Robert Doisneau, né le à Gentilly et mort le à Paris, est un photographe français.

Il est, aux côtés de Willy Ronis, d'Édouard Boubat, d'Izis, d'Émile Savitry ou d'Albert Monier l'un des principaux représentants du courant de la photographie humaniste française et l’un des photographes les plus populaires du .

Biographie vignette|gauche|Maison natale de Robert Doisneau à Gentilly. Robert Sylvain Gaston Doisneau est né au de l'avenue Raspail à Gentilly, une commune populaire de la proche banlieue parisienne, limitrophe du sud de la capitaleAujourd'hui le . Une plaque commémorative est apposée sur la façade de l'immeuble où il est né.Archives départementales du Val de Marne, Gentilly, Naissances, 1910 - 1912, 4E 2292, acte n° 63, vue 130/175., au sein d'une famille bourgeoise. Il étudie les arts graphiques à l’École Estienne et obtient son diplôme de graveur et de lithographe en 1929Peter Hamilton, Robert Doisneau, la vie d’un photographe, éditions Hoëbeke, Paris, 1995..

En , il entre dans l’atelier de Léon Ullmann en tant que dessinateur de lettres. Il y rencontre Lucien Chauffard qui dirige le studio photographique de l’atelier.. Celui-ci l’initie à la photographie et l’oriente vers André Vigneau qui, à l’automne 1931, cherchait un assistant et avec lequel il découvre la Nouvelle objectivité photographiqueInterview de Francine Deroudille par Isabelle-Cécile Le Mée, « Copyright Doisneau / Rapho », In Situ, , 2018, 15 octobre 2018.. La même année il rencontre Pierrette Chaumaison (1912-1993). avec qui il se marie en 1934 à Choisy-le-Roi.

En 1932, il vend son premier reportage photographique, Le marché aux Puces, consacré au marché aux puces de Saint-Ouen, au journal Excelsior qui le publie le ..

En 1934, Lucien Chauffard le présente au chef du service photographique du constructeur automobile Renault à Billancourt, qui l’embauche comme photographe industriel, mais, du fait de ses retards successifs (et après avoir, de son propre aveu, tenté de truquer ses cartes de pointage), il se fait renvoyer cinq ans plus tard, en 1939.

Toujours grâce à Lucien Chauffard, Doisneau rencontre peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale la photographe Ergy Landau qui le présente à Charles Rado, le fondateur de l’agence Rapho. Son premier reportage, sur le canoë en Dordogne, est interrompu par la déclaration de guerre et la mobilisation générale.

Désormais sans emploi, Doisneau tente de devenir photographe illustrateur indépendant. Il sera un des plus prolifiques collaborateurs de la revue artistique et littéraire Le Point fondée en 1936 par Pierre Betz et l’éditeur d’art Pierre Braun, pour laquelle il réalise ses premiers portraits de Picasso, Braque, Paul LéautaudRobert Doisneau, À l’imparfait de l’objectif, souvenirs et portraits, Pierre Belfond, Paris, 1989.

Après la Libération, Robert Doisneau devient un photographe indépendant en intégrant officiellement, dès 1946, l’agence Rapho.

Il se met alors à produire et à réaliser de nombreux reportages photographiques sur des sujets très divers : l’actualité parisienne, le Paris populaire, des sujets sur la province ou l’étranger (URSS, États-Unis, Yougoslavie, etc.). Certains de ses reportages paraîtront dans des magazines comme Life, Paris Match, Réalités, Point de vueRaphaël Morata, Quand Doisneau était l’œil de Point de vue, Express Roularta Editions, Paris, 2012., Regards, etc.

En 1947, Robert Doisneau rejoint le Groupe des XV aux côtés de René-Jacques, de Willy Ronis, de Pierre Jahan. La même année, il rencontre Robert Giraud, chez l'antiquaire Romi, c’est alors le début d'une longue amitié et d'une fructueuse collaboration. Doisneau publiera une trentaine d’albums dont La Banlieue de Paris (Seghers, 1949), avec des textes de Blaise Cendrars. Il met notamment en scène, en 1949, la croix de l'Évangile de Paris, avec l'actrice Nicole Courcel« L'Évangile selon Doisneau ! », canalsquare.blogspot.co.uk .

Il travaillera pour Vogue, de 1948 à 1953 en qualité de collaborateur permanentRobert Doisneau, les années Vogue, Flammarion, Paris, 2017. Il est aussi ami de Jacques Yonnet et ses photographies illustrent son fameux Enchantements sur Paris (Denoël, 1954) devenu La Ville des maléfices (Biblio).

