Cézy est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie
Cézy se tient sur la rive gauche de l'Yonne à en aval du centre de Joigny. La commune s'allonge le long de la rivière, suivant la courbe d'un méandre ; elle inclut une partie de la rive droite de la rivière, les Hectares, s'étendant en un point jusqu'au chenal appelé « dérivation de Joigny. ». Un pont suspendu enjambe l'Yonne, reliant Cézy à l'île de l'Entonnoir en direction de Saint-Aubin-sur-Yonne en rive droite.
Le Tholon. parcourt environ dans le sud de la commune avant de se déverser dans l'Yonne en face de l'île TurenneCarte IGN montrant la confluence du Tholon avec l'Yonne.. Le Vrin des Marchands. (un bras du Vrin d'environ de long) se déverse dans l'Yonne en amont du château de Bellerive, et le Vrin. en aval du même château.
La D 606 suit en partie le tracé de l'ancienne voie romaine joignant Auxerre à Sens (passant par Joigny).
Communes limitrophes
Hameaux, lieux-dits et écarts Les hameaux suivis d'un astérisque sont situés à l'écart de la route indiquée. Les lieux-dits sont en italique.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ()..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Cudot_sapc », sur la commune de Cudot à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Cézy est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Joigny, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (62,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (47 %), forêts (26,6 %), zones agricoles hétérogènes (12,7 %), zones urbanisées (6,8 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,9 %), prairies (3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous la forme Cesiacus (631). ; Cesi (1302) ; Seizy (1365)..
Histoire En 1336, un document établit l'inventaire de la léproserie de Saint-Denis-de-Léchères, située autrefois sur le territoire de la paroisse de Cézy (aujourd'hui à Joigny)Le site de cet établissement est de nos jours un champ, toujours appelé Les Grand Malades, comme le montre . et qui remonterait au début du . La léproserie disposait d'une chapelle, d'un chapelain et d'un cimetière. Pour s'assurer des revenus, elle disposait également d'une exploitation rurale (granges, étables, porcheries, etc.), de vignes et d'un port d'embarquement sur l'Yonne. Outre les tonneaux de vin, le port Folet permettait d'acheminer des bois et charbons provenant de la vallée du Vrain et de ses alentours. Chaque année une foire se tenait aux environs de la léproserie. En 1334, l’archevêque de Sens, Guillaume de Brosse (issu des vicomtes de Brosse), fit don de la léproserie au chapitre de Paris qui possédait des vignes dans son environnement. Cette possession dura jusqu'à la fin du ..
En 1364, pendant la captivité du comte de Joigny Miles de Noyers (petit-fils du maréchal Miles de Noyers) à l'issue de la bataille d'Auray, une bande de routiers a envahi les châteaux de Cézy et de Saint-Aubin-Château-Neuf, et il a fallu payer une rançon de mille livres d'or afin de les faire sortir..
En 1434, à la fin de la guerre de Cent Ans, Philippe III de Bourgogne fit le siège de Cézy qui était alors une ville fortifiée.. De ces défenses il ne reste de nos jours qu'une porte et l’église.
Cézy se situe près de La Ferté-Loupière et de Courtenay, et à proximité immédiate de Joigny. L'hommage féodal était dû aux comtes de Joigny. La seigneurie initiale de Cézy, située dans le Jovinien (le pays de Joigny), était un membre du comté des Joigny (comté apparu entre 1055 et 1080, comme un démembrement du comté de Sens), se rattachant directement aux vicomtes de Joigny (cf. les articles Comté de Joigny et Joigny), et pouvant faire partie du douaire des comtesses de Joigny. De plus, depuis le siècle au moins, la seigneurie gravitait autour des possessions des Sancerre — et avant eux de leurs ancêtres Blois-Champagne-comtes de Troyes — voire des Courtenay et des Donzy. Mi- siècle-mi Cézy eut les mêmes seigneurs que La Ferté-Loupière, dont le célèbre Jacques Cœur.
En 1301, Blanche de Sancerre, fille du comte Jean de Sancerre et de Marie de Vierzon, épouse Pierre de Brosse, seigneur de Boussac, Huriel et Ste-Sévère († 1305/1315 ; frère de l'archevêque Guillaume de Brosse rencontré plus haut), et lui transmet Cézy. Les droits de Blanche sur Cézy lui venaient sans doute de sa mère Marie († ap. 1283), la probable fille de Guillaume II de Vierzon et de sa 2° femme Blanche de Joigny, dite dame de Cézy, elle-même fille de Guillaume de Joigny et de Béatrix de Sancerre ; on voit que même d'un point de vue généalogique, les liens entre les familles protagonistes sont fort enchevêtrés, d'autant que la 1° épouse de Guillaume de Joigny était Alix de Courtenay.
