vignette|Structure interne du viaduc. vignette|Le Viaduc éclairé par des projecteurs. Le viaduc de Garabit est un viaduc ferroviaire français, ouvrage d'art de la ligne de Béziers à Neussargues (dite aussi ligne des Causses), permettant le franchissement des gorges de la Truyère. Il est situé sur le territoire de la commune de Ruynes-en-Margeride et de la commune de Val d'Arcomie dans le département du Cantal dans la région d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Ce viaduc est un projet de l'ingénieur des ponts et chaussées Léon Boyer, qui en confie la finalisation et la réalisation à Gustave Eiffel et sa société. Le chantier de construction, ouvert en , se termine en et sa mise en service est effectuée en 1888 par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne, concessionnaire de la ligne. Cet ambitieux ouvrage métallique, long de , culmine à au-dessus de la rivière et est alors le « plus haut viaduc du monde ».. Finalement, son arche était, jusqu'en 1886, celle ayant la plus grande portée au monde.

Situation ferroviaire Construit à d'altitude, le viaduc de Garabit est d'une longueur de . Il est situé entre les points kilométriques (PK) 675,393 et 675,958 de la ligne de Béziers à Neussargues (voie unique), entre les gares de Garabit (fermée) et de Ruynes-en-Margeride (fermée)..

Histoire

Chronologie thumb|Plaque sur le viaduc de Garabit montrant les noms impliqués dans la construction. Novembre- : Léon Boyer effectue des relevés géométriques sur le terrain pour définir le tracé de la ligne et de l'ouvrage. : les plans du premier projet établi par Léon Boyer sont remis à l'administration. : le ministère des Travaux publics approuve le projet. : Gustave Eiffel rompt le contrat avec Théophile Seyrig, le directeur du bureau d'études ; celui-ci sera remplacé quatre mois plus tard par Maurice Koechlin. : début des travaux des fondations. : Gustave Eiffel dépose le dossier du projet définitif. : début du montage des piles sur les fondations. vignette|gauche|Chantier du viaduc le . Photographie d'Alphonse Terpereau. : pose de la charpente de la clef d'intrados. : pose de la charpente de la clef d'extrados. : fin du poussage des tabliers. : achèvement des voûtes des viaducs d'accès en maçonnerie et de la pose de la voie. : décès précoce de l'ingénieur Léon Boyer au Panama. : ouverture de la portion de ligne Marvejols - Saint-Chély-d'Apcher. : premiers essais du viaduc en charge avec un convoi arrêté au centre de l'ouvrage. : ouverture de la section de ligne Saint-Chély-d'Apcher - Saint-Flour. : ouverture complète de la ligne. 1932 : électrification intégrale de la ligne de Béziers à Neussargues par la Compagnie du Midi, en continu. : inscription aux Monuments historiques. : pour les du viaduc, une plaque commémorative portant la mention "A Léon Boyer, de Florac, les cantaliens reconnaissants" a été posée sur l'estacade d'accès en maçonnerie en mémoire de Léon Boyer. 1992 : le viaduc est entièrement repeint en rouge Gauguin de 1992 à 1998Arts lubies, Viaduc de Garabit : L'autre bijou de Gustave Eiffel.. : la découverte d'une fissure sur l'une des piles maçonnées de l'ouvrage lors d'une visite entraîne sa fermeture pour raisons de sécuritéLa Montagne, 12 septembre 2009.. : réouverture, la vitesse des trains est alors limitée à sur toute la longueur du viaduc. : fermeture de la portion de ligne entre Neussargues et Saint-Chély-d'Apcher jusqu'au mois de décembre suivant pour permettre la réalisation de gros travaux d'entretien sur le viaduc. : classé au titre des monuments historiquesArrêté du 18 octobre 2017, legifrance .. : voyage inaugural de la ligne Béziers-Neussargues

Histoire À l'origine du projet, l'idée d'un pont métallique à grand arc enjambant la vallée revient à un jeune ingénieur, Léon Boyer (1851-1886). Il impose l'idée d'un tracé direct de la voie ferrée sur les plateaux et un franchissement de la Truyère à grande hauteur au-dessus du niveau d'étiage), plutôt que la solution traditionnelle qui aurait consisté à descendre la ligne par les vallées affluentes pour franchir la Truyère par un ouvrage plus modeste, solution plus coûteuse en exploitation par la suite.

