Le château du Coudray-Salbart est un ancien château fort, du , dont les vestiges se dressent sur la commune française d'Échiré dans le département des Deux-Sèvres en région Nouvelle-Aquitaine.

Les vestiges du château font l'objet d'une protection partielle au titre des monuments historiques..

Localisation Les vestiges du château du Coudray-Salbart se dressent, au bord de la Sèvre Niortaise, à au nord-nord-ouest de l'église Notre-Dame d'Échiré, dans le département français des Deux-Sèvres.

Historique Origines et construction de la forteresse Les seigneurs de Parthenay-Larchevêque deviennent maîtres du Coudray au cours du . Le fief du Coudray, situé dans la paroisse d'Échiré, relève notamment de l'abbaye de Saint-Maixent, à laquelle les seigneurs de Parthenay doivent rendre hommage.

À partir du mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II d'Angleterre en 1152, le Poitou entre dans l'espace politique des Plantagenêt. La forteresse du Coudray-Salbart s'inscrit dans le contexte des rivalités entre les Capétiens et les Plantagenêt pour le contrôle du Poitou.

La chronologie précise de la construction du château demeure discutée. La notice de protection des Monuments historiques fait état de campagnes de construction aux . Les recherches archéologiques ont montré que l'édifice actuel résulte de plusieurs phases de construction et de transformations. Le bilan scientifique de 2009 indique une construction commencée à la fin du XIIe siècle et considérablement transformée dans les premières décennies du XIIIe siècle par les seigneurs de Parthenay, avec des financements provenant du roi d'Angleterre. Les Plantagenêt exercent une influence importante sur le programme architectural et défensif de la forteresse.

Les seigneurs de Parthenay-Larchevêque, notamment Hugues Ier et Guillaume V, reçoivent des subsides de Jean sans Terre en 1202-1203 et d'Henri III d'Angleterre en 1227. Ces financements participent à la fortification de leurs possessions poitevines.

L'étude des maçonneries et de l'architecture montre que le Coudray-Salbart n'est pas le résultat d'une campagne de construction unique. Les recherches de Marie-Pierre Baudry ont notamment mis en évidence une évolution continue du programme architectural sur plus d'un quart de siècle, depuis un premier château à cour de superficie réduite jusqu'à l'enceinte subrectangulaire conservée aujourd'hui. Plusieurs changements de parti interviennent ainsi au cours du chantier.

Le Coudray-Salbart dans les conflits entre Capétiens et Plantagenêts (1199-1242) À la fin du XIIe siècle, le Poitou se trouve au cœur des rivalités entre les rois de France et les souverains Plantagenêts. En 1199, Jean sans Terre succède à son frère Richard Cœur de Lion comme roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine. Les seigneurs de Parthenay-Larchevêque entretiennent des relations étroites avec les Plantagenêts.

Au début du XIIIe siècle, le seigneur de Parthenay reçoit l'aide financière de Jean sans Terre pour renforcer ses fortifications. Des subsides lui sont notamment accordés en 1202-1203 et contribuent probablement à la construction du Coudray-Salbart. Sa fonction première semble alors de contrôler un point de passage sur la Sèvre Niortaise.

En 1206, Jean sans Terre mène une nouvelle campagne dans le Poitou. Il débarque à La Rochelle et séjourne à plusieurs reprises à Saint-Maixent, Niort, Bressuire et Thouars, ainsi que dans un château appelé « Coudray », qui pourrait correspondre au Coudray-Salbart. Le seigneur de Parthenay figure alors parmi ses principaux alliés dans la région. Philippe Auguste, qui assiège Parthenay, le soumet en 1207.

En 1214, Jean sans Terre prépare une nouvelle offensive contre le roi de France Philippe Auguste. Après avoir de nouveau débarqué à La Rochelle, il rallie une grande partie des seigneurs poitevins et rassemble notamment ses forces à Parthenay. Il s'engage ensuite vers le nord et assiège la forteresse de la Roche-aux-Moines, en Anjou. L'arrivée de l'armée du prince Louis, fils de Philippe Auguste, provoque son retrait en juillet. Cet échec, suivi quelques jours plus tard de la défaite de l'armée impériale à la bataille de Bouvines, contraint Jean sans Terre à accepter une trêve avec le roi de France.

