Les forces armées françaises présentes en Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ont connu plusieurs appellations : troupes d'occupation en Allemagne (TOA) de 1945 à 1949, forces françaises en Allemagne (FFA) de 1949 à 1993, forces françaises stationnées en Allemagne (FFSA) de 1993 à 1999 et enfin forces françaises et l'élément civil stationnés en Allemagne (FFECSA) depuis 1999.
Depuis 2014, il reste environ du ministère des Armées en Allemagne principalement à Müllheim, Breisach et Faßberg.
Histoire Précédent après la Première Guerre mondiale vignette|gauche|upright|Zones d'occupation militaire alliée en Allemagne en 1923 ; en bleu, la zone française d'occupation, en vert vif le territoire du bassin de la Sarre. vignette|Retrait des forces françaises de Dortmund en 1924 après l'occupation de la Ruhr. vignette|Départ des forces françaises de Rhénanie le . vignette| La dernière parade des troupes françaises devant la gare centrale de Mayence sous le commandement du général Adolphe Guillaumat, juste avant leur départ, le . vignette|Le général Adolphe Guillaumat avec le drapeau de la France devant la porte du Deutschhaus le .
À la suite de l'armistice de la Première Guerre mondiale, des forces de l'Entente occupent une partie du territoire allemand de la fin de 1918 jusqu'en 1930. La France administre le territoire du bassin de la Sarre jusqu'en 1935 L’armée française en Sarre, 1918-1930, Emmanuel Pénicaut, Revue historique des armées, Service historique de la défense..
Le , des éléments des et armées françaises franchissent la frontière franco-allemande, au total doivent occuper la zone Landau-Gerolstein-Königstein. Des divisions complémentaires sont placées en réserve dans la région de Neunkirchen () et surtout en Lorraine et en Belgique () Allemagne, . Les premières heures de l’occupation, Revue historique des armées..
Le traité de Versailles prévoit une présence militaire des Français, des Britanniques, des Américains et des Belges sur la rive gauche du Rhin et une partie de la rive droite à partir de pour une période de cinq à quinze ans selon les territoires. Les Français héritent de la plus grande des zones d’occupation, qui s’agrandit encore avec le prompt retrait des États-Unis, de la direction de la Haute commission interalliée aux territoires rhénans (HCITR), de la présidence de la Commission de gouvernement de la Sarre mandatée par la Société des Nations , ainsi que celle de Memel et de la haute Silésie.
Les forces d'occupation des territoires rhénans au sein de l'armée française du Rhin, créée en , varient en nombre selon les périodes mais comptent au moins hommes. L'effectif maximum est observé en lors de la première occupation de Ruhrort, Düsseldorf et Duisbourg avec dont Occuper l’Allemagne après 1918, Revue historique des armées, 2009..
La France, opposée à l'intervention de l'Armée allemande sans contrepartie lors du soulèvement de la Ruhr, réagit à cette dernière en envoyant ses troupes le occuper temporairement Francfort et Darmstadt..
Les forces françaises interviennent dans des missions de maintien de la paix en compagnie de troupes alliées, à plusieurs endroits : en Haute-Silésie, entre 1920 et 1922, pour séparer milices polonaises et allemandes (en déployant les de la d'infanterie Quand l'Armée française intervenait en Silésie pour séparer Allemands et Polonais, Secret Défense, 11 avril 2010. regroupant les , , , , , , et le dont le chef de corps est tué lors d'une opération). Et à Memel, à partir du et jusqu'en , quand le de chasseurs à pied s'interpose entre pro-polonais et pro-lituaniens.
Le coût total d'entretien des armées d'occupation entre 1919 et 1924 est évalué à de Goldmarks La participation belge à l'occupation en Allemagne après la Première Guerre mondiale, Service historique des armées..
Entre 1923 et 1925, les forces françaises et belges occupent la Ruhr pour tenter de contraindre l'Allemagne à payer ses indemnités de guerre.
