On qualifie de stoïchédon (du grec ancien / , « en rang, en file » [adverbe], dérivé du verbe / , « marcher en rang, être aligné ») le tracé d'un système d'écriture qui aligne les lettres à la fois horizontalement et verticalement, à la manière de l'alignement en rang d'une armée. Les lettres occupent alors un espace identique quelle que soit leur taille (par exemple i et w prennent le même espace) et chaque ligne comprend un nombre constant de symboles, ce qui a pour conséquence qu'un mot peut se retrouver à cheval sur deux lignes.

Le stoïchédon a été fréquemment utilisé avec l'alphabet grec, en particulier dans les inscriptions monumentales du C'est surtout fréquent à Athènes. Ce format peut être utilisé conjointement avec la forme normale, comme dans l'inscription datée de -457, actuellement au Louvre, dressant la liste des morts à la guerre de la tribu Érechtéide, où le stoïchédon n'est utilisé que pour les trois colonnes de noms propresAlphonse Dain, « L'écriture grecque », M. Cohen et J. Peignot, Histoire et art de l'écriture, Paris, Laffont, Coll. Bouquins, 2005, p. 623.. De telles inscriptions sont pratiques pour la transcription épigraphique de documents lacunaires : on sait en effet à l'avance combien de lettres l'on doit trouver par ligne (d'autant plus que l'espace séparateur de mots n'était pas courant).

Les écritures à base de sinogrammes s'écrivent en stoïchédon.

Le style stoïchédon est considéré comme l'ancêtre des polices à chasse fixe, c'est-à-dire où les caractères occupent le même espace horizontal..

Références

Articles connexes

Boustrophédon

Catégorie:Écriture Catégorie:Typographie