Patrice Delbourg est un poète, romancier, chroniqueur, critique littéraire et musical français, né à Paris le , qui a publié une quarantaine de romans.

Biographie

Formation Après l'école primaire de la rue des Quatre-fils, cet enfant du quartier chic du Marais, a poursuivi ses études au lycée Charlemagne, à la Sorbonne puis à l'École Pratique des Hautes Études. Il a fait de ces quartiers de la capitale le décor de nombreux écrits, rejoignant en cela de grands écrivains de Paris, de Robert Desnos à Henri Calet. Carrière Patrice Delbourg fut journaliste aux Nouvelles Littéraires dans les années 1970Bio Le Figaro , puis à L’Événement du Jeudi, au Nouvel Observateur, mais aussi animateur d'ateliers d'écriture en milieu sensible, initiateur de lectures théâtralisées dédiées à des auteurs pairs tels que Max Jacob ou Blaise Cendrars.

Récompenses Il a été membre de l'académie Alphonse Allais et du grand prix de l'Humour noir, lauréat des prix Guillaume-Apollinaire et Max-Jacob. Parmi ses recueils poétiques, plusieurs furent distingués. Génériques a ainsi reçu les Prix de la Société des gens de lettres et Max Jacob ; L'Ampleur du désastre a été distingué par le Prix Guillaume Apollinaire en 1996. Un des critiques du Monde des Livres écrivait alors que « si Delbourg a le vocabulaire de tout le monde, sa façon de juxtaposer les mots est d'une modernité et d'une inventivité particulière. De celles qui font qu'une œuvre est sans pareille, de celles qui font la différence entre le prosateur et le poète »Pierre Robert Leclecq, « Delbourg sur notre chemin », Le Monde vendredi 2 février 1996, Le Monde des livres, ..

Il est invité d'honneur de l'Oulipo en 1986.

En 2024, Patrice Delbourg est distingué par l'Académie française qui lui décerne, avec une médaille d'argent, le prix Théophile Gauthier pour son recueil Le Singe du side-car paru la même année aux éditions du Castor Astral. Le prix Théophile Gauthier constitué, en 1969, par regroupement des Fondations Archon-Despérouses, Artigue, Jean-Marc Bernard, Jules Davaine, Caroline Jouffroy-Renault, Alfred de Pontécoulant, Amélie Mesureur de Wailly et Juliette de Wils est destiné à des auteurs de poésie lyrique.

Sujets de chroniques et romans « Arpenteur des livres et des chemins de traverse », particulièrement s'ils sont parisiens, Patrice Delbourg nourrit depuis le milieu des années 1970 une riche œuvre de « moraliste frondeur » en s'emparant de sujets aussi variés que la comptabilité des banqueroutes intimes, l'humour noir, la poésie contemporaine, la chanson française, les écrivains irréguliers, le sport ou les jeux télévisés. « L’homme et l’œuvre sont caractéristiques d’une génération amère et désenchantée, ayant mal à son siècle, et qui éprouve une difficulté d’être qu’il faut affronter jour après nuit en ayant recours, le cas échéant, aux tranquillisants. C’est là une poésie au lyrisme lacéré, dont les mots s’alignent, forment un vers pour venir buter sur un blanc : interrogation, silence ? Chaque poème semble être un accouchement difficile ou la narration saccadée d’un témoin de son propre désarroi. »Extrait de la notice de l'Anthologie de la poésie française, sous la direction de Jean Orizet, Larousse, 2007.

En 2019, les éditions du Castor Astral publient simultanément un nouveau roman (Fils de chamaille) et une édition revue des Désemparés, véritable dictionnaire des « princes sans rire » (B. Morlino) réunissant le portrait de cinquante-trois auteurs francophones.

En 2022, les mêmes éditions du Castor Astral publient La Banlieue des choses, "une dérive poétique où l'on suit les pérégrinations de Séraphin, un homme touché par les conflits existentiels et qui lutte contre la dépression.- Séraphin n'est pas à son mieux. Il survit d'opportunités, s'habille au décrochez-moi-ça, loge à la bonne franquette. Oui, Séraphin Considérant a connu des jours meilleurs. La vue se trouble comme le fond d'une bouteille, le cœur fait du yo-yo".

