Le Tour de France 1948 est la du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du mercredi au dimanche sur pour un total de .
La course est remportée par l'Italien Gino Bartali, qui remporte son deuxième Tour de France (dix ans après sa première victoire, un record de longévité dans l’histoire de l’épreuve) et s’adjuge sept victoires d’étape. Bartali remporte également le classement de la montagne. Le classement par équipes est remporté par l'équipe nationale belge.
Cette édition emprunte les routes de cinq pays (France, Belgique, Luxembourg, Italie et Suisse).
Organisation vignette|Jacques Goddet en 1954. L’organisation du Tour de France est assurée par la Société du Parc des Princes, à laquelle elle a été attribuée en juin 1947.
Jacques Goddet, directeur général du journal L’Équipe, et Émilien Amaury, cofondateur du Parisien libéré, en sont les principaux actionnaires. Jacques Goddet demeure directeur général du Tour de France jusqu’en 1987, assisté de Félix Lévitan, journaliste au Parisien libéré, qui joue un rôle croissant dans l’organisation de l’épreuve.
Selon Jacques Goddet, l’organisation du Tour de France 1948 a coûté de francs français.
Parcours Le Tour de France 1948 s’inscrit dans la période comprise entre 1905 et 1951, durant laquelle le parcours de la course adopte un « chemin de ronde », longeant largement les frontières de l’Hexagone. La course s’élance de Paris et de sa banlieue, comme chaque année jusqu’en 1950, à l’exception de l’édition 1926. Le Parc des Princes accueille l’arrivée du Tour de France de 1903 à 1967.
Cette édition comporte des incursions en Italie, en Suisse et en Belgique, et traverse également le Luxembourg. C’est la première fois qu’une ville‑étape, Sanremo, est située en Italie.. Lors du Tour de France 1906, les coureurs avaient déjà parcouru quelques kilomètres sur le territoire italien, mais la ville‑étape était alors fixée à Nice, en France.
En France, Trouville-sur-Mer (Calvados), Dinard (Ille-et-Vilaine), Biarritz (Basses-Pyrénées) et Lourdes (Hautes-Pyrénées) accueillent une arrivée du Tour pour la première fois. À l’étranger, Sanremo (Italie), Lausanne (Suisse) et Liège (Belgique) sont également villes‑étapes inédites.
Participation Le Tour de France est alors disputé par équipes nationales et régionales. Sur les répartis en douze équipes de dix coureurs qui prennent le départ à Paris, seuls 44 rallient l'arrivée. Le plateau se compose de six équipes nationales : la France, la Belgique et l'Italie (alignant chacune deux formations), ainsi qu'une équipe mixte Luxembourg-Pays-Bas, une équipe « internationale » et cinq équipes régionales françaises (Centre-Sud-Ouest, Île-de-France-Nord-Est, Ouest, Paris et Sud-Est)..
Fausto Coppi renonce à participer au Tour de France 1948 en raison d'un conflit de leadership avec son rival Gino Bartali, les deux champions exigeant le statut de leader unique au sein de l'équipe nationale italienne dirigée par Alfredo Binda. En son absence, Gino Bartali est désigné leader unique de la première formation italienne.
Déroulement de la course En l'absence de Fausto Coppi, Gino Bartali fait figure de grand favori. Absent lors de l'édition précédente, l'Italien vise un second succès dix ans après sa victoire de 1938. Il domine la compétition en remportant sept étapes, une performance marquante bien que le record de huit victoires établi par Charles Pélissier en 1930 reste invaincu. Le début de l'épreuve est toutefois marqué par la révélation du jeune Louison Bobet (équipe de France) qui, après une première participation discrète en 1947, s'empare du maillot jaune et le conserve pendant plus d'une semaine. Jean Robic, tenant du titre et également membre de l'équipe de France, ambitionne alors de doubler la mise face aux favoris désignés comme Édouard Fachleitner, René Vietto et Apo Lazaridès. Si Bartali survole les débats, il doit cependant attendre une traversée des Alpes dantesque, marquée par la neige et les orages, pour renverser Bobet et assurer sa victoire finale à Paris..
