Le risque est la possibilité de survenue d'un événement indésirable. Plus formellement, conçu comme un calcul, il désigne la probabilité d’occurrence d'un péril probable ou d'un aléa.

Mais, lorsqu'on examine les usages de la notion, le risque est une notion complexe, de définitions multiples car d'usage multidisciplinaire. Néanmoins, c'est un concept très usité depuis le , par exemple sous la forme de l'expression , notamment pour qualifier, dans le sens commun, un événement, un inconvénient qu'il est raisonnable de prévenir ou de redouter l'éventualité. La notion de risque est également liée à la gravité des conséquences de l'aléa dont la survenue est probable. Prédire ou prévoir les conséquences des aléas fait partie de l'analyse et la gestion des risques.

Ainsi, il est défini, en statistiques descriptives comme la probabilité d'exposition à un danger, à un événement (maladie, décès, accident) pendant un intervalle de temps défini. En gestion des risques, il est l’association de quatre facteurs : un danger, une probabilité d'occurrence, sa gravité et de son acceptabilitéCahiers techniques de CASE France, 2010.

Le risque possède également d'autres définitions quand il a trait à des situations commerciales ou techniques.

Différent selon de nombreux cas, suivant différents paramètres, et suivant l'exposition à certaines situations ou causes, on définit un facteur de risque comme un facteur d'augmentation de la probabilité d'être exposé à un aléa et on quantifie l'augmentation du risque, notamment par l'utilisation de . Par exemple, l'exposition au tabac est un facteur de risque pour le cancer du poumon.

Les sociétés humaines évaluent et préviennent les risques et les institutions comportent l'analyse et la gestion des risques comme composante majeure ; ainsi, il existe de nombreuses organisations, de nombreuses institutions et des lois qui ont trait à l'analyse des situations et des risques.

thumb|Les pompiers sont entrainés à la prise de risques.

Historique La première publication concernant une théorie du risque fut écrite par Christian Huygens en 1657 dans De ratiociniis in alea ludo (De la logique du jeu de dé) à la suite des discussions qu'il a eues avec Pascal sur le sujet.

Presque un siècle plus tard, en 1738, le mathématicien et statisticien Daniel Bernoulli fait paraître une étude sur le risque en matière économique dans Specimen theoriae novae de mensura sortisBernoulli, Daniel; Specimen theoriae novae de mensura sortis dans lequel titre apparaissent les termes « théorie nouvelle » in Commentarii Academiae Scientiarum Imperialis Petropolitanae 5 (1738).

Cet article est une réponse au paradoxe de Saint-Pétersbourg exposé par Gabriel Cramer dans un courrier privé à Nicolas BernoulliCramer, Garbriel; lettre du 21 mai 1728 à Nicolas Bernoulli (excerpted in PDF). qui s'énonce ainsi :

Pour répondre à ce paradoxe, Bernoulli et Cramer introduisent la fonction d'utilité marginale (dérivée de la fonction utilité de la monnaie) et postulent qu'elle est décroissante. Cependant ces deux auteurs divergent sur la fonction d'utilité : logarithme naturel pour Bernoulli et racine carrée pour Cramer. Cette formalisation est restée anecdotique de nombreuses années avant de devenir populaire parmi les économistes qui développent les notions d'utilité et de risque.

En économie, depuis les années 1920 et l'analyse de Frank Knight, on distingue le risque de l'incertitude. Le risque peut comporter des alternatives probabilisables, contrairement à l'incertitude..

En 1986, le philosophe et sociologue Ulrich Beck publie un ouvrage qui fait date dans le monde de la sociologie politique : La société du risqueUlrich Beck, Risikogesellschaft, 1986. La version anglaise Risk Society circule au plan internationale. Le livre est traduit en français bien plus tard, en 2001 aux éditions Aubier.. Remettant radicalement en cause ce qu’il appelle « la religion moderne du progrès » et partant de l'idée que, dans toutes les sociétés industrielles, les promesses de la modernité n’ont pas été tenues (la misère n’est pas vaincue, les inégalités croissent, les catastrophes écologiques se multiplient, le développement des technologies fait craindre l'apparition de nouvelles formes de contrôle social…), la question du « partage des richesses », posée par les économistes, cède peu à peu la place à celle de la « gestion des risques ».

Définitions et terminologie Sens commun Le risque est une notion difficile à cernerÀ titre anecdotique, la question philosophique du risque fait l'objet d'une légende mise en scène dans le film français Le pion, selon laquelle un candidat à l'épreuve de philosophie au baccalauréat se serait vu attribué la note maximale pour une copie sur laquelle, pour répondre à la question "qu'est-ce que le risque?", il aurait simplement écrit : "le risque, c'est ça". mais de façon générale, on peut dire que c'est une contingence indésirable, appréhendée, relativement anodine et peu probable.

Par appréhendée, on entend par là que le risque est connu au préalable. L'exposition au risque résulte donc souvent d'une démarche volontaire, appelée prise de risque. En ce sens, le risque se distingue par exemple de l'aléa ou de l'incident, qui surviennent en général de façon imprévue ; Le caractère indésirable du risque le distingue du concept de chance, même si l'usage de ce mot en tant que mesure de probabilité tend à masquer cette distinction ; Le risque est généralement anodin, mais tout de même suffisamment nuisible pour être indésirable. En ce sens, il se distingue notamment du danger, qui suppose la possibilité d'un dommage grave (en particulier la mort). On dira par exemple de quelqu'un qui sort tête nue par temps froid qu'il court le risque d'attraper un rhume, tandis qu'on dira qu'il se met en danger s'il traverse une rue sans regarder. Un risque est une contingence peu probable, ce qui constitue une autre différence par rapport au danger. On parle en effet de danger lorsque la probabilité d'occurrence et les conséquences sont importantes, tandis que le risque existe dès lors que sa probabilité d'occurrence n'est pas nulle. On dira a minima que le risque est faible. Ainsi par exemple dans l'échelle de Turin, on parle de risque normal dès le niveau 1, et d'objet dangereux à partir du niveau 5.

