L'Allemagne est, avec l'Angleterre, l'Écosse et la France, l'un des principaux berceaux de la franc-maçonnerie moderne, dite .

Histoire

Avant le

Bien que les loges y aient été nombreuses et importantes, les premières véritables loges spéculatives furent, en Allemagne comme partout en Europe, d'origine britannique.

Le et le

C'est probablement à Hambourg, en 1737, que fut fondée la première loge spéculative allemande. Elle prit en 1741 le nom . C'est une délégation de cette loge qui initia, le , à Brunswick, le futur roi de Prusse, Frédéric II, sous le règne duquel la franc-maçonnerie connaîtra en Allemagne un succès considérable. vignette|Frédéric Auguste, comte Rutowskivers 1729par Nicolas de LargillierreDetroit Institute of Arts Les premières loges allemandes portent des noms français : par exemple , ou , fondées à Dresde en 1738 par le comte de Rutowski, ou encore la célèbre loge , fondée à Berlin en 1740 et qui deviendra en 1744 la

En Allemagne comme en France, le et le début du furent marqués par les deux courants philosophiques des Lumières (axé sur la raison) et du Romantisme (privilégiant le sentiment). De par sa vocation à réunir dans une fraternité constructive des hommes d'opinions diverses, la franc-maçonnerie fut naturellement un lieu d'échanges de tout premier ordre, accueillant en son sein aussi bien des courants de pensée traditionnels tels que ceux de l'alchimie et de la Kabbale, que des conceptions très modernes telles que l'encyclopédisme. Il n'est donc pas étonnant de voir des hommes aussi éclairés que Lessing, Goethe ou Fichte s'y rejoindre et y côtoyer les héritiers des mouvements alchimiques ou Rose-Croix, entre autres.

Lorsque les hauts grades maçonniques, nés un peu partout de sources différentes, furent réorganisés en systèmes et en rites, celui qui eut le plus grand succès en Allemagne fut incontestablement celui dit de la "Stricte observance", fondé aux environs de 1750 par le baron de Hund, qui avait été initié aux hauts grades écossais à Paris.

Après le décès de son fondateur, en 1776, ce système sera réformé, entre autres à l'initiative du lyonnais Jean-Baptiste Willermoz, et, en 1782, il deviendra au convent de Wilhelmsbad le Rite Écossais Rectifié. Notons au passage que dès le Convent de Wilhelmsbad, les références à la sont connues pour ce qu'elles sont, à savoir des allégories et des légendes, et non pas des faits historiques.

Le

Au début du , la franc-maçonnerie allemande est divisée en deux grands groupes qui se reconnaissent mutuellement: Les trois grandes loges de Prusse, dont le siège est à Berlin. Pour elles, la franc-maçonnerie est chrétienne par essence, et en conséquence, elles refusent l'entrée de leurs temples aux juifs. Les cinq obédiences fondées au à Hambourg, Dresde, Francfort-sur-le-Main et Darmstadt, qui, elles, ne font pas cette distinction et qui sont désignées par les termes de .

Pendant la Première Guerre mondiale, la franc-maçonnerie allemande rompt ses relations avec les francs-maçonneries des pays de la Triple-Entente.

La montée du nazisme fut tragique pour la franc-maçonnerie allemande qui comptait alors quelque 600 loges et membres.

Dans un premier temps, les principales obédiences maçonniques allemandes, à commencer par les trois grandes loges prussiennes prirent des positions de plus en plus nationalistes. Seule une petite obédience apparue par scission en sous le nom de () avec un effectif d'environ 600 membres, prit des positions résolument opposées au nazisme .