À partir du et jusqu'au retrait total des forces françaises d'Allemagne le , Adolphe Guillaumat commande l'armée d'occupation du Rhin et exerce le commandement supérieur des forces alliées des territoires rhénans.
À l'issue de la Seconde Guerre mondiale : les troupes d'occupation en Allemagne vignette|124px|Insigne des troupes d'occupation en Allemagne : L'épée fracasse la croix gammée nazie. Après la défaite de 1945, l'Allemagne et l'Autriche, d'une part, et les villes de Berlin et Vienne, d'autre part, sont divisées chacune en quatre zones d'occupation, réparties entre les quatre grands alliés : Union soviétique, Royaume-Uni, États-Unis et France.
vignette|gauche|upright|Zones d'occupation alliée de l'Allemagne après 1945. vignette|Les quatre secteurs de l'occupation alliée de Berlin.
La Zone d'occupation attribuée à la France comprend les territoires situés le long de la frontière française, ainsi que les districts nord de Berlin-Ouest, dans ce qui deviendra l'Allemagne de l'Ouest. Le premier gouverneur de cette zone est le général d'armée Marie Pierre Kœnig.
En 1945, l’Armée française crée donc les troupes d'occupation en Allemagne (TOA), dont le quartier-général est établi à l’, 4/6 Schillerstraße , à Baden-Baden. Une monnaie autonome est également créée, et n'ayant cours légal que dans la zone d'occupation française : le Franc FFA.
En , l'armée luxembourgeoise reprend une partie de la zone d'occupation française en Allemagne. Le occupe une partie de l'arrondissement (Kreis) de Bitburg et un détachement du une partie de l'arrondissement de Saarburg. Le reste à Bitburg jusqu'en 1955. (En même temps, une partie de la zone britannique, s'étendant de la frontière belge à la frontière de l'Allemagne de l'Est, est reprise par la Belgique qui y installe ses troupes d'occupation).
Les Forces françaises en Allemagne (10 août 1949 - 30 août 1993) vignette|gauche|124px|Insigne des FFA. vignette|Un général de brigade français (à droite) avec un policier allemand le .
L'appellation TOA est remplacée par celle de « Forces françaises en Allemagne » (FFA) lors de l'entrée en fonction d'un haut-commissaire, par le décret du , paru au Journal officiel de la République française du prenant effet le . Il ne faut pas confondre la durée de l'occupation avec celle de la présence des TOA : les conventions de Bonn du mettent fin au régime d'occupation et sont amendées par les accords de Paris du . L'article premier de ces accords prévoyait qu'à partir du « des forces de même nationalité et de même importance que celles qui se trouveront à cette date sur le territoire de la RFA pourront y être stationnées ».
En 1951, la France installe à Trèves l'état-major de sa blindée. Pendant toute la guerre froide, la oppose à l'éventuelle menace venue de l'Est l'effet dissuasif de ses équipements modernes. Elle représente une grande et puissante unité de l'arme blindée et cavalerie. La même année, la France installe la blindée dans le Bade-Wurtemberg. La blindée est également basée en Allemagne.
Ces grandes formations constituent le d'armée de la armée française.
vignette|124px|Insigne de forces françaises à Berlin à partir de 1949. Des forces françaises à Berlin sont stationnées à Berlin-Ouest de à dans le quartier Napoléon Ses principaux occupants seront le de chasseurs et le d'infanterie.
Au moment le plus intense de la guerre froide, les FFA comptèrent jusqu'à .
Les forces françaises en Allemagne eurent à leur disposition des armes nucléaires tactiques américaines au sein de l'OTAN dans le cadre d'un partage nucléaire à partir de 1960. Celles-ci équipaient des bombardiers SO.4050 Vautour pour l'entrainement et quatre escadrons North American F-100 Super Sabre de l'Armée de l'air à partir de 1963. (une soixantaine de Sabre en 1966) avec une trentaine de bombes nucléaires tactiques MK28 et MK43 américaines livrées à la base aérienne 136 Bremgarten et la base aérienne 139 Lahr en .; les divisions mécanisées modèle 59 avaient deux batteries de deux MGR-1 Honest John (un total de dix batteries en 1966 soit vingt lanceurs.), et huit batteries de missiles sol-air MIM-14 Nike-Hercules armées par la et la d’engins dans le Bade-Wurtemberg de 1960 à 1966..
