Le mot russe katorga (en ), que l'on peut traduire par « bagne », désigne une partie du système de répression pénale de l'Empire russe. Les condamnés étaient envoyés dans des camps très éloignés, situés dans de vastes régions peu habitées de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe, où ils étaient contraints de travailler.

Le mot vient du grec du verbe kateirgein, « réprimer », « enfermer » (dans des galères, par exemple) ou du mot katergon (κατεργων), galère.

Contrairement aux camps de concentration, la katorga fait partie du système judiciaire normal de l'Empire russe. Les camps avaient des caractéristiques communes : confinement, infrastructure simplifiée (par opposition aux prisons) et travail forcé (tâches généralement très pénibles).

Historique

La katorga débute dès le .

En 1722, l'empereur Pierre le Grand ordonne l'exil des criminels, avec femme et enfants, dans les mines d'argent de Daourie, en Sibérie orientale.

Prisonniers politiques célèbres La katorga est la seule instance du système de répression pénale de l'Empire russe à ne donner aucun privilège aux prisonniers politiques..

Arrêté avec du cercle de Petrachevski en 1849, l'écrivain Fiodor Dostoïevski est condamné aux travaux forcés à la forteresse d'Omsk. Il est libéré en 1854Fédor Dostoïevski, Souvenirs de la maison de morts, Éditions Gallimard, Paris 1950, , .. De cet emprisonnement, il écrit le livre Souvenirs de La Maison des Morts.

Anton Tchekhov ne fut pas à proprement parler un détenu de la katorga, mais il séjourne entre et dans un camp sur l'île de Sakhaline, dans l’Extrême-Orient russe, afin de témoigner des conditions de vie. L'essentiel des écrits de Tchekhov sur la katorga est rapporté dans L'Île de Sakhaline, en 1893.

En 1877, Élisabeth Dmitrieff suit en Sibérie orientale son mari condamné à huit ans de bagne ; ils vivent ensuite exilés dans plusieurs villes, dont Krasnoïarsk de 1898 à 1902.

Félix Dzerjinski, futur fondateur de la Tchéka, est déporté deux fois pour activité révolutionnaire, en 1897 et en 1900.

Staline effectue plusieurs séjours au bagne sous le règne de Biographie de Staline : après s'être évadé en 1902 et 1908, il est finalement isolé de 1913 à 1917 dans un établissement sur le fleuve Ienisseï ; il est relâché au moment de la révolution de Février.

Après la révolution russe de , la katorga est prolongée par les bolcheviks : les camps du Goulag sont massivement développés.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Souvenirs de la maison des morts de Fiodor Dostoïevski L'Île de Sakhaline d'Anton Tchekhov Vladimirka Goulag Sybirak (1888-1962), Dans les bagnes du tsar

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