Les musées du Capitole sont un ensemble de musées d'art et d'archéologie situés sur la place du Capitole, à Rome. Ils constituent le principal musée civique municipal de Rome, faisant partie du Sistema Musei di Roma Capitale (système muséal de Rome Capitale), avec une surface d'exposition de Touring Club Italiano - Dossier Musei 2009.

Fondés en 1471 et ouverts au public en 1734 sous le pape , ils sont considérés comme le premier musée au monde, conçu comme un lieu où l'art pourrait être apprécié par tous et pas seulement par les propriétaires d'œuvresAA. VV. Roma e dintorni, edito dal T.C.I. nel 1977, pag. 83. . Sandra Pinto, in Roma, edito dal gruppo editoriale L'Espresso su licenza del T.C.I. nel 2004, pag. 443. . AA. VV. La nuova enciclopedia dell'arte Garzanti, Garzanti editore, 2000, , alla voce "museo".. On parle de « musées », au pluriel, car à la collection originale de sculptures antiques a été ajoutée par le pape , au , la pinacothèque capitoline, constituée d'œuvres illustrant principalement des sujets romains.

Leurs collections comprennent des statues en marbre ou en bronze, des peintures, des mosaïques et des inscriptions, toutes en provenance de Rome et de sa région. Elles sont conservées dans les deux palais de la place du Capitole conçue par Michel-Ange, le palais Neuf et le palais des Conservateurs, siège historique des musées du Capitole, ainsi que plus récemment dans le palais Caffarelli al Campidoglio tout proche et à la centrale Montemartini, dans un faubourg de Rome.

Formation des collections

Au , la colline du Capitole, vaste zone de dévastations et d'abandon, est complètement dépouillée des temples, des arcs triomphaux et des statues qui avaient valu sa célébrité au Capitolium fulgens qui émerveilla les écrivains romains de l'Antiquité tardive.

Les musées du Capitole sont créés en 1471 par le pape pour accueillir quatre exceptionnelles statues de bronze, jusque-là conservés au palais du Latran et données au peuple romain : la Louve capitoline, le Camillus (statue)Dans la religion romaine le camillus (latin camillus, féminin camilla) est le jeune homme qui assiste le prêtre lors du sacrifice (.), le Tireur d'épine et deux fragments d'une statue colossale de Domitien (la tête et une main tenant un globe), s'inscrivant dans un vaste mouvement qui intéresse le patrimoine archéologique de Rome à partir du , époque à partir de laquelle il n'est plus considéré seulement en fonction de ses possibilités de réutilisation, mais comme un objet d'intérêt antiquaire et de collection. Comme le précise l'inscription conservée au palais des Conservateurs, il s'agit non d'une donation mais d'une « restitution » : « il jugea que ces remarquables statues de bronze, témoignage de la grandeur antique du peuple romain qui les avait créés, devaient lui être restituées et données sans réserveTexte latin original : . » : ces œuvres d'art avaient formé le thesaurus Romanitatis, représentant une sorte d'héritage du monde antique que l'Église avait recueilli et sur lequel elle avait jalousement veillé durant tout le Moyen Âge. choisit pour abriter les bronzes la colline du Capitole, dominée alors par le vieux palais sénatorial, lui-même bâti sur les restes du tabularium, siège des archives romaines. La Louve est placée sur la façade du palais des Conservateurs, en remplacement du groupe du Lion dépeçant un cheval, qui se trouvait là jusqu'alors, symbole des fonctions juridiques de l'autorité sénatoriale et seule sculpture du Capitole avant la donation de , et devient le symbole de Rome. Cette donation symbolise la continuité entre la Rome impériale et le pouvoir temporel de l'Église, affirmant la domination de la puissance pontificale sur le Capitole, faisant de cette colline antique le symbole même de la mémoire historique de Rome, par opposition au rôle de centre moteur de l'autonomie civile que défend alors âprement la magistrature capitoline..