Pour ce franchissement, il était exclu de recourir au pont suspendu, à cause des risques d'oscillations provoquées par le vent, et il était difficile d'envisager techniquement à l'époque des piles de plus de de haut ; toutefois l'aqueduc de Roquefavour, construit entre 1841 et 1847 par l'ingénieur suisse Jean de Montricher, avait des piles en maçonnerie de plus de , et le viaduc de Grandfey, construit entre 1857 et 1862 près de Fribourg en Suisse par l'ingénieur français Ferdinand Mathieu, avait des piles en maçonnerie en partie basse sur et le reste en piliers métalliques sur plus de , soit un total de plus de . Léon Boyer s'est inspiré de l'exemple du viaduc Maria Pia sur le Douro (Portugal). Ce viaduc avait été conçu par l'un des associés de l'entreprise Eiffel, Théophile Seyrig, avec la participation tardive de l'ingénieur Émile Nouguier.. Inauguré en 1877, il comporte un arc métallique de de portée, avec une flèche d'intrados de .

vignette|gauche|Convoi de fret en traction Diesel - UM, à destination de l'usine ArcelorMittal de Saint-Chély-d'Apcher franchissant le viaduc. vignette|redresse|Portrait de Léon Boyer. L'inauguration de la section de Saint-Chély à Saint-Flour via le viaduc de Garabit, a lieu le . La compagnie qui avait annoncé une importante cérémonie d'inauguration a finalement choisi de faire simple en attendant l'ouverture complète de la ligne jusqu'à Neussargues qui doit intervenir prochainement. Elle n'a donc prévu que le passage d'un train transportant MM. Arnaud, inspecteur d'exploitation, et André, inspecteur principal. Néanmoins, le temps étant beau et pas trop chaud, les habitants ont montré leur curiosité en venant en nombre dans les deux gares de part et d'autre, pour rejoindre à pied ou en convoi, le site du viaduc que d'autres, en nombre également, ont préféré voir du fond de la vallée. Un train a traversé le viaduc à sans que ses passagers ne ressentent la moindre trépidation..

Le viaduc est construit pour supporter une voie ferrée unique et relier Paris à Béziers par chemin de fer, en passant par le Massif central. C'est donc depuis plus d'un siècle que l'Aubrac Express surplombe à chaque passage la vallée de la Truyère. Le viaduc dispose d'une caténaire et supporte une voie unique. La vitesse des trains circulant sur le viaduc est limitée à pour réduire les contraintes sur l'ouvrage.

Caractéristiques vignette|redresse|Vue depuis le sol en 2006. vignette|Vue complète de l'ensemble du viaduc, en 2021. Le viaduc de Garabit se compose d'un tablier métallique long de supportant une voie ferrée unique, reposant sur sept piles en fer puddlé de hauteur variable (jusqu'à pour les deux plus hautes), dont cinq piles indépendantes reposant sur des blocs de fondations en maçonneries de moellons. Les trois travées situées au-dessus de la partie la plus basse de la vallée composent l'arc au-dessus de la rivière d'une portée de et d'une hauteur de . La superstructure métallique est encadrée par deux estacades d'accès nord et sud en maçonnerie, de et de long respectivement. La hauteur au-dessus de l'étiage de la Truyère était de , cependant depuis la construction en 1959 du barrage de Grandval sur la Truyère, qui a entraîné la formation d'un lac de retenue de de long, le viaduc surplombe le lac de . Longueur totale du tablier : Portée de l'arche principale : Hauteur au-dessus de l'étiage : Volume de la maçonnerie fondations et estacades : Quantité de métaux employés : fer forgé : acier : fonte : Nombre de rivets posés : Durée du chantier : 4 ans - de à .