L'appréciation de ces différents critères est hautement subjective, ce qui peut justifier que dans les domaines scientifiques et techniques une définition quantifiable et plus rigoureuse du risque a été recherchée.

Approche socio-philosophique En 1986, l'Allemand Ulrich Beck publie Risikogesellschaft, un livre qui traite la question des transformations sociales contemporaines sous le concept de risque, traduit en France quinze ans plus tard, en 2001, sous le titre La société du risque. Il avance l'idée que l'humanité contemporaine développe des « manufactures à risques ». Extrêmement graves, les risques résultent du développement industriel, ils peuvent tout aussi bien être d'ordre écologique que psycho-social et, bien qu'invisibles dans la vie quotidienne, ils peuvent à plus ou moins long terme provoquer la destruction de la vie sur terre. Ils résultent des besoins insatiables en confort matériel qu'éprouvent une majorité d'humains et que l'économie capitaliste, axée sur la croissance économique, prend en charge. Selon Beck, le destin de l'homme n'est plus placé sous le signe de la misère mais sous celui de la peurAlternatives Économiques (janvier 2002)..

Dans la continuité des travaux d'Ulrich Beck, Hervé Flanquart a publié en 2016, un ouvrage original, Des risques et des Hommes, où il s'essaie à montrer que vivre c'est (s') affronter (à) de multiples risques, naturels et technologiques, sanitaires ou écologiques, économiques ou sociaux. Mais il souligne que la principale difficulté sociétale tient dans la perception biaisée de ces risques et dans la difficulté à les concevoir dans la simultanéité, ce qui oblige conséquemment les Hommes « à arbitrer entre eux et agir pour échapper en priorité à ceux qu'ils craignent le plus, quitte à s'exposer aux autres » et à questionner, par exemple, l'arbitrage nécessaire entre le principe de précaution et le développement des sciences et techniques ou encore entre les mécanismes étatiques de protection des citoyens et les libertés individuelles.

Acception entrepreneuriale

Le risque est la coexistence d'un aléa et d'un enjeu. Lorsqu'une personne prend un risque, elle entreprend une action avec un espoir de gain et/ou une possibilité de perte : aléa : les conséquences de l'action entreprise ne sont pas totalement prévisibles ; enjeu : il y a espoir de gain et/ou crainte de perte. On peut appliquer ce concept à de nombreux domaines : jeu : aléa : le jeu a une part de hasard, ou bien la complexité fait que l'on ne peut prédire ce que va faire l'adversaire, enjeu : le gain espéré peut être de l'argent, des biens matériels (lots), une reconnaissance (classement officiel, médaille), ou simplement la satisfaction de jouer, la distraction ; la perte peut être de l'argent, le temps investi, la frustration de l'échec ; utilisation d'une machine mécanique (outil, chaîne de production), d'un véhicule : aléa : il peut survenir une défaillance, une panne, une erreur de manipulation, enjeu : le gain espéré est la fonction de service de la machine (fabriquer un objet, remplir un flacon, se déplacer…) ; la perte peut être une perte de temps (et donc de productivité), une consommation inutile d'énergie et de consommables, destruction d'un bien, un dommage corporel, une pollution de l'environnement ; risque majeur (catastrophe naturelle, accident industriel)Institut des risques majeurs de Grenoble - Glossaire : aléa : il peut survenir un événement climatique (inondation, tempête), un séisme… ou bien un accident dans une unité de production ou de stockage, enjeu : on a construit dans cette zone géographique en raison de l'augmentation de la population locale (croissance démographique, migration) ou pour percevoir des impôts (gain) ; la perte peut être des dommages corporels, des destructions matérielles, une atteinte à l'environnement ; gestion d'entreprise, finance : aléa : on ne peut pas prédire totalement comment va évoluer le marché, quelles seront les innovations techniques, comment vont évoluer les besoins des clients, enjeu : le gain espéré est un retour sur investissement, un maintien ou une progression de l'activité (prendre des parts de marché) ; la perte peut être une absence de retour sur investissement, une baisse d'activité (éventuellement un plan social).

Toute situation, toute activité peut produire un événement profitable ou dommageable. Le risque est défini par la probabilité de survenue de cet événement et par l'ampleur de ses conséquences. Il peut être appliqué à une personne, une population, des biens, l'environnement ou le milieu naturel. En 1921, Frank Knight a proposé une distinction qui fait référence entre le risque et l’incertitude : à un risque peuvent être assignées des probabilités mathématiques mais pas à une incertitude.

Dans certains domaines, on ne prend en compte que les conséquences négatives, que les pertes et pas les gains ; on parle alors de risque aryétique.

Le risque est une notion importante notamment dans les domaines de l'industrie, de l'environnement (risques industriels, risques majeurs), de la finance, du droit, de la santé, et bien sûr des assurances.

Parallèlement à la prise de décision, la gestion des risques consiste en l’évaluation et l’anticipation des risques, ainsi qu'à la mise en place d'un système de surveillance et de collecte systématique des données pour déclencher les alertes.