La collection d'antiquités s'enrichit au fil du temps des donations de divers papes qui enrichissent les collections du musée. Entre la fin du et le milieu du , d'importantes sculptures d'antiques, amassées devant le palais des Conservateurs, d'une immense valeur historique et artistique, confluent au Capitole, confirmant le rôle de la colline comme musée public d'antiquités. Ainsi, la statue en bronze doré d'Hercule du Forum Boarium, découverte sur le forum Boarium à l'époque de , rejoint très vite le groupe original de bronzes. Acquise par les Conservateurs, elle est placée sur une base élevée devant leur palais en tant que « monument à la gloire de Rome », avant d'être déplacée dans la cour, où la représente Maarten van Heemskerck (1532-1537), puis transférée à l'intérieur du palais dans l'appartement des Conservateurs.

En 1513, deux statues colossales de divinités fluviales, trouvées dans les Thermes de Constantin (Rome) sur le Quirinal, sont placées aux côtés de l'entrée du palais : ces sculptures de l'époque de Trajan s'ajoutent en 1588-1589, à celles qui décoraient déjà l'escalier d'accès monumental au palais sénatorial..

En 1515, sont acquis trois grands panneaux en haut-relief figurant les scènes de la vie de Marc Aurèle. Ils appartenaient au décor sculpté d'un monument honorifique élevé à cet empereur à l'occasion de son triomphe en 176. Expressions accomplies de la sculpture à sujet historique de l'art romain, ils sont utilisés pour souligner la continuité idéale entre le monde antique et le Capitole de la Renaissance.

Dès 1523, les ambassadeurs vénitiens qualifient les collections capitolines des « plus belles et les plus célèbres au mondeEugenio Albèri (éd.), Sommario del viaggio degli Oratori Veneti che andono a Roma a dar l'obbedienza a Papa , dans Relazioni degli Ambasciatori Veneti al Senao, ( de la ), Florence, 1846, . Cité par Haskell & Penny, . ».

Au début du , une grande partie des sculptures est installée à l'intérieur du palais des Conservateurs, et les plus volumineuses d'entre elles placées dans la cour : à droite, lHercule du Forum Boarium et les restes du grand acrolithe de provenant de la Basilique de Maxence et Constantin ; à gauche, les trois hauts reliefs de Marc-Aurèle que a fait transférer de l'église Santi Luca e Martina. En 1594, la tête de l'acrolithe de Constantin est placée sur le tympan surmontant la fontaine de Marforio, qui décore le mur de soutènement de l'église de l'Aracœli. La tête colossale revient définitivement dans la cour des Conservateurs en 1639 comme l'atteste un dessin de Stefano Della Bella..

En 1537, le pape ordonne le transfert au Capitole de la statue équestre de Marc Aurèle et demande à Michel-Ange de redessiner la place du Capitole pour l'accueillir. L'aménagement s'étale sur un siècle : Michel-Ange remanie le palais sénatorial, qui donne sur le Forum Romain, mais la rénovation du palais des Conservateurs, à droite de la place, ne commence qu'en 1563.

En 1541, une grande statue d'Athéna, découverte et donnée à la magistrature civile à l'époque de , est installée sur la façade principale de la cour, dans une niche située face à l'entrée. Elle est utilisée sous comme élément central du décor du grand escalier du palais sénatorial conçu par Michel-Ange. Elle devait déjà avoir été déplacée du mur du fond de la cour pour permettre l'installation des fragments des Fastes consulaires retrouvés en 1546 sur la Forum romain, et donnés quelques années plus tard au Peuple romain par le cardinal Farnèse. Michel-Ange, selon le témoignage d'Onofrio Panvinio, contribue lui-même à la recomposition des fragments découverts et à leur présentation architecturale au Capitole : les Fastes capitolins, transférés en 1583 de l'actuelle salle de la Louve, sont alors remontés selon le projet de l'artiste tout en subissant, à cette occasion de profondes modifications.