Les étapes marquantes de cette édition témoignent de ce renversement de situation entre la plaine, les Pyrénées et les Alpes..... : : entre Paris et Trouville-sur-Mer, l'Italien Gino Bartali s'impose au sprint et revêt le premier maillot jaune de cette édition. : entre Dinard et Nantes, l'étape voit l'introduction de la règle de l'élimination du dernier coureur du classement général. Le Français Robert Chapatte est le premier coureur concerné par cette règle mais il sera repêché par décision du jury, son retard étant dû à un incident technique (roue brisée). Le français Guy Lapébie l'emporte, tandis que Louison Bobet prend la tête du classement général pour la première fois. : de Nantes à La Rochelle, Bobet perd son maillot jaune au profit du Belge Roger Lambrecht, mais le récupère dès la à Biarritz après une échappée de . : l'étape pyrénéenne entre Biarritz et Lourdes est remportée par Bartali, mais Bobet résiste et conserve son maillot jaune, impressionnant les observateurs par sa ténacité en montagne. à la : Bobet conserve la tête du classement général sans interruption. Il porte ainsi le maillot jaune de la à la incluse. : entre Cannes et Briançon, sous un orage violent et la neige au col d'Izoard, Gino Bartali signe un exploit historique. Il s'impose en solitaire avec plus de d'avance sur Louison Bobet. Le Français conserve le maillot jaune pour seulement 1 min 06 s. : de Briançon à Aix-les-Bains, Bartali récidive. Il franchit les cols du Galibier et de la Croix-de-Fer en tête et s'empare définitivement du maillot jaune. Souffrant de furoncles à la selle, Bobet est incapable de suivre le rythme dans le col de la Croix-de-Fer et concède plus de vingt minutes. : entre Aix-les-Bains et Lausanne, Bartali parachève sa domination en signant un triplé historique dans les Alpes (trois victoires consécutives en trois jours de haute montagne). Ce septième succès d'étape sur cette édition confirme sa domination dès que la route s'élève. : le contre-la-montre entre Mulhouse et Strasbourg (120 km) est remporté par le Belge Roger Lambrecht. Bartali gère son avance et termine l'étape en toute sécurité à plus de 12 minutes à la . : L'Italien Giovanni Corrieri remporte l'ultime étape au Parc des Princes. Gino Bartali triomphe au classement général avec 26 min 16 s d'avance sur le Belge Albéric Schotte et 28 min 48 s sur le Français Guy Lapébie.
Le Tour 1948 s'est couru à une vitesse moyenne de 33,442 km/h.
Particularités Cette édition compte pour la première édition du Challenge Desgrange-Colombo, compétition internationale de régularité créée en 1948. Le classement par points ne sera pas attribué lors de cette épreuve et ne réapparaîtra qu'en 1953, après une apparition éphémère en 1947. L'édition 1948 est marquée par l'introduction de l'élimination automatique du dernier coureur au classement général de la à la . Ceci avait pour but d'éviter que certains coureurs ne se laissent volontairement distancer pour économiser leurs forces ou pour attirer l'attention médiatique réservée au dernier du classement. Cette règle fut abandonnée l'année suivante. La victoire de Gino Bartali est entrée dans l'histoire pour son impact politique. Le , après l'attentat contre le leader communiste Palmiro Togliatti, l'Italie est en proie à de violentes émeutes. À la demande du président du Conseil Alcide De Gasperi, qui l'appelle par téléphone à son hôtel à Cannes, Bartali réalise un exploit dans les Alpes qui focalise l'attention de l'opinion publique et contribue à apaiser le climat social dans son pays.. Louison Bobet, qui court son deuxième Tour de France, endosse le premier maillot jaune de sa carrière à l'issue de la à Nantes. Giuseppe Tacca, coureur engagé dans l'équipe internationale, débute le Tour de France avec la nationalité italienne, est naturalisé français en cours d'épreuve, le sous le nom de Pierre Tacca.