Le photographe a effectué de nombreuses escapades en Limousin. Durant son enfance en Corrèze, puis lors de séjours à Saint-Céré des années 1930 à 1991. En 1951, il a photographié Saint-Léonard-de-Noblat pendant la Quintaine. Quelques années plus tard, il y rencontre Jean-Joseph Sanfourche...

vignette|Robert Doisneau (à gauche) et André Kertész, Arles, 1975.Son talent de photographe sera récompensé à diverses reprises : le prix Kodak en 1947, le prix Niépce en 1956. En 1954, Doisneau monte une exposition au musée d'Art contemporain de Chicago.. En 1975, il est l'invité d'honneur du festival des Rencontres d'Arles. Une exposition lui y est consacrée.

Il recevra d'autres prix pour son travail : le prix du livre des Rencontres d'Arles pour L'Enfant et la Colombe (1979) et pour Trois secondes d'éternité en 1980, chez Contrejour, le Grand Prix national de la photographie en 1983 et le prix Balzac en 1986.

En 1986, le festival des Rencontres d'Arles présente une exposition intitulée De Vogue à Femmes, Robert Doisneau.

En 1992, Doisneau présente une rétrospective au Modern Art Oxford. Ce sera la dernière exposition de ses œuvres organisée de son vivant. En 1994, le festival des Rencontres d'Arles présentait Hommage à Robert Doisneau.

Sa femme Pierrette meurt en 1993 alors qu'elle souffre de la maladie de Parkinson et d'Alzheimer.

Robert Doisneau meurt six mois plus tard, à 81 ans, le , à .. Il est enterré à Raizeux près de Rambouillet, aux côtés de sa femme.

Œuvre Robert Doisneau est l'un des photographes français les plus connus notamment grâce à des photographies comme Le Baiser de l'hôtel de ville. Ses très nombreuses photographies en noir et blanc des rues de Paris d'après-guerre et de sa banlieue et de photos d'écoliers ont fait sa renommée. Il aura réalisé environ photographies.

Doisneau est qui conserve toujours une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Il guette l'anecdote, la petite histoire. Ses photographies sont souvent empreintes d'humour mais également de nostalgie, d'ironie et de tendresse.

Robert Doisneau travaillait sur Paris, ses faubourgs et ses habitants en saisissant chaque instant de leur vie : artisans, bistrots, clochards, gamins des rues, bateleurs, etc. Les amoureux sont notamment représentés dans Amoureux aux oranges, rue Mazarine. Il enregistra pendant près d'un demi-siècle des milliers de portraits du petit peuple de Paris.

Expositions Expositions personnelles

Ne bougeons plus !, galerie Agathe Gaillard, Paris, 1978.. Robert Doisneau, , Festival Photofolies, Rodez Doisneau : Doisneau sur Lot, été 2004, casino de Saint-Céré. Doisneau : Paris en liberté, du au , hôtel de ville de Paris. Doisneau Vintage, Pierre Loup - , galerie Christophe Gaillard, Paris. Imprimer pour résister ?, , 10 et , école Estienne, Paris. L'Alsace de 1945 par Doisneau, du au , à la Filature de Mulhouse et jusqu'au au parc des Expositions de Strasbourg. Robert Doisneau 1945, un voyage en Alsace, du au , relais culturel régional de Thann.. Robert Doisneau, du métier à l'œuvre, du au , Fondation Henri-Cartier-Bresson, Paris. Robert Doisneau, Palm Springs 1960, du au , galerie Claude Bernard, Paris. Robert Doisneau, le temps retrouvé, de au , médiathèque de Dinan. Robert Doisneau, rétrospective, du au , château de Malbrouck. Doisneau / Paris / Les Halles, du au , salon d'accueil de la mairie de Paris. Les Alpes de Doisneau, du au , musée de l'Ancien Évêché, à Grenoble. Robert Doisneau, en passant par le Limousin, du au , galerie des Hospices, Limoges. Les Halles de Robert Doisneau, du au , forum des Halles, Paris. Robert Doisneau, Paris en liberté, du au , palais ducal, Gênes. Robert Doisneau, la beauté du quotidien, du au , musée d'art multimédia, Moscou. Robert Doisneau, un photographe au Muséum, du au , Muséum national d'histoire naturelle, Paris. Robert Doisneau. Les Années Vogue, du au , Espace Richaud, Versailles.. Robert Doisneau, du au , musée communal des Beaux-Arts d'Ixellesmuseedixelles.irisnet.be.. Robert Doisneau, du au , villa Les Roches Brunes à Dinard, plus de 100 photographies. Doisneau et la musique, du au , Philharmonie de Paris, Paris. Robert Doisneau, Ombres et lumières, du au , centre arts et cultures des Essar[t]s à Bram.. Les vélos de Doisneau, du au , couvent Sainte-Cécile, Grenoble.. Robert Doisneau, la traversée d’un siècle, du au , scriptorium de l'abbaye aux Hommes, Caen.. L'expo Doisneau - Dans les yeux de Picassiette, du au , maison Picassiette, Chartres. Instants donnés, du au , Musée Maillol de Paris,.. .. Robert Doisneau, Gentilly, du au à la Maison Doisneau de Gentilly. Robert Doisneau. Instants donnés, du au au Musée de la Boverie à Liège. Robert Doisneau. Instants donnés, du au à La Sucrière à Lyon.