En 1566, donne un lot de trente statues en provenance du palais du Belvédère (Vatican), jugeant inconvenant que le successeur de Pierre (apôtre) conserve chez lui des idoles païennesHaskell & Penny, .. Un nombre considérable d'œuvres d'art arrivent ainsi au Capitole dont elles viennent ainsi enrichir le « statuario », déplacé par la suite au rez-de-chaussée du palais des Conservateurs. Certaines statues sont placées sur l'ancien campanile du palais sénatorial et sur la façade de ce même édifice, réalisant ainsi le projet de Michel-Ange, tel qu'il est documenté par les gravures d'Étienne Dupérac.

Dans la seconde moitié du siècle, entrent notamment dans les collections, les deux statues de Jules César et du Navarque, le Brutus capitolin et la Lex de imperio Vespasiani. Ce document est installé en 1568 dans la salle des Horaces et des Curiaces, où se trouvaient également la main et le globe de Constantin, déplacés du portique extérieur du palais. Dans la cour, complètement restructurée, sont installés le sarcophage d'Sévère Alexandre, acquis en 1590, et le groupe du Lion dépeçant un cheval restauré pour l'occasion par Ruggero Bescapé.

Une fois les travaux du palais des Conservateurs achevés, les reliefs de Marc Aurèle sont murés au niveau du premier palier de l'escalier où ils se trouvent encore aujourd'hui.

Les statues colossales des Dioscures, découvertes vers 1560, sont dressées sur leurs piédestaux avec les plus grandes difficultés en raison de leur caractère très fragmentaire, qui nécessite une importante restauration qui commence en 1582 et dure de nombreuses années avant qu'elles ne soient installées sur la balustrade qui ferme la place en direction de la rampe. En 1590, les Trophées de Marius sont installés sur la balustrade, qui décoraient, dans l'Antiquité, la fontaine monumentale construite par Alexandre Sévère sur l'Esquilin. À cette occasion, deux lions égyptiens sont également placés au bas de la rampe.

Depuis lors, le musée s'est considérablement agrandi, comprenant non seulement des artefacts de l'époque romaine de grande quantité et qualité (statues, inscriptions, mosaïques), mais aussi des pièces d'art médiéval, d'art de la Renaissance et baroques. La première pierre du palais Neuf, jumeau de ce dernier, est posée en 1603 ; la collection d'antiquités est mieux répartie dès lors sa construction terminée en 1654. L'ancienne magistrature continue toutefois à utiliser les salles du palais des Conservateurs comme bureaux et siège de représentation.

Le est peu fructueux pour l'enrichissement de la collection. La diffusion du collectivisme privé et la naissance des grandes collections des palais patriciens absorbent les meilleures pièces du marché d'antiquités.

Le musée est ouvert aux visites publiques à la demande du pape près d'un siècle plus tard, en 1734. Son successeur, , inaugure la Galerie des tableaux du Capitole, acquérant les collections privées de la famille Sacchetti et de la famille Pio.

L'enrichissement des collections reprend de plus belle au . En 1714, le pape (1700-1721) fait don au musée de cinq statues égyptiennes trouvées aux environs de la Porte Salaria. En 1733, sous le pape (1730-1740), le musée achète la collection du cardinal Alessandro Albani, comprenant des pièces majeures comme les Satyres della Valle, la Junon Cesi ou encore une statue d'Antinoüs découverte à la villa d'Hadrien, mais aussi une série de portraits conservés aujourd'hui dans la salle des Empereurs et des Philosophes, qui suscitent beaucoup d'intérêt par leur valeur « documentaire ». L'abbé Jean-Jacques Barthélemy visitant le musée écrit ainsi au comte de Caylus :

En 1734, le musée est ouvert au grand public. Le Galate mourant rejoint les collections quelque temps plus tard en 1737, le Faune du Capitole en marbre rouge, en 1746, et la Vénus capitoline en 1750.