Héry est une commune française située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie

La commune se situe à 13 kilomètres au nord d'Auxerre, au bord de la forêt de Saint-Germain. Elle s’étend sur 7,7 kilomètres de longueur dans le sens nord-sud. Le bourg comprend trois sections : la ville, incluant l’église et le château ; la partie orientale dénommée Sevry ; et au sud le Tertre où se trouvent un cimetière romain et une chapelle de Notre-Dame de la Pitié du .

Voies de communication

La commune est traversée dans le sens nord-sud par la D84 joignant Mont-Saint-Sulpice, Brienon-sur-Armançon, Bellechaume et Arces-Dilo au nord, avec Monéteau et Auxerre au sud. La sortie 19 de l'autoroute A6 est à km au sud.

La N77 Auxerre – Troyes passe à 7,2 km à l'est sur Pontigny et à 8,9 km au sud sur Monéteau. La D606 Auxerre/Avallon – Joigny/Sens passe à 11,6 km à l'ouest, sur Bassou.

Les gares les plus proches sont celles de Laroche - Migennes (la mieux desservie) à 11,8 km et celle d'Auxerre à 12,5 km Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..

Communes limitrophes

vignette|redresse=1.8|centre|Carte de la commune de Héry et des proches communes.

Hameaux, lieux-dits et écarts

Les hameaux suivis d'une astérisque sont situés à l'écart de la route indiquée. Les lieux-dits sont en italiques.

Le Moulin d'Héry est mentionné en 1398, désigné comme le "moulin neuf près du Gué-de-Fer".. Les "Moulins-Neufs près du Gué-de-Fer" sont déjà mentionnés vers 1233, faisant l'objet d'une donation - avec les droits féodaux - d'Étienne de Seignelay à l'abbaye de Pontigny..

Les Vieux-Moulins étaient autrefois appelés Espaillard ; une charte de 1196 mentionne les îles et les ormes du moulin d'Espaillard, détruit en 1747 par les moines de Saint-Germain qui le trouvaient trop ruineux d'entretien..

Hydrographie

Le principal élément hydrographique sur la commune est le Serein qui la traverse d'Est en Ouest, au nord du bourg. Très méandreux, il est aussi très ramifié avec deux bras successifs en rive gauche, eux-mêmes reliés par un troisième bras. Le premier bras entoure l'île d'Yquois ; l'île formée par le deuxième bras est entièrement occupée par les bâtiments et terrain de l'usine Davey Bickford.

La commune est traversée d'Est en Ouest par le Grand Ru, qui commence à la limite Est de commune, coule à peu près parallèle au Serein jusqu'à Héry puis fait un coude à angle droit vers le nord pour rejoindre le Serein au niveau des trois étangs des Prés Fageot. Sur son chemin il reçoit sur sa rive gauche, venant tous trois du sud, le ru des Corbiers, le ru de la Mouillère puis le ru des Noues de Cuillon.

Dans le sud, deux petits affluents du ru de Sinotte (affluent direct de l'Yonne) prennent source dans la forêt de Saint-Germain et coulent vers le sud-ouest. Le premier a formé la vallée des Teilles, le deuxième, plus à l'Ouest, la vallée des Vieux Rus.

La forêt de Saint-Germain

Située dans la partie sud de la commune, la forêt de Saint-Germain est traversée dans le sens plus ou moins Est-Ouest par la Grande allée, et dans le sens nord-sud par l'allée de Saint-Germain. Elle est nommée d'après l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre, qui l'a eue en fief pendant plusieurs siècles.

Elle est prolongée par les Usages à l'Ouest, le bois du Moreau au N-O, le bois de la Justice au N-E, les Usages sur la commune de Rouvray au N-E, la Garenne du château de la Resle sur la commune de Montigny-la-Resle au S-E, le bois aux Moines de Villeneuve-Saint-Salves au sud, le bois des Teilles (principalement sur Villeneuve) prolongé au sud par le bois des Clousots (principalement sur Sougères-sur-Sinotte, commune de Monéteau). Le tout forme un massif boisé de plus de hectares d'un seul tenant.

Elle est également traversée par la D203 sur environ 1,5 km sur la commune (bois et la route continuent sur Villeneuve-Saint-Salves).

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Ligny-le-Châtel », sur la commune de Ligny-le-Châtel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Héry est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Auxerre, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (48,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (50,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (42,1 %), terres arables (26,5 %), prairies (15,3 %), zones agricoles hétérogènes (7 %), zones urbanisées (5,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,9 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ariacum au (Chronique de Frédégaire). [?] ; Airiacus en 853. ; Airiacense seu Airiacum vers 1020. ; Heriacum en 1188 ; Héri en 1230 ; Eriacum ; Eiry en 1339 ; Ery en 1403 ; Airiacum en 1771 (Dictionnaire de Trévoux). ; Airiac en 1847.