Le , un accord logistique franco-allemand est signé permettant à la Bundeswehr d'entreposer et de tester son matériel, ainsi que d'entrainer son personnel sur des sites militaires français. Ainsi, en 1966, plus de allemands furent entrainés par les FFA.
Le retrait du commandement militaire intégré de l'OTAN décidé par le général de Gaulle est annoncé au président des États-Unis Lyndon Johnson le De Gaulle, l'Amérique et l’alliance atlantique, une relecture de la crise de 1966, Frédéric Bozo, Revue d'histoire , juillet-septembre 1994. ; le , de Gaulle précise que l’affectation au commandement OTAN des forces terrestres françaises stationnées en Allemagne, ainsi que celle du aérien tactique, va prendre fin le Le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN , Alessandra Giglioli, Lauréate des Bourses OTAN - CPEA 1998..
Le , un échange de lettres entre les ministres des Affaires étrangères français et allemand règle le statut des forces françaises en Allemagne Site. Cette clarification était rendue nécessaire à la suite de ce retrait de la France du commandement intégré Les relations franco-allemandes 1963-2003> Chronologie, La Documentation française..
Les forces françaises qui auparavant devaient tenir un créneau en première ligne dans le dispositif allié en cas d'invasion des troupes du pacte de Varsovie eurent des relations plus distendues avec leurs homologues occidentaux qui cependant s'améliorèrent avec le temps.
L’accord entre le chef d'État-Major des armées Charles Ailleret et le chef suprême des forces alliées en Europe Lyman Lemnitzer, conclu le , et dont le texte est très succinct et de caractère très général, n’a prévu que des contacts d’état-major indispensables au cas où l’Europe occidentale aurait été le théâtre d’un conflit dans lequel la France aurait choisi de s’impliquerMichael M. Harrison, The Reluctant Ally : France and Atlantic Security, Johns Hopkins University Press Baltimore, 1988.Général Valentin, L’Aventure de la Bombe, de Gaulle et la dissuasion nucléaire, Plon, Paris, 1985., les FFA jouant le rôle de réserve générale et l'autonomie de décision de l'emploi des forces est respecté. L’accord Valentin-Ferber, du , complétait le précédent : le corps d’armée français en Allemagne étant très étroitement rattaché à l’ensemble de la dont le commandement était en territoire français, c’est bien celle-ci qui serait impliquée par l’éventuelle coordination entre états-majors français et atlantiqueLothar Rüehl, La Coopération franco-allemande à l’appui de l’Alliance et de l’Europe, Revue de l’OTAN, Bruxelles, décembre 1987.. Une structure permanente, comportant une commission centrale et trois commissions de planification (AFCENT, CENTAG, NORTHAG), est créée à cette date.
En 1976 ont lieu des entretiens entre les ministres de la Défense de la France et de la République fédérale d'Allemagne sur le retrait partiel de troupes françaises d'Allemagne de l'Ouest soit environ .
Conclu en 1978, l’accord Biard-Schulze porta sur les procédures nécessaires à cet égard, bien qu’il fût précisé qu’il n’avait qu’une « portée générale »Frédéric Bozo, La France et l’OTAN, Masson, Paris, 1991.. À partir du début des , des initiatives nouvelles sont venus préciser les hypothèses d’actions conjointes entre forces françaises et atlantiques telle de la décision d’envisager l’engagement du nouveau troisième corps d’armée, créé à Lille, au-delà de la ligne Rotterdam-Dortmund-Munich, admise auparavant comme limite extrême d’éventuels mouvements français.. À l'occasion de consultations gouvernementales franco-allemandes en , les deux États conviennent d'organiser leur coopération militaire et de sécurité conformément au traité de l'Élysée Chronologie des relations franco-allemandes..