Robert Houghwout Jackson, né le dans le comté de Warren (Pennsylvanie) et mort d'une crise cardiaque le à Washington (district de Columbia), est un homme politique et juriste américain. Membre du Parti démocrate, il est procureur général des États-Unis entre 1940 et 1941 dans l'administration du président Franklin Delano Roosevelt puis juge de la Cour suprême entre 1941 et 1954. Il est procureur en chef pour les États-Unis au procès de Nuremberg en 1945 et 1946.
Jeunesse Robert Jackson naît à Spring Creek Township, au Nord-Ouest de la Pennsylvanie et grandit à Frewsburg, qui est tout proche mais dans l'État de New York. Il étudie au lycée de Frewsburg, puis dans la ville voisine de Jamestown. À , il commence un apprentissage dans un cabinet d'avocat à Jamestown, il étudie deux ans à la Law School (école de formation des avocats) d'Albany, puis revient à l'été 1912 à Jamestown pour une autre année d'apprentissage. Il est reçu à l'examen du barreau de New York et ouvre son propre cabinet, toujours à Jamestown. Il mène pendant près de vingt ans une carrière brillante d'avocat dans l'État de New York. C'est même une des étoiles montantes du barreau à l'échelle du pays.
Gouvernement fédéral (1934-1940) Robert Jackson est nommé dans l'administration fédérale par le président Franklin Roosevelt en 1934. Il est d'abord responsable juridique (general counsel) à la direction des impôts (Bureau of Internal Revenue, aujourd'hui Internal Revenue Service) qui appartient au département du Trésor. En 1936, il devient procureur général adjoint (Assistant Attorney General, un poste de rang élevé au sein du département de la Justice), chargé des questions fiscales, puis en 1937 de la division antitrust. En 1938, il est nommé solicitor general des États-Unis : il est chargé d'organiser la représentation en justice du gouvernement des États-Unis et de plaider pour lui devant la Cour suprême. Il devient enfin procureur général en 1940 lorsque son prédécesseur William Francis Murphy est nommé à la Cour suprême.
Les premières années à la Cour suprême En 1941, le président de la Cour, Charles Evans Hughes part à la retraite et Franklin Roosevelt décide de promouvoir le juge Harlan Fiske Stone à la tête de la Cour. Il nomme en même temps Robert Jackson au siège laissé vacant par Stone. Il est un des grands juges de l'histoire de la Cour, une de ses grandes plumes, remarqué pour la vigueur de son style.
En 1943, c'est lui qui rédige l'opinion de la Cour pour un arrêt majeur, (Commission de l'éducation de l'État de Virginie occidentale contre Barnette, ou simplement « arrêt Barnette »). L'arrêt, dans un revirement de jurisprudence, rejette l'obligation faite aux enfants des écoles de saluer le drapeau et réciter le serment d'allégeance, se fondant sur la liberté d'expression garantie au premier amendement à la constitution. Robert Jackson, abondamment cité par la suite, écrit : ; et plus loin : .
L'année suivante, lors d'un autre arrêt historique, Korematsu v. United States (« Korematsu contre États-Unis ») et cette fois contre la majorité de la Cour, il conteste la légalité de l'internement des Américains d'origine japonaise résidant sur la côte Ouest pendant la guerre. . À l'inverse de son collègue Murphy, pour qui la décision d'éloignement des personnes d'origine japonaise relève de l'« abysse affreux du racisme », Robert Jackson ne veut pas se prononcer sur la nécessité militaire de l'évacuation. Mais au contraire de la majorité de la Cour, il refuse l'idée que la Cour, inapte à juger de la nécessité militaire, ne puisse qu'approuver : . Autant on ne peut exiger de l'armée en temps de guerre un respect permanent de la légalité () , autant la Cour doit veiller à ne pas y apporter la caution de la loi : .
Procès de Nuremberg
thumb|Robert Jackson s'adressant à la cour.
Le président Harry S. Truman charge Robert Jackson, juge à la Cour suprême et ancien procureur général des États-Unis, de la préparation du procès. Proche de Roosevelt, Jackson avait légitimé sur le plan juridique l’aide apportée aux Alliés par les États-Unis avant leur entrée en guerre. Dans un de ses premiers rapports à Harry Truman quant au but du procès, il fait part au président de ses convictions :
Robert Jackson fait le réquisitoire du procès., celui-ci reprend les grandes lignes des crimes imputés aux accusés : avant guerre, la prise du pouvoir, la suppression des libertés, la persécution des églises, et les crimes contre les Juifs ; pendant le conflit, le meurtre de prisonniers et d’otages, le pillage d'œuvres d'art, le travail forcé, etc. Il place la guerre d’agression, et donc les crimes contre la paix, au centre de son réquisitoire et lui oppose « la civilisation », entité supranationale, imparfaite, mais qui demande aux juges de mettre le droit au service de la paix..
Retour à la Cour suprême Après 1946, le juge Jackson retrouve Washington et la Cour suprême. Il ne parvient pas à en obtenir la présidence en 1946, mais y est très actif jusqu'au , où il est victime d'un infarctus. Il revient brièvement à la Cour en pour le prononcé de l'arrêt Brown v. Board of Education. Le , il meurt d'une crise cardiaque.
Robert Jackson dans la culture vignette|200px|Alec Baldwin incarne Robert Jackson dans Nuremberg. Cinéma Dans le film Nuremberg (2025), Robert Jackson est incarné par Michael Shannon.
Télévision Dans le téléfilm Nuremberg (2000), il est incarné par Alec Baldwin.
Bibliographie
Notes et références
Liens externes
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