Expositions collectives

La Volonté de bonheur, Témoignages photographiques du Front populaire 1934-1938, avec des photographies de Brassaï, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Nora Dumas, Gisèle Freund, André Kertész, François Kollar, Sam Lévin, Éli Lotar, Willy Ronis, David Seymour,... Pavillon populaire, Montpellier, du au . Paysages français. Une aventure photographique (1984-2017), exposition de près de mille images de 167 photographes, parmi lesquels Raymond Depardon, Josef Koudelka, Elina Brotherus, Lewis Baltz, Thierry Girard, Harry Gruyaert, Sophie Ristelhueber, Gabriele Basilico, Bernard Plossu, Pierre de Fenoÿl, etc., 2017, Bibliothèque nationale de France, Paris.

Publications

Autobiographies Robert Doisneau, Un certain Robert Doisneau : la très véridique histoire d’un photographe racontée par lui-même, Chêne, Paris 1986 . Robert Doisneau, À l’imparfait de l’objectif, souvenirs et portraits, Pierre Belfond, Paris, 1989 .

Hommages vignette|La gare Robert-Doisneau à Carlux. En 1988, Renaud publie dans l'album Putain de camion la chanson Rouge-gorge, portrait de Robert Doisneau et de son univers. En , un espace consacré à Robert Doisneau est ouvert à la gare de Carlux, le lieu prenant le nom de « La gare Robert-Doisneau »Sandrine Mercèdre, « Doisneau immortalisé », Sud Ouest édition Dordogne, 27 avril 2018, .. Bénéficiant des premiers congés payés, des vacanciers avaient été photographiés par Robert Doisneau en 1936, sur un quai de cette gareLa Vie du rail, 19 décembre 2007, ..

L'espace culturel de Meudon-la-forêt porte son nom. À Gentilly, sa ville de naissance En 1992, la ville de Gentilly donne son nom au centre d'exposition de photographie, la Maison de la photographie Robert-Doisneau, au rue de la Division-du-Général-Leclerc à Gentilly, inauguré en .

Établissements scolaires le collège Robert-Doisneau de Clichy-sous-BoisMattea Battaglia, « Un an en immersion au collège Robert-Doisneau de Clichy-sous-Bois », Le Monde, 4 mars 2019. ; le collège Robert-Doisneau de Dammarie-lès-Lys. ; le collège Robert-Doisneau de Sarralbe ; le collège Robert-Doisneau de Montrouge. ; le collège Robert-Doisneau d'Itteville ; le lycée Robert-Doisneau de Corbeil-Essonnes ; le lycée Robert-Doisneau de Montrouge (1994)« Les collèges des Hauts-de-Seine : Panorama d'un patrimoine architectural », brochure publiée par le Conseil général des Hauts-de-Seine, Nanterre, 2008. ; le lycée Robert-Doisneau de Vaulx-en-Velin ; l'école primaire Robert-Doisneau de Gleizé ; l'école primaire Robert-Doisneau de Tramoyes ; l'école élémentaire Robert-Doisneau de Véretz. ; l'école maternelle Robert-Doisneau de Caen ; le groupe scolaire Robert-Doisneau de Rennes ; le collège Robert-Doisneau, de Paris ; Le groupe scolaire Robert-Doisneau, de La Chapelle-sur-Erdre. L'école Robert-Doisneau à Ruelle-sur-Touvre (Charente).

Notes et références

Annexes

Bibliographie