Étapes
| || mer. || Paris - Saint-Cloud – Trouville-sur-Mer || || align=center|237 || Gino Bartali || Gino Bartali |- | || jeu. || Trouville-sur-Mer – Dinard || || align=center|259 || Vincenzo Rossello || Jan Engels |- | || ven. || Dinard – Nantes || || align=center|251 || Guy Lapébie || Louison Bobet |- | || sam. || Nantes – La Rochelle || || align=center|166 || Jacques Pras || Roger Lambrecht |- | || dim. || La Rochelle – Bordeaux || || align=center|262 || Raoul Rémy || Roger Lambrecht |- | || lun. || Bordeaux – Biarritz || || align=center|244 || Louison Bobet || Louison Bobet |- | || mar. 6 juillet || Biarritz || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || mer. || Biarritz – Lourdes || || align=center|219 || Gino Bartali || Louison Bobet |- | || jeu. || Lourdes – Toulouse || || align=center|261 || Gino Bartali || Louison Bobet |- | || ven. 9 juillet || Toulouse || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || sam. || Toulouse – Montpellier || || align=center|246 || Raymond Impanis || Louison Bobet |- | || dim. || Montpellier – Marseille || || align=center|248 || Raymond Impanis || Louison Bobet |- | || lun. || Marseille – San Remo (ITA) || || align=center|245 || Gino Sciardis || Louison Bobet |- | || mar. || San Remo (ITA) – Cannes || || align=center|170 || Louison Bobet || Louison Bobet |- | || mer. 14 juillet || Cannes || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || jeu. || Cannes – Briançon || || align=center|274 || Gino Bartali || Louison Bobet |- | || ven. || Briançon – Aix-les-Bains || || align=center|263 || Gino Bartali || Gino Bartali |- | || sam. 17 juillet || Aix-les-Bains || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || dim. || Aix-les-Bains – Lausanne (SUI) || || align=center|256 || Gino Bartali || Gino Bartali |- | || lun. || Lausanne (SUI) – Mulhouse || || align=center|243 || Edward Van Dyck || Gino Bartali |- | || mar. 20 juillet || Mulhouse || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || mer. || Mulhouse – Strasbourg || || align=center|120 || Roger Lambrecht || Gino Bartali |- | || jeu. || Strasbourg – Metz || || align=center|195 || Giovanni Corrieri || Gino Bartali |- | || ven. || Metz – Liège (BEL) || || align=center|249 || Gino Bartali || Gino Bartali |- | || sam. || Liège (BEL) – Roubaix || || align=center|228 || Bernard Gauthier || Gino Bartali |- | || dim. || Roubaix – Paris - Parc des Princes || || align=center|286 || Giovanni Corrieri || Gino Bartali
Classements Classement général final
Classements annexes finals
Prix du meilleur grimpeur
Challenge international
Évolution des classements +Évolution des leaders des classements par étape Étape Vainqueur Classement général Classement de la montagne Challenge international 1 Gino Bartali Gino Bartali Non décerné Belgique 2 Vincenzo Rossello Jan Engels Aiglons belges 3 Guy Lapébie Louison Bobet France 4 Jacques Pras Roger Lambrecht Internationaux 5 Raoul Rémy 6 Louison Bobet Louison Bobet 7 Gino Bartali Bernard Gauthier France 8 Gino Bartali Jean Robic 9 Raymond Impanis 10 Raymond Impanis Internationaux 11 Gino Sciardis 12 Louison Bobet France 13 Gino Bartali 14 Gino Bartali Gino Bartali Gino Bartali 15 Gino Bartali 16 Edward Van Dyck 17 Roger Lambrecht Belgique 18 Giovanni Corrieri 19 Gino Bartali 20 Bernard Gauthier 21 Giovanni Corrieri Classements finalsGino Bartali Gino Bartali Belgique
Liste des coureurs La liste ci-dessous présente les coureurs inscrits par numéro de dossard.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Albert Athimon, 2 juillet 1948 Une étape du Tour de France, article (pages 143 à 145) paru dans la revue Histoire et Mémoires locales, départementales, régionales publiée à l'automne 1995 par la mission pour la mémoire et la recherche historique locale de la ville de Saint-Herblain, .
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