Une carte stéréoscopique est un support contrecollé de deux photographies identiques, appelées stéréogrammes, de façon à traduire un relief stéréoscopique par le biais d'un appareil appelé stéréoscope.

Ce dispositif commence à être très en vogue à partir du milieu du et perdure jusqu'au début du .

Les épreuves photographiques étaient tirées par contact sur papier et contrecollées sur une carte de format normalisé. Elles furent à partir de la fin du siècle, imprimées.

Un phénomène mondial

Le principe d'une vue stéréoscopique remonte à la fin des années 1830. Des images stéréoscopiques sont conçus au moment de l'invention du stéréoscope par Charles Wheatstone en 1838. On trouve sur les premières cartes des dessins et des gravures.

L'image photographique apparaît avec l'invention du procédé daguerréotype (1839). David Brewster conçoit un stéréoscope portatif en 1849, qu'il fait perfectionner l'année suivant grâce à une maison d'optique parisienne, Soleil et Duboscq.

En 1854, la London Stereoscopic and Photographic Company basée à Londres, commence à éditer massivement des cartes stéréoscopiques à partir de clichés, et des stéréoscopes.

Le phénomène commercial prend ensuite de l'ampleur au cours des années 1860. Il existe des cartes françaises, britanniques, allemandes, italiennes...

Mais le phénomène ne s'est développé nulle part autant qu'aux États-Unis : les cartes américaines sont de loin les plus abondantes, le stéréoscope de Holmes, conçu en 1861, portatif, connaît un succès commercial.

Les thèmes

Le tour du monde en relief : Les journaux de cette époque ne peuvent publier des images autrement que par des gravures au trait, souvent issues de photographies : avec ces cartes, on peut admirer le monde à partir de vrais tirages photographiques, et de plus, en relief. Ce réalisme documentaire fait que l'on achète quantité de vues stéréo pour le plaisir et pour l'éducation des enfants.

Les grands de ce monde : La stéréoscopie montre les dirigeants politiques, religieux, comme ils sont vraiment et non en profil de médailles, comme ils l'étaient depuis l'antiquité. Les portraits de Napoléon III, Abraham Lincoln sont bien connus, tout comme ceux des papes de l'époque.

La vie quotidienne : On s'intéresse aux petits métiers de la rue, mais aussi aux activités exotiques ou coloniales.

Théâtre et humour : La carte stéréoscopique s'efforce d'être un théâtre ouvert sur le monde, jusque dans ses fenêtres arrondies dans la partie supérieure, imitant la forme des scènes du monde entier. Une autre spécialité stéréoscopique est l'apparition de fantômes effrayants ou des danses macabres appelées « diableries », également en vogue dans le précinéma : les deux disciplines sont souvent liées par une même inspiration. On relève aussi des exemples de vues humoristiques prises en studio, qui, dès les années 1850, montrent des individus désopilants qui reçoivent des seaux d'eau sale ou se cassent la figure sur des meules de foin. Des scènes poignantes montrent aussi les amours contrariées de Roméo et Juliette, ou du fils de la voisine qui est parti soldat.

Scènes bibliques : Elles sont de deux sortes : reconstitutions en plâtre, ou bien scènes en studio. Des images antireligieuses se vendent aussi aux amateurs du genre, nombreux à cette époque.

Scènes érotiquesPierre Eléonor Lamy (1861) — Études de femmes à demi-nues, notice du catalogue de la BnF.

Vues pour la rééducation oculaire : Ces vues-là sont destinées à redresser les yeux. On en trouve chez les ophtalmologistes, sous différentes formes, et jusqu'à nos jours.

Les cartes pour stéréoscope thumb|Norman Rockwell : couverture du Saturday Evening Post (janvier 1922) illustrée d'un enfant qui utilise un stéréoscope. Dessins reproduits en gravures, parfois colorisées.

Vues photographiques en noir et blanc : Dès qu'il fut possible de tirer des vues sur papier en séries (collodion humide, puis papier albuminé après 1855), on put diffuser et vendre des stéréoscopes et des vues photographiques en stéréo. La production augmente sensiblement dans les années 1850-1860.

Vues photographiques colorisées à la main : On tenta de donner encore plus de réalisme par des touches de couleurs exécutées à l'aquarelle et au pochoir.

Vues photographiques peintes avec effet de transparence : Ces vues ne présentent pas le même aspect suivant qu'on les observe en éclairage direct, ou bien par transparence : on voit par exemple un monument de jour, et le même de nuit à travers la flamme d'une bougie.

Vues imprimées : photolithographiées, puis vues tramées en noir et blanc par similigravure, puis en couleurs apparurent dès la fin du s.

Le format carte postale Des séries économiques de cartes postales imprimées en noir et blanc au format standard furent proposées en pochettes de papier cristal, dès que ce fut techniquement possible.

Vers 1900, l'épicier Julien Damoy se fait pour l'occasion éditeur de cartes postales stéréoscopiques, pour lesquelles il fait construire un stéréoscope à prismes, avec des optiques de qualité, livré dans un écrin gainé de la meilleure facture.

Un nouveau départ grâce à l'image numérique La technique numérique étant actuellement plus apte à produire des tirages papier de qualité que des vues transparentes adaptées aux stéréoscopes classiques à oculaires et verre dépoli, certains adeptes préfèrent produire sans grande difficulté (grâce à des logiciels), leurs cartes stéréoscopiques, à partir de fichiers d'images numériques prises en stéréoscopie.

Galerie

Notes et références

Voir aussi

Stéréoscope (visionneuse pour vues stéréoscopiques) View-Master (visionneuse et carte de diapositives)

Catégorie:Stéréoscopie