En 1216, à la mort de Jean sans Terre, les rentes et subsides promis à plusieurs seigneurs poitevins sont suspendus par son fils et successeur, Henri III. Cette situation contribue à détériorer les relations entre le jeune roi d'Angleterre et plusieurs des principaux seigneurs du Poitou, notamment les seigneurs de Parthenay, de Lusignan et de Mauléon. Ceux-ci entrent en conflit avec Henri III et exercent une pression militaire sur les villes restées fidèles au roi d'Angleterre, notamment Niort. Le Coudray-Salbart apparaît avec certitude dans les sources au début des années 1220. La forteresse sert alors de base d'opérations au seigneur de Parthenay et à ses alliés, notamment les Lusignan et les Mauléon. Depuis le Coudray-Salbart, ceux-ci mènent des expéditions dans la plaine de Niort et exercent une pression sur la ville afin de contraindre Henri III à respecter les engagements pris par son père. vignette|Les conquêtes territoriales de Philippe Auguste, entre son avènement (1180) et sa mort (1223). Cette situation s'inscrit dans une période de forte instabilité politique dans le Poitou. Les seigneurs poitevins, tout en étant eux-mêmes liés au monde politique des Plantagenêt, contestent alors l'autorité du jeune Henri III. Les violences commises autour de Niort entraînent l'intervention du pouvoir royal anglais et l'excommunication de plusieurs seigneurs en 1223.

La crise évolue ensuite rapidement. En 1224, intervient en Poitou et s'empare notamment de Niort et de La Rochelle. La perte de ces places marque le recul de la domination anglaise dans la région.

En 1241, un nouveau conflit oppose plusieurs grands seigneurs poitevins au pouvoir capétien. Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, se révolte contre Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX et nouveau comte de Poitou. Il reçoit le soutien du roi d'Angleterre Henri III, qui cherche à défendre les intérêts de la couronne anglaise dans le Poitou. Le conflit débouche en 1242 sur la Guerre de Saintonge. En avril 1242, Louis IX rassemble son armée à Chinon et entreprend la conquête des possessions des Lusignan en Poitou. Plusieurs places fortes sont prises au printemps, notamment Montreuil-Bonnin, Vouvant et Frontenay-Rohan-Rohan. Henri III débarque en Aunis en mai 1242 afin de soutenir les seigneurs révoltés et rejoint Hugues X de Lusignan. Après plusieurs semaines de campagne, les armées française et anglo-poitevine se rencontrent à Taillebourg, sur la Charente, les 21 et 22 juillet 1242. Les forces d'Henri III se replient ensuite vers Saintes, où elles sont battues le 22 juillet lors de la bataille de Saintes

La défaite entraîne le retrait d'Henri III vers la Gascogne et la soumission progressive des seigneurs poitevins. Guillaume V de Parthenay se rallie alors au camp capétien et rend hommage à Alphonse de Poitiers. Le Coudray-Salbart perd progressivement son importance stratégique dans un contexte de recul de l'influence politique des Plantagenêt dans le Poitou et d'évolution des possessions de la seigneurie de Parthenay.

Le rattachement du Poitou au royaume de France et le déclin de la forteresse Après la défaite de 1242, l'influence des Plantagenêts recule fortement dans le Poitou. La situation est définitivement réglée par le traité de Paris de 1259. En 1265, Hugues II Larchevêque, seigneur de Parthenay et de Vouvant, rend hommage à l'abbé de Saint-Maixent pour les fiefs qu'il tient de l'abbaye, parmi lesquels figure celui du Coudray-Salbart.

