La SS (galicienne ) ou la division « Galicie » ou encore la division « Galizien » (antépénultième appellation allemande : la 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (galizische Nr. 1) ; soit en traduction littérale : « d'infanterie de la SS (galicienne ) ») — en ukrainien : 14-та гренадерська дивізія Ваффен СС « Галичина » (« Halytchyna », Galicie) — est l'une des 38 divisions de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale. Elle a été essentiellement composée de Galiciens d'Ukraine.
Elle est la cible de controverses mémorielles par rapport à la collaboration ukrainienne avec l'Allemagne nazie.
Caractéristiques Création : Effectifs maximaux : (corps ukrainiens sous commandement allemand) Candidatures : Entre 62 000 et 84 000 hommes à la date du 18 juin 1943 ; environ 52 000 furent acceptés par la commission médicale. Insigne : le lion de Galicie et plus tard le Trident, lors du transfert à l'UNA () Croix de Fer obtenues : 1
La création de la « Galizien » Mettre en place une division composée de grenadiers ukrainiens est une décision prise durant l'hiver 1942. L'URSS démontre sa capacité de résistance à Stalingrad. Les autorités allemandes se doivent de recruter massivement au sein des pays occupés pour combler les pertes.
Le , responsable du district de Galicie, ne rencontre au départ pas de soutien fort de la part de sa hiérarchie, les SS ne jugent pas digne d'armer des Slaves. Cependant Himmler finit par donner son aval en créant de sérieuses entorses aux critères de sélection raciale. Les milieux ukrainiens favorables à la création de la division auraient d'ailleurs préféré qu'elle fût désignée comme « ukrainienne ». En juin 1943, Himmler interdit l'emploi de cet adjectif, spécifiant que la division était « galicienne », composé de galizianer et non d'Ukrainiens. L'ordre de formation de la division précisait en outre que la langue de la division serait « galicienne » et la langue de commandement allemande.
Assimilant les galiciens ukrainophones à des germains en partie et considérant l'ancien ensemble de ce territoire comme un ancien territoire de la couronne (Kronland Galizien), en « bon prince », Himmler avait affirmé : « Bien entendu je ne vais pas punir les Galiciens parce qu'ils se disent Ukrainiens, mais je ne me laisserai pas obliger de les désigner autrement que comme Galiciens.». Le 14 juillet 1943, Himmler fit parvenir aux chefs d'états-majors allemandes de la division une circulaire qui interdisait formellement, lorsqu'il était question de la division « Galicie », « de parler de la division ukrainienne ou de la nation ukrainienne ».
Zone de recrutement
La zone privilégiée pour le recrutement est l'ancienne Galicie austro-hongroise, dont les populations sont jugées plus facilement aryanisables. La campagne de recrutement est menée durant l'hiver 1942-1943 et rencontre un immense succès : se portent volontaires. Dans un premier temps, sont recrutés ; puis, rapidement, les effectifs de la division sont portés à . Un rapport allemand donnant le chiffre de 62 000 inscrits, remarquait que les volontaires auraient pu être beaucoup plus nombreux s'il s'était agi de la Wehrmacht, car « la population de Galicie ressent une forte antipathie pour les services de la police SS ».
Raisons de cette adhésion La collaboration massive avec l'occupant allemand est caractéristique en Ukraine des régions de Pologne annexées par l'Union soviétique en 1939, à la suite de l'invasion de l'Est de la Pologne par Staline, à la faveur de la signature du Pacte germano-soviétique. Une partie de ces Ukrainiens redoutent en effet, plus que tout, le retour des Soviétiques et se jettent à corps perdu dans les bras du « moindre mal » entre les deux envahisseurs. Une partie des volontaires choisissent aussi la lutte armée au côté du Reich pour échapper au service du travail obligatoire. Le volontariat recense d'office et une partie des « volontaires » se sont vu forcer la main par la signature d'un formulaire spécifiant qu'ils sont bien volontaires. L'engagement au côté de la Wehrmacht est donc momentané et non une adhésion au nazisme.
