France Bloch, dite France Bloch-Sérazin et surnommée Claudia dans la clandestinité, née Françoise Bloch le à Paris et guillotinée le à Hambourg en Allemagne, est une militante communiste française, résistante de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie Jeunesse France Bloch est la fille de l'écrivain Jean-Richard Bloch et de Marguerite HerzogPrésences féminines juives en France XIXè-XXè siècles. Bloch France épouse Sérazin 1913-1943, sœur de l'écrivain André Maurois.. Elle est élevée à La MérigoteLa Mérigote fede inedia une maison d'écrivains, La Nouvelle République à Poitiers où elle fait ses études secondaires et passe une licence de chimie à l'Université de Poitiers après avoir hésité entre la chimie, les lettres et la philosophie.

En octobre 1934, elle entre au laboratoire du professeur Georges Urbain à l'École nationale supérieure de chimie de Paris où elle rencontre Marie-Élisa Nordmann-Cohen. Elle adhère au Parti communiste dans le et soutient les républicains espagnols. En , le Réseau du musée de l'Homme placarde le poème de Rudyard Kipling, Si, que son oncle, André Maurois, a traduit de l'anglais par : Tu seras un homme mon fils.

Résistance Après l'instauration du régime de Vichy, elle est exclue de son laboratoire car elle est juive et communiste, et doit donner des leçons particulières pour vivre. En 1941, elle rejoint le Laboratoire de l’Identité judiciaire de la Préfecture de Paris, quai des OrfèvresBiographie de France Bloch, Fcpecharlemag.

Elle participe aux premiers groupes de résistance communiste de Francs-tireurs et partisans dirigé par Raymond Losserand, futur commandant des Forces françaises de l'intérieur et installe un petit laboratoire rudimentaire de chimie dans son deux-pièces au 1 avenue Debidour, chez le résistant originaire de Hambourg, Théo Kroliczek, près de la place du Danube dans le . En liaison avec le colonel Dumont, de l'Organisation spéciale, elle fabrique alors des explosifs utilisés lors de la vague d'attentats organisés à partir d' par les Bataillons de la Jeunesse, du colonel Fabien, Gilbert Brustlein et Fernand ZalkinowOpérations, Résistance FTPF.

Marcel Paul parle du courage de cette femme d'1,57 m qui ressemble à Sarah Bernhardt et qui participe aux opérations contre la cartonnerie allemande de Saint-Ouen, les voies ferrées, un pylône stratégique d'Orléans et quatre vingt chevaux qui sont empoisonnés à la strychnine. Le , Yves Kermen prend le métro pour la rencontrer à la station Quai de la Rapée. La voyant interpellée par deux policiers, il fait feu, blesse un policier à la jambe et lui permet de s'enfuir dans la rame qui s'en va. Il est arrêté..

Arrestation À la suite des procès du palais Bourbon et de la Maison de la Chimie, elle est arrêtée par la police française avec 68 camarades, le avant que le colonel Fabien devenu colonel Henry, ne fasse exploser le générateur des usines Lip, réquisitionnées par les Allemands à Besançon, le . Trois jours avant son arrestation, France Bloch avait vu pour la dernière fois son mari Frédéric, interné au camp de Voves..

Après quatre mois d'interrogatoires et de tortures, dans une cellule de la Prison de la Santé, proche de celle de Marie-José Chombart de Lauwe, elle est condamnée à la peine de mort par un tribunal militaire allemand dirigé par Carl-Heinrich von Stülpnagel (Feldkriegsgericht des Kommandanten von Groß-Paris) le , avec dix-huit co-inculpés qui sont immédiatement exécutés.

La peine de mort pour femmes en France étant interdite, elle est déportée le en Allemagne et enfermée dans la prison () à Lübeck-Lauerhof. Elle est guillotinée à Hambourg le dans la cour de la maison d'arrêt de Holstenglacis-Wallanlagen, le Dominique Loiseau, Jean Omnes, Nicole Racine : notice « France Bloch » in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (Le Maitron en ligne). par le bourreau .. Le ministre de la justice est alors Otto Georg Thierack.

Avant d'être guillotinée, elle écrit une dernière lettre qui fut expédiée grâce à la gardienne de la prisonVoir sur vrid-memorial.com..