Au début du , le Coudray-Salbart appartient toujours aux possessions de Jean II de Parthenay-Larchevêque. Celui-ci prend part aux luttes politiques qui opposent les partis armagnac et bourguignon pendant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. En 1415, accusé de félonie, il est déchu de ses droits et ses possessions sont confisquées. Les possessions de Jean II, parmi lesquelles figurent Parthenay, Secondigny, Béceleuf, les seigneuries de Vouvant et de Mervent et le Coudray-Salbart, sont alors attribuées par le pouvoir royal. Arthur de Richemont, comte de Richemont et futur duc de Bretagne sous le nom d'Arthur III de Bretagne, prend possession de plusieurs de ces places en 1415. Le Coudray-Salbart fait alors partie des forteresses placées sous son contrôle.

La situation juridique des anciennes possessions des Parthenay reste toutefois complexe pendant plusieurs décennies. En 1419, Jean II de Parthenay cède ses baronnies au dauphin Charles, futur Charles VII. Les droits d'Arthur de Richemont sur les terres de Parthenay et leurs dépendances sont ensuite confirmés par des lettres royales du 9 avril 1435.

Le 12 mars 1440, Arthur de Richemont rend hommage à l'abbaye de Saint-Maixent pour ses possessions et mentionne parmi ses fiefs celui du Coudray. Un nouvel hommage est rendu le 11 janvier 1443. Ces actes montrent que le Coudray-Salbart demeure alors intégré aux possessions de Richemont et conserve un statut féodal, même si son importance militaire semble avoir diminué.

Artus Brécart, écuyer d'Arthur de Richemont et époux de sa fille légitimée Jacquette de Bretagne, est nommé capitaine du Coudray-Salbart. Il exerce également les fonctions de capitaine de Mervent et de Saint-Aubin-du-Cormier. Sa nomination au Coudray-Salbart est attestée en 1457.

Le 22 octobre 1458, Charles VII attribue par lettres patentes à Jean, bâtard d'Orléans, comte de Dunois, les terres et seigneuries de Parthenay, Secondigny, Vouvant, Mervent et Coudray-Salbart. Cette attribution doit prendre effet après le décès d'Arthur de Richemont, à condition que celui-ci ne laisse pas d'héritier mâle légitime. Richemont meurt à Nantes le 26 décembre 1458 sans héritier mâle légitime. Jean Dunois devient alors seigneur des terres concernées.

À cette époque, le Coudray-Salbart a déjà perdu une grande partie de son importance stratégique. La prisée de 1460 constitue la première description détaillée connue de la forteresse. Elle montre un château dans un état de dégradation avancé et fournit également des informations sur des bâtiments et des ouvrages aujourd'hui disparus. vignette|Première page de la "Prisée" de 1460 décrivant le château du Coudray Salbart La prisée de 1460 décrit notamment l'accès à la tour du Portal : un pont fixe puis un pont-levis permettaient de franchir le fossé séparant la basse-cour de la forteresse. Ces ouvrages seront progressivement détruits et leurs vestiges ne seront redécouverts qu'au cours des travaux archéologiques et de restauration du .

Le château n'est cependant pas complètement abandonné après 1460. Des documents de 1465 attestent encore la présence d'un garde au Coudray-Salbart. La même période est marquée par les tensions entre Louis XI et les princes engagés dans la Ligue du Bien public, dans lesquelles les possessions de Jean Dunois sont impliquées.

Dans la seconde moitié du XVe siècle, le château conserve donc une fonction militaire résiduelle, mais son état se dégrade et son entretien diminue. Vers 1487, sous le règne de , Jacques de Beaumont est installé au Coudray-Salbart. Jean Chastegnier, dit de Réaumur, est cité comme l'un des derniers capitaines connus de la forteresse.

De l'abandon à la sauvegarde du monument Le Coudray-Salbart est progressivement abandonné à la fin du Moyen Âge. Son éloignement des principales frontières politiques et militaires et l'évolution des techniques de guerre contribuent à la perte de son intérêt stratégique. Son abandon précoce explique en partie l'absence de transformations importantes au cours des siècles suivants et la conservation exceptionnelle de certaines dispositions architecturales médiévales.