Les Allemands font un effort en permettant aux Ukrainiens de pouvoir intégrer des prêtres catholiques et orthodoxes, sans encadrement nazi. L'autre concession est que l'unité ne se battra que pour combattre les bolcheviques. Autrement dit, ils ne seront pas envoyés à l'Ouest comme les autres volontaires de l'Est l'ont été (à l'instar des Russes et des volontaires caucasiens). Les Ukrainiens sont versés dans la Waffen-SS. La création de l'unité est entérinée le , peu de temps après la victoire à Kharkov sur l'Armée rouge.
Entraînement L’entraînement de base est achevé en septembre 1943.
Constituée et entraînée, la division est nommée « SS-Freiwilligen-Division „Galizien“ », du nom de l'appellation de la partie occidentale de l'Ukraine, le nom « Ukraine » ayant été rejeté.
L’unité suit un entraînement complémentaire à Dembitz, dans le Gouvernement général. Le l'unité est rebaptisée « 14. Galizische SS-Freiwilligen-Division ». La division est perçue comme prometteuse et montre une réelle et certaine volonté de se battre, en effet, déployée en Russie, les hommes qui la composent sont des traîtres aux yeux des Soviétiques, et, de ce fait, connaissent leur sort en cas de capture par les unités soviétiques.
Malgré cela, à la fin de l'année 1943, une partie de son équipement est versée à d'autres unités de la Waffen-SS.
Encadrement
La direction de cette unité est confiée au SS-Brigadeführer Fritz Freitag. Homme proche de ses troupes, il est très apprécié.
L'encadrement est essentiellement allemand et la troupe est composée de Volksdeutsche ukrainiens et d'Ukrainiens non-germaniques. Parmi tous les officiers et sous-officiers, seuls 30 % d'entre eux sont d'origine ukrainienne et ces hommes n'occupent généralement que des postes subalternes. Une partie importante de cet encadrement a d'abord appartenu aux Einsatzgruppen (les commandos mobiles de tuerie de Juifs, ayant opéré principalement en 1941-1942, derrière les lignes de front), avant de rejoindre les rangs de la division.
La majorité d'entre eux proviennent de la partie occidentale de l'Ukraine, en particulier de Lwów et de Tarnopol (villes polonaises avant la seconde guerre mondiale).
Terrains d'opérations En Pologne contre les partisans Le premier engagement a lieu à la mi-février 1944. Le Kampfgruppe « Beyersdorff » est mis sur pied et envoyé à Zamość dans le sud-est de la Pologne contre des partisans polonais.
Face aux Soviétiques
La préparation de la division est achevée au début de l'été 1944 et est rattachée à l'Heeresgruppe Süd au sein de la 1.Panzer Armee. Le , l'Armée rouge déclenche sa grande offensive d'été, l'opération Bagration. L'action principale a lieu au centre, vers la Biélorussie et le Heeresgruppe Mitte.
L'offensive balaie les troupes allemandes incapables de résister aux multiples opérations soviétiques qui se succèdent sur toute la longueur du front. Incorporée au corps Panzer, la division participe aux combats en Ukraine occidentale et dans les Carpathes.
Les Ukrainiens sont envoyés dans le secteur sud de l'offensive, vers la ville de Brody. Les Soviétiques qui se préparent à attaquer la ville supposent que la division ukrainienne est le point faible du dispositif allemand. Cependant, cette appréciation reste erronée : en effet, à partir du elle défend contre vent et marée leurs positions, contre attaquant vigoureusement, reprenant plusieurs fois le village de Pidhirtsy et parvient à bloquer une attaque de blindés soviétiques du côté d’Olesko. Après d’âpres combats, la division Galizien, saignée à blanc, ne possède plus que capables de se battre, et doit reculer.
Les Allemands font preuve d'une grande admiration pour les Ukrainiens, en particulier leur Brigadeführer Freitag qui désormais s'oppose à toute différence de traitement entre Ukrainiens et Allemands. Selon lui .
Slovaquie et Slovénie
Après la bataille, les sont stationnés dans la région de Neuhammer, dans le Reich, pour reconstitution. Au début d'octobre 1944, la division est envoyée en Slovaquie, afin de sécuriser la ligne de chemins de fer autour de Žilina. Au côté de la garde locale, (Hlinkova garda), deux groupes de combat (appelés Kampfgruppen Wildener et Kampfguppen Wittenmeyer), formés à partir des premières unités de la division arrivées sur place, engagent les combats contre les partisans slovaques, réfugiés dans les montagnes après l'échec du soulèvement du .
