang ; Le ngomba est parlé dans 5 villages du département des Bamboutos. Le ngombale est parlé par les Babadjou et les Baméssingué tandis que le mengaka prévaut dans l'arrondissement de Galim). le medumba est parlé surtout dans le département du Ndé, avec pour principales implantations Bangangté et Tonga. Note : Ethnologue, depuis sa , n'identifie plus le medumba comme une langue bamiléké (moderne) mais plutôt comme une des langues nun (dont fait partie le bamoun, les langues nun faisant partie de la seconde branche des langues nka issues du bamiléké médiéval (après leur séparation des langues bafoussam), cependant Glottlog conserve le medumba dans la première branche.

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Les travaux de Dieudonné Toukam, auteur de Parlons bamiléké diffèrent de ceux du SIL International et ne reconnaissent que cinq sous-groupes linguistiques bamilékés : le gham'a-lah (synonyme de ghomala') dans le grand département de la Mifi ; le medumba, qui englobe les quatorze sous-variantes dialectales du département du Ndé ; le yemba, dans la Menoua ; le fè-fèè dans le Haut-Nkam ; et le Ngomba'a dans les Bamboutos.

Grammaire Le verbe Le verbe bamiléké-bamileke possède les modes suivants : l'indicatif ; le subjonctif ; le conditionnel ; l'impératif ; le participe.

Le mode indicatif possède neuf temps : le présent ; le passé immédiat ; le passé récent ; le parfait ; l'imparfait ; le plus-que-parfait ; le futur immédiat ; le futur proche ; le futur lointain.

Ainsi : O go kouong'é, littéralement : « tu vas aimer, tu aimeras (à un moment très proche) » est le futur immédiat, les deux autres futurs étant le futur proche : O ti kouong'é et le futur lointain : O lah kouong'é.

L'infinitif des verbes se marque par la particule « né » : né kouong = aimer ().

Alphabet alt=Alphabet Bamileke, sous ensemble de l'Alphabet General des Langues Camerounaises|vignette|Alphabet bamiléké, sous ensemble de l'Alphabet général des langues camerounaises L'alphabet utilisé pour écrire les langues bamilékées est un sous-ensemble de l'Alphabet général des langues camerounaises (AGLC) en vigueur au Cameroun depuis 1970.

Références

Annexes

Bibliographie F. B. Ngangoum, Grammèr ghë nglafi fe'fe' : éléments de grammaire bamiléké, Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire, Saint-Léger-Vauban, France, 1960, 54 p.

Articles connexes Démographie au Cameroun Cameroun Bamouns

Liens externes

P. Mandjudja Nguegang, L'origine égyptienne ancienne de la langue Bamiléké : la parenté linguistique et génétique entre le Medu Neter et le Medu Mba Application Desktop Clafrica : clavier virtuel permettant d'écrire toutes les langues camerounaises.

* Catégorie:Région de l'Ouest (Cameroun)