Pierre Moussa, né le à Lyon et mort le à Issy-les-MoulineauxRelevé des fichiers de l'Insee, est un haut fonctionnaire français devenu banquier.

Biographie

Jeunesse et études Son père était un universitaire égyptien et sa mère une sage-femme française, fille de sage-femme. C'est sa mère qui l'a élevé, son père étant rapidement retourné en ÉgyptePaula Boyer, "Pierre Moussa, le banquier lettré", La Croix, 7 octobre 2011.

Pierre Moussa entre en 1940 à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Il est reçu à l'agrégation de lettres en 1943.

Il est le demi frère de l'homme politique égyptien Amr Moussa

Parcours professionnel Se destinant à une carrière dans la haute fonction publique, il entre en 1946 à l'Inspection générale des finances dont il sort major. Il partage ensuite sa vie entre les cabinets ministériels, les postes de haut fonctionnaire (Directeur du transport aérien, Président de la Fédération française des sociétés d'assurances…) et les grandes organisations internationales (OCDE, Banque mondiale). Il occupe plusieurs fonctions liées à l'outre-merEn particulier, le 1/1/1951, il est à la DREE comme chargé des travaux liés au Plan Marshall et secrétaire permanent du Comité des approvisionnements, poste dans lequel il succède à Guy de FRONDEVILLE, ingénieur en chef des mines qui lui-même est transféré en Tunisie comme Chef du service des Mines.

. En 1962, lorsque la Banque Mondiale créa un nouveau département, consacré au continent africain, Pierre Moussa fut le premier directeur de ce département, et le demeure 3 ans.

En 1965, il passe dans le privé. En , Jacques de Fouchier lui confie le poste de directeur général adjoint de la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas) et quelques mois plus tard, il en devient le directeur général. En 1975, il devient vice-président, puis président-directeur général (1978-1982) de la Compagnie financière de Paris et des Pays-Bas.

Lorsque le gouvernement de Pierre Mauroy entreprend un certain nombre de nationalisations (loi du 13 février 1982), dont celles des compagnies financières Suez et « Paribas », Moussa, après avoir en vain essayé de convaincre le gouvernement, d'abord de ne pas nationaliser Paribas, puis de limiter la nationalisation à la partie bancaire de Paribas, imagine un procédé (dit opération « Arche de Noé ») qui permettra de soustraire au fisc français l'essentiel des actifs de la société qu'il dirige : après transfert de fonds vers les filiales belges et suisse de la compagnie : (Compagnie belge de participations-Cobepa et Paribas Genève SA-Pargesa) en transférant une partie de leur capitalMartine Vanden Driessche, PIERRE MOUSSA: LES AMIS BELGES, Lesoir.be, 27 octobre 1989 à un nouveau holding, la société suisse Pargesa, contrôlée par des partenaires étrangers de Paribas, dont Albert Frère. La réalisation de ce plan est confiée à Gérard Eskénazi, tandis que Moussa, montré du doigt par le gouvernement français, doit démissionner de la présidence de la compagnie et part à l'étranger Cf. .. Inculpé par la XI chambre correctionnelle du tribunal de Paris sur deux plaintes du Ministère du budget (2 et ), Pierre Moussa est relaxé contre toute attente le , cependant que 22 de ses collaborateurs sont condamnés à des peines de prison, dont quatre par contumace. Il revient en France en 1986, sous le gouvernement Chirac.

En 1984, Pierre Moussa créa Pallas group (devenu ensuite Pallas holding)Pierre Moussa: Au vrai chic financier, Nouvel Obs, 12 septembre 1986 dont il demeure président-directeur général jusqu'à sa fusion avec la banque Pallas-Stern, la petite Banque Morhange, et la Compagnie industrielle de Paris (COMIPAR) en 1992. Pallas-Stern, fortement touchée par l'effondrement de l'immobilier du marché parisien à partir de 1991, déposa son bilan en 1995 ; mais selon l'IFRAP, Pierre Moussa porte une responsabilité décisive dans le dépôt de bilan de cet établissementCf. le mensuel Société Civile publié par l'IFRAP, n° du 20 mars 2006..

Pierre Moussa préside le club Le Siècle du au .

En 1999, il crée, avec son épouse Annie, décédée en 2014, la Fondation pour l'entreprise africainePierre Moussa, un exemple, Fondation Alliance Française, reconnue d'utilité publique.

Parcours professoral Pierre Moussa enseigne à l'École nationale de la France d'outre-mer de 1955 à 1959. Il est maître de conférences, puis professeur, à l'École nationale d'administration de 1956 à 1960, et à l'Institut d'études politiques de Paris de 1959 à 1971.

Bibliographie Irène Inchauspé - Une faillite si convenable (1999), éd. Calmann-Levy Maurice Bonnet - Enquête sur le destin (essai), éd L'Æncre, 2015

Écrits de Pierre Moussa Les nations prolétaires, PUF, 1959 Les États-Unis et les nations prolétaires, Seuil, 1965 La Roue de la fortune. Souvenirs d'un financier, Fayard, 1989 - Prix Jackie-Bouquin Caliban naufragé, les relations Nord/Sud à la fin du , Fayard, 1994 Notre aventure humaine, Grasset, 2005 Les 25 empires du désert, Saint-Simon, 2011

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Complexe hollandais École nationale de la France d'outre-mer

Liens externes

Biographie de Pierre Moussa sur le site Sciences Po

Catégorie:Haut fonctionnaire français Catégorie:Inspecteur des finances Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Officier de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Chevalier de l'ordre national du Mérite Catégorie:Banquier français du XXe siècle Catégorie:Personnalité liée à BNP Paribas Catégorie:Membre du Siècle Catégorie:Enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris Catégorie:Naissance en mars 1922 Catégorie:Naissance dans le 3e arrondissement de Lyon Catégorie:Décès en juin 2019 Catégorie:Décès à Issy-les-Moulineaux Catégorie:Décès à 97 ans Catégorie:Enseignant à l'École nationale d'administration (France)