À la fin de janvier 1945, elle est déployée en Slovénie pour combattre les partisans de Tito. Elle est rebaptisée 14.Waffen Grenadier Division der SS (ukrain. Nr.1) le . À partir du les Soviétiques lancent leur offensive contre l'Autriche. Elle tente de les stopper à Graz et à Feldbach où un millier d'hommes sont mis hors de combat. Elle est rattachée à la Ukrainischen National-Armee (armée nationale ukrainienne) où elle fait figure de première division.
Reddition
La capitulation surprend les restes de l'unité dans les villes de Tamsweg et Judenburg en Autriche. Les survivants parviennent à se rendre aux Américains dans ces villes et aux Britanniques à Radstadt le .
Composition
La division est composée avec des volontaires ukrainiens provenant de toutes les régions d'Ukraine (Galicie, Ruthénie, Volhynie, Transcarpatie, région de Kyiv) ; cependant la majorité d'entre eux est originaire des régions occidentales de l'Ukraine et de Galicie.
thumb| Malinovki, administrateur ukrainien de la division à Sanok.
Commandants SS-Gruppenführer Walter Schimana ( - ) SS-Brigadeführer Fritz Freitag ( - ) Général Pavlo Schandruk ( - ) (après le rattachement à l'UNA)
Désignations successives Les noms effectifs utilisés pour la division ont été les suivants (en observant incidemment que la numérotation des divisions de la Waffen-SS date d') :
: SS-Schützendivision „Galizien“ ; traduction en français : « division SS de tireurs « Galicie » ; : SS-Freiwilligen-Division „Galizien“ ; traduction en français : « de volontaires SS « Galicie » ; : 14. Galizische SS-Freiwilligen-Division ; traduction en français : « de volontaires SS galicienne » ; : 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (galizische Nr. 1) ; traduction en français : « d'infanterie de la SS (galicienne ) » ; : 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (ukrainische Nr. 1) ; traduction en français : « d'infanterie de la SS (ukrainienne ) » ; - : 1. Ukrainische Division der Ukrainischen National-Armee ; traduction en français : « ukrainienne de l'Armée nationale ukrainienne ».
thumb| Hofscheller entrant dans l'église gréco-catholique ukrainienne à Sanok.
Ukrainiens de la division Joseph Kotsilovski, aumônier militaire Alfred Bizants, chef de l'intendance Eugène Pobigouchiï, Sturmbannführer Nicolas Palienko, Sturmbannführer Dimitri Paliïv, Hauptsturmführer Vladimir Kozak, Hauptsturmführer, seul Ukrainien à avoir reçu la croix de fer Philippe Tratsch, Untersturmführer Yaroslav Hunka, émigré au Canada après la guerre
Ordre de bataille Waffen-Grenadier-Regiment der SS 29 (galizisches Nr. 1) Waffen-Grenadier-Regiment der SS 30 (galizisches Nr. 2) Waffen-Grenadier-Regiment der SS 31 (galizisches Nr. 3) Waffen-Artillerie-Regiment der SS 14 Waffen-Füsilier-Battalion 14 SS-Freiwiligen-Flak-Abteilung 14 Waffen-Nachrichten-Abteilung der SS 14 SS-Radfahr-Bataillon 14 Waffen-Pionier-Bataillon der SS 14 Waffen-Panzerjäger-Kompanie 14 SS-Sanitäts-Ableitung 14 SS-Veterinär-Kompanie 14 SS-Division-Nachschubtruppen 14 SS-Wirtschafts-Bataillon 14 SS-Versorgungs-Kompanie 14 SS-Feldpostamt 14 SS-Kriegsberichten 14 SS-Feldersatz-Bataillon 14
Après la guerre Dislocation de la division Après la défaite de Brody, de nombreux combattants continuent à lutter contre l'Armée rouge au sein de l'UPA, dans les Carpates jusqu'au milieu des années 1950.
Au Canada