Il s'agit d'une formation toponymique gallo-romaine en -(i)acum, suffixe d'origine celtique (gauloise) servant à définir un lieu ou une propriété. Il est précédé d'un anthroponyme selon le cas général. Albert Dauzat suggère le nom de personne latin Arius, mais les formes anciennes reflètent l'influence du nom de personne germanique Heric. Dauzat exclue la forme du à la suite de Maximilien Quantin, qu'ils considèrent sans doute comme se rapportant à Héry (Nièvre).

Pour Xavier Delamarre, le nom de personne Arius est gaulois et procède d'une forme initiale Ariíos > Arios, dont le sens premier est « (celui) qui est en avant », d'où peut-être « homme libre, seigneur ». Ce nom se retrouve sur l'inscription en langue gauloise de Saint-Germain-Source-Seine (à quelque 120 km d'Héry) : aresequani ariíos iourus luciío[n] nertecoma[ri] « Les Aréséquanes et Arios ont dédié [la stèle de] lucios fils de Nertecomaros ». Le nom propre Arios est un proche parent du nom commun vieil irlandais aire, airech « homme libre, noble, chef, prince ». Une comparaison immédiate s'opère avec le sanskrit áryaḥ « maître, chef » et aryaḥ « aryen », mais elle reste controversée.

Homonymie avec Héry (Nièvre, Ariacum 721), à 128 km de Saint-Germain-Source-Seine ; Héry-sur-Alby (Haute-Savoie, Ariaco 879) ; etc..

Histoire Antiquité

Le terroir est occupé avant l'époque gallo-romaine.

Le Serein forme la limite nord du territoire des Éduens pendant une partie de leur époque, incluant aussi Seignelay et jusqu'au-delà de l'Yonne ; plus tard Héry devient la dernière place du comté de Tonnerre. Au nord le territoire des Lingons descendait jusqu'à Pontigny et au-delà vers les Baudières, incluant Rouvray, Venouse, Pontigny, Ligny et Maligny ; jusqu'en 1789 Pontigny marquait la limite du diocèse de Langres, ancienne capitale des Lingons..

Plusieurs voies antiques passent près du village, la plus célèbre étant la Via Agrippa de l'Océan qui traversait Héry et passait le Serein aux Baudières.. De ces voies antiques il reste quelques vestiges comme un vieux pont romain situé entre Héry et Rouvray (village voisin).

Plus de cinquante tombeaux de l'époque antique. ont été découverts aux Baudières près de la voie antique, dont les squelettes montraient une ossature 1/3 plus grande et des mâchoires plus puissantes que les nôtres, ces dernières portant 34 et jusqu'à 36 dents. La pierre des tombeaux provenait probablement de Chablis.. Indépendamment ou non de ce cimetière d'origine inconnue, le couvent d'Héry ou la paroisse a probablement enterré ses morts aux Baudières : un chemin d'Héry aux Baudières est encore appelé le chemin des morts..

Les tombeaux du bourg d'Héry, répartis sur deux locations, se trouvaient autour et dans les murs de l'ancienne église (plus d'une vingtaine), et dans la cour du couvent de bénédictins d'HéryCoordonnées de l'ancien couvent de bénédictins d'Héry, actuel presbytère : . C'est dans cette cour qu'ont été trouvés huit tombeaux. appartenant à l'abbaye de Saint-Germain (huit tombeaux retirés lors d'une excavation dans la cour, ce qui laisse supposer qu'au moins une partie du couvent a été bâtie sur un cimetière). Quant à l'église, il s'agit de celle ruinée vers le ou , qui se trouvait dans l'ouest du village au lieu-dit encore appelé en 1833 la Prière ou, par déformation, la Prigèze., à environ de la rue du Tartre« rue du Tartre » : il s'agit de la rue du Tertre, qui part de la Grande rue vers le sud et vers le Tertre et la chapelle de Pitié. et « » (environ ) du chemin de Seignelay..

Des bains romains ont probablement existé près du Serein immédiatement en amont du bourg, attestés par la présence de tuyaux en terre cuite et les restes de démolitions à cet endroit. Ce terrain, un bois du domaine de BouillyDe nos jours, Bouilly est un village sur la commune de Vergigny., a appartenu dès avant le à l'abbaye de Saint-Germain qui possédait Bouilli.