Patrice Delbourg est, avec Gérard Mordillat, Henri Cueco, Ricardo Mosner, Jean-Bernard Pouy, Patrice Minet, Lucas Fournier et d’autres, l'un des « papous », autrement dit les chroniqueurs invirés de l’émission de France Culture Des Papous dans la tête, fondée par Bertrand Jérôme et animée par Françoise Treussard. Notoriété La notoriété de Patrice Delbourg fait un bond après son article du dans le news-magazine L'Événement du jeudi, titré « Jean-Jacques Goldman est vraiment nul : l'art de faire le plein avec du vide », lui reprochant son absence de culture musicale comparé à Étienne Daho ou aux Rita Mitsouko.. "Ils trouvent Jean-Jacques nul...".

Un bon millier de lettres de protestations sont reçus et des dizaines d'abonnements résiliés"Nos amis les chanteurs" en 1992 aux Éditions Belles Lettres, par Thierry Séchan et le journal consacre le dans l'édition suivante un article complet à « L'affaire ( J.-J. ) Goldman »Judith Saymal , « L'affaire ( J.-J. ) Goldman » , L'Événement du jeudi , 19-25 décembre 1985 . 126., rédigé Judith Saymal, responsable de «L' Événement des lecteurs »"Les Français sont formidables", par Jean-François Kahn en 1986 aux Editions Balland . En réponse, le chanteur, se lance dans l'autodérision féroce dont il cultive le goût ensuite: il achète une pleine page de publicité dans Libération et France-Soir, présentant un florilège de ses mauvaises critiques, de L'Express à Rock & Folk, celle de Patrice Delbourg étant intégralement reproduite.

De deux ans plus âgé que Jean-Jacques Goldman, Patrice Delbourg devient « l'ennemi intime » du chanteur, selon le livre d'Éric Jean-Jean en 2021"Goldman, une vie en chansons" par Éric Jean-Jean en 2021 chez l'Éditeur:Hugo Document . Cela ne l'empêche pas de poursuivre sa carrière. Dans les Funambules de la ritournelle paru en 2013 aux éditions Écriture«Les funambules de la ritournelle», par Patrice Delbourg, en 2013, il dresse, avec style, le portrait d'une bonne centaine d'auteurs-interprètes, faisant place aussi bien à ceux qu’il aime passionnément qu'à ceux qu’il déteste "«Duteil, c’est sans doute ce que je déteste le plus dans la chanson française» interview dans le quotidien La Libertépar Jean Ammann, le 8 décembre 2013 . L'ouvrage est particulièrement apprécié des amateurs du "couplet-veston".

L'exposition « Football de légendes Patrice Delbourg fait partie, au côté notamment de Jean-Philippe Toussaint, Enki Bilal ou Erri de Luca, des trente artistes européens qui ont contribué à l'exposition « Football de légendes, une histoire européenne. , , » inaugurée le par le Président de la République..

Prix et distinctions 1983 : Prix Max-Jacob pour le recueil Génériques 2024 : Prix Théophile-Gautier de l'Académie française pour le recueil Le Singe du side-car