Cimetière d'honneur Elle est enterrée au cimetière d'Ohlsdorf à Hambourg. En 1950, la dépouille mortelle de France Bloch-Sérazin est transférée au cimetière de l'ancien camp de concentration de Natzweiler-StruthofVoir sur struthof.fr. en AlsaceSource : exposition par la KZ-Gedenkstätte Neuengamme du 25 janvier 2013 au 15 février 2013 dans le hall d'entrée de la mairie de Hambourg (Hamburger Rathaus) sous le titre Deserteure und andere Verfolgte der NS-Militärjustiz - Die Wehrmachtsgerichtsbarkeit in Hamburg. Un des panneaux était consacré à France Bloch-Sérazin... Dans le « Jardin des femmes » du cimetière d'Ohlsdorf, une pierre du souvenir honore sa mémoire..

Décorations Elle est reconnue « Morte pour la France » et « déporté résistante »Mémoire et Espoirs de la Résistance, memoresist.org, consulté le 24 septembre 2018.. par décret du . par décret du .

Sort de la famille France Bloch épouse Frédéric Sérazin dit Frédo en , un militant communiste de la métallurgie dont elle a un fils, né en , Roland. Frédo est arrêté en , sous le gouvernement Daladier, interné à la forteresse de Sisteron en mars 1940, puis à Châteaubriant et au camp de Voves, et assassiné par la Milice ou la Gestapo en 1944 à Saint-Étienne. Roland Sérazin (1940-2020) est orphelin de père et mère« Poitiers : disparition de Roland Sérazin, fils de France Bloch-Sérazin », La Nouvelle République..

Sa grand-mère, Louise Laure Marie Lévy, épouse Bloch, née à Carling le est arrêtée par la Gestapo de Montluçon dans la rafle du à Néris-les-Bains, puis elle est internée à Vichy. Elle est transférée le dans le camp de Drancy où elle reçoit le matricule . Malgré son âge avancé, elle fut par son attitude et son actionTémoignage de Jacques London (1910-2011), ancien combattant et déporté politique dans le convoi n°75 de Drancy à Auschwitz en avril 1944, un modèle d'énergie, de confiance et de résistance. Elle est déportée le de Drancy au camp de concentration d'Auschwitz par le convoi . Elle meurt le à Auschwitz selon l'état civil de L'Hôpital/Carling et le Journal officiel du . Une plaque des déportés morts pour la France au monument aux morts de Néris-les-Bains porte son nomFBS, Les morts dans les camps..