En 1933, avec l'avènement du Troisième Reich, toutes les principales obédiences allemandes tentèrent de survivre en s'adaptant: Les grandes loges dites se transformèrent en sociétés profanes excluant les et la Grande Loge nationale déclara renier la franc-maçonnerie et s'appeler désormais . Seuls le Suprême Conseil et la Grande Loge symbolique d'Allemagne décidèrent de se mettre en sommeil plutôt que de faire acte d'allégeance au nouveau régime, ce qui valut à leurs dirigeants de faire l'objet de persécutions et de sévices, parfois mortels, de la part de la Gestapo en 1934 .

Le , le régime nazi prononça l'interdiction de la franc-maçonnerie et les loges qui existaient encore furent dissoutes. Seules deux obédiences, la Grande Loge symbolique d'Allemagne et la Grande Loge de Hambourg réussirent à poursuivre leurs travaux par l'intermédiaire de loges en exil, respectivement à Jérusalem et à Valparaíso.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale. La première loge reconstituée fut la plus ancienne: , à Hambourg, mais la maçonnerie allemande ne se releva que fort difficilement et ne parvint jamais, jusqu'à la fin du , à reprendre la place qui fut la sienne au cours des siècles précédents.

En 1949, seules 151 loges, provenant de diverses obédiences, seront représentées à Francfort-sur-le-Main pour constituer la nouvelle (). Dans le même temps, avec les forces d'occupation s'établirent un nombre important de loges militaires américaines et britanniques qui se réunirent en deux obédiences: l'Am et la .

En 1958, sous l'impulsion de Theodor Vogel, une réunit les cinq principales obédiences ouest-allemandes sous l'égide d'une confédération commune, les ().

En 1989, avec la chute du mur de Berlin puis la réunification, la franc-maçonnerie est de nouveau autorisée dans la partie orientale de l'Allemagne, après cinquante années d'interdiction et de persécutions.

Principales obédiences allemandes

Ces loges se réuniront en plusieurs obédiences, principalement du fait du morcellement de l'Allemagne de l'époque, mais également à cause questions de rites et de religions. Citons ainsi les trois grandes loges dites , qui n'initient que des chrétiens, bien que depuis leur reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, elles admettent désormais comme visiteurs des francs-maçons d'autres confessions:

la Grande Loge-Mère nationale aux trois globes (), issue de la Loge berlinoise . la Grande Loge des francs-maçons d'Allemagne () , qui fut présidée par le Kronprinz Frédéric de 1860 à 1874. la Grande Loge de Prusse () .

Parmi les autres grandes loges, dites , citons:

la Grande Loge de Hambourg () , qui eut la particularité de refuser les systèmes de qui florissaient, de manière quelque peu anarchique, au . la Grande Loge au soleil () issue en 1744 de la célèbre loge de Bayreuth. la Grande Loge-Mère de l'Union maçonnique éclectique (), ancienne , devenue indépendante en 1823 la Grande Loge de Saxe () (), fondée en 1811 à Dresde. la Grande Loge maçonnique de la concorde (), formée en 1846 par 5 Loges de Darmstadt et Mayence issues de . l'Union maçonnique au soleil (), fondée en 1903 à Nürenberg. la Grande Loge de la chaîne fraternelle allemande (), fondée en 1924 par cinq loges indépendantes. la Grande Loge symbolique d'Allemagne (), issue en 1930, à Hambourg, du .

Situation obedientielle

Actuellement existent en Allemagne des obédiences libérale et adogmatique ou dite selon les préceptes de régularité edictés par la Grande Loge unie d'Angleterre.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Franc-maçonnerie

Liens externes Vereinigte Grosslogen von Deutschland Grossloge A.F.u.A.M.v.D. Große National-Mutterloge Zu den drei Weltkugeln Grosse Landesloge der Freimaurer von Deutschland / Freimaurerorden VGLD Frauengrossloge von Deutschland Humanitas - Freimaurergrossloge für Männer und Frauen in Deutschland

* Catégorie:Histoire moderne de l'Allemagne Catégorie:Histoire culturelle de l'Allemagne Catégorie:Association ou organisme ayant son siège en Allemagne