Leur fils Louis de Brosse de Boussac (1304-† 1356 à la bataille de Poitiers), épouse Jeanne de Saint-Vérain, dite aussi dame de Cézy : était-ce son douaire ? Avait-elle des droits personnels sur Cézy ? Ou bien s'agit-il de Cessy ou d'un toponyme voisin ? ; elle était fille de Gibaud de St-Vérain-La Celle (cf. Racines&Histoire, ) et de Jeanne de Linières [mariés vers 1300 ; possible fille de Jean III de Linières († 1338), elle était dite aussi dame de Cézy, d'où les mêmes questions : son douaire ? ou de son propre chef ? ou d'une autre terre homonyme ? Par les Linières, on peut remonter aux Joigny et aux Courtenay ; par les St-Vérain, aux Courtenay-(Champignelles)-Bléneau, etc. Dans les cas qu'on a rencontrés, s'il ne s'agit pas de douaires ou d'homonymies, mais bien de possessions propres concernant notre Cézy, on doit admettre que la seigneurie-châtellenie initiale de Cézy s'était divisée en plusieurs parts, qui par des mariages cherchaient à se réunir, ou bien qu'il y avait dès le départ plusieurs seigneuries, à unifier...]. Puis la fille cadette de Louis de Brosse et Jeanne de St-Vérain, Blanche de Brosse, dame de Cézy, maria un cousin éloigné, Guy de Chauvigny de Châteauroux, vicomte de Brosse. Leur fille Marguerite de Chauvigny maria en 1366 son cousin éloigné Philippe de Linières, Grand Queux de France en 1401 († 1411), dont la grand-mère paternelle était Agnès/Marie de Sancerre-Sagonne, petite-fille de Jean de Sancerre. D'où Jean V de Linières († ap. 1432 ; Postérité), aussi Grand Queux de France.
Mais dès avant , le roi Charles V semble posséder Cézy (par cession de Marguerite de Chauvigny ?), qu'il donne le au marmouset Bureau de La Rivière († 1400), chambellan et véritable ami du roi.
Son fils Charles de La Rivière († 1429/1432 ; sans postérité connue), par mariage avec Blanche de Trie : comte de Dammartin, seigneur de Nesle et Mondoubleau, fidèle aux rois Valois, perd Cézy le /1422. Car la terre de Cézy est alors confisquée par les Anglais au profit de Guy de La Trémoïlle, sire d'Uchon et de Bourbon-Lancy, neveu de Guy VI, par alliance comte de Joigny († av. 1438 ; Postérité ; il était le cousin germain d'Isabeau de La Trémoille, fille de Guy VI et 2° épouse de Charles de La Rivière). La sœur de Charles, Jeanne de La Rivière († v. 1445), récupéra peut-être les droits sur Cézy, et en tout cas maria vers 1392 l'amiral Jacques de Châtillon (1365-† 1415 à Azincourt), d'où Isabeau de Châtillon († 1437), première femme de Jean IV de Courtenay-Champignelles (v. 1410-1472 ; Sans postérité), qui, prodigue, dut vendre vers 1450 ses biens à Jacques Cœur (v. 1395/1400-1456 ; disgracié puis saisi vers 1451-1453). L'argentier du roi acquit aussi Cézy, que ce fût sur Jean IV de Champignelles et/ou sur les La Trémoïlle-Joigny.
On trouve ensuite, mi- siècle-mi- siècle, le même destin seigneurial que La Ferté-Loupière-châtellenie de la Couldre-avec Villiers-sur-Tholon : après les Cousinot, les descendants de Jacques Cœur - son fils Geoffroy Cœur († 1488), mari d'Isabelle Bureau de Monglat et père de Germaine Cœur de Monglas - l'emportent (après accord avec le fils d'un autre acquéreur — spoliateur serait plus juste !), Antoine de Chabannes, comte de Dammartin (1408-1488) : Jean de Chabannes-Dammartin (v. 1462-1503)) :
les Harlay (Germaine Cœur de Monglat/de Monglas, fille de Geoffroy et petite-fille de Jacques Cœur, ayant épousé en 1493 Louis de Harlay († 1544) ; grands-parents de Jacques de Champvallon), suivis des princes de Courtenay-Chevillon et Bléneau (car l'héritière Lucrèce-Chrétienne de Harlay, comtesse de Cézy - son père Philippe de Harlay (1582-1652), ambassadeur auprès de la Sublime Porte avait été fait comte de Cézy - épousa en 1638 le prince Louis de Courtenay-Chevillon-Bléneau), puis des Bauffremont-Scey-Listenois (car l'héritière Hélène, princesse de Courtenay et comtesse de Cézy, maria en 1712 Louis-Bénigne de Bauffremont-Scey).
Jacques Cœur y avait un des plus beaux châteaux de la province.
Le 4 frimaire an II (), le conseil général de la commune, le comité de surveillance, le juge de paix et ses assesseurs, la Garde nationale et la société populaire, ont fait brûler place de la Croix-Saint-Abdon tous les papiers et titres féodaux, puis ont planté un marronnier qui symbolisait l'arbre de la liberté.
En 1802, un recensement, effectué par le contrôleur Lallier, a dénombré et , dont 68 (26,15%) avaient un toit de chaumeJean-Luc Dauphin et Jean-Paul Delor, De tuile et de brique, Les amis du vieux villeneuvien, 1994..
Jusqu'en 1846, il existait un bac pour franchir l’Yonne. À son emplacement, un pont suspendu de a été inauguré le . Le village de l'époque compte environ habitants.