Le Temps est un quotidien français publié à Paris du au .
Histoire vignette|Le 5-7 rue des Italiens à Paris, siège historique du journal Le Temps, ayant par la suite été utilisé par Le Monde (de 1944 à 1989). Le journal fut fondé au de la rue du Faubourg-Montmartre (jusqu'en puis au du boulevard des Italiens) par Auguste Nefftzer, journaliste français qui le dirigea pendant , avant de céder la place à Adrien Hébrard. Son nom fait référence au fameux journal anglais The Times. S'inspirant à l'origine de la philosophie libérale à forte tendance protestante de son fondateur, le journal connut des débuts difficiles et dut être soutenu financièrement par des industriels alsaciens, amis de Nefftzer. Mais, considéré comme un journal fiable et bien fait, Le Temps vit son tirage croître, passant d'à peine en 1861 à en 1869, et à en 1880. Il devient le journal le plus sérieux de la Troisième République et s'impose comme le journal de référence destiné aux élites., bien que son tirage soit faible comparé au million d'exemplaires quotidiens de certains journaux populaires. Le Temps s'en distingue grâce à son grand format (55 x 72 cm) et son prix, jusqu’à trois fois plus élevé que les autres.
De 1867 à 1890, le duc d'Aumale est un des actionnaires principaux du journalLe duc d'Aumale et la presse, Raymond Cazelles, 1971..
À partir de 1870, le journal pratique l'anonymat de la rédaction politique, ce qui lui permettra longtemps de marquer son indépendance et de faire autorité face à ses grands concurrents, Le Figaro et le Journal des débats. L'édition de Paris est suspendue du 7 au , par la Commune, mais la publication de l'édition de Saint-Germain-en-Laye, mise en place en prévision, continue. C'est l'un des deux quotidiens français à l'époque les plus tournés vers l'actualité internationale, avec le quotidien monarchiste modéré Le SoleilMichaël Palmer, Des petits journaux au grandes agences, .. L'information est jugée de qualité, sérieuse et objective, principalement à ses débuts, avant d'être classée plutôt au centre gauche lorsque Nefftzer le cède à Hébrard en 1873 puis républicain conservateur. Il atteint en 1914.
Journal conservateur, il combat le projet d'impôt sur le revenu défendu notamment par le député Jean Jaurès, qui serait venu se substituer à une fiscalité dominée par quatre contributions directes (contribution financière et personnelle mobilière). Un système jugé inégalitaire par Jaurès puisqu'il n'est pas indexé sur le niveau de revenu de chaque citoyen.. En dépit de son image honorable, le journal n’hésite pas à accepter des subventions cachées venant de la diplomatie de certains petits pays.
Pendant l'entre-deux-guerres, les fils d'Adrien Hébrard se succèdent à la direction du journal : Émile jusqu'en 1925, Adrien jusqu'en 1929, année où il cède toutes ses parts à l'homme politique Louis Mill. Au décès de ce dernier, le public apprend dans une lettre découverte dans un de ses coffres qu'il est le prête-nom d'un « consortium » regroupant des organisations patronales, le Comité des forges, le Comité central des houillères de France, l'Union des industries métallurgiques et minières et la Confédération générale du patronat français.. Dès lors, la gauche et l'extrême droite identifient le journal au Comité des Forges bien que ces organisations ne soient pas représentées en tant que telles dans le quotidien mais .. Il prend en 1934 position en faveur de l'écrasement des sociaux-démocrates autrichiens par le régime d'Engelbert Dollfuss.. Il devient par la suite le quotidien officieux du Quai d'Orsay : son approbation, par anticipation, de l'abandon de la Tchécoslovaquie à Munich en 1938 provoque la démission de son représentant à Prague, Hubert Beuve-Méry.
Comme d'autres quotidiens nationaux (Le Figaro, Paris-Soir), Le Temps se replie à Lyon en zone libre en 1940. En réponse à l'invasion allemande de la zone Sud le , les deux codirecteurs, Jacques Chastenet et Émile Mireaux, sabordent tardivement le journal le (Le Figaro s'arrête le et Le Progrès le ).
Après guerre, le journal est visé par l'ordonnance du 30 septembre 1944 sur les titres ayant paru sous l'occupation de la France par l'Allemagne, ses locaux situés de la rue des Italiens sont réquisitionnés et son matériel est saisi. Le Monde, qui commence à paraître en 1944, sera le bénéficiaire de cette confiscation : la typographie et le format resteront longtemps hérités du Temps. Hubert Beuve-Méry fera de son nouveau quotidien un journal de référence, jouissant d'une grande notoriété à l'étranger.
Journalistes ayant contribué
Premiers feuilletons publiés
Notes et références
Pour approfondir
Bibliographie Cyprien Augros, Le journal “Le Temps” et la crise du libéralisme (1929-1938), mémoire de master à Sorbonne Université, dirigé par Olivier Dard, 2023. Patrick Eveno, Histoire du journal Le Monde 1944-2004, Paris, Albin Michel, 2004. Jean-Noël Jeanneney, François de Wendel en République : l’argent et le pouvoir, 1914-1940, Paris, Seuil, 1976. Philippe Jian, D’un désordre l’autre, “Le Temps” et “Le Figaro” des années trente au régime de Vichy, thèse de doctorat à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dirigée par Pascal Ory, 2012. Patrice Olech, Prolégomènes pour l’histoire du “plus grand journal de la République” : “Le Temps”, entre deux guerres mondiales, mémoire de maîtrise à l’Institut français de presse, dirigé par Pierre Albert et Gilles Feyel, 1987. Alain-Gérard Slama, « Un quotidien républicain sous Vichy : Le Temps (-) », In : Revue française de science politique, année, , 1972, .
Articles connexes République du Croissant
Liens externes
Un résumé contenant de nombreuses informations Archives du Temps de 1861 à 1942 sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF Les Nouvelles littéraires, 9 avril 1932, "Maîtres de l'opinion: Le Temps" Nadine Bonnefoi, Le Temps et les conflits balkaniques, Thèse, 1997 (Lire en ligne)
Catégorie:Presse sous la Troisième République Temps 2 Catégorie:Titre de presse créé en 1861 Catégorie:Titre de presse disparu en 1942