Commémorations et hommages La salle polyvalente du lycée Victor Hugo de Poitiers où elle a été élève porte son nom. Sur le terrain de la prison « Justizvollzugsanstalt Lübeck » à Lübeck (nommé aussi Lauerhof ou JVA Lübeck) une plaque commémorative a été inaugurée en 2014 pour les deux membres de la résistance France Bloch-Sérazin et Suzanne Masson. France Bloch-Sérazin y était détenue de jusqu'à . Après, elle est guillotinée à Hambourg dans la cour de la prison «Justizvollzugsanstalt Hamburg»Gedenken an hingerichtete Inhaftierte. (En français : Pensées commémoratives aux détenues guillotinées). En: Lübecker Nachrichten du 12 novembre 2014, . Abréviation de l'auteur km.. Une plaque commémorative rappelle son passage à l'université de Poitiers et un collège de la ville porte son nom (collège France-Bloch-Sérazin de Poitiers situé rue de Valencay). Sur le mur qui longe la maison d'arrêt Holstenglacis à Hambourg, dans le parc Kleine Wallanlagen une plaque commémorative a été posée pour elle et pour Suzanne Masson, guillotinées (en : « mit dem Fallbeil enthauptet »Plaque Untersuchungsgefängnis Holstenglacis : ) au même endroit. Il est inscrit : France Bloch-Serazin 21. Februar 1913 † 12. Februar 1943 Suzanne Masson 10. Juli 1901 † 1. November 1943 Le monument Hier und Jetzt est un bloc de béton avec la date 1933 vis-à-vis de l'entrée du tribunal. À l'autre côté du bloc vu de la place du tribunal (Hanseatisches Oberlandesgericht) se trouve une grande photo de Hambourg en couleurs bleus, bordée de fleurs plantées en pot sur des stèles en fer. Le monument est à la mémoire des personnes condamnées à mort par la justice de Hambourg et des personnes exécutées pendant la période nazie dans la cour de la prison (Untersuchungsgefängnis am Holstenglacis)Mahnmal Hier + Jetzt - den Opfern nationalsozialistischer Justiz in Hamburg. In: KZ-Gedenkstätte Neuengamme und Landeszentrale für politische Bildung Hamburg (Hrsg.): Gedenkstätten in Hamburg. Ein Wegweiser zu Stätten der Erinnerung an die Jahre 1933 bis 1945. Hamburg 2008. .. Dans un baraquement préfabriqué transformé en musée, Gedänkstätte Plattenhaus Poppenbüttel, (construit par des détenus du camp de concentration de Neuengamme pour loger les victimes des bombardements, et occupé plus tard par des travailleuses forcées) on trouve une photo à la mémoire de France Bloch-SérazinPlaque à Paris film de Loretta Walz. Exposition par la KZ-Gedenkstätte Neuengamme du au dans le hall d'entrée de la mairie de Hambourg (Hamburger Rathaus) sous le titre Deserteure und andere Verfolgte der NS-Militärjustiz - Die Wehrmachtsgerichtsbarkeit in Hamburg. Un des panneaux était consacré à France Bloch-Sérazin. Sur le mur de l'immeuble à Paris, 1 avenue Debidour, dans le , où France Bloch-Sérazin avait transformé son appartement en laboratoire pour préparer des explosifs, a été posée le une plaque commémorative. Une rue porte le nom de France Bloch-Sérazin au Blanc-Mesnil, à Poitiers, Vierzon, ainsi qu'une place à Cognac et une allée à Guyancourt.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Union des femmes françaises, Les femmes dans la résistance, p. 114, 1977 Marie-Louise Coudert, Paul Hélène, Elles, la résistance, p. 68, 1983 David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, 1984 (de) Hans Zorn (Hrsg.) : France Bloch-Sérazin. Lebensstationen einer französischen Widerstandskämpferin. (« France Bloch-Sérazin. Les étapes dans la vie d'une résistante française »), Konkret Literatur Verlag, Hamburg 1986, . Lise London, La mégère de la rue Daguerre: souvenirs de Résistance, 1995 André Narritsens, Aux armes ! : Nay 1939-1943, p.62, 1996 Michèle Bitton, Présences féminines juives en France : , 2002 Guy Krivopissko, La vie à en mourir : lettres de fusillés (1941-1944), p.214, 2003 Antoine Porcu, Héroïques : ils étaient communistes, 2004, p. 24 Association nationale des anciens combattants de la Résistance (France), La Résistance dans le 19e arrondissement de Paris : 1940-1945, 2005 Anne Thoraval, Paris, les lieux de la Résistance : La vie quotidienne de l'armée, 2007 Colette Bloch, Michel Bloch, Des prisons en France sous l'Occupation, p. 97, 2007 Caroline Moorehead, Un train en hiver : Le train des femmes pour Auschwitz, 2014 Jean-Noël Jeanneney, Grégoire Kauffmann, Les Rebelles : Une anthologie, 2015 Marie Cristiani, Mon Frédo, Arcane 17, 2018 Alain Quella-Villéger, France Bloch-Sérazin. Une femme en résistance (1913-1943), éditions Des femmes, préface Marie-José Chombart de Lauwe, 2019 ; présentation sur cercleshoah.org, 10 mai 2019 .

Blog Heide Kramer, Die französische Widerstandskämpferin France Bloch-Sérazin (La résistante française France Bloch-Sérazin).

Filmographie, scénographie France Bloch-Sérazin. Auf den Spuren einer mutigen Frau. (« France Bloch-Sérazin. Sur les traces d'une femme courageuse »), scénario de Hans und Gerda Zorn, réalisation Loretta Walz, 80 min, Allemagne 1993 ( Plaque commémorative à Paris et film de Loretta Walz). France Bloch, Frédo Sérazin : un couple en Résistance'', film de Marie Cristiani, MCD prod/FR3 Corse, 2005. Maria Kohler : France et Friede : Une Rencontre, lecture, Atelier Sevin-Doering Marseille

Articles connexes Histoire du Parti communiste français Résistance intérieure française Camp de Voves

Liens externes

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