Patrimoine ferroviaire Le viaduc fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le ., et d'un classement depuis le . .

Il est éclairé tous les soirs et la nuit entière à certaines dates., depuis 2001..

Références culturelles Cinéma : L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot, avec Romy Schneider et Serge ReggianiEmmanuèle Frois, « Dans les coulisses de L'Enfer, film maudit de Clouzot », Le Figaro, 6 novembre 2009. ; : Un homme de trop de Costa-Gavras avec notamment Bruno Cremer, Charles Vanel et Michel Piccoli ; : Le Pont de Cassandra de George Cosmatos, avec Sophia Loren et Burt Lancaster ; : Camping 2 de Fabien Onteniente, le viaduc de Garabit est utilisé comme support au nom du film, il est présent lors du générique d'introduction. Jean-Claude Roc, Huguette Pagès, "Les films tournés à Garabit", 90 ans de cinéma à Saint-Flour, Imprimerie La Dépêche d'Auvergne, catalogue de l'exposition au musée de la Haute-Auvergne, 1995. 2009 : un épisode du magazine documentaire « Des racines et des ailesRacines et des Ailes », de France télévision est réalisé dans le cadre des 120 ans de la Tour Eiffel, un des reportages concerne le viaduc de Garabit.

Littérature Romans : .

Autres mentions Billet de banque vignette|Le viaduc en arrière-plan du portrait de Gustave Eiffel. Le viaduc est choisi comme motif d'arrière-plan du recto du billet de 200 francs Gustave Eiffel émis par la Banque de France en 1996. La Tour Eiffel figure, quant à elle, sur le verso de la coupure.

Maquettisme vignette|Maquette dans le parc France Miniature. Maquette du viaduc exposée dans le parc France Miniature, à Élancourt dans les Yvelines.

Philatélie Le est émis, à exemplaires, un timbre postal français d'usage courant et de couleur bleu foncé représentant le viaduc de Garabit. D'une valeur faciale de 15 anciens francs, il est dessiné, gravé par Pierre Munier et fabriqué en taille-douce. Le timbre est retiré d'émission le ..

Publicité : affiche L'Auvergne : viaduc de Garabit sur la Truyère : circuits d'auto-cars entre Saint-Flour, Millau et Carcassonne par E. Paul Champseix pour la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne, exploitant du viaduc à cette époque et promoteur du voyage en Auvergne par train. On y voit le viaduc de couleur bleue, traversé par une locomotive à vapeur..

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Gustave Eiffel, « Ponts et Viaducs : Viaduc de Garabit, près Saint-Flour », dans Annales industrielles, vingtième année, tome 2, Frédureau & , , (intégral)

Guy Brun, Évelyne Baillon, Il était une fois Garabit, Ostal del libre, 1992, Aurillac Patricia Rochès, Viaduc de Garabit, un géant d'un autre temps, éd. La Vie du Rail, 2007 (garabit.planete-auvergne.com) Patricia Vergne-Rochès, Viaduc de Garabit, chef-d'œuvre de Gustave Eiffel, éd. La Vie du Rail, 2012 Jean-Claude Roc, Le viaduc de Garraby, Saint-Flour, association Histoire et Patrimoine, , 100 pages .

Articles connexes Ligne de Béziers à Neussargues (Ligne des Causses) Gorges de la Truyère Gare de Garabit Pont Maria Pia, qui a inspiré Léon Boyer. Viaduc de la Crueize, classique en maçonnerie, situé sur la même ligne et construit par le même ingénieur.

Liens externes

Garabit, la plus belle réalisation de Gustave Eiffel, sur le site du Syndicat Mixte du Lac de Garabit-Grandval

Catégorie:Ligne de Béziers à Neussargues Garabit Garabit Catégorie:Pont achevé en 1884 Catégorie:Pont en arc en Auvergne-Rhône-Alpes Garabit Catégorie:Monument historique inscrit en 1965 Catégorie:Monument historique classé en 2017 Catégorie:Pont en fer forgé Catégorie:Pont franchissant un cours d'eau en France Garabit