Pierre Joseph Farine, né au hameau du Creux, à Damprichard (Doubs) le et mort le à Santeny, est un militaire français.

Sa mère se nommait Marie Agnès Françoise Parent, et son père Jacques Ignace Farine.

Son épouse était Constance Jeanne Adélaïde Angélique Sougé.

Il eut quatre enfants: Victor Amédée Timoléon Farine, Claudine Françoise Angélique Louise Farine ( épouse d'Augustin Delmotte ), Constance Stéphanie Farine (épouse d'Antoine Fortuné de Brack ), et Louis Edouard Farine.

Biographie

Il entra, le , dans le des volontaires du Doubs, en tant que sous-lieutenant de la compagnie de grenadiers. Il se distingua au Blocus de Landau en 1793, devint adjoint à l'adjudant-général chef de brigade Heudelet, passa le Rhin avec Moreau, se fit remarquer à Renchen, Radstadt, Bopfingen, Neubourg, etc. Il fut assez heureux pour établir une communication avec l'armée de Sambre-et-Meuse, d'après l'ordre qu'il en avait reçu de Desaix. Chargé, dans la retraite de Moreau, de ramener à Huningue le parc général, les prisonniers, les bagages, etc., il fut rencontré par l'avant-garde du général autrichien Meerfeld, combattit à outrance contre des forces bien supérieures, reçut dans la mêlée plusieurs coups de sabre si violents, qu'il fut renversé de cheval, fait prisonnier et conduit en Bohême ; mais il avait sauvé le convoi. Il fut six mois captif à Thérésienstadt, fut échangé, nommé aide-de-camp du général Michaud en 1797, se distingua avec lui en 1800, au passage du Mincio. Il fit, comme chef d'escadron au , la campagne de 1805 sous Masséna, et se distingua au passage du Tagliamento. En 1806, il fit la campagne de Naples et fut commandant de place à Salerne.

Major du 29e dragons à Crémone le , il devint colonel du de dragon le . Ce régiment appartenait alors au de l'armée d'Espagne. Après un grand nombre d'actions d'éclat au siège de Badajoz (1811), à la bataille d'Albuera, etc., il eut deux chevaux tués sous lui à Usagre, tomba au pouvoir de l'ennemi, fut conduit en Angleterre. Il est resté célèbre pour son évasion d'Angleterre. Il fut nommé baron d'empire le , durant sa captivité. Il servait au mois de , sous le maréchal Macdonald, dont il protégea la retraite du Niémen à Dantzig. Il prit part, de janvier à , à la défense de Dantzig. Fut nommé, le , général de brigade, commanda la première ligne de cavalerie, qui chargea si rapidement les quatre redoutes russes à Pitzkendorf, et qui s'en empara. Le , la garnison ayant été forcée de se rendre prisonnière, le général Farine suivit son sort et fut emmené à Kiev en Ukraine.

L'abdication de l'Empereur Napoléon, son exil à l'ile d'Elbe et le retour des Bourbons ( avec le roi Louis XVIII ) lui permirent de rentrer dans ses foyers.

La Première Restauration des Bourbons fut mise à mal par le débarquement de Napoléon à Golfe Juan, le , et à mort par le retour de l'Empereur des Français à Paris, le .

Rallié à l'Empereur, il fut nommé commandant d'une brigade de cuirassiers de la division du général Delort, le . Le , à la bataille de Ligny, cette brigade chargea victorieusement les Prussiens. Le général ( maréchal de camp ) Farine y fut blessé. Le , à la bataille de Waterloo, il lança avec succès sa brigade de cuirassiers contre les cavaliers britanniques, au cours de la déroute du corps du lieutenant général Drouet d'Erlon, et participa ensuite aux charges héroïques du maréchal Ney sur le plateau de Mont-Saint-Jean. Il eut trois chevaux tués sous lui et fut blessé, de nouveau. Retraitant jusqu'à Paris, il dut s'y arrêter, pour soigner ses blessures.

L'abdication de l'Empereur, son exil à l'île de Sainte-Hélène et le retour du roi Louis XVIII sur le trône ( Seconde Restauration ) ne provoquèrent pas un coup d'arrêt dans sa carrière militaire.

Le , il fut chargé du licenciement d'une partie de la cavalerie dans la militaire à Moulins.

Inspecteur de cavalerie en 1816 et 1817, il commandait le dépôt général des remontes à Caen, le .

A l'occasion du baptême du duc de Bordeaux, le roi Louis XVIII lui concéda le titre de vicomte. Il fut confirmé vicomte par lettres patentes du .

Inspecteur de cavalerie en 1822 et 1823, il fut mis en disponibilité le .

Disponible sous la monarchie de Juillet, il n'obtint pas le grade de lieutenant général du roi Louis-Philippe et fut mis à la retraite à compter du .

Il est décédé le dans son château de Choigny (commune de Santeny, Val-de-Marne). Le baron de Berthois signa en tant que témoin son acte de décès, au lendemain de sa mort.

Distinctions Le 26 prairial an XII (), il fut nommé par l'empereur membre de la Légion d'honneur.

Le , il fut promu par l'empereur au grade d'officier de la Légion d'honneur.

Il fut nommé chevalier de Saint-Louis et commandeur de la Légion d'honneur par le roi, le .

Bibliographie

Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux & amiraux français de la Révolution et de l'Empire ( 1792-1814 ), Paris : librairie Georges Saffroy, 1934, p.437-438 Jean-Marie Thiébaud, Les Comtes, Vicomtes, Barons et Chevaliers en Franche-Comté et leurs liens avec de nombreuses familles françaises et étrangères. Dictionnaire historique, biographique et généalogique, Pontarlier, 2009, 512 p. Association yerroise d'histoire et de sciences militaires : Pierre Joseph Farine, fils de laboureur et général d'Empire, 2023

Notes et références

Catégorie:Naissance en octobre 1770 Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1814 Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1813 Catégorie:Personnalité militaire de la bataille de Waterloo Catégorie:Vicomte français du XIXe siècle Catégorie:Décès en Seine-et-Oise Catégorie:Décès en octobre 1833 Catégorie:Décès à 63 ans Catégorie:Décès à Santeny