Publications

Poésie Toboggans (L'Athanor, 1976 rééd. en 1993) Cadastres (Le Castor astral, 1978) Absence de pedigree (Le Castor astral, 1984) Génériques (Éditions Belfond, 1983) prix Max-Jacob Embargo sur tendresse (Le Castor astral, 1986) Dernier round, avec des dessins de Gérard Guyomard, (la Chouette Diurne, 1992) L'Ampleur du désastre (Le Cherche midi, 1995) (prix Apollinaire) Les crampons de l'ombre, avec des dessins de Marc Giai-Minet (Aréa, 1997) Douleurs en fougères, avec des dessins de Cueco (François Janaud, 1997) Ecchymoses et caetera (Le Castor astral, 2004) L'Écorché veuf (L'Horizontale, 2005), avec des illustrations de Eliz Barbosa En vamp libre, avec des dessins de Gérard Guyomard (Art in progress, 2006) Longtemps j'ai cru mon père immortel (Le Castor astral, 2012) « On connaît le poète des « Papous », qui ne rate jamais l’occasion d’un calembour. On connaît le journaliste qui n’a de cesse de faire découvrir, à la radio ou dans ses livres, les grands auteurs, humoristes et dessinateurs de presse du oubliés du public. Patrice Delbourg, qui se moque de la mise en bocaux et autres compartimentations, aime autant la chanson que le poème, le jeu de mots que le trait incisif du crayon. Il vient de publier Longtemps j’ai cru mon père immortel (Le Castor Astral, 2012), un long poème d’amour pudique et bouleversant sur les derniers instants de la vie de son père ».. Solitudes en terrasse (le Castor Astral, 2016). La cordillère des ondes ( Ichnos éditions, 2023 ) avec des illustrations de Michel Joyard. L'ouvrage est recommandé par Jérôme Garcin lors du Masque et la Plume de : « un merveilleux recueil de poème […] une ode à la TSF d’autrefois, au poste d’acajou, aux voix de Pierre Dac et de Francis Blanche[…]. La radio, écrit Delbourg, c’est la nurse qu’on n’a pas eue. Pour moi c’est un bonheur ». Le Singe du side-car (le Castor Astral, 2024). Prix Théophile-Gautier de l'Académie française. Prix Alain Bosquet 2024. "Delbourg demeure ici fidèle à lui-même, se souvient d’Henri Calet ("Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes" ) distille ici ironie, souvenir (un père qui savait vendre ses laitues avec malice et roublardise, exhibant la belle salade, mais enveloppant la blette fanée ) et malaise général, l’art de mal vivre et d’apprendre à vieillir se disent ici en séquences libres, vers rythmées, "amant de seconde main (…), archiviste de l’échec (…) face lunaire de notaire à bout de droits" , il dit la solitude avec justesse, le non désir non sans distance, l’absence du monde avec une précision d’entomologiste sensible. Le beau livre testament d’un Apollinaire d’aujourd’hui…". Mémoire sentinelle (Ichnos éditions, 2025) "À travers un enchaînement de courts textes, où s’intercalent les illustrations inspirées et superbes de Michel Joyard, Patrice Delbourg évoque, pêle-mêle : Michel Jazy, la grande équipe du Stade de Reims, l’accident mortel d’Albert Camus, les vocables mystérieux de la météo marine, la « photo du siècle » d’ par Jean-Marie Perrier, la catastrophe du Torrey Canyon… Autant de noms, d’événements qui parlent aux enfants du baby-boom, mais que d’autres, moins âgés, pourront découvrir en quelques mots."

Romans La Martingale de d'Alembert (Hemsé, 1981), réédition revue et enrichie (le Castor Astral, 2006) Un certain Blatte (Éditions du Seuil, 1989) réédition (l'Arbre vengeur, 2015) Vivre surprend toujours, journal d'un hypocondriaque (Le Seuil, 1994) Bureau des latitudes (Manya, 1993 rééd. Le Serpent à Plumes,2005 ) Papier mâché (Le Rocher, 2001) Cœur raccord (Le Cherche midi, 2002) Lanterne rouge (Le Cherche midi, 2003) Toujours une femme de retard (le Cherche midi, 2005) La Mélancolie du Malecon (Le Castor astral, 2006 ) Signe particulier endurance (Le Castor astral, 2007) L'Homme aux lacets défaits (Le cherche midi, 2010) Un soir d'aquarium (le Cherche midi, 2011) « Du dîner de têtes qui ouvre « Un soir d’aquarium » à la fatale tournée des grands-ducs qui vient le clore (quand « bouffon » se change en mortel impératif), on déguste à pleines louches le festin textuel mitonné par l’auteur. Fricassée de morceaux de bravoure dont on se prend à rêver qu’elle réjouisse en novembre prochain d’autres convives du côté de chez Drouant. Le Goncourt à Delbourg ! La rime est approximative mais la littérature y trouverait son juste compte… ». Les Chagrins de l'Arsenal (Le Cherche midi, 2012) « Arpenteur des chemins et des livres de traverse, romancier qui a exhumé les figures de Lucien Gaulard, inventeur de l'alternateur (L'Homme aux lacets défaits), et fait revivre L'Odyssée Cendrars, poète discret nous ayant donné un troublant requiem (Longtemps j'ai cru mon père immortel), Patrice Delbourg a cette fois-ci écrit une ode étrange et délicate à la littérature. Timothée Flandrin, modeste fonctionnaire à la bibliothèque de l'Arsenal, dans le , est pris d'une curieuse passion, d'une drôle de folie : s'attaquer aux « livres qui lui semblaient trop bien écrits » et dépiauter les romans mièvres ou consacrés qu'il déteste... »